‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 3)Chapitre 4 sur 207 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

sage » (I). — Sagesse due à sa médiocrité, direz-vous. — Soit; la médiocrité a donc ses avantages, et le mérite d'être sage n'est pas sans valeur : parmi les sept dons de l'Esprit- Saint, le premier rang, sous le rapport de la dignité, est assigné à la Sagesse par l'Ange de l'École : « Sapientia et intellectus omnibus prsferuntur, dit-il; ità tamen quôd sapientia prœfertur intellectui » (1. 2. Q. 68, art. 7).

Notre ouvrage, de même que ceux dont il contient le catalogue, n'apportera donc pas une grande contribution à l'histoire de l'esprit humain, ni à la Compagnie de Saint- Sulpice un éclat de nature à offenser sa modestie. Intéressant peut-être, comme tout livre de famille, pour les enfants de M. Olier, il ne le sera guère, hors de là, que pour les bibliothécaires et les rares curieux de bibliographie. En plus d'un point, cependant, il pourra servir de supplément au Dictionnaire des anonymes , et en tout cas, il complétera, pour sa part, la série des bibliographies d'ordres religieux et de Communautés ecclésiastiques.

Les auteurs de ces sortes d'ouvrages ont suivi deux méthodes, deux plans différents. Les uns, comme le P. Cosme de Villiers dans sa Bibliotheca Carmelitana, les PP. De Backer et Sommervogel dans la Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, M. Hauréau dans Y Histoire littéraire du Maine, ont adopté l'ordre alphabétique des noms d'auteurs : ce système, commode pour les recherches, surtout dans des ouvrages très étendus, tels que ceux dont nous venons de parler, a l'inconvénient de ballotter, et quelquefois de rejeter à deux ou trois siècles de distance, le lecteur qui voudrait faire du livre une étude suivie et continue. Les autres, tels que les PP. Quélif et Échard, auteurs des Scriptores Ordinis Prœdicatorum recensiti, D. Tassin, auteur de Y Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, s'en tiennent à l'ordre chronologique, qui vérifie mieux le titre d' Histoire , et ils terminent leur ouvrage par une table

(1) Des Pensées de Pascal ; Rapport à l'Académie française sur la nécessité d'une nouvelle édition de cet ouvrage, par M. V. Cousin ; Paris, 1843, in-8°; Avant-propos, p. xxxiii.

VIII TREFACE

alphabétique des noms. C'est ce dernier plan que nous avons adopté, d'après les conseils d'un homme fort compétent, le très érudit et très regretté I). Piolin, bénédictin de Solesmcs, qui préparait une suite à Y Histoire littéraire composée par D. ïassin.

Les titres placés au frontispice de notre ouvrage sont donc vrais tous les deux; néanmoins, le second est plus précis et plus exact que le premier. Ce travail est sans doute une Bibliothèque, c'est-à-dire un catalogue d'écrits et de leurs différentes éditions; mais c'est aussi une Histoire, soit parce qu'il rapporte les faits historiques qui les concernent; soit parce que la partie biographique de chaque article y a ordinairement plus d'étendue que dans les Bibliothèques ; soit surtout parce qu'on n'y suit pas l'ordre alphabétique des auteurs comme dans les catalogues, mais l'ordre chronologique basé sur la date du décès de l'écrivain.

Dans cette Histoire littéraire de la Compagnie de Saint- Sulpice, — comme dans l'ouvrage de D. Tassin qui lui a servi de modèle et dont il pourrait s'approprier le titre presque entier, si la mode était encore de faire des titres longs, — on trouvera donc la vie et les travail. c des auteurs qu'elle a produits, depuis son origine jusqu'à présent , avec les titres, V énumération , les différentes éditions des livres qu'ils ont donnés au public, et le jugement que les savante en ont porté ; ensemble la notice de beaucoup d'ouvrages ni'inuscrits composés par les membres du même corps. Voici toutefois, sur ces divers points, quelques remarques.

Chez les auteurs de Bibliothèques, la notice biographique est fort succincte : elle est généralement plus longue chez les auteurs d1 Histoire littéraire. Ordinairement, nous prenons modèle sur ces derniers; mais nous sommes plus brefs lorsqu'il existe de l'auteur dont nous écrivons l'article une Notice ou une Vie imprimée, Burtoul si celle-ci esl étendue. Nous \ renvoyons alors notre lecteur. Nous ne manquons pas non plus de le faire toutes les fois que l'occasion s'en présente; en >orte quo cet ouvrage sera en même temps une

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