M. LE VACHET
Jean-Antoine Le Vachet naquit à Romans (Drôme) en 1603. Après avoir achevé son cours de philosophie, il se crut appelé à vivre dans la solitude, mais des religieux lui déclarèrent que telle n'était pas sa vocation. Son père et sa mère voulurent l'engager dans le mariage en lui proposant un parti avantageux: mais Dieu, qu'il consulta dans la prière, lui donna de si vifs sentiments de se consacrer à son service, que, renonçant à tous les biens terrestres, il abandonna ses parents et son pays, s'embarqua pour Avignon, et alla en Italie à Notre-Dame de Lorette, où il se consacra à Dieu par les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. De retour en France, il se rendit à Dijon pour achever ses études, retourna auprès de sa mère, à qui il persuada d'entrer en religion, quoiqu'elle eût o5 ans, vendit tous ses biens et en distribua le prix aux pauvres, ne se réservant que ce qu'il lui fallait pour un titre sacerdotal. Ensuite, il quitta son pays et vint à Paris en demandant l'aumône sur sa route. S'étant fait ordonner prêtre, il travailla avec un zèle infatigable et une charité surprenante dans les missions où il s'employa pendant plus de vingt ans. « Ce saint prêtre, après s'être instruit pendant plusieurs années dans la doctrine des saints, chez les Religieuses de la Roquette, se retira, par le conseil de S. Vincent de Paul, au séminaire de Saint- Sulpice, d'où il ne sortait que pour annoncer l'Évangile aux pauvres 'dans les missions, et visiter les prisons et les hôpitaux » ( Vie de Madame Lumagne de Pollalion, par Collin. vicaire-perpétuel de Saint-Martin-des-Champs, dans l'église de Paris; Paris, 17H, in-12, p. 84).
« On peut dire, ajoute Grandet, qu'il n'y a point eu, de son temps, de saintes entreprises et de bonnes œuvres où il n'ait
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eu la meilleure part. Il aida de ses conseils M"" Pollalion dans l'établissement des Tilles de la Providence. Il commença lui seul le séminaire de l'Union chrétienne, à Charonne, eu 1661 » (Grandet, Les saints préires français du X Vil siècle; deuxième série, Saint-Sulpice, Jean-Antoine Le Vachet, p. 'M\. 375). « Cet institut, dit M. Picot, avoit pour but de travailler à la conversion des protestantes, et de recevoir des tilles ou des veuves qui ne pouvoient, faute de dot suffisante, être admises dans les autres ordres; on y devoit aussi travailler à l'éducation des jeunes personnes. Quoiqu'il lût regardé comme l'auteur et le plus zélé protecteur de cette institution. M. Le Vaebet ne voulut jamais en être le supérieur » (Picot, Essai historique sur l'influence de la Religion eu France pendant le dix-septième siècle; Paris, 1824, t. Il, p. 69). Il leur donna des constitutions qui turent approuvées par lettres [latentes, et qui, au rapport de Grandet, « marquent bien l'esprit de sagesse et de prudence dont il était rempli » (p. 376). II mourut le 0 février 1081, après une longue et incommode maladie qui lui dura trois ans. et qu'il reçut avec une soumission parfaite à la volonté de Dieu.
V. La Vie de messire Jean-Antoine Le Yaehet, prêtre, Instituteur des sœurs de YUnion chrétienne, dédiée au Très Révérend Père De La Chaise, Confesseur du Roy, par Mons. Richard, prêtre: Paiis. Antoine Yuarin. 1692, in-42. — Faillon, Vie de M. Olier, V édition, t. II. p. o(>:5, 664. Il appelle M. Le Vachet « un des prêtres de la Communauté de Saint-Sulpice les plus dévoués au salut des âmes » : nous doutons fort, cependant, qu'il ait jamais été agrégé a la Compagnie, son nom ne se trouvant sur aucun catalogue.
L'auteur de la Vie de M. Le Vachet donne le catalogue de ses ouvrages.
« Le premier porte pour titre L'Exemplaire des enfants di- Dieu, et tut imprimé à Paris, chez Jean de la Caille, rue S'-.iacque». en 1653 ». il y parle de l'oraison, de l'exercice de l'esprit el de lame du chrétien pendant la sainte messe, des Indulgences du Jubile, et ■ finit son livre par de» pratiques
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merveilleuses pour disposer le chrélien à faire une bonne mort » (p. 235-237).
« Le second de ses ouvrages est intitulé : La Voye de Jesus- Christ, Fils unique de Dieu, et de tous les prédestinés ses enfants adoptifs », imprimé en 1(506 chez François Muguet, (p. 237-239),
Le troisième de ses livres est intitulé : L'Artisan chrestien, ou la Vie du bon Henry, Maistre Cordonnier à Paris, instituteur et supérieur des Frères cordonniers et tailleurs, divisé en cinq parties, par M. Jean-Antoine Vachet, preslre; Paris, Guillaume Desprez, rue S. Jacques, à saint Prosper, 1670, in-12, pp. 467, sans la dédicace à Monseigneur de Mesme (.2 feuillets), signée : « Les Frères cordonniers et tailleurs », sans la préface (7 feuillets) et la table des chapitres (2 feuillets). A la tin, après le privilège : « Achevé d'imprimer le deuxième janvier 1070 ».Yie, p. 240-244.
« Le dernier des ouvrages de M. Le Vachet est le Règlement et pratiques chrétiennes en forme de constitutions pour les filles et les veuves séculières, qui vivent dans le séminaire des sœurs de l'Union chrétienne »; Paris, 1672 (p. 244-245).
A la suite de la Vie, le biographe a donné : « Réflexions que doivent faire les personnes qui comniunient souvent; données aux Sœurs du séminaire de l'Union chrétienne, par Messire Jean Antoine Le Vachet, prêtre, leur instituteur, et imprimées par les soins de l'auteur de sa Vie » ; pp. 38.
A la fin du volume, l'éditeur annonce qu'il « donnera bientôt au public des Lettres que M. Le Vachet a écrites à plusieurs personnes dont il dirigeoit la conscience, sur différens sujets d'instruction morale ». Nous ignorons s'il a tenu sa promesse.