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nitenticBconcedens. (ConcW.lind.
sesi. 22 , 6 , 2.)
Sacrifice de propitiation nonseulement présente , mais encore personnelle. C'est pour vous , disait Jésus-Christ à ses disciples, la première fois qu'il l'offrit : c'est pour vous d'abord , et puis pour le reste des hommes.
Présens à cette action , vous avez la première et la meilleure part à son mérite : et le pardon général qu'elle obtient pour tous , devient,par une application personnelle, votre pardon :^ro vobis. (Luc. 22 , 19, 20.)
"V éri té consolante , mes frères !
dont saint Jean de Jérusalem se servait pour affectionner son peuple à ce divin sacrifice. Y pensez-vous , disait-il à chacun des assistans : y pensez-vous? et savez-vous ce qui se passe ici ?
Ce n'est point simplement une paix générale qui se traite , c'est une réconciliation particulière qui se fait. C'est de vous dont il s'agit. C'est personnellement pour vous qu'est dressé cet autel , comme un tribunal de grâce :pro te mensa extructa est. C'est pour vous en particulier que s'immole l'agneau sans tache r/^ro te immolatiir agniis. C'est nommément pour vous que le prêtre , et le grand-prêtre s'intéresse :
pro le angitur Sacerdos. Vous êtes le coupable dont il ménage la grâce : vos péchés sont les crimes dont il sollicite la rémission; etau sortir de la messe vous avez droit de dire, comme saint Paul : Ah ! le Fils de Dieu m'a bien aimé , car il vient de se sa-
crifier pour moi : dilexit me et tradidit semetipsum pro me.
(Galat. 2 , 20.)
Lorsqu'il mourut sur la croix , il satisfit pour mes iniquités , aussi-bien que pour celles de tous les hommes. Il est vrai.
Mais cette satisfaction n'eut pas alors pour moi son effet , puisque je n'étais pas encore au monde. C'est aujourd'hui qu'elle m'est appliquée, par le renouvellement qu'il en fait en ma faveur sur l'autel.
Je n'envie donc plus votre sort, trop heureux pénitent , vous qui sur le calvaire reçûtes l'arrêt de votre grâce. Je suis dans les mêmes circonstances; pourquoi n'en tirerais-je pas les mêmes avantages? Jésus-Christ est ici pour moi , ce qu'il était là pour vous ; victime de propitiation.
Son sang a la même vertu , et j'y ai le même accès. Je puis également m'en appliquer le mérite, et Dieu ne peut pas plus en détourner ses regards.
Quelque autre chose que je fasse pour l'apaiser et pour le satisfaire , que je prie , que je jeûne , que je donne l'aumône , je ne le fais qu'en tremblant. Je crains toujours que quelque chose en moi ne lui déplaise , autant ou plus que mon action même ne lui plaît, et que cette satisfaction inêni- n'ait besoin elle-même de pénitence.
Mais quand j'offre te divin sacrifice , j'ose défier le ciel de ne m'étre pas propice. C'est alors, que sans être effrayé , ni du nombre , ni de l'énormité de mes
SER péchés , je ne feins point de dire à 1^ justice divine : Contentezvous, il est juste : il vous faut une victime ; en voici une digne de vous. Rendez- lui donc les armes , en recevant ses hommages. Mettez à ses pieds vos foudres et vos carreaux , comme elle met aux vôtres son corps et son sang ; car pour venir à moi, ces foudres et ces carreaux , il faut qu'ils passent à travers les sacrées plaies dont me couvre cette victime. Victime de propitiation présente et personnelle.
Premier trait de ce divin sacrifice.
Le sacri fice de l'a utel est, aussibien que le sacrifice de la croix , un sacrifice de reconnaissance ; mais un sacrifice de reconnaissance actuelle et particulière.
Sacrifice de reconnaissance.
C'est dans ce sens que Jésus- Christ a dit en l'établissant :
Faites ceci en mémoire de moi :
hoc facile in vieam commeniorationem. Car le souvenir du bienfaiteur et la mémoire du bienfait est le premier tribut d'une âme reconnaissante.
Mais qu'était-il besoin , Seigneur, que vous recommandassiez aux fidèles de se ressouvenir de vous , chaque fois qu'ils vous offriraient à l'autel? Prêtre, victime , Dieu tout à la fois , c'està-dire , sujet , ministre , objet de ce sacrifice , pouviez- vous être oublié dans une action où vous remplissez seul tant de fonctions différentes ? Ces paroles sacramentelles ont donc un senspluséteuduet plus profond.
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C'était dire: Ce sacrement que je vous donne est le comble des grâces : il renferme lui seul tous lesautresdonsdu ciel, puisqu'il en contient l'auteur. Chef-d'œuvre de libéralité du côté de Dieu:
excès d'obligation pour les hommes,'puisque, accablés par-là du poids de ses bontés , ils deviennent des débiteurs insolvables et des ingrats nécessaires.
Mais que l'impuissance apparente d'être reconnaissans ne vous alarme pas. En vous donnant tout, je vous donne moyen de payer tout. Je m'offre à vous, afin que vous m'offriez. Un Dieu pour un Dieu , c'est un juste retour. C'est égalité de don et de reconnaissance.
Sacrifice de reconnaissance actuelle : mais de plus particulière.
Car comme , outre les bienfaits généraux , il y en a de particuliers , Jésus-Clirist a voulu que la sacrifice d'actionsdegrâces fût aussi particulier pour chacun , et non-seulement général pour tout. Faites , a-t-il dit , en l'ordonnant , faites chacun pour vous, ce que je fais ici pour tous:
hoc facile. Je vous mets à tous entre les mains le prix infini de mon sang : je le multiplie , je ne le partage point : plus ou moins redevabl-^s , vous êtes tous aussi riches. Et quand Dieu demandera compte à chacun de ses dons , il n'en est point qui ne puisse en paiement lui donner , comme son propre bien , l'inépuisable fonds de mes mérites.
Offrez-lui ce sacrifice ; il en sera
content. Il ne v6us ?. rien donné au-dessus , et il ne peut rien exiger davantafje. C'est le payer de ses propres présens : hoc facile.
Ne portez donc point envie à ces cœurs généreux , qu2 vous verrez se signaler dans l'Église par des actions d'éclat , par de grandes entreprises , par des travaux héroïques , par des succès glorieux, par de longs, même, et de rigoureux martyres. Après tous ces efforts , ils seraient encore insolvables sans ce sacrifice.
Offrez-le seulement , et vous ferez plus qu'eux , s'ils ne l'offraient pas. Qu'ils convertissent des nations entières : qu'ils gaî^nent à Dieu des empires floris-
sans : qu'ils achèvent , si vous voulez , de lui conquérir l'univers. Plus que de la conversion des nations , plus que du gain des empires , plus que de la conquête de l'univers , Dieu sera content de cette victime de reconnaissance actuelle et particulière. Second fruit de ce divin sacrifice.
Enfin le sacrifice de l'autel est, aussi-bien que le sacrifice de la croix , un sacrifice d'impétration nouvelle et spéciale.
Tous les chiétiens confessent que la seule présence de Jésus- Christ est une intercession puissante auprès de Dieu pour tous les hommes. C'est pour cela qu'on l'expose si souvent sur nos autels , surtout dans les calamités publiques; selon ce que nous apprend saint Paul , que le Fils de Dieu sur la terre , comme vlans le ciel , se présente pour
SER nous devant son Père : ut apparent mine viiltid Dei pro uQÙis, (Heb. 9 , 24.)
Mais qui peut douter que l'oblation de Jésus- Christ dans cette représentation de mort , qui retrace l'image de sa passion , ne soit encore une sollicitation plus efficace , que sa simple présence sur nos autels , et que si celle-ci obtient les grâces par faveurs, celle-là les enlève par justice ! Eh ! que pouvez-vous demander à Dieu de plus précieux , que ce que vous lui offrez , en lui offrant un Dieu pour victime ? Une requête accompagnée d'un si rare présent , peut-elle manquer d'avoir son effet , et d'être aussitôt répondue que présentée ? Aussi l'Eglise , pourvue de ce secours , ne met point de bornes à ses demandes. Qui peut compter tous les vœux qu'elle fait à l'autel dans le cours de l'année : que dis -je? dans le cours d'une messe? Elle y prie pour les présens et pour les absens ; pour les justes et pour les pécheurs ; pour ses enfans et pour ses persécuteurs ; pour le corps et pour l'àme ; pour le temps et pour l'éternité.
Elle ne craint point de ne rien obtenir à force de demander. Elle n'examine point .si les circonstances présentes sont favorables à ses désirs. Elle ne dislingue point les prodiges des effets ordinaires de la grâce. Elle sait que tout lui est acquis quand elle tient Jésus-Christ : que rien alors n'est au-dessus de ses forces :
et que pour acheter le ciel même,
SEH cl le payti' coaiplanl , elle n'a qu'à mettre la main dans le trésor qu'elle porte.
Avec quelle confiance en effet ne le deuiande-t-elle pas pour ceux de ses enfans qui en sont tristement éloignés dans le purj^jatoire , et qui y lanj^uissent dans l'attente de leur bonheur?
Elle n'ignore pas que leur arrêt est déjà porté : que du règne de la miséricorde ils ont passé sous le domaine de la justice : c[ue désormais le sang de Jésus - Christ ne peut plus immédiatement couler sur eux , ni leur être appliqué que par transport et par voie de suffrages.
N'importe. Malgré tous ces obstacles , à l'autel elle entreprend de les délivrer. Seigneur!
dit cette charitable mère , au nom de votre cher Fils immolé, souvenez-vous de vos serviteurs et de vos servantes. C'en est assez , dit saint Chrysostôme. A ces mots , les anges qui sont toujours présens à cet auguste sacrifice , volent comme autant de messagers célestes , vont ouvrir les prisons de ces âmes captives, et leur portent les grâces du Ciel fléchi et désarmé , ou plutôt les mérites de cette victime victorieuse et triomphante. Impétration nouvelle , comme vous voyez, mais impétration spéciale.
Car c'est en faveur d'un parent, d'un allié , d'un ami a/ïligé , qui offre ou qui fait offrir ce sacrifice , que la victime obtient l'adoucissement des peines , la fia de la captivité , l'avancement de
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la félicité d'un autre lui-môme.
Sera-t-elle moins active pour obtenir au su])pliant même les moyens nécessaires à son Sc'ilut?
Aura -t-elle moins de force pour lui procuver les biens , ou pour le délivrer des maux temporels , selon qu'ils peuvent nuire ou servir à ses intérêts éternels?
Non , non , mes frères , c'est un oracle fameux d'un docteur de l'Eglise : oracle commun au peuple et au prêtre : oracle qui ne devrait jamais sortir de vos esprits, que d'omettre le saint sacrifice de l'autel, quelque jour que ce puisse être , c'est priver Dieu de l'honneur le plus grand, qu'on lui puisse procurer; l'Égl ise triomphante du plus prompt accroissement qu'elle puisse recevoir ; l'Église souffrante du plus doux soulagement qu'elle puisse attendre ; l'Eglise militante du secoursle plus abondant qu'elle puisse désirer; soi-même enfin de la protection la jîlussûre lient on puisse se répondre.
Après cela, n'est-il pas surprenant qu'il faille un commandement exprès pour nous y rendre, je ne dis pas assidus , mais réguliers? N'est-il pas étrange que la religion ne puisse accréditer ses autels , ni peupler ses temples , qu'en usant , pour ainsi dire , de violence , et nous forçant en quelque sorte d'en approcher ? La vertu seule de ce divin sacrifice ne devrait-elle pas nous tenir lieu de précepte , et les fruits qu'on en retire ne sont-ils pas suffisans [lour nous y attirer ?
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Vous n'êtes pas dévots à ce divin mystère. Avez -vous donc oublié que c'est le uiyslère même de là croix? Dites-moi donc à quoi eussiez-vous pensé sur le calvaire , à la vue de Jésus- Christ souffrant et mourant sur la croix ? Penscz-y maintenant.
Voilà de quoi vous entretenir dévotement durant une messe.
Enfin , disent plusieurs, que me servirait d'entendre plus souvent la messe ? Je n'en deviens pas meilleur , et je n'en tire nul profit. Ah ! mes frères, ce n'est pas que vous n'en receviez les fruits sur l'heure , c'est que vous ne les conservez pas avec soin.
En eCet , je finis par cette réflexion. Dans quelle épouvantable contradiction ne tombent pas une infinité de chrétiens , qui tous les jours de fêtes sacrifient une demi-heure au plus à Dieu, et prodiguent tranquillement le reste au démon et à ses œuvres I
Car que sont dans ces jours sacrés les parties de divertissement et de plaisir , qui prennent la place des exercices de religion et de piété , auxquels ils devraient être employés sans réserve ? Ne sont-ce pas des sacrifices offerts au démon de la débauche et de la volupté?
Quesontces lieux d'assemblées profanes où l'on va recueillir les discoursempoisonnés du monde, au lieu de venir entendre la parole de Dieu ? Ne sont-ce pas des temples ouverts au démon de la galanterie et de la médisance?
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Et ces académies , ces tables , ces cercles de jeu , où l'on joue si régulièrement , dans le temps même du service divin , ne sontce pas alors , plus que jamais , comme les appelle saintCyprien, des autels où l'on sacrifie au démon du hasard et de la fortune?
En vain , dit le prophète , en vain sacrifiez-vous au Seigneur , si votre sacrifice n'est pas un sacrifice de droiture et de justice:
sacrificatc sacrifîcium juslitiœ.
(Ps. 4 5 ^^0 C'est-à-dive , voulezvous que votre sacrifice vous soit utile? N'allez pas incontinent le désavouer et le détruire par des œuvres contraires.
Vous venez de faire à Dieu un sacrifice de propitiation pour vos péchés ; n'allez donc plus vous exposer à l'occasion d'en commettre de nouveaux; et pleurez ceux même qui vous échappent par surprise.
Vous venez de présenter à Dieu un sacrifice d'actions de grâces , n'allez donc pas abuser de ses bienfaits , et rendez vous dignes de ceux que sa bonté vous prépare.
Vous venez d'offrir à Dieu un sacrifice d'impétration pour les biens nécessaires ; n'allez donc pas dissiper les superflus ; remettez et renvoyez -les à Dieu par les mains des pauvres.
C'est ainsi que votre sacrifice sera comme celui de Jésus- Christ , un sacrifice durable et jierpétuel , juge sacrificiutn.
(Deut. 8 , 12.) Vous vous en appliquerez ici bas tous les mérites dans le temps , et vous en re-
SER cueillerez là-haut tous les fruits dans réternité bienheureuse.
( Le père Ségaud , tome 3 du Carême. Voyez aussi les controverses du cardinal de Richelieu et de M. Bossuet ; la Manière de bien entendre la messe de paroisse, par M. Fr. de Harlai ; l'Instruction sur le sacrifice de la messe , adressée par M. l'évêque de Saint-Pons aux nouveaux convertis de son diocèse ; l'ouvrage qui a pour titre : l'Esprit de l'Église pour suivre le prêtre à la messe par des prières abrégées, tirées d'une explication de l'ordinaire du missel et des cérémonies de la messe , avec de courtes instructions , etc. Instruction sur la manière d'entendre la messe en chrétien ; le Traité de la messe de M. Grancolas; l'Occupation des fidèles durant le saint sacrifice de la messe , par le père Charles de Saint-Benoît , religieux carme ; Elévation de cœur en forme de prières sur l'ordinaire de la messe ; l'Esprit de l'Église dans la célébration des saints mystères ; Nouvelles instructions et prières pour la sainte messe ; Tableaux de la sainte messe avec des prières choisies ; Sujets d'oraison» pour les pécheurs sur tous les mystères de Notre-Seigneur ; les Pères Nouet, Neveu , le Valois, Croiset, et le sermon de M. Mongin , évêque de Bazas , sur ie sacrifice de la messe , prêché pour l'instruction des nouveaux convertis de son diocèse ; le père de la Colombière , dans ses Réflexions ; les Sermons des
pères Bourdaloue et Dufay , de même que ceux deMM. Fléchiei et Boileau, etc.)