M. PIC QU ET
Anglois envoyoient sur nous lui fit choisir un poste qui pût, à l'avenir, intercepter les passages des Anglois » (p. 12, 13). II fonda donc à Souékatsi, près du lac Ontario, à trente lieues au-dessus de Montréal, une mission à laquelle il donna le nom de la Présentation, et qui est connue aussi sous ceux de « la Galette » et de « l'abbé Picquel ».
Son commencement date du Ier juin 1749, comme le prouve une inscription latine écrite et signée par M. Picquet au commencement du registre des Baptêmes et sépultures de cette mission (1). L'année suivante, il rendit compte au gouverneur du Canada de son voyage, de ses travaux, de ses
(1) Elle est citée en entier par l'abbé Gosselin : Mémoires S. R. Canada; tome XII, section I, 1804 ; I. Le fondateur de la Présentation (Oydensburg) : L'abbé Picquet (1734-lTG'ii, par M. l'abbé Auguste Gosselin, LL. D. (Lu le 23 mai 1894); in-4°, p. 10, 11. Nous citerons seulement, d'après cet auteur, la note qui précède cette inscription, et qui est comme le titre du registre : « Registre où sont écrits les Baptêmes et les Sépultures de la mission de la Présentation, coté, paraphé et commencé à être mis en usage par moy prêtre soussigné, missionnaire des Sauvages, qui ay conçu le projet de ce nouvel établissement, l'ay mis au jour, formé et affermi autant qu'il a été en mon pouvoir, malgré les contradictions presque générales des principaux habitants de la colonie, surtout de certains interprètes des commissaires de Montréal, gouverneurs, et des autres officiers des trouppes, et des missionnaires de différentes missions, mais protégé par M. le comte de la Galissonnière, commandant général du Canada, et M. Bigjt, Intendant, l'an mil sept cent quarante-neuf, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des sauvages. François Picquot, prêtre ». — Dans ses différents actes, ajoute l'abbé Gosselin, M. Picquet se nomme « missionnaire de saint-Sulpice, chargé du nouvel établissement de la Présentation » : ou bien, « missionnaire des sauvages et des Français au nouvel établissement de la Présentation que nous avons formé »; ou, « prêtre de Saint-Sulpice, missionnaire de< sauvages et des Français au nouvel établissement de la Présentation que nous avons formé et dont nous sommes chargés pour le Roy »; ou encore, «; prêtre de Saint-Sulpice, missionnaire du Roy, qui avons établi cette mission, chargé pour le Roy de ce nouvel établissement, et supérieur de ladite mission, nommée la Présentation »; ou enfin, « missionnaire du roy, prêtre de Saint-Sulpice, supérieur de la mission de soégatsi ». On voit que M. Picquet tenoit à sa qualité deprêtre de Saint-Sulpice.
espérances et de la situation de son établissement. Sa lettre ne remplit pas moins de six pages grand in-4° dans l'opuscule de l'abbé Gosselin (1). « Attentif au bien de l'Administration comme à celui de la Religion, dit Lalande, M. Picquet avertissoil les chefs de la colonie des abus dont il étoit témoin. Il lit, par exemple, un mémoire contre l'établissement des traiteurs qui étoient venus s'établir au Long-Saut et au Carillon pour faire la traite ou le commerce; qui trompoient les sauvages, en leur vendant fort cher des choses inutiles, et les empêchoient de venir jusqu'à la Mission, où on les auroit détrompés » (p. 22).
« Les garnisons que l'on établissoit dans les missions contrarioient aussi beaucoup les projets de notre missionnaire ». Ce fut l'objet d'un autre mémoire, dont Lalande donne un extrait (p. 22-2't\
Le succès qui avait couronné l'entreprise de M. Picquet lui faisait écrire le 8 février 1752 : « C'est un grand miracle que, malgré l'envie, les contradictions, l'opposition presque générale de tous les villages sauvages, j'aie formé en moins de trois ans une des plus florissantes missions du Canada. Je me trouve donc dans l'occasion de pouvoir étendre l'empire de Jésus-Christ et du roi, mes bons maîtres, jusqu'aux extrémités de ce nouveau monde, et de faire plus, avec quelques secours que vous me procurerez, que la France et l'Angleterre ne pourroienl faire avec plusieurs millions et toutes leurs troupes » (2).
L'année précédente (1751), M. Picquet avait fait une excursion sur le lac Ontario. Il écrivit le récit de son voyage qu'il intitula: « Journal qui peut servir de mémoire et de relation du voyage que j'ai l'ait sur le lac Ontario pour attirer au nouvel établissement de la Présentation les sauvages îro« quois des Cinq-Nations ». Ces! un document intéressant, qui nous permet, pour ainsi (lire, d 'accompagner le missionnaire autour de ce lac si convoité alors par l'Angleterre. La-
r i | \.\\hhr Picquet, \>. 11-17.
(8) Lettre du i fê> rier 1752, citée par m. Parkman . dans itontealm and Wolfe : Boston, 1884, in-s . t. n. p. n;.