‹ Bibliothèque musicale populaireChapitre 19 sur 52 · SOUVENIR · texte numérisé non relu

SOUVENIR

L ame du grand poète a passé dans votre âme. La blonde Marguerite en vous a vu le jour; Et si Gœthe vivait, il vous dirait : Madame I . . . Votre voix séraphique a ravivé la femme Que ma plume créa dans un élan d'amour.

Vous qui rivalisez la tendre Philomèle, Pour les amants du beau, chantez!... chantez encor. Dites-nous de Thulé la plainte solennelle, Puis, imitez l'abeille, et butinant comme elle. Bourdonnez sa chanson, gamme de perle et d'or.

Comme elle, sur les fleurs, vous suivez votre route, Recueillant tour à tour les parfums et le miel ; Car les chants enivrants que le public écoute. Font battre tous les coeurs ! et personne ne doute Que votre voix ne soit un tendre écho du Ciel.

Marcel-Briol.

Régisseur général du théâtre de Gand.

PAISIELLO (Giovanni), né à Tarente le 9 mai 1741, mort à Naples, le 5 juin 1816.

Esprimer dei, scultore.

D'un' urna accanto Apollo, Che piange con le suore, Senza più cetra al collo ; Poi scrivi sulF avello :

« Qui giace Paisiello. » (i)

(A loccasion du monument de Paisiello.)

(1) Ce qui peut se traduire à-peu-près par ces mots : u Sculpteur, tu mettras Apollon à côté d'une urne, sans sa lyre et pleurant avec les muses ses sœurs ; puis tu graveras sur la pierre :

Ci-gît Paisiello. >)

MICHELOT (Zélïe-Marie), morte le 4 Mai 1822 à Bruxelles, âgée de 21 ans.

Sur la mort de M"^ Michelot, artiste du Théâtre royal.

Elle n est plus cette aimable beauté

Qui, tour-à-tour et sensible et folâtre,

Par ses talents et sa naïveté

Comblait les vœux du parterre idolâtre.

Elle n'est plus ! Que sur notre théâtre

Comme en nos cœurs un crêpe soit jeté.

Elle n'est plus! Pleurons,ô mes compagnes!

Elle est tombée à peine à son printemps.

Ainsi parfois, sous l'effort des autans

Tombe une fleur, ornement des campagnes.

Triste et le front couronné de cyprès.

Au monument où Michelot repose

Erato vient exhaler ses regrets :

Thalie en pleurs s'avance : elle dépose

Sur le tombeau le laurier et la rose.

Muses que je chéris, que j'adorai toujours.

Ma voix avec transport exprime une prière :

De celle dont la mort tranche aujourd'hui les jours

Faites que je devienne en ces lieux héritière.

Donnez-moi le talent qui la firent chérir ;

Du parterre éclairé que charmait sa présence

Pour prix de mes efforts gagnez-moi l'indulgence,

Ou comme elle à l'instant que je puisse mourir.

1822. ROSALIE Paul Loth,

Chanteuse du théâtre de Bruxelles.. (Dugazon).

Les modestes vertus, les grâces, les talens,

Embellissaient sa riante jeunesse ;

A l'amour filial occupant sa tendresse,

Son cœur était serein comme un jour de printemps:

Zélic, hélas n'est plus ! Ma Muse désolée

Donne des pleurs à sa tombe isolée ! !

Le chevalier Valeriola.

RENAUD (Rose), cantatrice française, dont nous donnerons quelques détails dans le 3^^ volume.

Le i6 Avril 1788, elle créa le rôle d'Isabelle dans Topera Isabelle et Rosalvo, musique de Propriac, et à cette occasion on lui adressa les vers suivants :

Jeune Renaud aimable enchanteresse, Qui t'a donné cet organe vainqueur, Ces sons divins, sûrs d'exciter Tivresse

Et de porter le trouble en notre cœur ?

De Paris transporté, reçois le juste hommage. Quand pai un double attrait tu captives nos sens ; L amour même envieroit tes charmes innocens

Et le Rossignol ton ramage.

A la même.

Vers à M^ Renaud rainée, après l'avoir entendue dans Isabelle et Rosalvo.

Renaud des Rossignols tu surpris le ramage.

Bientôt tu leur feras la loi,

A ta voix ils rendraient hommage

En essayant de chanter comme toi.

LAGUERRE (M»^), artiste de rOpéra,en 1781.

Vous chantez comme une Syrène, Vous buvez autant que Silène,

Et vous aimez mieux que Cypris ; Des plaisirs vous êtes la reine :

Partout vous remportez le prix,

A la table et sur la scène.

(Madrigal composé lorsqu'elle jouait étant ivre dans Iphigénie en Tauride, le ... Janvier 1781.

COUPÉ (M"*^), artiste de l'Opéra au siècle dernier, et qui avait été fort jolie.

Coupé, mille amours sur vos traces Viennent entendre vos chansons ; Vous les attirez par vos sons, Et les retenez par vos grâces.

MAILLARD (M"^^), lors de sa retraite de rOpéra, le r Février 181 5, où M*"^ Bran chu chanta ce couplet en son honneur..

Toi qui fus le modèle Des bons cœurs, des vrais talens,

D une amitié fidèle Reçois les purs sentimens ; L'on se prodigue et se donne Bien souvent à des méchans ; Mais de fleurs on ne couronne Que le front des bonnes gens.

RÉBOXY fils.

Mme Maillard fut couronnée sur la scène par M™« Branchu et M. Dérivis.

VIEUXTEMPS (Henry), célèbre violoniste belge.

L* orchestre de La Haye à Vieuxtemps en 1844.

. L orchestre rend toujours hommage au vrai talent. Mais jamais au génie ne s unit tant de grâce ; Quand son temps sera vieux on dira de Vieuxtemps : Il nest rien encore qui TefFace ! (i)

(1) Au concert donné à La Haye par Vieuxtemps au théâtre, deux couronnes de laurier furent offertes à Tartiste, Tune par les membres de Torchestre et l'autre par les amis et admirateurs du grand artiste. A la première de ces couronnes était attaché le quatrain de M. Lasalle, dont M. Picard a fait lecture.

Inutile de dire que l'on a fait de meilleurs vers sur cet artiste.

BEAUMENIL (M"<^), pensionnaire du roi, auteur de la musique de l'acte de Tibulle, représenté à Versailles devant LL. MM.

Elève d'Apollon, et d'Euterpe émule Permets que j applaudisse à tes heureux efforts, Les vers harmonieux que soupirait Tibulle Viennent d'être embellis par tes touchans accords : Ils doivent leur triomphe au pouvoir de ta lyre, Par un double talent tu captives nos cœurs. D'un art si merveilleux étends le vaste empire. Dans un nouveau sentier que tu couvres de fleurs.

1784. Par M. MOLINE.

DORISON (M"«), harpiste à Paris.

Rassurez-vous aimable Dorison, Sur vos talents, on ne peut se méprendre : Et franchement, je dis qu'avec raison On murmurait de ne pas vous entendre.

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