‹ Bibliothèque musicale populaireChapitre 16 sur 52 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

Quand ton regard profond de son sublime faîte. Pour y sonder nos maux plonge au fond de nos cœurs ! Quand ton luth infernal, sur la scène répète, Tous ces cris déchirants que jettent nos douleurs !

Quand l'orchestre bondit ainsi que la tempête 1 Que le ciel et Fenfer, Huguenots et Ligueurs, S'étreignent à grands cris à ta voix de poète ! Quand tu fais naître en nous ces sublimes horreurs !

Alors, ô Meyerbeer, notre âme épouvantée Reste longtemps tremblante où ta voix Ta jetée Ainsi qu'un arbrisseau frappé par Touragan ! Et nous nous demandons si ton puissant génie, Est un écho venu d'une sphère bénie Ou bien du lieu maudit habité par Satan !

Liège, i838. F. ROLARD.

LEVASSEUR (M"^), artiste de TAcadémie royale de Musique en 1766.

O toi ! de la Scène Lyrique

Et le soutien et l'ornement ; Toi, dont la voix, par son accent magique.

Prête si bien au sentiment

Ce charme qui se communique ; Toi, dont l'art de tout peindre et le goût enchanteur,

Dans la seule bonté du cœur,

Trouvent leurs forces naturelles ; Fille de l'amitié, célèbre LE Vasseur,

Pour cueillir les oalmes nouvelles.

Tu viens donc de quitter Ta Ville pour la Cour ?. . .

Tout soupire après ton retour.

Moi, je ne me plains pas : vas, j'aime trop ta gloire,

Elle est faite pour le grand jour.

Malgré la trame la plus noire.

Tu la retrouveras dans ce brillant séjour. ^ Aux vrais talents elle est fidèle.

Des vents jaloux, à la saison nouvelle, Peuvent, quelques instants, dans leur bruit odieux, Confondre la douceur des chants de Philomèle : Mais bientôt du soleil le feu victorieux Fait taire la tempête élevée autour d'elle.

Sa voix plus touchante et plus belle.

Inspire les plus doux transports : La nature, en silence, écoute ses accords, Et Zéphire fixé craint d agiter son aile. Quant ton geste et tes sons ravissoient TAmateur :

C etoit ainsi que des haines ardentes Soulevoient, pour te nuire, une vainc rumeur : Du bon goût le fiambeau vengeur Trompa leurs fureurs impuissantes.

Le Public indigné devint ton défenseur, . Aux jeux de Polymnie en foule il vint t'entendre :

L'injustice se tut, ton pouvoir enchanteur Ne laissa plus pousser que ces accents du cœur Qu arrache au sentiment Tintérét le plus tendre, La pitié, la terreur, l'espérance, l'amour Mouvoient Tâme à ton gré, l'attachoient tour-à-tour.

Avec Alceste, avec Iphigénie, Tous liés à ton sort, sembloient perdre la vie Tous, dans leurs doux emportements, Par un tribut de pleurs et d'applaudissements, Honoroient tes talents, et punissoient Tenvie.

HERBAIN (Chevalier d), capitaine de l'armée française, mort en 1769.

Quelle musique plus aride.

Et quel poëme plus commun, Pauvre d'Herbain ! pauvre Bastide !

Vos deux talents n'en font pas un.

[A la suite de la représentation de son opéra : Les deux talents, you^ le 10 Août 1763. j

NICOLAÏ (W. F.), directeur à l'École royale de Musique à La Haye, à l'occasion de son 25^ anniversaire comme professeur et directeur.

Eene Eeuw van roemhebt gij in vijf-en-twintig jaren verworven door de Kunst, waarvan Ge een sieraad zijt, en, tooit de Zilverkroon, U de onvergrijsde haren, zij toont, hoe vast Gij stondt in 't renperk vanden Tijd.

Gij hebt met jonglingskracht, de wentling van zijn radren getart, en, tôt van daag, Uw taakwerk trouw volbracht : en, vlamt het Heilig VuurU thansopnieuwin de adVen, wees zeker, dat opnieuw weer Lauweroogst U wacht.

Gij zijt den eerbied waart, dien we onverdeeld U wijden, voor v^rat Ge, als Hoofd derSchool, voor Toonkunst hebt

[gesticht ; mogt magtlooze Afgunst ook des Kunstnaars roem

[benijden, vergeefs ! — hij hield den blik siechts naar het doel

[gerigt. — Gij, Ni COL Ai, hebt dat doel bereikt ; — Uv^r Gaven braveerden 't al, wat aan uw vasten gang weêrstond ; - Uw Werken liggen daar, om Uw Talent te staven, en hoor de Faam verbreidt Uw lof uit voUen mond.

Ziehier de namen van siechts enklen, die uit velen U op dit Zilvren Feest een blijk van achting bien ; —

Moog minstens vijf-en-twintig jaar 't genoot u streelen van deez Hoogschatters rond Uw eigen Beeld te zien.

Te Delft XII, 19, 77. Dr. Wap.

DOWLAND (John), luthiste anglais, mort en 1626.

Dowland to thee is dear, whose heavenlv touch Upon the lute doth ravish human sensé.

Barnfield.

DUGAZON (M*- ), célèbre cantatrice à Paris.

A Mlle Duga^on, sur sa convalescence.

Des bords du Styx Apollon te rappelle,

Par ton retour, que de gens satisfaits !

Soloman verra désormais

Sa Roxelane aussi vive que belle,

Eléonore, Angélique, Isabelle,

Retrouvent leur Lisette au jeu comique et tin !

Biaise, son amante fidèle ;

Le parterre, aux ennuis, un remède certain,

Et Taimable Thalie enfin

Son inimitable modèle.

1784, 5 Juin. M. BODKIN.

Autre :

Fn sortant de la voir jouer dans La Dot, de Dalayrac, le 7 Janvier 1786.

Dis-moi donc par quelle magie.

Ne changeant au plus, que de nom, Tu fais à la voix de Thalie, Changer de maintien et de ton.

Babet m'avoit semblé parfaite.

Je ladmirois à chaque trait.

Et depuis que j ai vu Colette, Je songe un peu moins à Babet, Plus naturelle et plus sublime Par un mot, un geste, un soupir.

Tout-à-la-fois, Colette exprime Le sentiment et le plaisir.

Partout c'est la vérité pure Que Colette prend sur le fait.

Et pour Dot, la simple nature Lui fit présent de son secret.

Journal de Paris. ijS^i.

Autre :

A Mlle Duga^on jouant le rôle de Nina.

Grâce à ton air espiègle, à ton fripon langage;

On portoit en riant les chaînes de TAmour ;

On lamoit indiscret, et même un peu volage ;

Au public, sous ses traits, il jouait plus d'un tour.

Sage dans sa folie, amuse nos loisirs ;

Mais aujourd'hui le Dieu, si léger, si commode,

Et tu le remets à la mode

En changeant son visage ainsi que nos plaisirs.

1786. M. le Chevalier DU PUY-DES-ISLETS.

PAGANINI, célèbre violoniste italien.

Adagio und Rondo aufder G-Seite.

Du wârst ein Môrder nicht ? Selbstmôrder du î Was ôffnest du des Busens stilles Haus, Und jagstsiaus, die unverhûllte Seele, Und wirfft sie hin, den Gaffern eine Lust ? Stôss'st mit dem Dolch nach ihr und triffst ; Und klagst und weinst,

Und zâhlst mit Thrànen ihre blut gen Tropfen ? Dann aber hôhnst du sie und dich, Brichst spottend aus in gellendes Gelâchter ? Du wàrst kein Môrder. Frevler du am Ich, Des eignen Leibs, der eignen Seele Môrder ? Und auch der meine — doch ich weich' dir aus î

Grillparzer.

LIND (Jenny), cantatrice renommée.

Sie nennen dich die Nachtigall Mit dûrftgem Bilderraube; — So sûss auch deiner Lieder Schall, Doch nenn' ich dich die Taube.

Und bist du Rose, wic dus bist, Sefs denn die Alpenrose, Die, wo sich Schnee und Leben klisst Aufglûth aus dunklem Moose.

Du bist nicht Farbe, bist das Licht, Das Farben erst verkûndet, Das, wenn sein Weiss am Fremden bricht, Die bunte Pracht entzûndet.

Und spenden sie des Beifalls Lohn, Den Wundern deiner Kehle :

Hier ist nicht Kôrper, kaum noch Ton, Ich hôre deine Scele.

1846. Grillparzer.

VON WEBER (Carl-Maria), compositeur allemand.

Cari Maria von Weber in London.

Zu London im Theater Covent Garden.

Hob Cari Maria Weber seine Hand,

Viel tausend Menschen horchten auf und starrten,

Herz, Ohr, und Bliek zum Einzigen gewandt ;

Da sprQhten auf, da sttirzten auf sie nieder

Im Strômen die Gewalter seiner Lieder.

Und Jubelruf scholt donnernd ihm entgegen. Es woben durch einander Ton und Glanz, Es wolit das Herz, das Vôlk die Hânde regen, Da drûckt' ein Gott ihm auf die Stirn den Kranz ; Er aber sprach und senkf die Augenlieder : a Viel iieber wâr ich bei den Meinen wieder. »

Und todesmtid kehrt er zum fremden Hause

Mit heisser Sehnsucht nach dem Heimatsland.

Woi todesmatt sitzt er in fremder Klause,

Er legt das bleiche Anlitz in die Hand

Und flûstertbang: «Wirschauern Herz und Glieder,

Viel Iieber wàr* ich bei den Meinen wieder. )\

Doch kommt nicht er zur heimathlichen Schwelle Und nur die Bottschaft : euer Meister ruth Zu London dorten in Moorfields Capelle Mit seiner sehnsucht, seinem einr gen Gut : « Gebt mir fur meine Liebe, meine Lieder Nur eine Hand voll Heimatserde wieder! «

Und seine Lieder, heil'ge Zornesflammen,

Zum Schwert gewôhnt und an die Vôlkerschlacht,

Sie fragen durch einander und zusammen

Bei seiner Sarg in treuer Todtenwacht :

Wo weilst du, Sachsen? Blick' nicht stolz hernieder,

In England noch ruhn deines Sàngers Glieder.

Die Nordsee braust, und Wind und Welle fragen :

Lôst Deutschland nicht die eig'ne Ehreein?

Herbei, herbei, den Sarg emporzutragen,

Des deutschen Meisters heiliges Gebein !

Voran in Zuge klingen seine Lieder,

Und in der Heimat richt der Meistar wieder.

JULIUS MOSEN.

BOTTESINI (Giovanni), célèbre contrebassiste italien.

Ton instrument, Bottesini,

Est comme Farche du déluge :

Le rossignol y fait son nid,

La fauvette y trouve un refuge ,

Et, sous ton archet triomphant.

La corde, qui pleure et soupire

Fait rêver au brûlant martyre,

Causé par le cruel enfant

Dont Tare tendu, pour point de mire,

Prend un cœur qui mal se défend.

Orphéon, i856.

SONTAG (Henriette), célèbre cantatrice allemande.

Le Lundi i5 Février i83o, M^^* Sontag donna un concert à Maestricht ; le public lui remit une couronne avec des vers, dans lesquels le lecteur reconnaîtra sans peine la facture gracieuse de M. André Van Hasselt.

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