M. MARÉCHAL
Admis dans la Compagnie par M. Êmery, M. Maréchal fut par lui désigné pour le séminaire de Baltimore, qui venait d*ôtre fondé. M. Maréchal reçut Tordination de la prêtrise la veille de son départ, n*étant âgé que de 23 ans et demi. 11 s*embarqua en compagnie de MM. Giquard, Matignon et Richard, et ils arrivèrent à Baltimore le 24 juin 1792. Aussitôt, M. Maréchal se rendit à Philadelphie pour s*y former à Tusage de la langue anglaise. De retour dans le Maryland, il enseigna la théologie au séminaire de Baltimore (1792-1803), et fut aussi chargé du cours de philosophie et de mathématiques au collège de Georgetown, avant que les jésuites en eussent pris entièrement la direction.
Après le Concordat de 1801 et l'établissement des nouveaux évoques en 1802, M. Émery crut devoir rappeler plusieurs membres de la Compagnie, afin de les employer dans les séminaires qu on alioit rétablir. M. Maréchal fut du nombre de ceux qu*il engagea à revenir. Il s'embarqua au mois de juillet 1803, laissant à Baltimore de vifs et profonds regrets. 11 fut d'abord envoyé au séminaire de Saint-Fiour; mais il n'y resta qu'un an, et à la fin de 1804, il fut transféré au séminaire d'Aix-en-Provence. Les prêtres de Marseille qu'il y forma aux vertus et à la science lui témoignèrent leur estime et leur reconnaissance lorsqu'il devint archevêque de Baltimore. Us lui envoyèrent un magnifique autel en marbre, qui est encore aujourd'hui un des ornements de la cathédrale de Baltimore et sur lequel on lit l'inscription suivante :
Hoc Altare A Massiliensibus sacerdotibus
Amb° Archiep° Balt^
Eorum in sacra Theologiâ olim
Professori
Gratè oblatum
Ipse Deo Salvatori in honorem ejus
SanctissimaB Matris
Consecravit die 31* Maii, 1821.
Lorsqu'il eut séjourné deux ou trois ans dans le séminaire
d4 BIBLIOTHÈQUE SULPICIENNE
d*Aix, M. Maréchal alla au séminaire de SainMrénée, à Lyon. II y eut pour élève M. Jacques Wilhfield, qu*il emmena ensuite avec lui en Amérique, et qui, après avoir été son grand vicaire, devint son successeur. G*est à Lyon aussi que M. Maréchal rédigea sur la Dévotion au Sacré-Cœur de Jésus une dissertation théologique, propre à rectifier les idées fausses ou inexactes de quelques personnes touchant cette matière. Cet opuscule ne fut point imprimé, mais le journal L'Ami de la Religion en publia plus tard une analyse, sans toutefois nommer Tauteur (numéro du 16 octobre 1819, t. XXI, p. 288-298). Le rédacteur terminait son résumé par ces lignes : « Telle est la substance d*une Dissertation manuscrite que nous avons sous les yeux, et que nous savons être Touvrage d*un prélat aussi distingué par son savoir théologique que par sa piété et son zèle. Nous avons cru ne pouvoir mieux faire que d*en donner un extrait pour dissiper des doutes, rectifier des notions fausses, et répondre à de vains reproches; il règne dans toute la DmeWa^t on une netteté dMdées et une précision de langage qui annoncent un esprit exercé sur ces matières, et doué d'autant de sagacité que de mesure » (p. 297).
Quand, sur la fin de 1811, un décret impérial eut exclu la Compagnie de Saint-Sulpice du gouvernement des séminaires, M. Maréchal, qui ne voulait pas rester inutile, partit de nouveau pour l'Amérique, arriva en juillet 1812 à New- York, et à Baltimore le 1*' août suivant. Il reprit aussitôt dans le séminaire ses fonctions de professeur, auxquelles il ajouta le soin du temporel de cet établissement.
Les qualités solides et aimables de M. Maréchal le désignaient depuis longtemps pour occuper un des sièges épiscopaux vacants ou nouvellement créés dans les États-Unis. En 1814, k la mort de M«' Egan, il avait réussi, non sans peine, à refuser Tévôché de Philadelphie. Mais en 1817, son nom fut de nouveau envoyé à Rome, cette fois pour la coadjutorerie de Baltimore avec future succession. En vain M. Maréchal allégua-t-il le projet qu*il avait de composer un cours de théologie approprié aux besoins du pays : Rome