‹ Bibliothèque sulpicienne; ou, Histoire littéraire de la Compagnie de Saint-Sulpice (volume 4)Chapitre 44 sur 298 · MARÉCHAL · texte numérisé non relu

MARÉCHAL

insista, el Télu fut obligé de céder, malgré son désir de rester attaché à Tœuvre de sa première vocation. 11 obtint du moins d*étre toujours compté parmi les membres de la Compagnie; el le pieux prélat se considérait et agissait si bien comme tel, qu'il disait très exactement les messes d*usage pour les confrères défunts, et qu'il se fit garder au séminaire une chambre, où il allait passer un jour par semaine, afin d'entretenir et resserrer encore les liens de son ancienne confraternité.

Ses bulles, datées de Rome le 24 juillet 1817, le nommaient Coadjuteur de Baltimore, avec le titre d'archevêque de Stauropolis. Mais elles prévoyaient aussi le cas où M. Neale, archevêque de Baltimore, serait mort quand elles parviendraient entre les mains de M. Maréchal, et la volonté du Pape était que, dans ce cas, il fût immédiatement sacré archevêque de Baltimore. Le prélat élu fut en effet sacré le 14 décembre 1817 par M»' de Gheverus, évêque de Boston, plus tard archevêque de Bordeaux. L'année suivante, il fit la visite d'une partie de son diocèse : elle dura six semaines, et le prélat reçut partout des témoignages singuliers d'estime el de respect. Son mérite, sa douceur et sa prudence lui concilièrent les Protestants eux-mêmes. 11 fit admirer sa sagesse dans plusieurs circonstances difficiles. On avait essayé, vers ce temps, d'établir un évêque à Norfolk en Virginie, ce qui avait occasionné parmi les catholiques de cette ville des divisions déplorables. Pour les consoler et les mettre en garde contre la séduction d'un intrus, Ms' Maréchal leur adressa, le 28 septembre 1819, une Lettre pastorale de 58 pages in-8% où il met sous les yeux des catholiques les principes de l'Église sur l'indépendance du Pouvoir spirituel, les faits de la tradition, et les règles de la Hiérarchie (W.U Ami de la Religion, 16 août 1820,* t. XXV, p. 21-25). « Nous ne pouvons lire ce mandement, disait YAlmanach catholique pour 1836, sans admirer la science, la sagesse et l'esprit apostolique qui pénètrent ce document précieux ». Le 10 mars 1821, par une autre Lettre pastorale y l'archevêque de Baltimore annonça la consécration dé sa nouvelle cathédrale,

édifice commencé en 1806 par M. Carroll, et continué malgré la difficulté des circonstances. Cette cérémonie eut lieu, en effet, le 31 mai, et fut très imposante (V. L'Ami de la Religion, 25 août 1821, t. XXIX, p. 59-61). Outre Tautel dont nous avons parlé. M»' Maréchal reçut encore, pour orner son église, de quelques amis d*Europe, plusieurs peintures remarquables, parmi lesquelles deux sont de vrais chefs-d'œuvre.

Vers la fin de cette année 1821, il fit un voyage en Europe pour les besoins de son diocèse. Au mois de janvier 1822, il se rendit à Rome, où il reçut partout, surtout du Souverain Pontife, Taccueil le plus honorable. « Un des objets de son voyage étoit de faire des représentations sur l'érection de nouveaux sièges dans les États-Unis. Le Souverain Pontife avoit, le 11 juillet 1820, créé i'évéché de Richmond en Virginie, et y avoit nommé le docteur Kelly, professeur à Kilkenny en Irlande, qui fut sacré le 24 août 1820, et qui arriva à Norfolk le 19 janvier 1821. Mais le docteur Kelly reconnut bientôt lui-même les difficultés de sa position. Norfolk n'est guère qu'à une journée de chemin de Baltimore; les catholiques n'y sont pas très nombreux, et ceux qui avoient promis de pourvoir généreusement à l'établissement de l'évéché montrèrent peu de bonne volonté quand il fut question d'en venir au fait. M. Kelly se retira donc, et fut transféré à l'évéché deWaterford en Irlande. M. Maréchal fut chargé d'administrer le diocèse de Richmond; la Virginie est toute contiguë au Maryland, et les communications promptes et faciles qui existent entre ces deux États motivoient assez la réunion des diocèses sous un même pasteur » {L'Ami de la Religion, 9 septembre 1849, t. LXI, p. 142, 143).

A Rome, M. Maréchal demanda encore et obtint du Pape Pie VII l'érection du collège Sainte-Marie en Université catholique, avec pouvoir de conférer des grades ayant la même valeur que ceux qui se donnent à Rome et dans les autres Universités du monde chrétien. « Ideùque, est-il dit dans le rescrit, Sanctissimus Dominus noster Pius, divinâProvidenlià Papa VII, Sacra Congregatione rogante in audientiâ habita per R. P. D. Carolum Mariam Pedicini, Secrelarium,

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