PAQUES
SERBIOJÎ ABRÉGÉ .
Suscitavit eum à mortuis , et dédit ei gloriam , ut fides vestra et spes esset in Deo,
Dieu Va ressuscité et l'a comblé de gloire, afin que 7)ous mettiez en lui votre foi et 7W tre espérance. ( i Epître de saint Pierre, ch. 1 . )
Consolez-vous , fille de Sion , reprenez en ce jour vos chants d'allégresse et vos riches ornemens de gloire. Votre Sauveur est ressuscité; le lion de la tribu de Juda a vaincu ; ciPlion puissant, de qui sortait la douceur , et ({ui, sans rien perdre de sa foi'ce , s'était laissé immoler comme un agneau sans se plaindre. Voilà qu'il sort de son sommeil , et qu'il se lève dès le matin pour aller ravir sa proie.
Déjà il a détruit le vaste et cruel empire de la mort; déjà il a conquis le royaume éternel :
toute puissance lui appartient dans le ciel et sur la terre ; sa gloire est immortelle : que le.s anges et les hommes, que les justes et les pécheurs, que les vivanset les morts, que toutes les créatures se réunissent pour célébrer son triomphe, et que la résurrection d'un Dieu sau-
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veur répande la joie dans les cœurs de tous ses enfans.
Par elle ses opprobres sont effacés, ses travaux couronnés , son innocence justifiée , la folie de sa cioix reconnue pour un prodige incompréiiensibîe de sagesse et de charité. Par elle la vérité de sa doctrine est scellée , la solidité de ses promesses garantie ; le grand œuvre de notre justification consommé , Ihéritage du Père céleste acquis aux enfaus de l'adoption. Par elle les courages abattus sont relevés, les genoux cliancelans raffermis , les jjerfides Juifs confondus , les timides apôtres rassurés , les cœurs lents à croire convaincus par l'évidence. Par elle vainqueur de la mort et de l'enfer , Jésus - Christ agit eu vainqueur ; il enlève les riches dépouilles des principautés ennemies; il tire de leur captivité les âmes justes qui l'attendaient depuis tant de siècles , et les emmène en triomphe , sans craindre qu'aucune puissance les ravisse de sa main. Enfin , par sa résurrection le divin S-iuveur rend notre foi raisonnable et notre espérance certaine. Arrêtons-nous dans un si vaste sujet à ces deux points importans, qui renferment tout le fruit que Dieu s'est proposé de nous faire tirer de ce grand mystère. Il a ressuscité Jésus- Christ son Fils, nous dit l'apôtre , afin que vous établissiez en lui votre foi et votre espérance :
Ut fi des iu;sira cl ."pes essel in Deo. Si Jésus-Christ est ressus-
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cité, quoi de plus raisonnable que de croire à sa doctrine, que de se confier à ses promesses?
La résurrection de Jésus-Christ est donc en même temps, et le fondement de notre foi , et le gage solide de notre espérance ; c'est le partage de ce discours.
Iraj)lorons les lumières du Saint- Esprit par l'intercession d'une Vierge sainte, que ce miracle si consolant a rendu la plus heureuse des mères.
PRE3IIÈRE PAimE.
Quoique le Seigneur ait paru dans tous les temps se plaire à confondre les vains conseils de la sagesse humaine, toujours ingénieuse à se séduire, jamais il n'en triompha avec plus de grandeur que dans le mystère qui fait aujourd'hui la consolation de son Église. Que peut en effet opposer à la foi l'incrédulité la plus subtile? Dira- t-tflle , ou cjue la résurrection de Jésus- Christ n'est qu'une illusion fabuleuse, ou que cette résurrection n'est point encore une assez forte preuve de sa divinité , pour mériter une absolue déférence à sa parole? Osera-t-elle combattre ou la vérité, ou la vertu de ce grand prodige? Un esprit raisonnable peut-il se refuser à la vérité d'un miracle si évident , soit par ses circonstances, soit par sa durée , soit par la qualité des témoins oculaires qui l'annoncent au prix de leur sang.
Et d'abord vous n'ignorez pas . mes frères, quelles ont été
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les circonstances de la résurrection du Sauveur : vous savez f[u'il reposait à peine dans son tombeau , que les pontifes et les princes du peuple, les scribes et les pharisiens, dont l'implacable fureur le poursuivait encore lors même qu'il ne vivait plus , tinrent conseil sur les moyens de le retenir captif dans la mort. Ce séducteur, disaient-ils (car c'est ainsi que, par une aveugle prévention, ils osaient traiter le Dieu de vérité ; et vous l'avez permis , ô mon Dieu , pour la consolation de vos plus fidèles serviteurs ) , ce séducteur s'est glorifié publiquement que si l'on détruisait le temple de son corps , il le rétablirait en trois jours. Ses disciples pourraient l'enlever de nuit , et répandre parmi le peuple qu'il serait en effet ressuscité : illusion qui deviendrait plus séduisante que la première.
il est donc à propos de la prévenir. Aussitôt on députe vers Pilate ; on obtient une compagnie de ces mêmes soldats , dont les mains barbares fumaient encore du sang de l'Homme- Dieu ; ou établit une garde sur son tombeau ; on scelle du sceau public la pierre qui en ferme l'entrée; on veille, on s'anime les uns les autres ; on se tient en garde contre la surprise :
vains efforts d'une sagesse impuissante ! Il vous était facile d'arrêter les entreprises de quelques disciples consternés , fugitifs , faibles , tremblans pour eux-mêmes; mais ce n'était pas
SER sur la foi de leur secours que leur maître s'était promis de vaincre la mort : sa confiance n'avait pour appui que son pouvoir propre. Yos veilles , vos gardes , toutes vos précautions sont de faibles barrières contre ce redoutable Samson , qui brise les plus forts liens , et qui enlève sans eflfort les portes de Gaza. Rien n'arrête le Tout- Puissant , et sa volonté lui suffit pour répandre l'esprit de vie dans ses membres inanimés.
A peine le jour prédit est-il arrivé , qu'il rend en effet à son corps adorable l'état de gloire quilui était naturel, etdontill'avait privé par amour pour nous, mes frères, durant le cours de sa vie passible. Sa divinité, qui ne s'en était point séparée pendant même son état de mort, le retire de ce triste état , sans souffrir que le Saint par excellence voie un seul instant la corruption. En le réunissant à son âme bienheureuse, elle lui en fait partager la félicité. Le tombeau, sans être obligé de s'ouvrir , rend à la lumière le sacré dépôt qui lui a été confié.
Un ange descend du ciel , la terre tremble, les gardes sont frappés de terreur : en vairi cherche-t-on parmi les morts celui qui est le premier né entre plusieurs frères. Une résurrection glorieuse lui a rendu enfin son éclat et sa splendeur.
Admirons ici, mes frères, cet ascendant souverain que Dieu possède sur l'esprit des hommes ; il les laisse à leur propre sa-