EPIPHANIE
SECOND SERMOX ABUÉCÉ.
Cùin natus esset Jésus..., ecce magi ab Oriente venerunt Jefosolymam, diccutes ubi est qui natus est rex Judœorum?
Vidimus enim stellam ejus, et venimus adorare eum.
Jésus tlant né... , des mages vinrent de C Orient à Jérusalem, et ils demandèrent, ou est le roi des Juifs qui est nouveU lement né ? Car nous avons vu son étoile, e t nous sommes venus V adorer. ( Matthieu , ch. 2.)
C'est ici, mes frères, quecom^ meuce notre vocation à la foi.
L'étoile qui paraît en ce jour, est le premier signal de notre conversion : ce jour même est la première époque de notre réunion à l'Israël de Dieu; ces mages sont les premiers-nés des frères que le Seigneur devait susciter d'entre les nations à son Fils; c'est en eux que se développe la miséricorde que le Sauveur venait apporter à tous les gentils.... Il est donc juste que nous célébrions aujourd'hui avec un-saint concert de louanges et d'actions de grâces , cet anniversaire de notre adoption ; que nous allions avec les mages à Hethléem honorer le berceau de notre foi , et que nous étudions auprès d'eux , l'usage que nous en devons faire. C'est principalement à cette dernière idée que je m'arrête. Mon dessein est
non-seulement de faire ici l'éloge de la foi , mais plus encore d'eu apprendre les devoirs : nous les verrons marqués dans la conduite de ces premiers fidèles.
Je découvre en eux trois caractères qui nous montrent trois devoirs imj)ortans de la foi : ils reconnaissent d'abord l'étoile du Sauveur ; Vldimus .stellam ejiis : ils se soumettent à cette lumière ; premier caractère : ils marchent , ils se conduisent par cette lumière : T^enimus ^^econà caractère : ils arrivent dans le lieu que la lumière même leur a marqué ; ils trouvent l'enfant ; sa bassesse ne les l'ebute point ; leur foi reçoit de nouveaux accroissemens , elle se perfectionne, elle se consomme:
Procidenles adoraverwit ; troisième caractère. Nous devons nous soumettre à la foi ; premier devoir : nous devons marcher selon la foi ; second devoir : nous devons croître et persévérer dans la foi ; troisième devoir. La soumission à la foi , la vie de la foi , l'accroissement et la [perfection de la foi ; voilà tout le sujet de ce discours.
PEE3I1ER POl.VT.
A peine l'homme eut-il consommé son péché, que le jour de sa raison fut presque entièrement éteint ; les ténèbres se répandirent en lui : non-seulement il se cacha devant son Dieu , mais Dieu à son tour ne se montra plus à lui comme auparavant. Il répandit sur les
SER êtres créés, les idées qui lui restaient de la divinité. Il se méconnut lui-même, et sa raison ne fut le plus souvent pour lui , qu'un principe et une source d'erreurs. Il fallait sans doute remédier à ce double mal ; punir le crime de sa raison , et la ramener de ses égaremens. Or, c'est ce double remède que la foi nous prépare. Premièrement elle captive, elle assujettit la raison. Notre péché fut de ne vouloir pas voir ce qui était exposé à nos yeux : il faut donc que notre justice consiste aujourd'hui à nous faire croire ce que nous ne pouvons pas voir : tout le ])artage de la raison doit être de subir sans cesse le reproche que sa foi lui fait de sa révolte, de lui remettre tousses droits et de captiver ses lumières sous le joug : voilà la punition.
En second lieu , la raison ne pouvait nous servir de guide ; la foi se substitue; elle prend le flambeau en main , elle redresse toutes nos voies; elle nous montre , quoique de loin etsousdes ombres , le terme où nous devons tendre... Elle m'approprie en quelque sorte le Dieu que je connais, et le Rédempteur de tous les hommes dans lequel je crois; et par là elle me développe et m'assure tout à la fois ma fidélité. Telles sont les raisons sur lesquelles j'établis l'obligation de se soumettre à la foi ; et ce sont ces mêmes raisons qui relèvent infiniment la foi des nmges. Instruits jusqu'alorsdans l'étude d'une philosophie toute
SER humaine, ils s'étaient prévalus de leur propre raison , ils s'étaient égarés dans leurs vains raisounemens ; leur sagesse n'avait élé qu'une véritable folie ; parce qu'ayant connu Dieu, ils n'avaient pas cru en lui , ils ne l'avaient pas glorifié comme Dieu. Aujourd'hui l'étoile du Sauveur se montre à eux; ils lui soumettent toutes leurs pensées; ils ne lui opposeront point les subtilités de leur philosophie : leur raison , il est vrai , ne démontre point le rapport d'une étoile qui parait dans le ciel , avec la naissance d'un libérateur ; elle ne comprend pas même qu'elle ait besoin de libérateur ; elle se voit soutenue , dans sa résistance , par les préjugés de tout un peuple qui méconnaît ce nouvel astre. N'importe; ils feront hommage de tous leurs vains prétextes à cette lumière céleste ; ils ne chercheront pointa se défendre ||g ses impressions par l'inévioence de ce qu'elle leur montre:
c'est une éloi'i miraculeuse et divine , et cela leur suffit 5 ils y trouvent la solution de tous leurs sophismes ; ils profitent de ce que Dieu leur présente sans se plaindre de ce qui leur est caché ; ils n'accusent point la justice divine ; ils ne demandent point pourquoi cette étoile ne convertit pas tous ceux de leur nation ; ils ne pensent qu'à jouir de leur propre bonlieur ; ils se croient heureux de pouvoir marcher sûrement à l'aide de ce secours , et ils se trouvent
assez favorisés d'apprendre en un seul moment ce qui fixait leur religion ; je veux dire qu'il y avait un Christ et un Rédempteur. Exemple qui ne condamne pas seulement l'hérétique qui appelle de sa foi à son propre esprit, ou l'incrédule qui, pour remédier aux remords d'une conscience perdue , secoue le joug importun de la foi , mais qui instruit encore le fidèle , en lui apprenant la soumission qu'il doit à sa foi.
Soumission de pénitence: je veux dire que nous devons chercher dans la foi le remède à l'orgueil de notre esprit, et subir avec patience l'empire absolu qu'elle prend sur notre raison. Le monde est plein de gens qui usent de la foi comme n'en usant pas : elle ne les gène point, elle ne les captive point, parce qu'ils n'y pensent point , et que souvent même ils croient la religion , comme les nouvelles du temps ou les histoires du monde... Mais un cœur vraiment chrétien se fait un mérite de sa foi ; il s'en sert comme d'une satisfaction des orgueilleuses révoltes de sa raison ; il cherche à s'en instruire; il veut en dépendre dans tous ses points; il croit par respect et par religion; il ne se plaint point du secret de Dieu; il n'entreprend point d'y pénétrer ; il ne porte point une main profane sur le voile sacré c[ui lui cache ses mystères. Moins il comprend, plus il adore, plus il s'abaisse, plus il croit; et par le silence auquel il cou-
damne son propre esprit , il se venge sur lui de ses erreurs et de ses prévarications : premier caiactère de soumission qui répond à ce que j'appelle !a justice de la foi.
Soumission d'assurance et de fermeté , qui consiste à croire sans inquiétude et sans résistance... Ce n'est pas l'hérétique seul qui veut toujours voir ce qu'il croit , qui demande un autre prodige que celui d'une tradition non interrompue, qui doute , qui varie sur chaque point. Il y a dans tous les hommes;, dans ceux-mêmes que la foi semble avoir fixés , un fonds d'incrédulité , un déj;ir secret d'interroger, sur tout une mallieureuse pente à se faire des difficultés sur les autorités les plus marquées. On voudrait en quelque sorte soumettre Dieu aux usages de nos écoles; il faudrait, à notre avis , qu'il prouvât tout ce qu'il nous dit; et celui qui par légèreté croit souvent sur le témoignage d'un homme faillible , sera quelquefois plus téméraire qu'un autre, pour résister à l'autorité infaillible de Dieu. De là naissent ces doutes criminels sur la foi , ces chicanes sur certains articles qu'on ne peut comprendre, certaine confiance à proposer ses difficultés, cette liberté de lire des livres qui combattent ou qui semblent affaiblir nos dogmes , et peut-être une joie secrète de ne pas penser comme les autres, et d'être plus hardi dans ses sentimens... Ah! qu'un enfant
de la foi gémit amèrement de tous ses désordres : il fait plus ; il veille sur sa foi même ; il ne la commet point avec les raisonnemens; il juge de toutes les opinions parla foi, et non pas de la foi par les opinions...
Il interroge ses pères , et non sa philosophie; il n'ajoute rien à la parole de Dieu manifestée par l'Église; il se souvient que l'autorité seule de l'Église doit nous déterminer sur l'explication des grands mystères de la religion ; et que ce n'est qu'après s'être rendu docile à celle voix , qu'on peut apprendre combien estraisonnable ce qu'on a cru avant de raisonner : second caractère de soumission , qui i-épond à la certitude de la foi.
Enfin soumission d'amour et de reconnaissance, qui nous fait estimer notre foi au mépris de tout autre bien et de tout autre intérêt , et certes , mes frères , qu'avez-vous au monde de plus précieux que votre foi?... Parcourez le ciel et la terre ; rassemblez tout ce cjui flatte l'ambition des hommes , et voyez si vous trouverez un trésor qui vaille votre foi. Vous aurez beau me vanter vos richesses, votre noblesse, tous vos avantages humains; je vous trouve toujours malheureux. Mais avez-vous la foi , en pratiquez-vous les œuvres; vous possédez tous les trésors : avec ce gage précieux , vous pouvez tout espérer; vous approchez de Dieu ; vous l'appelez votre père , et il vous re-
SER garde comme un de ses vrais adorateurs. C'est dans la foi que vous trouvez la consolation dans vos maux , la force dans les tentations , la solution de toutes vos difficultés , la règle de toute votre conduite. En cjuelquelieu que vous soyez, quelque état que vous embrassiez , si vous y portez votre foi , vous y trouverez , si vous voulez , Dieu , Jésus-Christ , votre salut.
O foi divine! ma richesse et ma gloire , ma force et mon appui , mon espérance et ma ressource, ma justice et mon salut, vous me serez toujours précieuse... Je veux être tout entier votre victime ; on me ravira la liberté et la vie plutôt que je vous abandonne. Hélas I je perdrais le plus grand de tous les biens en vous perdant : au contraire je vous annoncerai partout, je vous publierai sur les toits, je vous porterai, s'il le faut , aux nations les plus barbares : jamais il ne m'arrivera de rougir de vous : vous serez gravée sur mon front : on ne mettra point en question si je suis de votre parti ; on ne vous attaquera jamais devant moi impunément ; je serai à vous à la vie et à la mort : heureux , si je pouvais mériter d'expirer sur un échafaud pour votre défense. Voilà ce que j'appelle se soumettre à la foi par amour et par reconnaissance : soumission qui répond à l'efficace de la foi. Mais il faut encore vivre selon la foi ; c'est mon second point.
SECOND POl.VT,
Si Dieu ne nous avait donné la foi que pour exercer nos esprits et pour satisfaire notre curiosité, ce serait assez pour nous de croire; nous pourrions borner nos soins à étudier la foi...
Mais il s'en faut bien que la soumission de l'esprit à la foi , soit le seul devoir que nous devions lui rendre. Lorsque l'étoile parut enOrient, les desseins de Dieu n'étaient pas de fournir aux astronomes un nouveau sujet de dissertations et de disputes. C'eut été peu , si elle n'eût donné qu'une connaissance stérile de la naissance d'un Sauveur ; et si nos mages, après l'avoir connne , eussent négligé de marcher à sa lumière, nous les plaindrions aujourd'hui de l'avoir connue à leur condamnation. Maisils furent plusprudens que nous ne le sommes...
La religion de leur esprit devint dans le même moment, la religion de leur cœur et la règle de leur conduite. Il est né un Sauveur; l'étoile le montre :
non-seulement il faut le croire, mais il faut marcher à l'instant ; il faut porter chacun ses présens ; il faut adorer ce Dieu nouveau-né. Voilà ce que d'autres n'auraient pas compris, ce qu'on n'aurait pas manqué d'éluder sous mille prétextes apparens, ce qui parut même peut-être ridicule à ceux qui le virent : mais voilà ce qui fit le grand mérite de la foi de ces nouveaux chrétiens, et ce qui
fait la confusion de ceux de nos
jours : Vidinms et venimus.
En effet , mes frères , la foi figurée par l'étoile qui paraît aujourd'hui, a deux caractères essentiels , qui nous montrent deux devoirs, renfermés dans ce que j'ai appelé la vie de la foi.
Le premier caractère est d'être féconde de sa nature , de se produire, de se manifester par des œuvres : et pour le comprendre, remarquez , je vous prie , que l'Esprit-Saint, qui est l'auteur de la foi , est par lui-même un esprit d'amour et d'action ; il n'éclaire l'âme que pour l'échauffer, l'animer, la mouvoir, lui faire produire des fruits de vie : c'est un soleil qui doit lui donner la fécondité par ses influences; et si quelquefois il n'y produit rieiî , c'est parce que cette terre de notre cœur n'est que pierres ou épines , que tout y est en friche , et que ces rayons si vifs et si ardens par eux-mêmes , ne pénètrent point jusqu'à la moelle , ou qu'ils n'y trouvent ni suc ni racines.
Cela supposé , ne doit -on pas dire que le premier devoir renfermé dans la vie de la foi , c'est d'être animé, de se mouvoir, de produire des fruits par la foi même? Une foi qui n'agit point dans un cœur, est non-seulement une foi morte , mais c'est une foi qui ne fait que le rendre plus criminel ; c'est un rayon qui le dessèche et le dévore ; c'est une lumière qui manifeste sa corruption ; c'est un jour répandu sur sa malignité et sur sa
SER honte : en un mot , c'est la foi des démons , et elle deviendra bientôt comme la leur, sa condamnation et son désespoir.
Cette vérité si connue , si rebattue, si terrible dans ses conséquences, quelle impression at-elle fait jusqu'ici sur nos esprits? Où sont les œuvres de notre foi ?... La plupart ne montreraient peut-être que des œuvres d'infidélité , une vie toute païenne, une foi plus criminelle que l'incrédulité même....
Je vois, il est vrai , des prédicateurs de la foi , des écrivains de la foi , de zélés défenseurs de la foi : nous ne luanquons point de gens qui nous ouvrent les Écritures , qui annoncent Jésus-Christ avec liberté, qui nous disent, allez , informez - vous bien de ce qui regarde cet enfant : Tte et interrogate diligenler depuero : mais où sont ceux qui viennent à sa crèche? Toutes ces connaissances ne produisent que des livres et des écrits , des dissertations et des sermons ; et ce sont des œuvres que cet enfant demande pour présent; c'est la prière, c'est la pénitence, c'est l'humilité , c'est la pauvreté, c'est la conversion du cœur , c'est la charité. Ah I malheur à nous de posséder ainsi un trésor qui ne nous sert de rien , d'avoir avec nous, comme les Juifs , les témoignages de notre endurcissement, et d'avoir entre nos mains les titres de notre condamnation I C'est là cependant l'état déplorable oii notre foi est réduite aujour-
SER <i'liui. Cette lumière placée sur le chandelier pour éclairer toute la maison , pour la rendre brillante, pour y attirer toutes les nations, est devenue , par la corruption de nos mœurs, le scandale universel... INos frères errans se sont séparés de nous, sous prétexte de nos désordres ; nous ne pouvons plus les ramener que par la voie de la controverse ; on leur a soustrait celle de l'exemple, qui était cependant la plus abrégée; etpar un terrible jugement sur eux et sur nous , nous sommes sans y penser , leurs meurtriers , et ils seront un jour nos accusateurs.
Un second caractère de la foi, c'est d'être seule la règle de nos mœurs ; d'où j'infère un second •devoir qui consiste non-seulement à opérer par la foi , mais encore à n'opérer que par elle ; et c'est ce que j'appelle proprement la vie de la foi. Je dis que la foi est la seule règle de nos mœurS ; car on ne peut douter qu'il n'y ait une raison souveraine , une sagesse sur laquelle tout se mesure : Dieu lui-même la consulte et la suit ; elle marche toujours avec lui... Celui qui l'aura trouvée, trouvera la vie, et il puisera le salut de la bonté du Seigneur. Or , cette sagesse ne se trouve véritablement que dans la foi , non-seulement parce que c'est la foi seule qui nous la montre dans tout son jour, mais encore parce que la foi lui rapporte tout. Il ne faut donc agir que par la foi, il ne faut vivre que de la foi ;
elle doit être , pour ainsi dire , notre élément; elle doit nous être aussi familière que l'air que nous resuirons.
Que ces vérités sont fécondes par les conséquences qu'on en peut tirer ! Mais hélas ! qu'elles sont terribles pour nous ! Car enfin, de c[uoi vivons-nous?...
Je passerai volontiers sous silence toutes les actions visiblement criminelles : et, quoique dans la plupart des chrétiens, elles composent presque tout le corps de la vie , je consens de n'en point parler... Mais je demande quel est le principe des actions qui paraissent indifférentes , de celles mêmes qui semblent bonnes. Vous avez embrassé un état de vie , vous êtes engagé dans le monde , vous êtes lié par les nœuds du mariage , vous avez embrassé l'état ecclésiastique ou la vie religieuse ; mais est-ce par la foi c[ue vous avez fait ce choix? Vous avez projeté une affaire , vous sollicitez un emploi , vous prenez une charge , vous élevez un fils pour un état que vous choisissez ; mais est-ce la foi qui détermine toutes vos vues, qui préside à toutes vos entreprises, qui règle toutes vos actions, qui vous dirige dans votre domestique , qui ordonne tout le plan de votre conduite? Est-ce sur les idées de la foi que vous formez tous vos jugemens , que vous mesurez toutes vos paroles? Eu un mot, est-ce par la loi, et pour la foi que vous agissez? Avouons-le, mes frères,
i3o SER
nous vivons d'imagination , de fimtaisies, d'opinions, de coutumes, de préjugés , de volonté propre. Cependant le juste vit de la foi , c'est-à-dire , que toutes ses actions sont des actions de foi , n'ont pour principe que la foi , n'ont pour règle que la foi. S'il entreprend une affaire , s'il fait une démarche, s'il se fixe à un emploi , s'il s'occupe à une étude , c'est par des vues de foi : son repos et son travail , son silence et ses paroles , sa rehaite et ses fonctions sont déterminées par la foi. Faut -il conseiller, reprendre, corriger, c'est toujours sa foi qu'il consulte , c'est sa foi qui étend ou qui borne sa douceur et ses rigueurs, sa condescendance et sa fermeté ; il juge de tout selon les idées de la foi, il ne connaît d'autre langage que celui de la foi , il condamne ce c[ue la foi condamne, il approuve ce qu'elle approuve , il permet ce qu'elle permet , il tolère ce qu'elle tolère ; en quelque situation qu'il .';e trouve, la foi le conduit toujours : s'il commande , c'est selon la foi et par un esprit de foi ; s'il dépend , c'est sur la foi qu'il mesure son obéissance ; s'il est riche , s'il est noble , s'il est honoré, il use de tout selon les règles de la foi ; s'il est pauvre, s'il est affligé , si on le fait souffrir, il reçoit tout , il profite de tout selon les idées de la foi. Enfin la foi est sa lumière, son étoile , son guide ; elle préside à tout , elle ordonne de tout ; c'est la foi qui le place ,
SER c'est la foi qui le remue , c'est la foi qui distribue ses actions les plus communes , ses visites, ses conversations, ses repas , son sommeil, ses dépenses , ses plaisirs ; il n'y a pas jusqu'à son maintien , ses regards , sa démarche, son ton de voix qui ce soient mesurés, ordonnés , réglés par la foi ; Jtistiis ex fîde vivit... (Haebr. lo. ) Mais finissons, et prouvons l'obligation de croître et de se perfectionner dans la foi; c'est mon troisième point.