‹ Bibliothèque sacréeChapitre 4 sur 174 · ERAT · texte numérisé non relu

ERAT

On peut dire qu'il avait un jugement solide , un génie vif , pénétrant , à qui rien n'échappa , grand philosophe , et sans contredit le plus habile de son temps , dialecticien subtil , excellent théologien. Il faut cependant convenir que se fiant trop sur son esprit et sur cette grande réputation qu'il s'était acquise par ses leçons , il tomba dans plusieurs erreurs. Saint Bernard dit de lui que sur la Trinité il paraît arien ; pélagien sur la Grâce ; iiestorien sur la personne de Jésus-Christ. Ep. 192.

Nous avons de lui quatre lettres à Héloïse : ce sont plutôt des traités que des lettres. La troisième renferme tout ce qu'on peut dire sur l'origine des vierges consacrées à Dieu , et de la vie monastique. Dans la quatrième , il donne une l'ègle à Héloïse pour le gouvernement de l'abbaye du Paraclet.

Sept lettres à différens particuliers.

Une lettre à un ami, qui contient l'histoire de ses malheurs.

M. André du Chêne y a mis de très-savantes notes.

Son Apologie ou confession de foi.

L'exposition de l'Oraison Dominicale.

L'exposition du Symbole de saint Athanase.

Réponses aux questions d'Héloïse.

L'exposition du Symbole des Apôtres.

Un livre contre les Hérésies.

Cinq livres de commentaires sur l'Épître aux Romains.

Trente-deux Sermons pour les fêtes de l'année , adressés à Héloïse et à ses religieuses du Paraclet.

Trois livres de l'Introduction à la Théologie. Pierre Lombard , en composant ses sentences , les avait continuellement devant les yeux.

Tous ces ouvrages ont été donnés au public après de grandes recherches, par François d'Amboise , chevalier , conseiller du Roi , avec une préface apologétique ; et André du Chêne les fit imprimer in-4°, à Paris, en 1616.

On voit à la tête de cette édition la censure des docteurs de Paris ; on y trouvera aussi plusieurs lettres écrites à Abailard , et ses réponses ; des poëmes , etc. Depuis l'an 1616, les lettres d'Abailard etd'Héloïse ont été réimprimées deux fois ; la première à Londres , au commencement de ce siècle ; et la seconde à Paris , en deux volumes in-12 , en 1723, par D. Gervaise , ancien abbé de la Trappe, qui a donné sa vie.

Les véritables lettres d' Abailard et d'Héloise sont pleines de grands sentimens , même de religion , et bien différentes dç

celles que divers romanciers nous ont données sous son nom.

On trouve encore des remarques instructives sur la personne d'Abailarddansle Voyage.

Littéraire de dom Martenne. Le mêmesavantbénédictin adonné, dans le tome cinquième de son TJiesaiir. iwv. anecd. , l'explication de l'ouvrage des six jours par Abailard , et la Théologie chrétienne du même auteur^ M. Dupont de Bertris a donné son éloge et son caractère dans l'ouvrage intitulé : Eloges et caractères des Philosophes les plus célèbres , depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu'à présent. A Paris , chez Henri-Simon-Pierre Gissey, 1726, in-12. Le père Mabillon , dans le tome sixième de ses Annales de l'Ordre de saint Benoît, a fait l'histoire détaillée des différends qu'a eus Abailard avec saint Bernard et plusieurs autres grands personnages. Enfin , on peut aussi consulter , touchant Abailard , l'Histoire de l'Église gallicane, tomes VIII et IX. Abailard se trouve aussi nommé Abayelart , Abeillard , Abulart , Abellart , Allebart , Abaalarz et Abaulart ; en latin , Abaelardus , Abailardus , Bai— lardus , Balardus , auxquels noms Thomasius joint encore Abailardus , Abelhardus , Adelhardus , Abbajalarius , Bajulardus , et Baliardus; lesquels il dit avoir trouvés en différens auteurs. Jacques Thomasius a fait sa vie ; elle est insérée au premier tome du livre intitulé :

Historia sapientiœ et stultitiœ 7,

i8 ABA

collecta à Chris tiano Thomasio , et imprimé à Hall en lôgS.

ABANA. Hébr. , qui est de pierre. Fleuve de Damas , dont parlait Naaman , général du roi de Syrie. ( 4. Reg. , c. 5 , v. 12. ) ABANDON , est le désistement qu'on fait des choses auxquelles on a droit.

ABANDONNE^ŒNT de bénéfice , se faisait d'une manière expresse ou tacite. On abandonnait un bénéfice d'une manière expresse , quand on en faisait un acte de cession , quand on se mariait , ou qu'on embrassait l'état religieux, quand on acceptait un bénéfice incompatible. On l'abandonnait tacitement , ou , comme parlent quelques canonistes, d'une manière équivoque, par le changement d'habit , par la non-résidence , ou en ne desservant pas le bénéfice. Cette dernière sorte d'abandonnement ne produisait qu'une vacance de fait. Il fallait des monitions pour le faire vaquer de droit. {T^qyez Vaca>xe , Résidenxe , Désertion , MoMTioN. Voyez aussi Possession , Renonciation. )

Abandonnement au bras séculier. C'était l'acte par lequel une personne déjà condamnée par le juge d'église était livrée entre les mains des juges laïcs.

Par le chapitre cum non ab homine de judic. , un clerc qui était tombé dans un cas grave de justice , infurto , velhomicidio , vel perjurio, seu alio crimine deprehensus , devait être déposé par le juge d'église ; et s'il ne se corrigeait pas , on devait l'ana-

ABA thématiser; et si après l'anathême , il ne se corrigeait point encore , on devait le dégrader , le dépouiller de tous les habits ecclésiastiques , et l'abandonner ensuite au bras séculier , c'està-dire , enti-e les mains des officiers laïcs pour être puni corporellement : Ut quodnonprœvalet sacerdos ejfficere per doctrinœ sermonem , potestas lioc impleat per disciplinée terrorem. C. prin^ cipes , 23 , q. 3.

Les canonistes ont restreint à trois les cas où l'on devait livrer un clerc criminel au bras séculier ; savoir , le crime d'hérésie , en supposant l'impénitence du coupable. Extr. de hœret., c. ad abolendum , § i . Le crime de faux commis sur des lettres du Pape : In falsario Litterarum Papœ ; extr. decrim.fals.^ c. ad falsariorum. Le crime de calomnie porté conti'e son propre évèque ; c. si qiiis Sacerdotem , II , q. I.

Depuis que la dégradation n'avait plus lieu parmi nous , l'on n'y connaissait point la formalité de l'abandonnement au bras séculier ; et dans les cas où il fallait qu'un prévenu devant le juge d'église passât entre les mains des juges laïcs , on ne se servait que du mot de renvoi, et on ne disait pas qu'on l'abandonnait , ou qu'on le livrait au bras séculier.

M. Durand de Maillane , Dictionn. de Droit canonique et de pratique bénéficiale , au mot Abaxdonne^ient au bras séculier.

ABARBANEL (Isaac) , très-célèbre juif portugais ,, que l'on

ABA nomme aussi ^^rtrZ'e/ie/, Abarhinel, Abrahanel^ Abrahnniel^ Abrabinael , et Abravanel , naquit à Lisbonne en i437- Il s'avança à la cour d'Alfonse v , roi de Portugal, qui le combla d'honneurs , et lui confia des emplois très-importans. Après la mort de ce prince , il fut accusé d'être entré dans une conspiration pour livrer le Portugal aux Espagnols. Il se sauva en Castille en l'année i48i , et il y enseigna publiquement. Ayant été oblige de sortir d'Espagne avec les autres juifs en 1492 , il se retira d'abord à Naples , puis en Sicile , ensuite à Corfou. De là il repassa en Italie , et alla se confiner à Monopoli , ville de la Pouille. Il se rendit enfin à Venise où il mourut en i5o8, âgé de soixante-onze ans. Les»

juifs le font mal-à-propos descendre de David , contre le té— nioignage à! Abraham Ben-Dior qui assure qu'après l'an n54 , il ne restait plus en Espagne aucune personne de la race de David. Les ouvrages iïAbarbanel sont : 1° Un commentaire sur le Pentateuque , imprimé à Venise en 1 $79 , in-folio , chez Aloys Bragadin , par les soins du rabbin Samuel Archevolte ; et en 1584- Cette seconde édition a été interpolée et mutilée par les inquisiteurs. Henri-Jacques Bashuysen, professeur en théologie à Hanau en Allemagne , y fit réimprimer en 1710 , in-fol. , la première édition de Venise.

Cette édition de Hanau est beaucoup plus correcte que les au-

ABA ic)

très. 2° Un Prœmium sur le Lévitique , imprimé avec le livre sur le sacrifice de Moïse , Maimonide , et les autres livres que Louis de Compeigne de Veil traduisit de l'hébreu en latin avec des notes, et qu'il fit imprimer à Londres, en i583, in-4''- 3° Un commentaire sur le Deutéronome , sous le titre de Mirchevoth hamischne^ currus secundani ( Genèse, ^\, 43) , imprimé séparément à Sabuloneta , ville d'Italie , en i55i , in-folio , et réimprimée au même endroit en 1 579 , avec le commentaire sur le Pentateuque , in-fol. 4" Ui* commentaire sur les premiers prophètes, à Naples, en iSgS, et beaucoup plus correctement à Leipsick , en 1686, in-fol. , chez Weidmann , par les soins d'Auguste Pfeiffer. On en donna une troisième édition à Hambourg en 1687 ' in-folio , augmentée d'un spicilège d'observations , par le rabbin Jacques Fidanque.

5° Un commentaire sur les derniers prophètes , à Pesaro , ville d'Italie, en iSao, et à Amsterdam en i64ï , in-folio. Cette seconde édition plus élégante que la première , est encore augmentée de deux tables. 6° Un commentaire sur Daniel , intitulé les Fontaines ou les Sources du salut , divisé en douze fontaines et autant de parties , en i55i , sans nom de lieu , in-4''- ^^ commentaire a été réimprimé à Amsterdam en 1647 » 1^-4°. Wolfius assure qu'il en a vu une édition faite à Naples en 1497 , in-4°. 7° Zei-ach Pesach , le Sacrifice de la

Pâfjve. C'est un commentaire sur la manière de célébrer la pâque , imprimé à Constantinople en 1496 , à Venise en i545 , à Crémone en iSSy , et Bistrovitziien iSgS , in-4''. 8" Mipaaloth EloJum, les OEuvres de Dieu ( Ps. 56 , 5 ) , à Venise en 1 592 , in-4°- L'auteur y paile pliilosopliiquement en dix traités de la création du monde , contre ceux qui le croient éternel , et des autres ouvrages de Dieu. Il y commente aussi divers endroits de Maimodide sur le More nevochim. 9" Masmiach jescivah , le héros du salut , à Naples en 1526 , in-fol. , et à Amsterdam en 1644 1 111-4" • 10°. Nachalath Avotli {Vhéritage des Pères) , à Constantinople en 1 5o6 , avec quelques autres ouvrages du même auteur ; à Venise en 1 545, in-4" , avec le commentaire de Maimonide ; et encore en 1 567 , ibid. II* Atetereht Zekenim , la Couronne des Anciens. ( Prov.

iij, 6. ) Cet ouvrage , imprimé à Sabuloneta , chez Tobie Pua , en 1557 , in-4'' ' contient vinq-cinq chapitres où l'on explique le vingtième verset du chapitre 23 de \ Exode , et le premier verset du chap. 3 de Malachie. On y traite aussi des promesses faites aux anciens Pères , et de l'excellence de la prophétie. 12" Rose amana, caput jidei (cant. 4- 8. ) Cet ouvrage, partagé en vingtquatre chapitres, paraît avoir été composé principalement contre Maimonide. On y traite des articles de la foi des juifs. Il a été imprimé à Coustauti;iople en

ABA i5o6 , in-4° , à Venise en i545 , à Sabuloneta et à Crémone en 1557 , in-4*', etc. 13" Teschavoth , c'est— à— dire , Réponses aux douze questions du rabbin Saùl , Allemand , dans lesquelles on explique quelques endroits difficiles du livre More nevochim. ; elles ont paru à Venise en i574 »

in-4°. Lesautres ouvrages d'Abarbanel qui sont perdus , ou qui n'ont pas encore vu le jour , sont , I ° Jescivotli Mescicho , les Saints du Messie (Psalm. 38. 8.) On exposait dans cet ouvrage qui est perdu , les paroles des anciens rabbins , qui se trouvent dans le Talmud. 2" Lahahath neviim, ou V Assemblée des Prophètes.

( Samuel, 19, 20.) Il s'y agit des prophéties de Moïse et des auties prophètes. On y réfute • aussi en partie le More nevochim de Maimonide. 3" Machaze Sciaddai , ou la vision du Tout-Puissant. On y traite de la différence du degré de prophétie , et du Saint-Esprit. 4° Sc" pher jemoth haolam , le livre des jours du siècle , où l'auteur fait l'histoire de toutes les calamités dupeuple juif jusqu'à son temps.

5" Tsedeck olam , la Justice des siècles. (Dan. , 9, 25. ) Cet ouvrage est partagé en trois traités ; le premier sur ce monde qui doit périr , et sur les rites de la fête du nouvel an et de l'expiation ; le second sur l'autre monde , ou le paradis et l'enfer des aines ; le troisième sur la résurrection des morts , leurs récompenses et leur châtimeiit. 6" Sepher sciamaim ,

ABA le livre des nouveaux deux. On y parle de la création du monde , et on y explique aussi le More nevochiw.

M. Bashaussen , professeur de théologie à Hanovre , leva , en 1^09 , une imprimerie chez lui pour imprimer les ouvrages d'Abarbanel. Il commença par les commentaires de ce rabbin sur les cinq livres de Moïse , qu'il publia sous ce titre : Abarba^ nelis ( R. Isaaci) Lusitani doc-' tîssimus conimentarius diuque à Christianis œque ac à Judceis desideratusinPentateucliumMosis , editio secunda , prima Ve— netii correctior , cmn accessionibus marginalibus , indicibus et punctis distinctionum. Accurante et propriis suinptibus edente Henrico Jacob l'an Bashaussen SS. TH. DD.Hanoviœ , 170g, fol. L'éditeur promit en même temps d'imprimer tous les autres ouvrages d'Abarbanel, pourvu que les sa vans voulussent donner des souscriptions pour l'aider à foui'nir aux frais de l'impression. Les juifs donnent à Abarbanel les noms de Sage , de Prince et de grand politique. M. Jean Meyer , professeur en langue hébraïque à Harderwich , fait un éloge magnifique d'Abarbanel dans la préface de son Traité des temps sacrés et des fêtes des Hébreux , imprimé dans le premier tome du Thésaurus antiquitatwn sacrarum compleclens selectissima clarissimorum virorum opuscula , in quibus vête— rum Hebrœorum mores , leges , instituta , ritus sacri et civiles

iUustrantur... parD. Biaise Ugolin , à Venise, 1^44 > *^^^^^ Jean- Gabriel Hertz , in-fol. Abarbanel , dit M. Meyer, est surtout recommandable par la subtilité de son esprit, par l'étendue de ses connaissances , et par le choix de l'érudition dont il a rempli ses ouvrages. Personne n'a traité plus doctement que lui les rites des Hébreux; personne n'a donné de plus heureuses explications sur les difficultés que l'on avait regardées avant lui^comme insurmontables. Abarbanel ne s'asservit pas , comme les autres rabbins , à suivre scrupuleusement les opinions de ses maîtres ; il propose ses propres seiitimens avec liberté , mais il ne s'écarte jamais du sens littéral de l'Écriture. Il fait souvent naîti-e des doutes sur certains mots du texte , qui n'étaient venus dans l'esprit d'aucun interprète , et il les éclaircit avec tant de dextérité , qu'on ne peut assez admirer la bonté de son esprit.

M. Meyer ajoute qu'il a tiré plus de lumière des écrits de ce savant auteur , que de ceux de tous les interprètes juifs. Abarbanel avait tant de facilité à écrire , qu'il expliquait et publiait en peu de jours plusieurs livres de l'Écriture. Son style est fort diffus. On remarque dans ses ouvrages beaucoup d'emportement contre le christianisme et les chrétiens. Ses commentaires surtout sont remplis de blasphèmes contre Jésus- Christ , l'Eglise , les souverains pontifes , les évèques , le clet-

gé , et géiiéraleinent contre tous les chrétiens qu'il faisait néanmoins semblant d'estimer ; en— sorte qu'on eût dit qu'il était chrétien lui-même. Mais , dans le temps même qu'il les flattait en apparence , il frémissait de l'âge contre eux au fond de son coeur , et les injuriait de la manière la plus atroce dans ses écrits. Buxtorf , de Ahhrev . hebr.

Plantavit, Biblioth. rahb. Nicolas Antonio , Biblioth. hispan. nov. , tom. I , pag. 62'j . Richard Simon, Hist. cri t. de l'ancien Testament, page 537. Bartolocci , Biblioth. rabbin. , t. 3 , n° 9i5, p. 874? etc.Z,e Journal de Leipsick, mois de janvier 1684, ^^ mois de novembre 1686. Magna Bibliotheca ecclesiastica, p. 18 et suiv.

ABARCA ( Pierre ) , naquit en i6igà Jacca en Aragon , et entra chez les jésuites en 1641. Il enseigna la théologie pendant plus de vingt- cinq ans , et mourut à Palencia le premier octobre 1693.

M. d'Hermilly, dans la préface du quatrième tome de V Histoire générale d^ Espagne, p. 3, dit qu'Abarca passait en Espagne pour le plus grand théologien de son temps. On a de lui une Histoire des rois d'Aragon , écrite en espagnol, et que M. d'Hermilly dit êtie universellement estimée en Espagne ; elle est cependant peu connue des savans en France. Le père Abarca a aussi donné en latin des traités sur la science et la volonté de Dieu, la Prédestination, la Trinité , l'Incarnation et les Perfections de Jésus^Christ-

ABA Nicolas Antonio, Biblioth. hisp. , tom. 2, pag. i3o. Moréri, édit.

de lySg. Journal des Savans , 1744 1 V^'y 3^4 et suiv.

ABARIM. Héb, , les passages y ou les passans. Montagnes audelà du Jourdain. Elles étaient composées de plusieurs coteaux qui avaient diiférens noms. Les monts Nébo, Phasga et Phogor, faisaient partie des monts Abarim. (Deutér. , c. 32, v. 49; c.

34, V. I .) Jérémie y cacha l'Arche d'alliance , dans le temps de la prise de Jérusalem par les Chaldéens.

ABARON. Hébr. , force, fermeté, colère, emporté , passant.

Surnom d'Éléazar, quatrième fils de Mathatias et quatrième frère de Judas Macchabée. (L Macc. , c. 2, v. 5; ef c. 6, V. 43.)

ABASGIA. Province du diocèse de Thrace , de la dépendance du patriarchat de C P. Elle s'étend depuis la côte du Pont- Euxin , en s'éloignant vers le Levant , du côté de la source du fleuve Vardan , et elle est séparée de la Colchide , du côté du Levant , par le mont Caucase. Les peuples de cette province sont appelés Abearses ou Abbasses, ( /^O)'. Baudrand , Dict. Géogr.) Ce pays était autrefois sous la domination des Lazes , et reçut la religion de Jésus- Christ au sixième siècle, du temps de l'empereur Justinien. lia eu depuis ce temps-là des évèques qui ont siégé à Sébastople , aujourd'hui Syrmène , sur la côte des Lazes Sagides, vers le fleuve Pharis, que le même empereur fit rebâ-

ABA tir , selon Procope , et qu'il attacha à la province du Pont Polémoniaque. Cette ville est marquée archevêché dans une anciecienne notice, et métropole dans les plus nouvelles.

ABAUNZA (Pierre de), docteur en droit , né à Séville en Espagne, pratiqua et enseigna avec réputation la jurisprudence dans cette ville, où il mourut l'an 1649 , n'ayant pas encore cinquante ans. Nous avons de lui : Prœlectiones ad titul. i5, lib. 5, decretalium, impi'iniées à Séville en 1627.

ABBA. Mot syriaque qui signifie ^ère. Ab a la même signification en hébreu.

ABBA. On cite souvent deux difFérens auteurs sous ce nom.

Le pi'emier est un célèbre canoniste qu'on ne connaît que sous le nom à^Abbas antiquus , qui fleurissait en isSo, et qui a commenté les cinq livi'es des Décrétales , dont il y a une édition faite à Venise en i588 , infolio , qu'on trouve dans la bibliothèque du Roi , et en celle des RR. PP. jésuites. Le second , que l'on appelle Abbas siculus ou Abbas junior, est Panorme , dont le nom propre est Nicolaus de Tudeschis , natif de Catane en Sicile. {Voj. Panorme. Pontas , table des auteurs, au t. a de son Dictionnaire. )

ABBADIE ( Jacques ) , protestant célèbre , né en i654 à Nay , villu de France située à quatre lieues de Pau en Béarn , fut d'abord ministre en France , puis à Berlin , et ensuite à Lon-

dres, où il s'associa aux ministres des églises dites de la Savoie. Dé là il passa en Irlande , fut fait doyen de Killale , et mourut âgé de soixante-treize ans , le 6 novembre , selon M. l'abbé Ladvocat , ou le 25 septembre 1727 , à Saint-Mary-la-Bone , près de Londres , comme l'écrit More ri , ou Sainte — Marie — la — Bonne , comme l'écrit Frérou dans ladixhutième feuille de son Année littéraire de l'an 1761 , page 181.

Voici la liste de ses ouvrages :

1° quatre Sermons sur divers textes de V Ecriture. Leyde , 1680, in -8". 2° Panégyrique de M. Vélecteur de Brandebourg. Rotterdam, 1684, in-S".

3° Traité de la vérité de la Religion chrétienne. Rotterdam , 1684, 2 vol. ïn-^" , dont il y eut en 1688 une seconde édition augmentée. Il a été souvent réimprimé et traduit en différentes langues. Cet ouvrage, le plus estimé de tous ceux d'Abbadie, est excellent. 4° Réflexions sur la présence réelle du corps de Jésus- Christ dans l'Eucharistie, comprises en plusieurs lettres. La Haye, i685, in-i 2 ; et Rotterdam, 1713, dans un Recueil de Traités touchant l'Eucharistie. 5° Les Caractères du Chrétien et du Christianisme , marqués dans trois Sermons sur divers textes de l'Écriture , avec des réflexions sur les afflictions de l'Eglise. La Hâve , i685 , in-12. 6" Traité de la divinité de Notre— Seigneur Jésus- Chris t. Rotterd. , 1689, in-8°. On le joint ordinairement au Traité de la vérité de la Re-

ligion chrétienne , et il est trèsi)on. '5° L'art de se connaître soi-même, ou la Recherche des sources de lamorale. Rotterdam, 1692 , in-S". Ce livre , qui est aussi très-bon, a été souvent réimprimé et traduit en diverses langues. Cependant un pliilosophe de Paris ayant cru y tiouver quelquesprincipesdangereux,fit communiquer ses remarques à M. Abbadie qui y répondit en peu de mots par une lettre datée de Londres, le 20 janvier 1694- Cette lettre se trouve dans le Kecueildespièces fugitives de l'abbé Archimbault, toin. 2 , i"^' partie.

S** Défense de la Natioti britannique, où les droits de Dieu , de la nature et de la société sont clairement établis, au sujet de la révolution d'Angleterre (lorsque Jacques 11 fut détrôné) , contre l'auteur (Pierre Bayle) de VAvis important aux réfugiés. Londres , 1692 , in-8°. On l'a réimprimée en Hollande. 9" Panégyrique de Marie— Stuart , reine d'Angleterre, d'Ecosse , etc. , décédée à Kensington le 28 décembre 1694.

A La Haye , lôgS , in-4''. 1 0° Histoire de la dernière conspiration d'Angleterre , avec le détail des diverses entreprises contre le Roi et la Nation , qui ont précédé ce dernier attentat. Londres, 1696, in-8°. Ce livre a été réimprimé en Hollande , et traduit en anglais.

11° La vérité de la Religion réformée. Rotterdam , 17 18, 2 vol.

in-S" ; ouvrage sans justesse et sans solidité , et digne d'un fanatique et d'un enthousiaste. 11° Le Triomphe de la Providence et de

la Religion , ou V Ouverture des sept Sceaux par le fis de Dieu, où l'on trouvera la première partie de V Apocalypse clairement expliquée par ce qu'il y a de plus connu dans l'histoire , et de moins contesté dans la parole de Dieu ; avec une nouvelle et trèssensible démonstration de la vérité de la religion chrétienne. Rotterdam , 1723 , 4 vol. in— 12 ; et Amsterdam , 1743 , 4 vol. in-12.

On doit porter le même juge-r ment de la 1'* partie de cet ouvrage , que de la vérité de la Religion réformée.

Abbadie a revu la traduction française de la Liturgie anglicane ; imprimée à Londres en 1719, in-S", et y a mis une longue épître dédicatoire au roi d'Angleterre , qui a été insérée dans le dixième vol. des Nouvelles littéraires , de du Sauzet , pag. 475- Le même auteur a laissé ma^ nuscrits : i ° Nouvelle manière de prouver l'immortalité de l'ame; 3° Notes sur le Commentaire philosophique ( apparemment de Bayle ) ; 3° d'autres sermons que ceux qui ont été imprimés. Lorsque l'auteur mourut, en 1727 , il se proposait de réunir tous les ouvrages imprimés et manuscrits qu'il avait pour cela revus , corrigés et augmentés. Ils devaient s'imprimer sous ses yeux , et former quatre volumes in-4°. Le projet en fut publié à Londres; et on le trouve dans la Bibliothèque anglaise , t. 1 5 , première partie, art. 8; mais la mort de l'auteur en arrêta l'exécution. F'oj-. l'éloge d'Abbadie , dans les Mé-

ABB moires pour servira Vhistoire des . Hommes illustres dans la repu-»

blique des lettres , t. 33, p. 38 1 et suiv. On y voit qu'Abbadie était fort versé dans la science ecclésiastique et dans l'iiistoire profane ; qu'il possédait bien les langues savantes , et avait en un degré supérieur le talent de la parole. Il donna dès son bas âge des indices de beaucoup d'esprit ; ce qui engagea la province de Béarn à se charger de son éducation , et à lui accorder des secours que l'indigence de ses parens mettait hors d'état de lui fournir.

ABBATI. Espèce de Yaudois qui s'étaient répandus en Italie sur la fin du quatorzième siècle, et qui se livraient à toutes sortes de brutalités. Ils ne subsistèrent pas long-temps.

ABBATIA (Paul de), auteur du dix-septième siècle. On a de lui :

Theorema gestorum.Thamar, ad laudem beatce Marice T^irginis.

Flor. , 1617. Lippen , tome 2, page 886.

ABBATIS (Alb. de) , a donné in- 12 , en i636 , f^indiciœ générales , seu lapis Ljdius contra Casp. scioppium. Lippen, tom. 3, pag. 74.

ABBATISSA (Vincent), chanoine secondaire de l'église de Messine , recommandable par sa piété , publia à Messine , chez Jacques de Matthaeis , en i654 •> in-4° , la J^ie de saint Placide en italien. Mongitore, Biblioth, sic. , tom. 2, pag. 273.

ABBATIUS ou ABBOT (Baldus) , Anglais , publia un traité sous ce titre : Disçussarum con-

certationum opus , qui fut imprimé à Pise en 1594 , in-4''. Lippen , tome I, page 425- Math.

Konig , Biblioth. vet. et nov,

ABBATS , laies, ou abbés laies, étaient autrefois des seigneurs , qui , sans être dans les Ordres, possédaient des abbayes : depuis ce furent ceux qui possédaient les dîmes des villages , et qui pi'ésentaient aux cures. Coût, de Béarn, tit. I , art. 3o.

ABAUDUS ou ABBAUDUS, abbé du onzième siècle , composa un petit Traité sur Infraction du corps de Jésus-Chris t,(iu.ï se trouve parmi les Analectes de D. Mabillon , pag. 52. L'occasion de ce Traité fut qu'après la condamnation de l'hérésie deBérenger , et la confession de foi qu'on lui proposa à signer dans le concile de Rome , il s'éleva plusieurs questions , même entre les catholiques , sur le sens de certains termes dont cette confession est composée. L'une était touchant la fraction du corps de Jésus- Christ : quelques uns étaient du sentiment c{ue cette fraction ne se faisait que dans les espèces du pain ; d'autres voulaient qu'elle se fît dans le corps même de Jésus-Christ. Ils se fondaient sur l'anathème que l'on dit dans cette confession de foi à quiconque nie que le corps de Jésus-Christ soit manié par les mains du prêtre , ou rompu , ou déchiré par les dents. Les auteurs du premier sentiment soutenaient qu'après le changement du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ , les espèces

du pain et du vin demeuraient, et qu'en elles se faisait la fraction. Ceux qui prenaient le paili de la seconde opinion prétendaient que les espèces , de même que la substance du pain et du vin , se changeaient au coi-ps et au sang du Sauveur, ne pouvant concevoir que la blancheur et la rondeur pussent être séparés du coi-ps , qui est blanc et rond. L'abbé Abaudus était de ce sentiment; et quoi qu'il condjattît l'opinion opposée , il se réunit avec ses adversaires touchant le dogme de la transubstantiation. On met sa mort vers le même temps que celle d'Abailard qui mourut le 21 avril de l'an i i/p. D. Ceiller, Hist. des Auteurs sacr. et e celés. ^ tom. 22, pag. 197.

ABBAYE. Abbatia. Ce terme signifiait, ouïe composé des religieux et de l'abbé, ouïe bénéfice avec les revenus qui y étaient attachés , dont jouissaient les abbés , ou un monastère de religieux ou de religieuses régi par

ABP> un abbé ou une abbesse. Toutes les abbayes d'iiommesen France, soit en règle ou en commende , étaient à la nomination du Roi , excepté celles qui étaient chefs d'ordre, comme Cluni, Prémontré , Granimont , le Val-des-Écoliers, Saint-Antoine de Viennois, Cîteaux et ses quatre filles , savoir , Pontigny, la Ferté , Clairvaux et Morimont, qui avaient aussi conservé le droit d'élection.

Les cinq abbayes qu'on nommait de Chezal-Benoît avaient aussi conservé le même droit. Ces abbayes étaient Chezal-Benoît en Berry, Saint-Sulpice de Bourges, Saint— Allire de Clermont, Saint- Vincent du Mans , et Saint-Martin de Séez. L'abbaye de Sainte- Geneviève de Pai'is avait aussi le même droit depuis la réforme qui y fut introduite par les soins du cardinal de La Rochefoucault , dernier abbé commendataire , vers le commencement du seizième siècle. La Combe. Voyez Abbaye.

SOMMAIRE

§ ni.

§iv.

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