M. de QUEYLUS
Gabriel de Thubières de Queylus, donl il est souvent parlé dans la Vie de M. Olier et dans Y Histoire de la Colo lie française en Canada, naquit l'an 1612, à Privezac, dans le Rouergue. A onze ans. il (Hait déjà abbé commendataire du Luc-Dieu, abbaye située près du château qu'habitait sa famille, et que son grand-oncle maternel, Jean de Levis, lui résigna en lfâii. Après avoir été ordonné prêtre le 15 avril 1645, il s'offrit, le 26 juillet suivant, à M. Olier pour devenir membre de sa Compagnie. Il fut ensuite donné, ou plutôt prêté successivement à plusieurs évoques de France, pour les aider dans la réforme de leur diocèse ou l'établissement de leur séminaire C'est ainsi que M. de Queylus exerça son zèle à Alel, à Villefranche de Rouergue, à Nantes, à Viviers, a Privas, où il rétablit le culte catholique, et à Clermont- Ferrand, dont il commença le séminaire.
M. (Hier s'étant chargé de la mission de Montréal, choisit pour supérieur de l'établissement projeté M. de Queylus, que l'Assemblée du Clergé tenue à Paris en 1656 venait de proposer au roi afin qu'il le nommât évéque de ht nouvelle colonie. M. de Queylus partit, en effet, pour le Canada, muni des pouvoirs de grand vicaire que lui avait donnés spontanément l'archevêque de Rouen; mais des contradictions auxquelles il ne devait pas s'attendre l'obligèrent ;i repasser deux lois en France, et ii y fixer enfin son séjour. En 1672, il devint supérieur de la congrégation ^^^ Prêtres du Calvaire, établie au Mont-Valérien, près de Paris. Il mourut le 20 mars l<)77. au presbytère de S'-Sulpice, et tut inhumé dans la chapelle basse du séminaire.
« Ce fut lui, dit M. l'aillon. qui, selon toutes les apparences, introduisit à Québec l'usage de publier et d'afficher des mandements . • Le jour de Pâques, 21 avril 1658, disent les pp, Jésuites dans leur Journal, fut affiché, a la porte de
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noire église, un mandement de M. l'abbé de Queylus, qui portail que tous les prêtres séculiers et réguliers, les Religieux et les Religieuses eussent à dire, à la fin de la messe, jusqu'à la Saint-Jean, les litanies du Nom de Jésus, pour les nécessités du pays ». Nous avons sous les yeux, ajoute M. Faillon. un autre mandement de M. de Queylus, joint à la bulle d'Alexandre VII, adressé, le 7 février, à M. Souarl ou à son vicaire, en faveur de la colonie de Villemarie, « afin, dit-il, de communiquer aux chères âmes de votre habitation les bénédictions apostoliques « (Histoi)-e de la Colonie française en Canada; Villemarie, 1865, in-i°, t. Il, p. 295).
Du vivant de M. de Queylus, un poète rouergat, vraisemblablement de Cambon. Cantbonensis, dans le canton de Saint-Affrique. composa en son honneur un petit poème en vers latins : Pamphili presbyteri versus sine arte, sive Cambonenses, Itlustr" et Révérend" Abbati de Carjhis ; Rutilent, 1667, in-16. — Ceux de mes lecteurs qui désireraient savoir ce que, comme missionnaire au Canada, M. de Queylus eut à souffrir pendant sa vie — et après sa mort de la part de certains historiens — pourront lire Les Jésuites de la Xouvelle-France au X VII" siècle d'après beaucoup de documents inédits, par le P. Camille de Rochemonleix, de la Compagnie de Jésus; Paris, Letouzey et Ane, 1896, tome II. Voir notre article Faillon, n. 12, au tome II de cet ouvrage.