AGIS
d'assuré dans sa science , parce qu'il ne pouvait connaître les choses passées que par mémoire, et les futures que par une connaissance vague qui est la prescience.
Ces hérétiques s'élevèrent dans l'Église vers l'an 870, sous l'empire de Valens. ( Nicéphore , iib. 12, cap. 3o. ) La seconde sorte d'Agnoëtes s'éleva vers l'an 535 , et eut pour chef Thémistius, diacre de l'église d'Alexandrie. Ils prétendaient que Jésus-Christ avait ignoré le jour du jugement dernier , prenant trop à la lettre ces paroles de l'Évangile qui dit que persowie n'a connaissance de ce jour , pas même les anges qui sont dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. (Marci, c ï3 , V. 32. ) Paroles qui s'expliquent dans un sens fort naturel et fort simple , en disant que Jésus- Christ, parlant de la sorte, voulait seulement faire entendre à ses apôtres, qu'inutilement ils l'inteiTogeaient sur le jour du jugement dernier , parce que cela ne regardait point sa qualité de Messie , mais le Père seul.
Ces hérétiques furent aussi nommés The'mis tiens , Théodosiens ^ Jacobites, du nom de leurs chefs. Baron. , ad an. 535.
AGÎ^US DEL Pâte bénite ([u'on porte par dévotion et qu'on couvre d'une petite pièce d'étoffe qui est ordinairement brodée en forme de cœur. Cerea ^gni cœlestis effigies.
Le pape bénit , de sept ans en sept ans , les Agnus Dei avec le saint-chrème , dont la distribu-
tion appartient â la charge du maître de sa garde-robe. Les cardinaux les reçoivent avec grande révérence dans leurs mitres.
Les feuillans ont droit de pétrir ceux qu'on fait de pâte.
Cette cérémonie vient d'une coutume ancienne de l'Église. On prenait une certaine partie du cierge de Pâques, qu'on avait béni le samedi-saint ; et après la communion , on la distribuait au peuple pour en faire des parfums dans leurs maisons et dans leurs champs, afin d'en chasser les démons et les préserver des orages. (Sirmond. , Notes sur Ennodius. ) A Rome , l'archidiacre bénissait de la cire arrosée d'huile, et il mettait dessus l'empreinte de la figure d'un agneau, pour la distribuer au peuple.
( Amalar. , Offic. ecclés. ) Depuis , les papes en ont fait des consécrations plus solennelles.
( L'Ordre romain , Théophile Rainaud. ) Foj-. Alfonse Ciccarelli , Traité de l'origine de la bénédiction et des vertus de V Agnus Dei.
Agnus Dei. Partie de la messe entre le Pater et la communion où le prêtre dit trois fois à haute voix, Agnus Dei, etc. /^. Messe.
AGOaRD (saint) et AGLIBERT (saint), étaient des étrangers venus de delà le Rhin , vers le cinquième siècle, qui souffrirent le martyre sous les Vandales , avec un grand nombre d'autres chrétiens. Leurs corps furent enterrés à Creteil , viUage du territoire de Paris à deux lieues de cette ville , et on les voit encore
aujourd'Imi dans l'église paroissiale de ce lieu. Le Martyrologe lomaiu moderne fait niention d'eux et de leurs compagnons au 24 de juin. L'église de Paris, joint leur commémoration à l'office de saint Jean ; mais à Créteil , leur fête se remet au lendemain. Eaillet, 24 juin.
AGOBARD, AGOEERT, AGO- BALD ou AGUEBAUD, était Français, selon quelques uns.
Lepère Mabillon, dans son Voyage d'Italie, croit qu'il est né en 779 , et il se fonde sur un petit Martyrologe auquel Agobard luimême ajouta de sa main quelques remarques. Il passa d'Espagne en France vers l'an 'J82 , dit M. Cave , ce qui ferait penser c{u'il est né en Espagne. Quoi qu'il en soit , Leidrade , archevêque de Lyon , étant fort arancé en âge, le nomma son coadjuteur en 81 3 ; et s'étant ensuite retiré dans le monastère de Soissons où il finit sesjoui'S, Agobard monta sur le siège archiépiscopal , du consentement de l'empereur , et du synode entier des évèques de France qui cipprouvèreut le choix c^ue Leidrade avait fait de lui pour être son successeur. On blâma cette ordination qui était contraire aux canons; cependant Agobard jouit paisiblement de sou siège jusqu'au temps qu'il en fut chas- .sé par Louis -le -Débonnaire , pour avoir pris le parti de son fils Lotbaire , et avoir été un des principaux auteurs de sa déposition, faite dans une assemblée d'évêques tenue ù Compiègne en
AGO 833. Agobard et ceux de son parti furent déposés dans leçon»
cilede Thionville ; mais les enfans de Louis - le - Débonnaire • ayant fait leur paix avec leiir père , ils ménagèrent le rétablissement d'Agobard , qui assista l'an 838 à une assemblée qui se tint à Paris par ordre de cet empereur. Il rentra même dans les bonnes grâces de Louis , auprès duquel il mourut en Saintonge l'an 840, le cinquième jour de juin. C'était un homme d'un génie pénétrant , d'une profonde érudition , un très-habile théologien , un grand jurisconsulte , et zélé défenseur des saints canons, opiniâtre cependant dans le sentiment qu'il tenait , et le soutenant avec trop d'ardeur.
C'aurait été un miracle , ditBa— luze, si un homme aussi accompli n'eût pas excité l'envie de ceux qui vivaient de son temps.
Nous aurions été privés de ses ouvrages sans une rencontre la plus singulière. Papyrius Massonus entra par hasard dans la boutique d'un relieur de Lyon ; et voyant que ce relieur tenait en main un manuscrit qu'il allait mettre en pièces pour en faire des cartons, il voulut voir ce que c'était. Le relieur qui n'en connaissait pas le prix , le lui confia volontiers ; M. Masson l'emjiorta , et le donna pfeu de tenq^s après au public. Il est présentement dans la bibliothèque du Roi. Voici ce qu'il contient :
1° Un Traité contre Félix d'Urgel , adressé à Louis-le-Débonnaire. Ce Félix avait déjà été
AGO condamné dans le concile d'Aixla-Cliapelle , et avait été obligé de se rétracter. Exilé à Lyon , il reprit ses erreurs ; et pour ne pas se rendre suspect , il employa d'autres expressions que celles dont il se servait auparavant.
(]et ouvrage que Félix avaitcomposé depuis sa condamnation , tomba entre les mains d'Agobard qui fit voir qu'il ne contenait que de nouvelles erreurs ajoutées aux anciennes. Ce Félix était un vrai nestorien , et Agobard le combat par les mêmes argumens dont les Pères s'étaient servis contre Nestorius.
2" Un écrit contre l'insolence des juifs , qui n'est , à proprement parler , qu'une requête iju'il adresse à Louis-le-Débonnaire , dans laquelle il se plaint de ce que les commissaii'es envoyés de sa part à Lyon avaient pris le parti des juifs contre l'Église , et avaient des lettres de cachet et des ordonnances en son nom qui leur étaient favorables.
Ils avaient même poussé lachose si loin , qu'ils avaient parlé en faveur des juifs, et menacé quelques évêques. Agobard, qui était absent quand cela arriva , étant allé au monastère de Nautoue pour accommoder les religieux qui avaient quelque différent ensemble, en écrivit aux commissaires, mais ils n'eurent aucun égard à ses lettres. Il s'adresse donc à l'empereur , et lui remontre que les juifs ne le persécutent, lui et ses confrères, que parce qu'il a prêché aux chrétiens de ne pas vendre leurs es-
AGO icp
claves aux juifs, de ne pas souffrir que les juifs vendissent des chrétiens en Espagne , ni qu'ils eussent des doiuestiqiies chrétiens , et il joignit à cette requête une lettre écrite en son nom et au nom de Bernard, archevêque de Vienne , et d'un autre évêque, dans lac[uelle ils apportent des autorités des Pères et de l'Écriture , pour justifier la sévérité avec laquelle ils en usaient contre les j ui fs . I Is ro pportent l'exemple de saint Hilaire, qui ne voulait pas même les saluer. Ils n'oublient pas l'action de saint Jean qui se retira du bain y ayant vu entrer Cerinthe ; ils accusent les juifs des erreurs les plus grossières , et des blasphèmes les plus horribles contre Jésus-Christ et la religion chrétienne. Selon toute apparence , il vint en cour pour cette affaire ; mais ilue paraît pas qu'il ait rien obtenu de ce qu'il demandait. 3° Etant retourné , il consulta trois personnes sur ce qu'il devait faire à l'égard des esclaves des juifs qui demandaient le pjaptème. C'étaient Adelas , abbé de Corbie , et Vala , enfans de Bernard , frère de Pépin, et liélisachard , abbé de saint Maximin de Trêves. Il craignait d'un côté d'être damné s'il refusait le Baptême aux juifs ou à leurs esclaves qui le demandaient ; et de l'autre, il avait à craindre d'offenser les puissances, s'il leur accordait.
4° Agobard présenta une autre requête à Louis-le-Débonnairc , par lac[uelle il demande qu'il abolisselaloi de Gondebaud qui
a^e AGO
ordonnait que les procès et les différens qu'avaient les particuliers seraient décidés par un combat singulier , ou par quelque épreuve , plutôt que par la déposition des témoins. 5" Uii Traité du privilège et des droits du Sacerdoce, adressé à Bernard, évèque de Vienne, où il traite de l'éminence du sacerdoce, des dispositions nécessaires ausacrifice, de la validité des sacremeus , quoiqu'administrés par des médians prêtres , de l'utilité de la parole de Dieu , de quelque part qu'elle soit annoncée. 6° Un écrit pour détromper le peuple de l'opinion où il était, qu'il y avait des sorciers qui pouvaient exciter des tempêtes, faire gronder le tonnerre et tomber la giêle par leurs enchantemens.
7° Une réponse aux objections deFrédégise, abbé de Saint-Martin de Tours , qui avait censuré mal-à-propos quelques unes de ses propositions, et qui était luimême suspect d'erreur sur plusieurs articles. 8° Une lettre adressée aux grands de la cour de l'empereur au sujet d'un édit que les juifs avaient obtenu de ce prince pour empêcher que leurs esclaves ne fussent baptisés. Agobard en fait voir l'injustice et l'impiété dans cette lettre. 9° Une lettre à Barthélemi , évêque de Narbonne , dans laquelle il parle d'un certain mal qui pi'enait subitement aux personnes etles faisait tomber comme des épileptiques ; Agobard ditqu'iln'en faut point chercher d'autre cause que la volonté de Dieu. io° Une
lettre à Matfride , très-puissant à la cour de l'Empereur, pour le prier de s'employer auprès du prince, afin qu'il fasse cesser les injustices et les violences qui s'exerçaient dans le Lyonnais, et qu'on rende justice. 11° Une lettre au clergé de Lyon àl'occasiondesdisputesqui divisaient les clercs de cette église sur la forme du gouvernement. 12° Un Traité des peintures et des ima- • ges dont les hérétiques tirent beaucoup d'avantage en faveur de leur réforme. On ne peut en effet disconvenir qu' Agobard ne porte les choses un peu trop loin; car , quoiqu'il semble d'abord n'attaquer que l'adoration des images , contre laquelle il allègue plusieurs passages des Pères, il soutient ensuite qu'on ne doit pas se servir de ces signes visibles et extérieurs pour se représenter des choses spirituelles, ni leur rendre même un culte relatif aux Saints qu'elles représentent. Il prétend que dansl'antiquitél'on a conservé les images de Jésus-Christ et des apôtres , plutôt à cause de l'amour qu'on leur portaitet le souvenir d'eux, que par la religion , ou pour les honorer : il croit même qu'il serait à propos , à cause des superstitions où l'on est à leur occasion , de les supprimer tout-càfait et de n'en plus avoir, en quoi il s'éloigne du sentiment de l'Église de France. {Voj-. l'aluze dans ses Notes, Theoph. Rainaud, le père Mabillon , r/c.) 13" Un livre de dispensations des biens ecclésiastiques. Il y
AGO ■parle particulièiemeut du mouvais usage que les laïcs on faisaient eu les retenant injustement. Il faut remarquer à ce sujet qu'une partie des biens de l'Eglise était entre les mains des seigneurs qui s'en étaient emparés. Plusieurs évoques firent des remontrances à l'empereur sur cette injuste détention dans une assemblée tenue à Compiègne ; les scignem-s ne pouvant se résoudre à tout rendre, l'Empereur fit un accommodement entre les évêques, les comtes et les grands, qui mettait à couvert une partie des biens ecclésiastiques ; mais ceux-ci ne voulant pas le tenir , déclarèrent dans la suite qu'ils n'avaient point entendu parler de cet accommodement , et se plaignirent hautement d'Agobard comme d'un liomme qui avait suscité une question qui n'était propre qu'à troubler l'Eglise et l'Etat. Il se défend dans ce livre-ci en rapportant des autorités de l'ancien et du nouveau Testament , pour montrer que c'éstun très-grand crime deprendre les biens consacrés aux tem- ])les , aux autels , à l'entretien des ministres et au soulagement des pauvres. Il y joint l'autorité des canons , et principalement ceux de l'église gallicane. Il remarc[ue que quelques uns ne voulaient pas les recevoir, parce qu'il n'y, avait point de députés du Pape ou de l'Empereur qui eussent assisté aux conciles qui les avaient faites. Mais il est d'avis que toutefois et quantes que des évêques catholiques sont as-
AGO agy
semblés au nom de Jésus-Christ pour le bien de l'Eglise , on doit respecter et suivre les décisions qu'ils font, i^" Un Traité contre le jugement de Dieu, c'est-àdire contre ceux qui prétendaient que l'épreuve du fer ou du feu était un moyen de faire connaître l'innocence ou le bon droit de celui qui n'en souffrait aucun mal. t5° Un discours sur la foi.
C'est une espèce de sermon sur les principaux mystères delà religion et sur la nécessité de la grâce de Jésus-Christ pour faire le bien et éviter le mal. 16" Une lettre sur la division de l'Europe, adressée à Louis-le-Débonnaire en 833 , lorsque cet empereur faisait la guerre à ses enfans.
17° Un écrit intitulé : De la Comparaison du Gouvernement ecclésiastique et politique . L'Empereur avait ordonné aux grands, tant ecclésiastiques que laïques , de se tenir prêts à combattre pour lui , les uns avec l'épée, les autres avec la langue. Agobard l'avertit qu'il doit mettre toute sa force dans le secours de Dieu plutôt que dans le bras ou la langue des hommes. Comme il était un de ceux que Louis-le-Débounaire avait mandés , n'osant venir lui-même , il l'avertit par écrit du respect qu'il doit porter au Saint-Siège ; et pour l'en persuader , il cite un passage d'une lettre du pape Pelage contre des évêques qui ne voulaient pas réciter le nom du Pape à la messe , et un autre passage de saint Léon sur la primauté de saint Pierre.
Agobard touchait cette eorde ,
parce que Lolhaire avait amené avec lui le pape Grégoire iv pour autoriser son parti, et rendre celui de son père odieux. On sait ce que les autres évêques de France dirent alors , que s'il venait pour excommunier , qu'il s'en retournât lui-même excommunié ; si excommunicaturus veniret, excomniunicalus ahirel, Agobard avoue que si Grégoire était venu pour fomenter la guerre , il méritait d'èlTe chassé et rejeté avec honte ; mais il soutient c[ue s'il vient pour procurer la paix et le repos de l'empire , on doit lui obéir et non pas lui résister. Cet écrit est suivi d'une lettre de Grégoire iv aux évêques de France. 18" Une apologie pour les enfans de Louisle— Débonnaire où il tâche de rendre leur cause un peu moins odieuse qu'elle ne paraît.
19° Une lettre à Ebbon, évêque de Reims , sur l'espérance et la crainte. 20° Un livre sur la Psalmodie , par lequel il répond aux objections qu'un certain savant (M. Baluze croit qu'il parle d'Amalarius) faisait sur la manière dont on chantait dans l'église de Lyon. 21° Un livre de la correction de l'antiphonaire.
-22° Un autre contre les quatre livres d'Amalarius. M. Baluze l'a tiré d'un manuscrit de M. Marïiaese , conseiller au parlement de Grenoble. Enfindeux poèmes; l'un est l'Épitaphe de Charlemagne , et l'autre sur la translation des Reliques de saint Cypiien , de saint Spire , et de saint Panlaléou , apportées d'Afrique
AGO et d'Arles à Lyon. Nous avons déjà dit que les ouvrages d'Agobard nous avaient été donnés par Papire Masson à Paris, i6o5, in-S". Comme l'édition n'était pas des plus exactes , M. Ealuze les a corrigés sur le manuscrit , et les a fait réimprimer avec des notes à Paris , 1666, 2 vol. in-S". (Cave. M. Dupin , neuvième siècle, Bihl. eccl.) Quoique le nom d' Agobard ne se trouve pas dans le Martyrologe romain , sa sainteté ne laisse pas d'être reconnue dans plusieurs autres Martyrologes et dans le biéviaire rie l'église de Lyon où l'office de sa fête est double au 6 de juin. Baillet , J^ie des Saints , 6 juin.
AGOMCLITES , espèce de fanatiques qui vivaient au commencement du huitième siècle.
ILs ne voulaient pas qu'on priât à genoux, et ils ne priaient qu'en dansant. Ils eurent peu de sectateurs.
AGONISANS ( confraternité des), est vme société de pénitens ; qui portent dans les cérémonies un sac blanc avec une moselte' violette sur laquelle il y a un écusson représentant la nativité de .Tésus-Christ. Il n'y a de ces pénitens qu'àRome.Leurprinci-| pale obligation est de prier et dej faire prier pour ceux qui sontj condamnés à mort par lajustice.jj La veille de l'exécution , ils enij donnent avis à plusieurs monas-jj tères de religieuses. Le jour|| qu'elle doit se faire , ils expo-ji sent le Saint - Sacrement dans leur église^ où ils font célébrcv!
AGR un f,rand nombre de messes pour le criminel, etlc dimanche suivant, ils assistent ù l'office des morts.
AGONISTIQUES , du mot «ty*» , combat. Nom que Donat imposait à sa secte , qu'il envoyait prêcher sa doctrine , ou parce que c'était comme des troupes qu'il envoyait combattre et faire des conquêtes ; ou parce qu'ils combattaient contre ceux qui défendaient leurs biens contre leurs violences. ( Optât de Milève , liv. 5, c. 4)
AGREDA(Marie), ainsi nommée de la petite ville d'Agreda , dans l'Arragon où elle fut religieuse et supérieure , sous le titre d'abbesse du couvent de l'Immaculée Conception de l'Ordre de Saint- François, naquit le 2 avril de l'an 1602 , de parens nobles , riches et craignant Dieu. Elle fut éprouvée dès son enfance par des maladies et par des peines intérieures, et prit l'habit religieux, avec sa mère et sa sœur , le i3 janvier 161 g. Elle passa .son noviciat dans la pratique des plus grandes austérités et dans l'exercice de l'Oraison mentale qu'elle avait commencé dés le premier usage de sa raison. Elle fit profession en 1610 , et fut élue supérieure en 1627. Quand Dieu voulait lui faire quelque grâce particulière , ou l'élever à quelque état d'oraison plus sublime, il ne manquait pas de l'y disposerpar des maladies cruelles et presque insupportables. Il permettait aussi aux esprits malins de la tourmenter, tantôt
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par des craintes et des terreurs , tantôt par des apparitions horribles , quelquefois par des tortures corporelles qui semblaient lui disloquer tous les os. Toute sa vie n'est qu'un tissu de souffrances et d'épreuves extraordinaires , d'extases et ravissemens, de visions , de révélations , et d'autres merveilles semblables.
On tient d'elle-même que Dieu lui ordonna d'écrire la vie de la sainte Vierge , et qu'elle résista à cet ordre pendant dix ans. Elle la commença ensuite en 1687 ; mais son confesseur extraoj'dinaire l'obligea de la brûler avec ses autres écrits. Un autre confesseur lui ayant commandé de l'écrire de nouveau , elle la commença en i655, et l'acheva le 6 de mai de l'an 1660. Elle mourut en i665. Sa vie a été plusieurs fois imprimée avec ses ouvi'ages, en particulier à Sarra— gosse en 17 19. Quant à la vie de la Sainte- Vierge , elle l'écrivit en espagnol , sous le titre de la mystique Cité de Dieu. Il est divisé en trois parties et en huit livres. Il a été imprimé à Lisbonne, à Madrid, à Perpignan , etc. Le père Croset , récolet le traduisit en français , et le publia à Marseille en 1696 , sous le titre de la mystique Cité de Dieu. Il y en a qui ont attribué cet ouvrage , au moins en partie , au confesseur de Marie- d'Agreda.
Mais Benoît xiv ayant fait apporter son autographe et apographe , ainsi que d'autres écrits douteux , il commit une congrégation extraordinaire decardi-
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nattx qui, après un mur examen, iléclarèrent, le 7 mai 1757 , que CCS ouvrages étaient les propres écrits de Marie d'Agreda. Le 8 du même mois, on fit le rapport de ce secret à sa Sainteté qui le conilrma, et le fit imprimer à Rome, Tjpis. révérend. Camer. apost.
Avant tout cela le même pape Eenoit XIV avait déclaré que les écrits de Marie d'Agreda ne contenaient aucune erreur contre la foi. Eusèbe Amort , savant théologien du cardinal Lercari , nous apprend qu'ils furent mis à l'index de Rome en 17 10 , qu'il pa-.
rut ensuite un décret sous le pontificat de Eenoît xiii qui en permettait la lecture ; mais qu'il en avait vu un autre entre les mains du R. P. Nicolas Ridolfe , alors secrétaire de la congrégation de l'Index , et depuis maître du Sacré - Palais , qui annulait le premier et déclarait qu'il avait été surpris clandestinement.
J'aduiirais cependant, ajoute Amort , qu'on ne publiât point ce dernier décret de Benoît xiii; mais ma surprise cessa lorsque j'eus appris qu'on avait commencé le procès de la béatification de la vénérable Marie d'Agreda.
On sait qu'en 1696 la Sorbonne condamna plusieurs propositions extraites de la rnyslique Cité , par une censure qui parut sous cetitte : Censure faite par la Faculté de Théologie de Paris , d'un livre qui a pour titre : la niystique Cité de Dieu de Marie d'Agreda , à Paris , in-4''. Cette censure f[ui parut le 16 septembre 1696 , est l'enfermée en qua-
AGR torze articles dont nous transcrirons ici quelques unes des propositions qu'ils condamnent.
Sixième proposition. Dieu a donné à la bienheureuse Vierge tout ce qu'il a voulu lui donner; or, il a voulu lui donner tout ce qu'il a pu lui donner ; et il a pu lui donner tout ce qui n'est pas divin. Cette proposition est condamnée ])ar la Sorbonne comme fausse , téméraire et contraire à la doctrine de l'Évangile.
Septième proposition. Je déclare qUe tous les privilèges, grâces , prérogatives , faveurs et dons delà bonneYierge, même la dignité de Mère de Dieu , dépendent et tirent leur origine de son immaculée Conception , en sorte que sans ce privilège , tous les autres seraient défectueux , et un superbe édifice sans fondement solide. Cette proposition est condamnée comme fausse , téméraire, et affaiblissant la foiéta- Ijlie dans les conciles
La huitième proposition , qui attribue à la sainte \ ierge le gouvernement de l'Église depuis le commencement de la loi évangélique , est déclarée fausse , té^ méraire et erronée.
La douzième proposition, qui assure que la Sainte- Vierge est en toute manière la mère de la miséricorde , et la médiatrice de la gi'àce , est déclarée fausse , erronée, et injurieuse à Jésus- Christ , médiateur unique.
Amort croit qu'on peut justifier- plusieurs des propositions condamnées par la Sorbonne en les expliquant , et conclut néaii-
AGR moins que les révélations de Marie d'Agrcda sont au moins douteuses et apparemment fausses , et par conséquent que l'on ne doit ni les proposer , ni en permettre la lecture au peuple , comme si elles étaient certaines et indubitables , jusqu'à ce que le Saiiit-Siéjjc en ait j)orté un jugement définitif. Voici quelques unes des raisons que cet auteur apporte pour prouver que les révélations de Marie d'Agreda sont au moins douteuses et apparemment fausses.
I" Ces révélations ne s'accordent pas avec plusieurs principes moralement certains de la chronologie touchant la conception et l'annonciation de la sainte Vierge , la naissance et la mort de Jésus-Christ , etc. , non plus qu'avec la philosophie , les mathématiques et l'histoire.
2° Elles renferment plusieurs choses contraires auxsentimens communs et moralement certains des savans , comme de dire que les ouvrages attribués à saint Denis l'aréopagiste sont vraiment de lui ; que l'opinion qui donne au monde 5 199 ans , est une opinion adoptée par l'Église ; que le démon suggéra à Judas de ne point livrer Jésus-Christ , etc.
(, 3" Elles paraissent changer notablement l'état de la religion dans la matière de la foi et des mœurs , conti'e le sentiment commun de l'Église , en disant , par exemple , que la sainte Vierge a racheté le genre humain avec Jésus-Christ ; qu'elle est proprement avec Jésus-Christ la
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rédemptrice du genre humain; qu'elle a soiidert pour le genre humain comme Jésus-Christ ; qu'elle" a mérité l'hicarnation , quant à la substance et quant aux circonstances ; qu'elle a mérité aux hommes toutes les grâces qu'ils ont eues depuis la création du monde , et qu'ils auront jusqu'au jour du jugement dernier ; qu'on doit l'iionorer nonseulement comme la cause de notre rédemption , mais encore comme le motif de la création de toutes choses , etc.
4° Elles renferment des promesses dangereuses , telles que celles du salut et de la vie éternelle , à tous ceux qui invoqueront dévotement le nom de Marie.
5" Elles contiennent des propositions qui conduisent à l'erreur, si on ne les explique avec soin ; comme de dire que Dieu est nécessité de se communiquer au-dehors de la manière la meilleure et la plus parfaite : d'où il suit qu'il a été nécessité à nous donner Jésus-Christ et la sainte Vierge.
6° Elles multiplient les miracles, les visions, les révélations, sans aucune nécessité apparente.
7° Elles attribuent à Dieu , aux anges et aux démons , des façons improbables et absurdes de se communiquer , comme de longs et d'éloquens discours, etc.
8" Ces révélations se trouvent en contradiction avec d'autres plus certaines et plus autorisées, telles que celles de sainte Brigitte , de sainte Madelaine de
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Pazzls , de la B. Angèle de Foligny. Par exemple, Marie Agreda dit que saint Joseph fut présent à l'enfantenient de la sainte Vierge dans l'étable de Bethléem , et sainte Brigitte dit , au contraire , que Joseph sortit de l'étable pour n'y être pas présent.
9° Les révélations de Marie d' Agreda présentent plusieurs indices d'illusions et de faussetés ; ime imagination vive , une noire mélancolie , des troubles , des agitations , des anxiétés , des craintes perpétuelles d'être trompée par les démons , une vaine curiosité qui lui faisait souvent demander des révélations , une présomptueuse affectation de les répandre et de les communiquer non-seulement pour l'instruction de ses religieuses , mais encore pour la direction des Rois , et même de toute l'Église ; des opinions nouvelles et singulières qui ne sont fondées ni sur l'Eglise , ni sur la tradition , ni sur la doctrine des Pères et des théologiens ; enfin , un très-grand nombre de choses inutiles et curieuses qui sont l'objet de ces révélations. Voy. Amort , dans son traité qui a pour titre : De Kevelalionihus , visionibiis et apparilionibus privatis regiilœ tutœ ex scriptura , consiliis , sanctus PP. aliisque optimis autlioribiis collectœ, explicatce et exenrplis illustrâtes; Augustœ Vindelicorwn , sumptibus Martini Veith, 1744.)
AGRIA. Grégoire 11, dans sa lettre à Pierre, archevêque de Grète , fait mention de cette
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ville qui depuis a été réunie aii siège de Cidonia , dans la même île. Or , voici ce que Baudrand nous dit de cette dernière : Cidonia , ville de l'île de Crète , selon Strabon ; Cydon , selon Pline , était autrefois nommée Apollonie ( cependant Pline en fait deux villes , liv. 4 , c. 12. ) , appelée aujourd'hui la Canea par les Grecs et par les Latins. Elle a un évèque sous l'archevêché de Candie : c'est une ville carrée et une des principalesde l'ile, assez bien fortifiée , avec un bon port au couchant ; elle est éloignée de vingt-huit milles du promontoire nommé Ciam au levant , et de quatre-vingt-dix de Candie.
Evéques d^Agria.
1 . Jacques , élu et transféré aussitôt par Clément v, en i3io, àBisaccia, dans la principauté d'Oltra , au royaume de Naples, dit Ughel , toiu. 6 , Ital. sacr.
vet. édit. col. loaS.
2. Thomas , déjà évêque de Gerapetra , dans la même île ^ transféré à ce siège par Jean xxh