‹ Bibliothèque sacréeChapitre 55 sur 174 · DE LA FIN · texte numérisé non relu

DE LA FIN

La fin se prend improprement pour le terme d'une chose, quelle qu'elle soit , et proprement pour un bien auquel on tend , et dont la jouissance fait cesser l'action par laquelle on tendait vers lui.

C'est pourquoi la fin proprement dite est terme et cause tout à la fois ; cause , en ce qu'elle excite à agir; ternie^ en ce qu'elle fait cesser l'action de l'agent , lorsqu'on la possède... On la définit, id cujus gratin fit nliquid , sive bonumper se cujus oblincnJi gratia médium as.suniitur.

DIVtSION DE LA FIN.

La fia se divise en fin , qui , cui ^ qiio , opcris , operantis , ultimus et interJiiediiis. La fia qui , c'est la chose nièaie que l'on se propose d'acquérir par les moyens qu'on emploie ; on l'appelle aussi ^/i objective , ou fin cujus ; c'est-à-dire , cujus con~ sequendi gratia aliquid fit. La fin eu/', est la personne à qui l'on veut du bien. La fin quo , est l'action par laquelle on possède la fin objective. Ainsi Dieu est la fin objective de l'homme. La vision béatifique est la fin quo ou formelle ; le bienheureux est la fin cui. La fin operis, c'est la chose à laquelle une action tend d'elle-même. Par exemple , le soulagement du pauvre est la fin à laquelle l'aumône tend d'ellemême et par sa propre nature.

La fia operantis , est la chose que l'agent se propose dans sou action ; la vanité, par exemple, est la fin de celui qui se propose ce motif en faisant l'aumône. La fin dernière est celle qu'on se propose pour s'y fixer , sans vouloir passer outre , soit qu'on doive s'y fixer en effet , et pour lors on l'appelle /i«/^ ultimatus ; soit qu'on ne doive pas s'y fixer, et pour lors elle se nonwwe funs idiimus respective. La fin intermédiaire , intermedius seu non ullimus , est celle à lacfuelle une action se rapporte de façon que cette fin elle-même se rapporte encore à une autre. Par exemple, dans une aumône faite pour obtenir la rémission de ses péchés,

ACTES HUMAINS. 187

cette rémission est la fin intermédiaire , parce qu'elle se rapporte à une autre fin ; savoir , la béatitude.

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