M. LALOUX
Pierre-Joseph-Antoine Laloux naquit le 30 juin 1797, à Maubeuge, dans le diocèse de Cambrai, d'une famille recom-
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mandable et honorée dans le pays. II fit ses premières études littéraires, philosophiques et théologiques à Cambrai, et fut ensuite envoyé, pour compléter son éducation ecclésiastique, au séminaire de Saint-Sulpice. Il y entra le 11 octobre 1817, et passa ensuite quelque temps à la Solitude, sans avoir cependant alors le dessein d'entrer dans la Compagnie. Au mois d'avril 1820, il remplaça provisoirement, dans l'enseignement de la théologie, M. Affre, professeur au séminaire d'Issy. Rentré dans son diocèse, M. Laloux devint successivement professeur au grand séminaire, puis supérieur et chanoine titulaire, ainsi que vicaire général. Mais à la suite des événements politiques de 1830, il se démit de toutes ses fonctions et renonça à tous ses titres pour entrer à Saint- Sulpice. Il revint donc à la Solitude en octobre 1832, et dès le mois d'avril suivant, on l'envoya en qualité de premier directeur au séminaire de Clermont. Son séjour n'y fut que de quelques mois; car, en octobre 1833, il fut nommé supérieur du grand séminaire de Bordeaux. On le rappela à Paris en 1837 pour lui faire professer le grand cours de théologie, fonction qu'il conserva jusqu'en 1849. Il fut alors chargé d'un cours d'Écriture-Sainte. Mais le travail auquel depuis longtemps il se livrait avec ardeur avait profondément altéré sa santé. Il mourut à Issy le 23 septembre 1853, laissant auprès de ceux qui l'ont connu la réputation d'un des plus brillants professeurs que, de son temps, ait eus le séminaire de Saint-Sulpice. — Circulaire nécrologique. Notice sur M. Laloux et ses ouvrages, par l'abbé Orssaud, en tête de l'ouvrage suivant :
1 . — Tractatus de Actibus humanis. Dissertationes novem ; quibus accedit Appendix de prœcipuis casibus difficilioribus ad secundam tabulam Decalogi pertinenlibus, auctore A. Laloux, edente A. Orssaud, Presbytero Diœcesis Montispessulani; Monspelii apud Felicem Seguin, Parisiis apud Jouby, 1862, in-12, pp. xxn-393. L'éditeur a apporté bien peu de soin clans la correction des épreuves. II n'a publié que ce traité, quoiqu'il eût annoncé comme devant « paraître prochainement : « Traité de la Justice et des Contrats, ou le
Gode civil commenté au point de vue de la Philosophie, de la Jurisprudence et de la Théologie, chef-d'œuvre de l'auteur, d'après les théologiens les plus distingués de l'époque, 3 vol. in-12 ». Hurter a dit depuis de M. Laloux, qu'il était « in jure egregiè versatus » (Nomenclator literarius, t. III, p. 1200). — Revue des sciences ecclésiastiques, t. V, p. 409 et suiv. Literarische Handweiser, année 1862, c. 182.
Dans son Traité des Actes humains, M. Laloux, après avoir réfuté tous les principes des Probabilisles, propose imparfaitement et sans le prouver directement , un système d'extraprobabilisme, appelé depuis Probabilisme à compensation. Longtemps après la publication de son livre, mais avant d'en avoir eu connaissance, le P. Potton, dominicain, inventa à son tour, c'est-à-dire formula et démontra scientifiquement un principe que le genre humain applique depuis des milliers d'années. Il résuma le fruit de ses réflexions dans un livre intitulé : De Theoria Probabilitatis Dissertatio tlieologica, concinnata à R. P. Maria-Ambrosio Potton, Ord. Praed., Sacra? theologiœ Lectore; Parisiis, apud Poussielgue fratres, 1874, in-8°, pp. 244. Critiqué par M. Didiot dans une de ses Notes d'un bibliothécaire {Revue des sciences ecclésiastiques, juillet 1874, t. XXX, p. 95, 96), le P. Potton répondit dans la même Revue (août 1874, t. XXX, p. 204-207) par une lettre au Directeur, où il proposait à son critique un « combat très sérieux sur ce terrain ». M. Didiot accepta aussitôt le défi, mais pour une époque plus ou moins éloignée (Ibid., p. 207, 208).
En attendant qu'il reprît la plume, le P. Dominique Bellocq, S. J., alors professeur de théologie morale au séminaire d'Aire, voulut, lui aussi, exposer son sentiment sur la question et réfuter le probabilisme à compensation. Mais le P. Potton, on vient de le voir, paraissait être de volonté et de taille à se défendre hardiment : aussi, le P. Bellocq se souvint-il du mot de l'Esprit-Saint : Melior est canis vivus leone mortuo : au lieu d'attaquer directement un dominicain vivant, il jugea plus prudent de livrer bataille à un sulpicien mort depuis plus de vingt ans : au lieu de s'en prendre à un
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livre imprimé en 1874, où le système était exposé plus complètement et étayé de preuves directes et indirectes, il aima mieux discuter un ouvrage incomplet sous plus d'un rapport et mal édité en 1862. De là, deux articles intitulés : Système moyen de morale ; Traité des Actes humains par M. l'abbé Laloux, qui parurent avec la signature. D. Bellocq, S. J., dans les numéros de janvier et, février 1875 de la Revue des sciences ecclésiastiques (t. XXXI, p. 1-25, 167-192).
La tactique du P. Bellocq n'échappa pas au P. Potton : il en fit la remarque à la fin d'un opuscule qu'il publia au mois de février 1875, après l'apparition du 1er article, où le P. Bellocq prenait directement à partie le système moyen. « L'abbé Laloux, disait le P. Potton, enseignant comme nous, quant au fond, le probabilisme à compensation, il semblait assez naturel que le B. P. Bellocq, au lieu de se borner à critiquer les notes incomplètes et confuses tirées des manuscrits d'un défunt qui ne peut se défendre, dirait quelque petite chose de notre dissertation De Theoriâ Probabilitatis , où la même matière se trouve traitée d'une manière plus complète et plus méthodique. Mais quoique nous soyons désigné implicitement dans la première page, à ce qu'il nous semble, le nom de notre opuscule n'apparaît pas une seule fois sous la plume du B. P. Bellocq » (De la Théorie du Probabilisme ; Dissertation théologique, par le B. P. Fr. Marie-Ambroise Potton; Poitiers, Oudin, 1875, in-8°, p. 34).
Cependant, M. Didiot jugea venu le temps d'entrer en lice. Il le fit, non en répondant directement au P. Potton, mais en adressant au P. Bellocq uue Epistola theologica, datée du 20 mai 1875, laquelle parut dans le tome XXXI (p. 438-454) de la Revue des sciences ecclésiastiques, et où il examine la théorie du P. Dominicain. Celui-ci répliqua à son tour par une Responsio theologica ad cl. V. D. Julium Didiot, S. Theol. D., datée du 8 août 1875, et insérée par ladite Revue dans le numéro du 'même mois (t. XXXII, p. 160-179). Une note préliminaire du Directeur annonça en môme temps que « maintenant, le débat était clos » (p. 160).
A. — De Legibus.
B. — De Justitiâ seu Jure tractatus quatuor : lus De Jure proprietatis seu Dominii ; 2US De Creditis et debitis, seu de Obligationibus; 3as De Contractibus; 4ns De delictis contra Justitiam, seu de Injuriis.
C — De usurâ dissertationes quinque. — Lettre d'un professeur de théologie sur la question de l'Usure. — Notes sur un système conciliateur. — Deux, et même quatre sortes de personnes en présence de l'Encyclique de Benoit XIV (Vix pervenit). — Monts de piété et Caisses d'épargne.
D. — Tractatus de Sacramento Pœnitentiœ.
E. — Dissertation sur le Mensonge et sur les Equivoques, en réponse à une Dissertation de M. G*** (Galais) sur le même sujet.
F. — Quelques pensées sur la Métaphysique.
Gr. — Examen de l'ouvrage intitulé : « Pouvoir du Pape sur les Souverains au Moyen-âge, ou Recherches historiques sur le Droit public de cette époque relativement à la déposition des Princes, par M. G*** » (Gosselin). La critique porte sur l'édition de 1839 : M. Gosselin en a profité pour l'édition qu'il a donnée en 1845.
En mourant, M. Laloux légua ses [manuscrits et d'autres biens meubles à un curé du diocèse de Versailles, son ancien disciple au séminaire de Saint-Sulpice, avec charge de publier ses Traités de Théologie : pour des considérations qu'il ne nous appartient pas d'apprécier, le légataire s'est cru dispensé d'exécuter les dernières volontés du testateur.