II. DE PLANQUE
et Joseph, dans une parfaite soumission au S. Siège ». Suit une lettre anonyme fort remarquable, intitulée : « Réflexions générales d'un docteur en théologie sur Y Histoire ecclésiastique de Fleury et ses Discours, adressées à un de ses amis ».
Le P. Lanlheaume, jésuite, publia en 173(> à Avignon, et sous le voile de l'anonyme, deux volumes in-4° d'Observations théologiques, historiques , critiques , sur /'Histoire ecclésiastique de l'abbî Fleury. Pendant l'impression, il exposa son projet et le plan de son ouvrage dans les Mémoires de Trévoux (août 1730, p. 1916-1919). Les Nouvelles ecclésiastiques s'empressèrent de critiquer cet article des « Mémorialistes », et quoiqu'il ne répugne nullement qu'un ouvrage loué par un jésuite ait été composé par un autre jésuite, néanmoins les conjectures du gazetier janséniste se portèrent ailleurs. « Nous avons dit, écrit-il, que l'auteur de ce gros ouvrage contre l'Histoire ecclésiastique de M. Fleury n'est pas nommé; mais on a tout lieu de conjecturer que c'est M. Planque, de la Congrégation de S. Sulpice, lequel faisait les conférences sur l'Ecriture-Sainte et sur l'Histoire ecclésiastique dans le séminaire de Paris, où il est mort il y a peu d'années. On sait qu'il ne trouvoit rien de bon que dans les livres sulpiciens ou jésuitiques; que tout ce qui venoit d'une autre source lui éloit suspect : qu'il avoit en particulier beaucoup de goût pour les ouvrages des mystiques; et qu'il étoit singulièrement indisposé contre l'Histoire de M. Fleury. C'esl dans de telles dispositions, et par un zèle peu éclairé, qu'il a (dit-on; employé plusieurs années à ramasser à grands frais, et à tirer principalement de ses méditations creuses, le fatras de compilations que ses confrères ont beaucoup vanté après sa mort, et que les jésuites, digues panégyristes d'un pareil Auteur et d'un pareil ouvrage, annoncent aujourd'hui avec une prédilection si marquée » (Nouvelles ecclésiastiques du 10 novembre 1736, p. 171)». Si ces lignes ne témoignent pas absolument d'une prédilection marquée pour M. de Planque et pour la Co^igrégation. de S. Sulpice, elles montrent du moins qu'on le croyait capable
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de faire dos Remarques sur l'Histoire ecclésiastique de Fleuri/, et quel accueil elles eussent rencontré auprès des jansénistes.