‹ Bibliothèque sacrée (volume 5)Chapitre 209 sur 347 · Paul d'Euse ou d'Uèze de Foix · texte numérisé non relu

Paul d'Euse ou d'Uèze de Foix

Carmaing ou Caranian, ahbé d'Aurillac, de la Chaise-Dieu et de Conques, a été un des plus savans prélats qui ont occupé le siège de Toulouse. Il étudia la jurisprudence dans cette ville, et y lit des levons publitiues sur le droit , auxquelles les professeurs même se fusaient un honneur d'assister. Il fut re^u conseiller d'honneur au parlement île Paris en 1546, à l'âge de dix-huit ans. Peu de temps

après ce parlement lui suscita une affaire dans laquelle il se couvrit de gloire, en se justifiant des soupçons qu'on avait formés contre sa catholicité. Le roi, qui avait déjà pénétré ses grands lalens jioinles négociations dans les ambassades d'Ecosse et d'Aiigleterre, qu'il lui awiit confiées, le lit conseiller d'état en i565, et l'envoya de nouveau eu ambassade à Venise et à Rome. Il mourut dans cette dernière ville au mois de mai i584., âgé lie cinquante-six ans. Il fut le Méiène des grands hommes de son siècle, et contribua au progrès des sciences autant par une étude continuelle, que ])ar la protection qu'il accorda aux savans. Il a laissé un volume in-^° de Lettres françaises très-curieuses, qu'AugerdeMauléon, seigneur de Gianier, a fait imprimer en 1628. De son temps les cordeliers conventuels s'établirent à Toulouse, après avoir été chassés de l'Ile-Jourdain yiav le roi de Navarre.

22. François de Joyeuse, abbé de Saint-Seinin et prieur de la Daurade, fut nommé h l'archevêché de Tou- ^louse en i584. Il fnt aussi archevêque de Naiboune et de Rouen, cardinal et commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, abbé de Saint-Florent, de Marmoutier, de Féiaujp, etc. Il tint en iSgo un concile à Toulouse pour la refoime des mœurs et le rétablissement de la discipline occlésiastii]!^. Ce concile est regardé comme un des |)lus beaux dans ces derniers siècles. François de Joyuse se démit de l'archevêché de Toulouse en faveur de Louis lie Nogaret de la Valette , et mourut iloycMi du sacré collège le 23 août i6i5. Durant son épiscopat, ])lusieurs connnunautés religieuses s'établirent à Toulouse , savoir, les fenilla is en i586, les feuillantines en i5^8, les récollcts en j6oi , les religieuses de Sainte-Catherine de Sienne en 160'^, les pères lie la doitrine chrétienne en i6o4i et les ursulines en 1610.

23. Louis de Nogaret de la Valette, fils du duc d'Épernon, créé cardinal le II janvier 1621, posséda, avec l'ar-

DES ÉVÊCHÉS DE FRANCE

chevêche. tle Toulouse, les abbayes <le Saint-Sernin de la même ville, de Saint- Victor de Marseille, de Saint- Vincent de Metz, le prieuré de >Saint- Martin-des-Champs, et fut en môme tempsS lieutenant général des armées du roi, gouverneur d'Anjou, tle Metz et du pays Messin. Il commaiulaavec gloire en Allemagne, en Franche- Comté, en Italie, et servit utilement Louis XIII tians son conseil et à la tête de ses troupes. Il se démit en 1628 de l'archevêché de Toulouse en faveur de Charles de Montchal, qui avait été son précepteur, et mourut à Rivoli, |)rés île Turin, le 28 seplem- 1639, ^;^é de quarante-sept ans, sans avoir reçu les ordres sacrés. De son temps les relii^ieuses carmélites s'établirent à Toulouse en 1616, les tbéatins en 1621, les carmes déchaussés et les religieuses malthaises en 1623, les religieuses du tiers-Ordre de Saint - François ou tierçairettes en

24.Charles de Montchal, néà Annonay enVivarais,fut d'abord boursier, et ensuite principal tlu collège d'Autun à Paris. Il a mérité d'être mis au rang des savans par une connaissance protonde de l'histoire sainte et profane , par sa science dans le droit et dans les langues grecque et^ébraïiiue. Devenu archevêque de'Rulouse en 1628, il s'appliqua avec un zèle vraiment apostolique à la réforme de son diocèse, en faisant luimême des missions très -fréquentes pour l'instruction et la conversion des peuples. Sa science parut avec éclat tlans l'assemblée générale du clergé tle France, où il présiila en 1645. Il mourut à Carcassonne le 11 septembre i65,i, pendant la tenue tles États de Languedoc. Pierre de Bertier, évéque de Monta uban, prononça son oraison funèbre à Carcassonne, et François-Etienne de Caulet, évoque tle Pamiers, la prononça à Toulouse. On a de lui des Mémoires imprimés à Rotterdam en 1718, en deux volumes in-12 , qui contiennent les particularités de la vie et du ministère du cardinal de Richelieu. Son

zèle pour la gloire de la religion favorisa l'établissement de plusieurs communautés régulières. Celle des religieuses tle Notre-Dame fut fixée à Toulouse en i63o, par les soins tles familles tle Cambolas et de Ciron. En ]634 il fontla un couvent t!e religieuses sous le nom du Refuge. La maison des tiames d'Andoin fut aussi fontlée sous son épiscopat en i638.

Enfin il donna son ap]n'obation à l'établissement du séminaire de la congrégation des prêtres de Sainte-Marie ou de Caraman, et le choisit en pour son séminaire.

|5. Pierre de P/larca , né à Gand dans le Béarn le 24 janvier i594> ti'une famille noble et ancienne, tut conseiller , puis président au parlement de Pau, et ensuite conseiller d'état. Ayant embrassé l'état ecclésiastique après la mort tle sa femme, il devint premièrement évêque tle Conserans, puis archevêque de Toulouse en i653. Il avait fait ses études tlans cette ville, et fut un des plus savans prélats tlu royaume.

LouisXIVl'emjïloya dans ses commissions les plus importantes, et le choisit en i653 jjourêtre ministre d'état.

Il mourut le 29 juin 1662, après avoir été nommé à l'archevêché de Paris, dont il n'eut pas le temps de prentlre possession, ployez Marca (Pierre tle). C'est par le crédit de cet illustre prélat que les augustins déchaussés s'établirent à Toulouse vers l'an i652. Dans le même tem|)sGabrieldeCiron, chanoine de Saint-Etienne, et chancelier de l'université, forma la communauté séculière des Irères-cordonniers. Le voyage tl'Anne tl'Autriche, reine de France, àToulouse en 1660, donna lieu à la fondation tlu séminaire fies Irlandais. Le roi leur accorda une pension de douze cents livres pour l'entretien de douze ecclésiastiques de celte nation, tlestinés à la mission de leur pays. On forma encore sous les yeux de et? grand prélat, en 1662, l'établissement du couvent des religieuses de la Visitation de Notre-Dame.

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