TOUSSAINT
SER3I0X ABRÉGÉ
Sancti estote , quia ego sanctus sum.
Soyez saints , parce que moimême Je suis saint. (Lévitique, chap. II.)
Heureux qui, s'élevant par la foi au-dessus de toutes les choses créées , irait percer les voiles do l'éternité , et prendre dans le sein de Dieu l'idée de la sainteté dans la source! Mais quelle proportion y a-t-il entre Dieu rt l'homme, et quelqu'un peut-il être saint comme le Seigneur, disait le prophète? Ceux qui ne peuvent soutenir l'éclat du soleil, regardent dans de claires eaux l'image qu'il fait de luimême; et nous, dans l'impuissance où nous sommes de pénétrer les grandeurs de Dieu , contentons-nous de le louer, de l'admirer, et de l'imiter en ses saints qui le représentent.
C'est dans cette vue que l'église nous les propose en parti-
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culier darant tout le cours de l'année, afin que la considération de ces objets célestes ranimant notre foi, et élevant notre espérance vers le ciel , nous accoutume à nous souvenir de ce qu'ils ont été, de ce qu'ils sont, et de ce que nous devons être.
C'est dans cette même vue que, recueillant aujourd'hui comme en un corps de société toutes ces âmes bienheureuses, et réunissant toutes leurs fêtes en une seule , elle nous montre le bonheur dont elles jouissent , et dont nous espérons jouir : elle se réjouit de voir qu'on honore Dieu dans ses saints ; que leur mémoire soit encore vivante dans l'esprit de leurs frères , après le cours de tant d'années ; que dans des siècles corrompus comme les nôtres , on rende justice au mérite des fjens de bien qui nous ont précédés j et qu'en un temps où l'on trouve si peu de saints , on révère encore la sainteté.
Mais elle gémit de voir le peu de fruit que nous tirons de leurs exemples. Nous chantons des hymnes à leur louange, et nous regardons leurs actions comme une histoire indifférente : nous admirons leur félicité, et peutêtre travaillons-nous à notre perte : nous savons qu'ils ont acquis par leur vertu l'héritage que Dieu leur avait préparé dès le commencement du monde , et nous n'avons pas le courage de les suivre, spectateursoisifs d'une gloire que nous désirons, mais qui nous coûte quelque gloire.
i". Je veux aujourd'hui exciter votre reconnaissance par les grâces que Dieu vous fait.
2°. Votre ferveur , par les exemples qu'il vous propose.
3". Votre constance, par les récompenses qu'il vous promet.
Voilà tout le plan de ce discours , et le sujet de votre attention. Ave Maria.