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blée sainte des fidèles dans la maison de prière , chacun à la place qui convenait à son état-; d'un côtelés solitaires , les saints confesseurs , les simples fidèles ; de l'autre , les vierges , les veuves, les femmes engagées sous le joug du mariage, tous attentifs aux mystères saints, tous voyant couler avec des larmes de joie et de religion sur l'autel le sang de l'agneau encore fumant, pour ainsi dire, et depuis peu crucifié à leurs yeux , priant pour les princes , pour les Césars , pour leurs persécuteurs, pour leurs frères; s'exhortant au martyre , goûtant la consolation des divines Écritures expliquées par leurs saints pasteurs , et retraçant dans l'Eglise de la terre , la joie , la paix, l'innocence, et le profond recueillement de l'Église du ciel. Que les tentes de Jacob étaient alors belles et éclatantes , puisque l'Église fut encore dans l'oppression et dans l'obscurité; que les ennemis de la foi , les prophètes mêmes des idoles , en voyant leur bel ordre , leur innocence et leur majesté , avaient de peine à leur refuser leur admiration et leurs hommages! HélasI et aujourd'hui les niomens rapides que vous consacrez ici à la religion , et qui devraient sanctifier le reste de vos journées , en deviennent souvent eux-mêmes les plus grands crimes I
Enfin, mes frères, à toutes ces dispositions intérieures de prière , d'adoration , de reconnaissance, que la sainteté de
5o8 SER SER nos temples exige de vous, il trefois qu'à des maisons de crime faut encore ajouter la modestie et de débauche ; et qui fait que t;xtérieure , et la décence des ne vous respectant pas vousorneinens et des parures; der- mêmes, on perd pour vous ce iiière disposition des bienheu- respect dont la politesse de la reux dans le temple céleste: nation a toujours été si jalouse, yiniicii stolis alùis ;mdis ien''tu parce que la pudeur seule est dis qu'un mot. estimable? Numqu'ul domos non Et en effet , faudrait-il même habetis ad mandiicandwn et que nous fussions obligés de ^/T'ea^f/z/i? comme le reprochait vous instruire là-dessus, fem- autrefois saint Paul aux fidèles, mes du monde? car c'est vous Faut-il que le temple saint soit principalement que cet endroit encore souillé par vos immode mon discours regarde. A quoi desties? Ah I quand vous pabou tout cet appareil , je ne dis raissez dans les palais où le soupas seulement de faste et de va- verain se trouve, vous marquez nité , mais d'immodestie et par la dignité et par la décence d'itnpudence , avec lequel vous d'un habillement grave et sévenez paraître dans cette maison rieux le respect que vous devez de larmes et de prières? Venez- à la majesté de sa présence; et vous y disputer à Jésus-Christ devant le souverain du ciel et les regards et les hommages de de la terre , vous venez paraître ceux qui l'adorent? venez-vous sans précaution , sans décence , insulter aux mystères qui oj>è- sans pudeur, et vous portez vent le salut des fidèles, en sous ses yeux une effronterie qui cherchant à corrompre leur cœur blesse même des yeux sages et aux pieds mêmes des autels où raisonnables! Vous venez trouées mystères s'offrent pour eux ? bler l'attention des fidèles qui Voulez-vous qu'il n'y ait pas avaient cru trouver ici un lieu un lieu sur la terre, le temple de paix et de silence, et un même, l'asile de la religion et asile contre tous les objets de la de la piété , où l'innocence vanité ; troubler même le propuisse être à couvert de vos nu- fond recueillement et la sainte dites profanes et lascives ? le gravité des ministres appliqués monde ne nous fournil-il pas autour de l'autel, et blesser par assez de théâtres impurs, assez l'indécence de vos parures , la d'assemblées de plaisirs , où pureté de leurs regards attenvous pouvez faire gloire d'être tifs aux choses saintes : aussi, une pierre de scandale à vos l'apôtre voulait que les femmes frères? Vos maisons mêmes ou- chrétiennes fussent couvertes vertes à la dissipation et à la d'un voile dans le temple, à joie , ne sufïisent-elles pas pour criuse des anges, c'est-à-dire, vous y montrer avec une indé- des prêtres qui y sont sans cesse cence qui n'aurait convenu au- présens devant Dieu, et dont
l'innocenre et la pureté doivent égaler celle des esprits célestes.
Rappelons donc . mes frères , tous ces grands ïnotifs de religion : portons dans ce lieu saint une piété tendre et attentive , un esprit de prière, de componction , de recueillement , d'actions de grâces, d'adoration et de louange. Ne sortons jamais de nos temjdes sans en remporter cjuelque nouvelle grâce, puisque c'est ici le trône de miséricorde' d'où elles se répandent sur les hommes : n'en sortez jamais sans un nouveau goût pour le cie! , sans de nouveaux désirs de finir vos ég.iremens, et de vous attacher uniquement à Dieu , sans envier le bonheur de ceux qui le servent , qui jieuvent l'adorer sans cesse aux pieds de l'autel , et que leur état et leurs fonctions consacrent particulièrement à ce saint ministère. Dites-lui, comme celte reine étrangère disait autrefois à Salomon : Bienheureux vos serviteurs, qui sont toujours présens devant vous , et qui n'ont point d'autre demeure que votre maison sainte I Beali servi lui qui stant coràm te semper.'ei siles devoirsde votre état ne vous permettent pas de venir ici adorer le Seigneur, aux différentes heures de la journée où ses ministres s'assemblent ])our le louer, ah I du moins, tournez sans cesse vers ce lieu saint, comme autrefois les Israélites , vos vœux et vos désirs. Que nos temples soient la plus douce consolation de vos peines , le
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seul asile de vos afflictions , la seule ressource de vos besoins , le délassement le plus sûr des gênes, des bienséances et des assujettissemens pénibles du monde ; en un mot , trouvez-y les commencemens de cette paix inaltérable, dont vous ne trouverez la plénitude et la consoni' mation qu'avec les bienheureux dans le temple éternel de la céleste Jérusalem. ( Massillon , tome i^r du carême. )