‹ Bibliothèque sacrée (volume 4)Chapitre 60 sur 77 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Les incrédules peuvent fondev et autoriser leur duveté à l'égard des âmes du purgatoire sur deux erreurs différentes , dont l'une regarde le purgatoire même , et l'autre la grandeur des peines qu'on y endure.

Quelques-uns ne veulent pas convenir qu'il y ait un purgatoire , et d'autres ne peuvent se persuader que les peines y soient en effet si grandes qu'on a coutume de les représenter : ils regardent ce que nous en disons comme autant de pieuses exagérations.

Or la religion oppose à ces deux erreurs deux vérités contraires, en nous enseignant en premier lieu qu'il y a un purgatoire ; en second lieu , qu'on y souffre beaucoup : développons ces deux vérités. Première vérité : Il est de la foi qu'il y a un purgatoire. En effet , on peut

SER prouver qu'une chose est de foi , surtout en deux manières : ou par l'Écriture, quand l'Église en a déterminé le sens ; ou par la tradition , quand l'Église la reconnaît et la croit : et c'est aussi particulièrement dans ces deux endroits que je prétends prouver qu'il est de foi qu'il y a un purgatoire ; et pour commencer par l'Ecriture , ouvrons, mes frères, l'Ancien -Testament:

ne lisez-vous pas dans le second livre des Machabées que Judas envoya une grosse somme d'argent à Jérusalem, afin de faire offrir des sacrifices pour les soldats qui avaient été tués dans le combat ? d'où l'Écriture conclut que c'est donc une mesure sainte et salutaire que de prier pour les morts ; Sancta ergo et salubris est cogitatio pro defimctis exorare. Mais si c'est une pratique sainte et salutaire que de prier pour eux , ne doit-on pas tirer ces conséquences nécessaires , qu'ils ont donc besoin de nos prières ; que s'ils en ont besoin , ils souffrent donc; que s'ils souffrent, il y a donc un purgatoire : conséquences que tout véritable catholique doit admettre, puisque l'Église reconnaît ce livre pourcanonique ; mais conséquences que les hérétiques mêmes ne peuvent éluder , quoiqu'ils ne le mettent pas au nombre des livres sacrés:

car ils ne peuvent au moins refuser de le recevoir comme un livre historique ; ils ne peuvent au moins refuser d'y avoir la même foi qu'on accorde à toutes

les histoires du même temps ; et par là ne sont-ils pas obligés d'avouer que la pratique de l'Église judaïque était de prier pour les morts, et par conséquent qu'elle reconnaît un pur.

gatoire ?

Mais si dès l'ancienne loi on avait cette créance , peut - on dire que ce soit une nouveauté qui s'est introduite dans la nouvelle loi? Peut-on même appeler nouveauté ce qui nous est marqué dans l'Évangile, ce que Jésus-Christ, ce que les apôtres nous ont fait entendre ? Il est vrai qu'on ne lit nulle part le terme de purgatoire ; mais lit-on dans l'Écriture le terme de consubstantialité; lit-on le terme de transubstantiation ? Ici comme en mille autres points , ce n'est pas du nom , mais de la chose dont il est question. Or, Jésus- Christ ne nous dit-il pas qu'il y a un péché qui n'est remis ni dans ce monde ni dans l'autre ?

Et de là ne faut-il pas conclure avec les pères qu'il y a donc des péchés qui se remettent dans l'autre monde ? Paroles de Jésus- Christ qui paraissent suffisantes à saint Bernard , pour confondre l'hérésie qui nie le purgatoire.

C'est, ajoutent les pères, c'est ce lieu d'exil et de souffrances que le Sauveur nous a figuré par cette prison d'où l'on ne sort qu'après avoir satisfait pour la plus légère dette : Non exies indb donec reddas novissimum quadranteni. Ce sont , au sentiment des mêmes pères et des mêmes docteurs , les peines seu-

sibles qu'on souffre en purgatoire que saint Paul a prétendu exprimer par ces paroles, Il sera sauvé cependant comme par le feu, Salvus erit sic tanquàm per ignem. Que les hérétiques donnent à toutes ces paroles , et à tant d'autres qu'il serait trop long de rapporter, les divers sens qu'il leur plaira , leur sentiment doit-il prévaloir à celui de saint Cyprien , de saint Ambroise , de saint Jérôme , de saint Augustin, de saint Grégoire , d'Origène et de Théodoret? Et ne suffit-il pas de savoir que presque tous les pères et tous les théologiens se servent de ces mêmes paroles pour établir la vérité du purgatoire, et des peines qu'on y souffre? Mais, et en second lieu , pour ce qui regarde la tradition, remontez , mes frères, de siècle en siècle jusqu'à la naissance de l'Église , et dites-moi dans quel siècle on a commencé à croire le purgatoire ; dites-moi quand et comment cette créance s'est établie.

]N'est-elle pas aussi ancienne que l'Eglise même? Tous les pères grecs et latins ne l'ont-ils pas enseignée aux fidèles de leur temps? Or c'est le raisonnement de saint Augustin contre les donatistes : Toute créance qui n'a point de commencement doit être regardée comme une tradition apostolique; tradition si claire et si évidente, que l'ijérésie même ne peut s'empêcher de la reconnaître pour très-ancienne. En vain crie-t-elle à l'erreur , en vain accuse-t-elle tous

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les pères de s'être laissé tromper.

C'est une folie pleine d'insolence, répond saint Augustin , que de vouloir disputer sur ce que l'Église entièrepratique .Que devient donc ici, mes ficres, ce faux et vain prétexte sur lequel les incrédules prétendent excuser leur dureté à l'égard des âmes du purgatoire? Il est de foi qu'il y en a un, que des âmes infortunées y souffrent , qu'elles ont besoin de votre' secours , et vous le leur refusezl Ab! quand la cbose serait douteuse , dans le doute même la piété ne devraitelle pas vous engager à agir?

Eb! qu'y a-t-il à risquer pour vous? Car voici comment , dans ce doute préfendu, je raisonne contre vous : Ou il y a un purgatoire, ou il n'y en a point ; s'il n'y en a pas , votre piété vous seraavantngeuseà vous-mêmes ; mais s'il y en a , vous abandonnez vos frères à une justice bien rigoureuse; s'il n'y en a point , Dieu répandra sur vous les dons que vous sollicitez pour d'autres ; mais s'il y en a , vous aurez le bonbeur de soulager des âmes que Dieu aime et qui aiment Dieu. Mais non, il ne vous est point permis de douter de cet article, je vous l'ai dit, je ne puis trop le répéter : il est de foi qu'il y a un purgatoire. Descendez donc en esprit , chrétiens , dans ces sombres prisons où sont retenues tant de tristes victimes de la justice de Dieu.

Soyez témoins de ce qu'elles souffrent, la rigueur de leurs tcurmcns est bien capable de

SER vous inspirer une généreuse et efficace compassion.

Parlerai-je des peines sensibles? Il y en a dans le purgatoire, c'est sur quoi toute l'école convient, et la raison en est évidente : car puisque le pécheur ne s'est pas contenté en péchant de s'éloigner du souverain bien , mais qu'il s'est encore attaché aux biens sensibles ; ainsi doitil être puni , non-seulement par la privation du souverain bien , mais encore par des maux sensibles. Dirai - je avec les théologiens , qu'il y a dans le purgatoire un feu qui tourmente ces âmes malheureuses d'une manière aussi véritable qu'elle est inconcevable? diraije avec saint Augustin, que les peines sensibles du purgatoire sont plus grandes que tout ce qu'on peut imaginer de plus affreux ? dirai - je avec saint Thomas , que la plus légère peine qu'on souffre dans ce lieu d'exil est au-dessus des plus grands supplices que l'on peut souffrir dans le monde? Votre cœur , malgré vous , mes frères, serait ému au spectacle d'un de ces malheureux , contre qui les bommes sont obligés de prononcer des arrêts de mort, et qui souffrent , en effet , par les mains des hommes, le supplice dû à leurs crimes. Ah ! refuserezvous à des âmes prédestinées ce que vous accorderiez à des coupables? Ce n'est là toutefois encore que la peine du purgatoire la plus légère ; je le dis et vous ne le concevez pas, âmes sen-

suelles et voluptueuses , vous qui ne reconnaissez point d'autres biens ni d'autres maux que ceux qui peuvent ou flatter vos sens ou les affliger; mais donnezmoi une âme qui ait appris à aimer Dieu : c'est ce que demandait saint Augustin et ce que je demande : Da amantem ; elle comprendra aisément ce que je veux dire et sentir , Quod dico ; elle sentira ce que c'est d'être séparée de Dieu, ne fû*-ce que pour une année, pour un jour; la nature, le sang, l'amitié, l'intérêt même rend dans le monde certaines séparations si sensibles! quelle est donc la douleur d'une âme, qui, dégagée des liens du corps, connaît, mon Dieu , que vous êtes le seul bien capable de remplir l'étendue de ses désirs, et de faire son bonheur; qui n'est plus occupée désormais d'aucun autre objet que de vous , et qui ne peut néanmoins découvrir l'objet qu'elle cherche comme le centre de sa félicité; qui se porte toute entière vers vous par l'inclination la plus naturelle et la plus violente, n'étant plus en état de rien goûter que vous ; mais qui, dans ce mouvement rapide qui l'emporte , et auquel elle se laisse aller comme au mouvement le plus doux , rencontre toujours un obstacle qu'elle voudrait et qu'elle ne saurait surmonter, se sent toujours repoussée par une main invisible qui l'arrête et qui l'éloigné? Encore une fois quand on aime comme e'ie, et qu'un

tel amour n'est pas satisfait, on trouve dans son amour même une source intarissable de gémissemens et de pleurs. Aimer Dieu, être aimé de Dieu, et se voir séparé de Dieu , quel supplice ! Da amantem , et sentit quod dico,

Absalon , rappelé de son exil , ne peut souffrir la défense qui lui est faite de paraître devant David : Qu'on me fasse mourir , s'écrie ce prince malheureux , ou qu'il me soit permis de voir mon père. S'il n'a pas oublié mon crime, qu'il m'ôte la vie , il me sera moins dur de mourir par ses ordres que de ne le voir pas : Quod simemor est iniquitatis meœ^ interficiat me. Mais les larmes d'Absalon furent-elles jamais aussi amères que celles des âmes en faveur de qui j'ai entrepris de vous parler? aimat-il jamais avec tant d'ardeur , et par une conséquence nécessaire, soufirit-il jamais autant dans l'absence du père et du maître qu'il aimait? Da amantem , et sentit quod dico.

SECONDE PARTIE

Toujours beaucoup plus sévères sur les défauts des autres que sur les nôtres , nous ne manquons point de condamner leur insensibilité aux malheurs d'autrui, surtout dans ces différentes circonstances : 1°. lorsque ce sont des personnes de mérite qui souffrent , et qui souffrent beaucoup; 2". lorsqu'elles ne peuvent par ellesmêmes apporter aucun soulage-

mentà leurs souffrances ; 3°. lorsque ceux qui en sont les témoins peuvent aisément ou diminuer les peines, ou les faire cesser ; 4°. quand les personnes qui souffrent ont avec ceux qui refusent de les secourir des rapports particuliers ; 5°. quand ceux-ci doivent attendre de leur charité des avantages considérables pour eux-mêmes. C'est sur ces règles, mes frères, que je vous prie de juger vous-mêmes de votre insensibilité à l'égard des âmes du purgatoire. Qui peut donc mériter à meilleur titre votre compassion , que des âmes aimées de Dieu , des âmes destinées à le posséder éternellement, des âmes qui, au milieu de leurs souffrances , adorent la main qui les frappe, qui joignent la douleur la plus vive avec les sentimens les plus soumis, qui pleurent, mais encore plus sur leurs fautes passées , parce que ç'ont été des offenses de Dieu , que sur l'état présent, sur le pitoyable état où elles sont réduites? Non, ce ne sont plus ces personnes sujettes à certains défauts que vous aviez peine quelquefois à supporter , ce sont des âmes présentement impeccables , des âmes héritières de la gloire et du royaume céleste , qui leur est assuré , mais dont la possession leur est trop long-temps retardée. Votre insensibilité serait plus excusable , mes frères , si elles pouvaient se soulager elles-mêmes.

Mais c'est une deuxième réflexion , elles ne sont plus ca{)a-

SER blés que de soufFrir; car il faut bien distinguer deux choses avec les théologiens, la voie et le terme : la voie, c*est le temps de la vie ; le terme , c'est la mort ou ce qui la suit. Dans la voie on peut toujours mériter , dans le terme on ne le peut plus.

Vous les pouvez soulager , chrétiens, et c'est la troisième réflexion. S'il fallait seulement parler à un juge pour rompre les chaînes d'un misérable qui languit dans une longue captivité ; s'il ne tenait qu'à une aumône pour sauver un parent du supplice dont il est menacé ; si l'on croyait par une messe rendre la vie à un ami que la mort vous a enlevé , ne serait-ce pas pour vous un éternel sujet de reproche , si en leur refusant un si léger secours, vous leur aviez manqué en de pareilles conjonctures? Or, vous le savez, mes frères , c'est un point de votre foi , vous pouvez à ces mêmes frais assister les âmes du purgatoire. On ne vous demande rien davantage , c'est donc par ma voix qu'elles s'adressent à vous et qu'elles vous redisent ce qu'Absalon , condamné à ne plus voir David , disait à Joab :

Obsecro utfaciem régis videam.

Je ne puis rien par moi-même , mais je puis tout par vous. Vous preniez tant de part à mes disgrâces avant que la mort m'eût séparé de vous , n'en prendrezvous plus maintenant , m'abandonnerez-vous dans le besoin le plus pressant? Les éloges que l'on me donne parmi vous , les

SER glorieux inonaraens que vous faites élever poui* conserver ma mémoire et pour me rendre en quelque sorte immortel, peuvent vous faire quelque honneur dans le monde ; mais , hélas I de quelle consolation sont-ils à une âme éloignée de sa fin ? Laissez , j'y consens , laissez sur la terre s'obscurcir une vaine gloire , laissez-y mon nom dans l'oubli , mais ne m'abandonnez pas aux flammes qui me dévorent , rendez-moi à ma patrie et à mon Dieu : Obsecro ut faciem régis videam. Je ne demande point que vous vous épuisiez pour moi, que vous y employiez tous les biens que je vous ai acquis et laissés; mais quelques messes, quelques aumônes , le soin de m'appliquer le fruit salutaire d'une indulgence , tout cela ne vous incommodera point et me soulagera beaucoup. Souvenez vous que vous êtes peut-être la source de mon malheur , je souffrirais moins si je vous avais moins aimé , et je serais moins malheureux si j'avais voulu vous rendre moins heureux :

Obsecro ut faciem régis videam.

Qui sont ceux , mes frères , qui vous parlent de la sorte , de qui sont ces ardentes prières qui se font entendre à vous ?

Voici une quatrième réflexion encore plus capable de toucher vos cœurs : c'est la voix de ceuxlà mêmes à qui vous êtes unis par une infinité de nœuds; c'est la voix de ces âmes qui ont eu et qui ont encore avec vous la liaisou la plusparfaite, liaison com-

mune en qualité d'hommes, liaisons particulières eu qualité de chrétiens , liaison encore plus étroite en qualité d'enfans de la même Église. Ce n'est point assez : liaison de l'amitié , de la proximité du sang. Veuve désolée , c'est la voix de ce mari que vous pleurez encore ; enfans , c'est celle d'un père , d'une mère à qui vous devez le jour , et avec le jour, tous les soins qu'inspire la tendresse paternelle ; c'est la voix d'un frère, d'une sœur,d'uu parent , d'un ami , qualités capables de réveiller toute la tendresse d'un cœur, pour peu qu'il soit sensible. Mais hélas ! noms trop tôt oubliés, dès que la mort a fermé les yeux à ceux qui les portaient, et qu'ellesembleavoir rompu les liens qui nous attachaient à eux !

Ah I chré^ens , si Dieu à ce moment même permettait que ces antres afFi-eux , où sont renfermées tant d'âmes prisonnières et captives, s'ouvrissent tout-àcoup devant vous , quels objets frapperaient vos yeux ? qui verriez-vous au milieu de ces tourbillons de flammes? vous , celui peut-être qui , dans la vie , fut le plus cher confident de vos chagrins , le plus intime dépositaire de vos secrets, toute votre consolation et votre appui; vous, celui peut-être à qui vous devez tous les avantages de fortune , tous les sentimens d'honneur et de piété qui vous distinguent devant Dieu et devant les hommes. Si vous prétendiez les méconnaître , je vous les montre-

rais ; les voilà , vous Uirais-je :

qui ? ceux mêmes dont vous avez tant autrefois recherché l'amitié, l'estime et la faveur. Ah! malgré tant de protestations d'une fidélité qui devait aller au delà du tombeau , d'une reconnaissance éternelle , vous aimez bien peu ce que vous avez sitôt oublié.

Hélas ! combien de ces âmes délaissées peuvent dire comme ce malade de l'Évangile, qui n'avait personne pour le jeter dans la piscine : Hominem non haheo.

Il y a déjà des trente , des quarante , des cinquante années que nous souffrons , sans qu'aucun prenne notre cause en main , et se fasse auprès de Dieu notre patron. Si vous êtes peu sensibles, mes frères, aux intérêts des âmes du purgatoire, soyez-le du moins aux vôtres; c'est la dernière réflexion. Car que ne devezvous point attendre de Dieu, à qui vous rendez un service si essentiel , en l'engageant à faire part de sa gloire à des âmes qu'il aime, et dont il est aimé? Que ne devez-vous point attendre de la reconnaissance de ces âmes dont vous aurez brisé les liens , en leur ouvrant le ciel? L'échanson de Pharaon tiré de prison , oublie Joseph , qui lui avait interprété si avantageusement son songe. L'éclat et le bonheur peut éblouir les hommes , et il est aisé d'oublier un malheureux, quand on a cessé de l'être:

mais pourrait-on ,sans injustice', avoir la même idée de ces âmes saintes ? Dieu leur fera connaî-

SER tre leur libérateur, et avec quel zèle solliciteront-elles le salut de ceux qui auront avancé leur bonheur? Servez-vous donc , conclut saint Augustin, expliquant ainsi les paroles de Jésus-Christ ; servez-vous des richesses d'iniquité , pour vous faire auprès de Dieu des amis , qui , au moment de votre mort , vous reçoivent dans les tabernacles éternels , vous serez peut-être un jour ce qu'ils sont maintenant; mais si vous les oubliez, Dieu permettra qu'on vous oublie , que vous laissiez après- vous des enfans , des parens , des amis , aussi peu sensibles que vous l'êtes. Si, au contraire, vous travaillez à soulager les âmes du purgatoire , il suscitera après votre mort quelque âme fidèle , qui , par ses prières , par ses aumônes , vous procurera le même soulagement que vous avez procuré aux autres.

Mais pourquoi cacher plus long - temps l'iniquité ? levons le voile , mes frères , et découvrons l'injustice qu'on fait aux âmes du purgatoire ; c'est le sujet de la troisième partie.

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