‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 40 sur 171 · CHY · texte numérisé non relu

CHY

étant d'ailleurs vivement piqué contre l'empereur Isaac Comnène, de qui elle dépendait. Il la vendit ensuite aux Templiers, desquels il la retira pour la donner à Lusignan , roi de Jérusalem. Celui-ci en fit un royaume qui resta à sa famille jusqu'à ce qu'elle se mit sous la protection des Génois, jd'où , par une alliance entre les Lusignan et Catherine-Cornélie , fille de Marc— Cornélius Patrice , de Venise , elle passa aux Vénitiens en 1472.

Enfin Sébm 11, l'ayant attaquée en 1670, la leur arracha l'année suivante.

Quoique cette île fut plongée, comme le reste de l'Empire romain , dans la superstition , et que Vénus en fût particulièrement la divinité la plus respectée . il s'y établit un grand nombre de juifs ; c'est pourquoi saint Luc assure, aux Actes des Apôtres , que quelques disciples de Jésus-Christ , qui s'étaient retirés de peur de la persécution que souffrit l'Église sous Etienne , allèrent en Phénicie, en Chypre et à Antioche , n'annonçant l'Évangile qu'aux seuls juifs.

( Act. , 1 1 , V. 19. ) Et il ajoute que quelques uns d'entre eux, Cypriens et Cyrenéens , étant entrés à Antioche , prêchèrent aussi Jésus-Christ aux Gentils.

L'île de Chypre a été marquée, du temps de l'empereur Adrien, dans les Notices de l'Empire romain , comme du diocèse civil de l'Orient. C'est pourquoi les évèqucs d'Antioche tentèrent de se \a soumettre au cinquième

CHY siècle. L'affaire fut portée au concile d'Éplièse , où comparurent les évèques de Chypre pour soutenir leur droit ; mais personne ne paraissant pour défendre les prétentions de l'évèque d'Antioche ( Jean y ayant été déposé, comme partisan de Nestor! us) , le concile ordonna^par provision que les choses en demeureraient dans l'état où elles étaient , et que l'Église de Chypre resterait exempte, comme auparavant, de la juridiction d'Antioche.

Pierre Foulon étant remonté pour la seconde fois sur le siège d'Antioche, entreprit encore de se faire adjuger l'île de Chypre , comme ayant toujours été de sa dépendance. Anthème , de Constance, lui résista de toute sa force; la Providence même parut s'intéresseren sa faveur; car ce fut vers ce temps qu'on trouva proche de Constance le corps de saint Barnabe inhumé sous un arbre. Anthème allaàConstantinople trouver l'empereur Zenon, et lui prouva par cette découverte que son église et les autres de l'île ayant été fondées par cet apôtre , il ne dépendait de personne. L'Empereur acquiesça à cette raison , et confirma par un édit l'exemption de l'île de Chypre.

On comptait autrefois quinze évèchés dans cette île , autant que de villes. Sozomène dit qu'il y en avait outre cela un assez bon nombre dans les villages ; a peine en trouve-t-on quatre au-

CliY io5

jourd'hui. ( Oriens christ. , t. 2, pag. io38. )

Les Jacobites ont eu aussi un évéque dans cette île pour ceux de leur communion.

On trouve aussi dans l'île de Chypre beaucoup d'Arméniens, vu qu'elle est j)roche de la Cilicie. Le patricirche , ou plutôt le catholique de Sis, y a établi un siège épiscopal . ( Voyez tous ces évêques au mot Salamine. )

Conciles de Chypre.

Le premier fut célébré l'an 399 , à la prière de Théophile , patriarche d'Alexandrie , ])ar saint Kpiphane , évèque de Salamine ou de Constance , métropolitain de Chypre , qui condamna les livres d'Origène , de concert avec les évèques de Chypre. Baluze, in Collect. Ilard.

Mansi, tom. i , pag. 275. )

Le seconil , l'an 64 3 , contre les Monothélites, comme il paraîl par une lettre écrite au ])ape Théodore. ( Socrate, 1. 6, c. g.

Sozomène, 1. i , c. i4- )

Le troisième , l'an 1260, par Germain, évêque de Limisso , autrefois ville épiscopale de Chypre. ( Allatius, in libre de octasr'. synode Phoiianïi , p. 5o6.

Hard. , tom. 7. )

CHYPRE , Ordre de Chypre ou du Silence; Ordre militaire institué l'an 1192, par Guy de Luzignan , roi de cette île , pour la défendre contre les infidèles.

Il donna aux chevaliers un collier composé de lacs d'amour de soie blanche entrela<é«« des lettres R. et S. en or Au bout de

loG CllY

ce collier pendait une médaille d'or, dans laquelle il v avait une épée dont la lame était d'argent, et la garde d'or, avec la devise , Securitas regni. Cet Ordre , que quelques uns mettent sous Ja règle de saint Basile , fut aboli , lorsque Catherine Cornaro , veuve de Jacques de Luzignan , céda ce royaume aux Vénitiens qui en ont été les maîtres jusqu'en l'an i5-i que les Turcs s'en emparèrent. ( Mennenius , délie, equest. orcl. Favin, Theat.

dliovnn. Justiniani , Herman et Schoonebeck , Hist. des Ord.

milit. Le père Hélyot, Hist. des Ordres monastiques , partie i , pag. 276. )

CHYTROPODES, des marmites. Dieu commande de briser les marmites dans lesquelles il serait tombé quelque chose d'impur. C'est ainsi que saint Jérôme traduit le terme hébreu kiraïtn , que d'autres expliquent d'un foyer , ou d'un fourneau , ou d'une cuvette , d'un bassin à laveries pieds. {Levit. , 1 1 , 35. )

CHYTRUS , ville épiscopale de l'Ile de Chypre au diocèse d'Antioche, sous la métropole de Constance au-dessus de Citium , dans les terres. Les Notices en font mention. Etienne de Luzignan l'appelle Cjthere.

Elle est vers la mer du Midi , peu éloignée de Paphos. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un village où il y a du blé et du sucre.

Voici quelques uns de ses évèques :

Page 1