M. DENANS
Jean-Baptiste Denans, né le 11 mars 1717 à Aups, près Draguignan, au diocèse de Fréjus, entra le 24 octobre 1733 au grand séminaire d'Avignon. 11 alla ensuite au petit séminaire de Sc-Sulpice, à Paris; puis il passa au grand séminaire le 17 octobre 1742, étant déjà prêtre et attaché depuis deux ans à la Compagnie, qui lui fit recevoir le grade de docteur le 10 mars 1746. En cette même année, il enseignait au grand séminaire comme professeur ou comme maître de conférences. Sa première mission en province fut probablement à Toulouse, en l'année 1747, lorsque le séminaire de S'-Charles eut été uni .à celui de S^Sulpice. Il y était certainement au mois de mars 1749. On est également fondé à croire que M. Denans fut envoyé à Nantes en 1752, et qu'il succéda à M. Féris dans la chaire de dogmatique.
C'est là, sans doute, qu'il composa ses traités de théologie conservés au séminaire de S^Sulpice, parmi lesquels on estime surtout son Traité de Y Église et son Trait*' du Mariage
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C'est de Nantes encore, le 25 juillet 17o8, qu'il écrivait à M. Joubebt, Directeur du grand séminaire de S^SuIpice : « Vous m'avez exhorté de remarquer dans la Théologie de Poitiers ce que je trouverais de défectueux : je le ferai désormais, le plus exactement qu'il me sera possible. Mais sans trop d'attention et de détail, j'y ai trouvé un vice bien déshonorant pour S'-Sulpice, sous le nom de qui la dernière édition a été fastueusement annoncée. C'est que, dans toutes les additions que l'on a faites, on a copié servilement et bassement la petite Morale de Collet. Ce sont les mêmes choses, les mêmes tours, les mêmes termes. Que diront ceux qui s'en apercevront? Et il est impossible que l'on ne s'en aperçoive pas. Je crois que Collet a fait allusion à ce vol dans la préface de la quatrième édition de son Traité des Decoirs d'un Pasteur. Il s'y plaint des plagiaires, et il dit qu'un auteur récent l'a exactement copié, et si servilement, qu'il n'a pas oublié les fautes. M. Segretier a eu grand tort de ne pas choisir un autre auteur. Je n'ai garde de faire tomber la faute sur ceux qui ont examiné son ouvrage. C'est surtout le défaut que je viens de marquer qui m'échauffe la bile ».
On conjecture aisément qu'un théologien de la trempe de M. Denans n'était pas facile à démonter dans une lutte théologique. Pendant qu'il était à Nantes, un jour que l'on soutenait thèse au séminaire, un P. Dominicain allégua dans son argumentation un passage qu'il donna comme étant de S. Thomas, et comme exprimant la pensée du saint docteur. Le texte était si clair cl si contradictoire de la thèse, si ferme était l'assurance de celui qui le produisait, que If répondant et son professeur furent un peu déconcertés. Mais M. Denans étail là : il demande au disciple de s. Thomas de quel ouvrage esl tin'1 le texte objecté, entre dans la bibliothèque qui était il côté de la salle où se faisait l'e\eivi.f. 60 revient bientôt, et fait voir à rargumentateur imprudent OU malavisé qu'il avait pris l'objection pour la réponse, inutile
d'ajouter qu'il >e relira eonl'us, et ne reparut plus aux lie
M . Denans lui rappelé de Nantes en 1762, et placé a la tète
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du Petit Séminaire de Sl-Sulpice, qu'il gouverna jusqu'aux vacances de 1769. Son évêque, M. de Bausset-Roquefort, instruit de son mérite, et ne trouvant personne dans son clergé qui put gouverner son séminaire, supplia avec de grandes instances M. Bourachot de le lui accorder au moins pour quelque temps; mais l'impossibilité où il se vit de le remplacer au bout du terme fixé obligea le prélat à le retenir beaucoup plus longtemps qu'il ne l'avait cru d'abord. Bien plus, les besoins urgents du diocèse l'amenèrent à faire de M. Denans son vicaire général. Celui-ci, toujours attaché du fond du cœur à sa première vocation, n'accepta ces divers emplois qu'avec la permission du supérieur de Sl-Sulpice, conservant toujours le désir et l'espoir de reprendre les emplois de la Compagnie, dès que les circonstances le lui permettraient : mais il fut prévenu par la mort, en l'année 1783.
1. — Amore languenti. Quaestio theologica : Quœ est scientia veritatisf 2 Tim. 3, v. 7... Has thèses... Pra^side Francisco-Benedicto Roche, tueri conabilur Joannes-Baptista Denans, Diaconus Forojuliensis, die Mercurii quarlà mensis octobris, anno D. 1741, à septimà ad meridiem. In Sorbona. Pro Tentativa. — 11 soutint sa Vespérie le 9 mars 1746 : voir plus haut, l'article Bourachot, n. 5. Le lendemain, il présidait YAulique d'un de ses parents.
2. — Doclori Doctorum. Qutestio theologica : Quis appreliendit sapientes in astutià eorumf Isaia>, 64, v. 11... Has thèses... Préside S. M. N.. Joanne-Baptistà Denans, Sacra1 Facultatis Parisiensis Doctore Theologo, tùm primùm Laureà doctorali donato, tueri conabilur Josephus Denans, Acolythus Forojuliensis, die Jovis decimà mensis Martii, anno Domini 1746, horis matutinis. In Aula Illustrissimi ac Reverendissimi D. D. Archiepiscopi Parisiensis. Pro Aulica.
A. — Tractatus de Ecclesià. Manuscrits du Séminaire Saint- Su lpice.
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