‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 32 sur 171 · S4 CHR · texte numérisé non relu

S4 CHR

cap. 2 , § 10. Le terme de biathanati si^m^e ceux qui meurent d'une mort violente. Les païens donnaient encore aux chrétiens lesépitliètesd'ignorans, d'idiots, de grossiers , d'incivils , d'ineptes , de rustes , d'imbéciles , de stupides , d'insensés , de fous , d*ol3stinés , de factieux. Ils les appelaient aussi une nation lucifuge et muette en public , lucifiiga natio , ac latebrosa, et muta in publico , parce qu'ils se cachaient dans les lieux souterrains pour se dérober à la persécution , et qu'ils se rendaient inutiles à l'État en évitant les charges publiques. Cœcilius , apud Minucium, les appelle race de Plante et Boulangers , Plautina prosapia , et P is tores , à cause qu'ils étaient de la lie du peuple , selon les païens , et par conséquent semblables à Plante , qui , se voyant réduit à une extrême indigence, fut contraint de se louer à un boulanger pour ne point mourir de faim. C'est par la même raison que Jean Lamius, dans son livre intitulé, de Eruditione Apostoloriim,QYO\t que le poète Juvénal les appelle cerdones , c'est-à-dire des personnes viles et méprisables qui cherchent à vivre de leurs travaux. Les païens s'imaginant que les chrétiens honoraient une tète d'âne , les nommaient asinaires et asinicoles. Ils les appelaient aussi criminels de lèse-majesté divine et humaine , sacrilèges , profanes, vains, impies, homicides, incestueux , scélérats, médians en toutes manières , en-

CHR ne mis du genre humain , marchands du Christ , peut-être à cause des trésors célestes qu'ils en attendaient ; sybillistes, juifs, Galiléens, Nazaréens.

Les hérétiques n'épargnaient pas non plus les ternies de mépris et de dérision aux catholiques. Les Montanistes les nomiwaÀewt psychiques ou animaux y comme si manquant totalement d'esprit , ils n'avaient eu en partage que la seule animalité. Les Valentiniens qui prétendaient que la chair et le siècle , ou le monde , venaient d'un mauvais principe , les appelaient mondains, séculiers et charnels, parce qu'ils soutenaient avec raison que la chair et le monde ne venaient pas d'un mauvais principe , mais de Dieu, créateur de toutes choses.

Les Millénaires donnaient aux catholiques le nom à'alle'goristes , parce qu'ils expliquaient en un sens allégorique les paroles du vingtième chapitre de l'Apocalypse de saint Jean , où il est parlé du règne de mille ans. Les Manichéens les appelaient simples ^tt leurs évêques,ils les nommaient les maîtres des simples , comme s'ils ignoraient les bonnes choses , parce qu'ils rejetaient leur erreur des deux principes , l'un bon et l'autre mauvais.

Les Novatiens appelaient les orthodoxes Cornéliens , parce qu'ils reconnaissaient le pape saint Corneille; apostats , parce qu'ils avaient arrêté dans un synode qu'on recevrait à la comnmnion ceux qui feraient péni-

CHR fcnce après être tombés dans l'idolâtrie; sjîiédriens , à cause que les Novatiens appelaient par mépris ce synode sjnedriiim; capitolins , parce que la plupart de ceux qui étaient tombés , et qui demandaient ensuite la pénitence , avaient sacrifié dans le Capitole.

Les Ariens appelaient les orthodoxes Eustathiens et Pauliniens , d'Eustbate et de Paulin d'Antiocbe ; homousiens , parce qu'ils soutenaient que le Fils de Dieu est homousios , c'est-à-dire consubstantiel à son Père ; Alhanasiens , de saint Atbanasc , évêque d'Alexandrie , le fléau des Ariens.

Les Aéticns nommaient les catholiques temporaires ou cbrolîites, teinporarii et chroniLcv , parce qu'ils se flattaient que la religion catholique finirait dans peu. Les Apollinaristes les nommaient anthropolastres y anthrojwlatrœ , c'est-à-dire adorateurs de l'homme, parce qu'ils croyaient que Jésus-Christ était vrai Dieu et vrai homme , doué d'une came et d'un corps semblables aux nôtres , au lieu que les Apollinaristes niaient que Jésus-Christ eût une âme. A la place de l'àme ils lui donnaient le verbe divin, et lui attrilniaient aussi un corps difl'érent des nôtresA

Les Origénistcs appelaient les catholiques philosarques , philosarcœ , c'est-à-dire amis de la chair, ci pclosiotes , pcloswtœ , c'est-à-dire gens de boue, hommes charnels , animaux , bêtes. La

raison de ces injures grossières est que les Origénisles prétendaient que nous ressusciterions avec des corps différens de ceux que nous avons maintenant, et quant à la substance , et quant à la figure ; au lieu que les catholiques soutenaient que nous ressusciterions avec les mêmes corps que nous avons , quant à la substance , et qu'il n'y aurait que les qualités de changées.

Les Nestoriens appelaient les orthodoxes Cynlliciis , de saint Cyrille d'Alexandrie, grand adversaire de Nestoriens qui admi'ttait deux personnes en Jésus- Christ , et les Eutychiens les appelaient Nestoriens, parce qu'ils reconnaissaient deux natures en Jésus-Christ contre l'erreur des Eutychiens ou Monopliysites , qui n'en reconnaissaient qu'une.

Enfin , pour passer sous silence beaucoup d'autres noms odieux que les hérétiques et les schismaliques des premiers siècles prodiguaient aux orthodoxes , les Lucifériens n'avaient pas honte d'appeler l'Église catholique la sjnagoguc de V Antéchrist et de Satan. Nos pères souffraient tous ces opprobres avec ])atience , et même avec joie. Voilà ce que nous devons faire nous-mêmes, lorsque nous entendons les hérétiques modernes nous traiter de papistes, à' idolâtres , à' en/ans et dliabitans de la prostituée Bahylone , etc. {Voyez le père Mainachi , dans le premier tome de ses Origines et Antiquitates christianœ , pag i'^' et suiv.)

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