‹ Bibliothèque sacréeChapitre 18 sur 174 · ABSOLUTION · texte numérisé non relu

ABSOLUTION

célébrer, ni assister au chœur, ni même obtenir un autre bénéfice en vertu de son absolution.

Rebuffe, tit. de forma novœProiisionis , verbo le que Ahsohentes , num. i5. Van Espen. Jur.

eccL tom. 2 , pag. 879.

De r Absolution Sacramentelle.

"V absolution sacramentelle est un acte par lequel un prêtre, approuvé comme juge et comme ministre de Jésus-Christ , en son nom et par le pouvoir qu'il a reçu de lui , remet les péchés au pénitent cjui a les dispositions requises ; en sorte qvie le sens de ces paroles , ego te absolvo , n'est pas , je vous déclare que vos péchés vous sont remis ) mais comme ministre de Jésus-Christ , je vous remets vos péchés , je vous confère le sacrement de pénitence avec la grâce rémissive des péchés. C'est ainsi que l'a décidé le saint concile de Trente (sess. i4, cap. 6 , etc. , can. g.) Le commun des tliéologicns , après le cathéchisme du même concile , enseignent qu'il n'y a que ces deux mots , te absolvo , qui soient de l'essence de l'absolution ; mais comme il y a quelques autres théologiens qui pensent que toutes les paroles de la forme lui sont essentielles, le confesseur doit les prononcer toutes , et il pécherait grièvement , s'il en omettait quelqu'une , hors le cas de la nécessité où il n'aurait pas le temps de les prononcer toutes.

{Théor. et Pratiq. des Sacr.t. 2,

page 255. ) Ainsi dans un cas de mort fort pressait , il peut dire seulement , absolvo te ab omnibus censuris et peccatis in nomine Patris , etc. Il faut aussi ordinairement réciter toutes les prières marquées dans le Rithuel; mais lorsqu'il y a beaucoup de monde à confesser , ou qu'on entend une confession de peu de jours , on peut omettre le Misereatur et V Indulgentiam , aussi bien que Passio domini , etc.

{Conduite des confesseurs, p. 38.) L'absolution donnée sous une condition future est nulle. Ainsi vin prêtre qui dirait : Absolvo te, si fadas quod promittis , n'al>soudraitpoint. L'absolution donnée sous une condition du passé, ou du présent , est illicite , à moins qu'il n'y ait une cause légitime. Ainsi un prêtre qui doute avec fondement s'il a donné l'absolution , peut dire : si non es absolu tus , ego te absolvo , etc.

Dans un cas où il y a lieu de douter si la personne a l'usage de lu raison , ou si elle est en vie , on peut dire , si tu es capax , absolvo te. On peut aussi , dans ces mêmes cas , donner l'absolution dans les termes ordinaii'eset sans condition. Il n'est point permis d'absoudre conditionnellement les pénitens sains ou malades , quand on doute s'ils sont bien disposés pour recevoir l'absolution ; mais on doit les différer , ou bien les absoudre dans les termes ordinaires , si on ne peut les dilFérer , comme il arrive à l'égard de ceux qui sont en danger de mort. Voy. Pénitfack.

ABSOL §111.

Des cas oh ilfaut refuser V absolution.

On doit refuser l'absoluliou , i" à ceux qui ne savent pas les choses nécessaires au salut , et qui ne veulent pas les apprendre ;

2° A ceux qui , étant chargés du salut des autres , ne veulent, ni les instruire , ni les faire iiïS— truire , ni les corriger de leurs désordres , ni leur donner les moyens d'accomplir les devoirs du christianisme ;

3° A ceux qui ont des inimitiés sans vouloir faire la paix avec leurs ennenais ;

4° A ceux c[ui ne veulent pas pardonner les injures reçues , et qui refusent la satisfaction qu'on leur offre ;

5° A ceux qui ne veulent pas réparer , autant qu'ils peuvent , le tort qu'ils ont fait au prochain dans ses biens , sa réputation , ou sa personne ;

6° A ceux qui ne veulent pas se corriger de leurs mauvaises habitudes mortelles ;

^° A ceux qui sont dans quelque occasion prochaine de péché mortel, et ne veulent pas la quitter lorsqu'ils le peuvent , ou, s'ils ne peuvent la quitter, refusent de prendre les moyens nécessaires pour y résister ;

8" Aux pères et aux mères prodigues ou scandaleux , qui scandalisent leurs enfans , ou qui les négligent pour le temporel ou le spirituel ;

g" Aux personnes de sexe différent, qui ne veulent pas rompre les amitiés qu'elles entretiennent

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contre le gré de leurs supérieurs ou l'édification du procliain , sous prétexte qu'elles ne commettent pas des désordres ensemble ;

lo" Aux ecclésiastiques qui sont dans les Ordres sacrés, qui ne veulent pas porter l'habit clérical , la tonsure et les cheveux courts, conformément aux saints canons , et aux statuts de leurs diocèses ;

II" Aux curés qui manquent ordinairement de faire les prônes ou les catéchismes ; aux chanoines qui se dispensent souvent de l'office sans cause légitime ; aux ecclésiastiques oisifs qui ne mènent pas une vie conforme à la sainteté de leur état ;

12° Aux gens mariés qui vivent mal ensemble , ou qui se sépai*ent sans raison suffisante , et de leur propre autorité , sans vouloir se corriger, ni se réunir ;

1 3° A ceux qui ne veulent pas quitter les professions qu'ils ne peuvent exercer sans péché moitel;

i4° A ceux qui donnent aux autres occasion de péché. Tels sont ceux qui composent , impriment, débitent, vendent, prêtent de mauvais livres , ou des écrits contre la foi ou les bonnes mœurs ; ceux qui fournissent leurs maisons, jardins , etc. , pour y faire des assemblées ou des jeux mauvais ; les pères et mèi*es qui mettent coucher ensemble leurs enfans de sexe différent , après qu'ils ont atteint l'âge de six ou sept ans ; ceux qui jurent , blasphèment, disent

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tles paroles sales , cliantent des succombé quelquefois , et qu'ïL»

chansons déslionnètes , etc. ;

1 5" A ceux qui refusent sans raison de s'acconunoderà l'amial)le rj[uand ils ont des procès ; de payer leurs dettes.

Des cas oùil faut différer l'absolution.

On doit didérer l'absolution , I ° à ceux qui ne se sont pas bien examinés , afin c[u'ils s'examinent mieux.

2° A ceux f[ui , par leur faute , n'ont pas fait ce cfu'on leur avait ordonné dans leur dernière confession. Par exemple , ceux cpii ont négligé d'accomplir leur pénitence ', ceux qui n'ont pas restitué ce qu'ils devaient j ceux qui sont retombés dans leurs péchés d'habitude , etc. y

3" A ceux f[ui passent la plus gTande partie de l'année dans l'habitude du péché mortel , et s'en abstiennent seulement pendant le carême, pour faire croire à leurs confesseurs c|u'ils ont renoncé à leurs mauvaises habitudes , quoiqu'ils consei'vent le dessein de les reprendre après Pâques ;

4° A ceux fjui ayant contracté

promettent de quitter; pour voir s'ils la c[uitteront ;

6° A ceux qui étant dans des habitudes anciennes de péché mortel , ou dans des occasions prochaines qu'ils ne peuvent ([uitter, travaillent à se corriger, jusqu'à c£u'ils aient été quelque tem2)S sans tomber , et c[u'on ait lieu de croire qu'ils sont sincèrement résolus à ne plus tomber;

•^° A ceux qui sont tombés par occasion dans un ou deux péchés mortels seulement , dont ils ne paraissent pas avoir grande horreur; pour les exciter à la contrition ;

8" Aux personnes qui communient fréquemment, lorsqu'elles ont de l'attache à certains péchés véniels , et qu'elles se laissent aller à une grande négligence volontaire dans leurs exercices de piété ; pour les tirer de cet état de tiédeur ;

C)" Enfin à tous ceux dont on a lieu de croire qu'ils ne sont pas bien disposés pour recevoir la rémission de leurs péchés ; afin de les y disposer. Instructions de saint Charles Borromée aux confesseurs . Conduite des cou—

depuis peu de mauvaises liabi- fesseurs ,-pA^. 47 etsuiv.

♦.,j.. ,.'^.>+ „ ^ ,,,.-.0 j^g^ Qvcds, éloignent souvent

tudes , n'ont encore pris aucun moyen pour se corriger , et jjromettent de se servir de ceux qu'on leur enseigne ; afin de voir s'ils seront fidèles à s'en servir , et s'ils se corrigeront ;

5° A ceux qui se trouvent , depuis leur dernière confession , dans quelque occasion de péché mortel , à laquelle ils ont déjà

de la communion pendant deux, trois , ou même c[uatre ou cinq ans pour les gros péchés , et ils appellent cela faire le canon ; c'est-à-dire , faire la pénitence marquée par les canons. Ils font aussi venir sept prêtres cj^ui donnent tous ensemble l'absolution.

Ils font encore coucher le péni-

ABS tent par terre, et récitent sur lui , en cet état , des prières en lonue d'absolution.

Absolution , en terme de bréviaires , est une courte prière que dit l'ofticiant à chaque nocturne des Matines , avant les bénédictions et les leçons. On appelle aussi absolutions , les encenseniens et aspersions d'eau bénite qu'on fait sur les coips qu'on enterre en cérémonie.

P^qy. Ce.vsuke.

ABSOUTE. Absolution publique et solennelle que l'évèque donne au peuple , le jeudi saint ou le mercredi au soir dans les cathédrales, et les curés le jour de Pâques danslesparoisses. Cette absoute se donne aussi en France le mercredi des cendres et le jeudi saint.

ABSïEME. Qui ne boit point de vin. Il y avait dans la primitive église plusieurs abstèmes qui , ne pouvant point boire de vin à cause de l'horreur naturelle qu'ils en avaient , recevaient la communion sous la seule espèce du pain. C'est un des exemples qui prouvent que la communion sous les deux espèces n'était pas regardée comme nécessaire et généralement commandée à tous les fidèles, dans le tems même qu'elle était enusage.

ABSTÉMIUS (Laurent) , né à Macerata, ville de la Marched'Ancône, dans le quinzième siècle , enseigna les belles-lettres à Urbin , et y fut bibliothécaire du duc Guido Ubaldo , à qui , sous le pontificat d'Alexandre vi , il dédia un petit livre où il expli-

quait quelques passages difliciles des anciens auteurs. C'est cet ouvrage que l'on trouve sous le titre de Annotadones varice , dans le tome premier du The-' saunis criticus , de Jean Gruter, à Francfort 1602 , in-8". On a encore d'Abstémius : Becatoiv)' thiiim ou Recueil de cent fables, dans lec[uel il y a plusieurs traits satiriques contre le clergé. Il l'augmenta dans la suite , et le dédia au comte Octavien Ubaldini. -Il y a cent quatre-vingt-dixhuit fables dans l'édition faite ù Francfort en loSo , in-8", laquelle édition contient aussi les fables d'Esope , et plusieurs pièces de même genre. Les fables d'Abstémius sont avec ce titre :

Laurentii Abstemii, viri elegaU' lissimi, et amœni ingenii , fabulœ elegantissiinœ , nuper per clarissimwn poëtain et philo sopliuni Gargetiuni emaculatœ.

Abstémius est aussi auteur de la préface qui est à la tète de \ Aurelius Victor^ imprimé à Venise en i5o5. On ne sait pas s'il a survécu de beaucoup à cette édition.

Gruter, Thesaur. crit. Gcsncr , Epitome bibl.

' ABSTI:NENCE. Vertu morale c[ui est une espèce de tempérance par laquelle on modère le plaisir qui se trouve à prendre les alimens du corps , et on en règle l'usage sur la nécessité. Vojez Tempérance.

Abstinence. Privation de chair par principe de pénitence , eu certains jours commandés par l'Église. Os jours sont le vendredi et le samedi de chaque se-

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inaine , le jour de Saint-Marc et les trois jours des Rogations. Les trois jours des Rogations et celui de Saint-Marc ne s'observent point partout. L'abstinence du vendredi et du samedi fut instituée dès les premiers siècles de l'Église , pour honorer la mort et la sépulture de Jésus-Clirist , et pour se prépai'er au jour du dimanche. Autrefois , en quelques endroits , on joignait le jeûne à l'abstinence le vendredi et le mercredi. Collet, Moral. , tome 6 , pag. SgS. T^oy. Jeu.ve.

ABSTINENS. Hérétiques qui parui'ent en France et en Espagne sur la fin du troisième siècle , dans le temps que Dioclétien et Maximien persécutaient l'Église.

Ils condamnaient le mariage , l'usage du vin et celui de la viande qui , selon eux , n'avait pas été créée par Dieu , mais par le diable. Earonius croit que les abstinens et les hiéracites , c'est-àdire , les sectateurs de Hiévon , Egyptien qui vivait dans le troisième siècle , étaient les mêmes.

D'autres disent qu'ils approchaient bien plus des encratites.

Mais leurs erreurs étant les mêmes que celles des uns et des autres de ces hérétiques , on peut dire qu'ils en étaient une branche, ainsi que des manichéens et des gnostiques. « Le mariage , j) disaient-ils , au rapport de » saint Epiphane , était permis >' sous l'ancien Testament , mais » il est défendu depuis la venue » de Jésus-Chrit. Quel autre but 9> pouvait-il avoir , que pouvait- » il prêcher , ou quelle action

ABU » digne de louange pouvait-il » recommander, si ce n'est cela?

» Etait-il venu pour inspirer » aux hommes la crainte de » Dieu ? Mais c'est ce que la loi » avait déjà fait. Était-ce pour » proscrire l'envie , l'avarice , » l'injustice, etc. ? Maistout cela » est contenu dans \ ancien Tes- » tament. Il ne pouvait donc " avoir d'autre vue, que de prè- » cher la continence au monde ; » ayant pi'atiquélui-mèmc cette » chasteté sans laquelle on ne » peut obtenir la vie éternelle. »

Ainsi raisonnaient les abstinens , piétendant que leur abstinence étaitla véritable réformat ion que Jésus-Christ avait eu dessein d'établir dans le monde. Ils se servaient de quelques passages mal entendus du nom'eau Testament , par lesquels ils prétendaient appuyer leurs erreurs.

ABUCARÀ (Théodore). Nous avons de lui plusieurs ouvrages sous le nom d'un Théodore AJjucara ou Abucaras ; mais on ne s'accorde ni sur la qualité de cet auteur , ni sur le .temps où il a vécu. Le Journal des Sa^'ans (mois de mai 1726) dit que l'opinion la plus commune est qu'Abucara était métropolitain de la province de Carie , qu'il avait été ordonné par Méthodius , et qu'il eut quelque part aux troubles qui agitèrent l'église deConstantinople au sujet de saint Ignace et de Photius : ce qui a déterminé M. Basnage à placer vers l'année 860 quelques écrits qui nous restent de lui. Moréri dit la même chose de l'ordination

ABU d'Abucaia par Methodius , et ajoute que Gvetser, qui a donné quelques ouvrages d'un Théoflore Abucara , croit qu'ils no sont pas du métropolitain de la province de Carie. Le P. Lequien au contraire dit que Théodore , évêque d'Aphrodisiade, ville métropolitaine de la province de Carie , fut ordonné par saint Ignace, et que Gretser s'est trompé en le prenant pour Théodore Abucara , qui était de Charran dans la Phénicie du Liban. D'autres croient que Théodoi'e Abucara , dont nous avons les ouvrages , a vécu dans le septième siècle. Quoi qu'il en soit , Théodore Abucara , l'auteur dont il est ici question , signala son zèle pour la religion par divers traités sur difîérentev^iatières de théologie. Il y en a plus de c[uarante contre les juifs, contre les mahométans , contre les hérétiques et sur d'autres sujets. Genebrard mit en latin quinze de ses Dissertations ou Dialogues , et les publia. Gretser les joignit aux autres que le père Turrien , ou lui , avaient traduits , et donna une édition qui semblait complète en 1606 ; mais Aruoldus fit imprimer pour la première fois à Paris, en i683 , un traité d'Abucara qu'il avait trouvé dans la bibliothèque d'Oxford , sur l'union et l'incarnation de Jésus-Chrit. On a inséré les œuvres de cet auteur dans le sup^plém. de la biblioth. des Pères à i'édit. de Paris en 1624 . et dans les éditions suivantes. Son traité vingt-cinquième du fils de Dieu

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