M. DU FERMER
1684, enfermé à la Bastille à cause des réclamations qu'il faisait contre deux régalistes mis en possession de ses bénéfices (1), M. Du Ferrier fut aussi transféré dans cette prison et c'est là qu'il mourut le Vendredi-Saint 20 avril 1685 : il était âgé de 76 ans. Son corps repose dans l'église de Saint- Paul.
A. — Mémoires. — « On en conservait, à l'Oratoire, une copie, au moins des premiers cahiers, laquelle comprend ce qui regarde le P. de Condren. Ce manuscrit incomplet est aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale, formant en tout 105 pages petit in-fol. » (Faillon, Vie de M. Olier ; 4e édition, t. I, p. xxxvi).
Monseigneur l'évoque de Pamiers et les jésuites du collège de la même ville, in-4°, p. 4. Voir aussi Justification de la Morale pratique, contre le livre des jésuites, faussement intitulé, Défense des nouveaux chrétiens et des Missionnaires de la Chine, du Japon et des Indes (du P. Le Tellier) ; chapitre XIV ; Nancy, 1734, in-12, p. 23 i- 238. — Supplément au Nécrologe de l'Abbaïe de Notre-Dame de Port-Roïal des Champs; 1735, in-4°, p. 569-570. — L'auteur de cet article dit que M. Du Ferrier était « Docteur en Théologie », et le fait naître en 1611 au lieu de 1609.
(1) Jean Du Ferrier, dit de Cambiac, naquit probablement à Foix, dont son père fut longtemps juge-mage. Il alla faire ses études de théologie à Paris, oU son frère l'avait précédé. Sans appartenir encore à la petite Société formée par le P. de Condren en vue de l'Œuvre des Séminaires, M. Du Ferrier voyait souvent les ecclésiastiques qui en faisaient partie. Il se détermina même à s'associer à la Communauté de Vaugirard, et il est le premier inscrit sur le catalogue des séminaristes qui vinrent se ranger sous la conduite de M. Olier avant le 15 août 1642, jour où le séminaire de Vaugirard se transporta à Saint- Sulpice. Comme les autres, il n'était alors que tonsuré ; mais il fut ordonné prêtre en 1648, et peu de temps après il signa, comme associé et agrégé au séminaire, l'acte par lequel, lui et plusieurs autres ecclésiastiques de la maison, déclaraient accepter la donation que MM. Olier, de Poussé et Damien faisaient de la propriété qu'ils avaient achetée pour la construction du séminaire de saint-sulpice.
En signant cet acte, M. Du Ferrier semblait s'attacher pour toujours à la Communauté fondée par M. Olier. Il s'en retira cependant L'année suivante pour aller à la Communauté de Saint-Merri. Ce dessein, qu'il méditait depuis quelque temps déjà, lui fut, parait-il, inspiré par son affection pour les doctrines île Jansénius, ou pour les personnes
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« Il en existe un second à la Bibliothèque de Sainte-Geneviève, qui parait être complet. II se compose de douze cahiers in-4°, divisés inégalement, et qui sont l'ouvrage de cinq ou six copistes. Ces cahiers forment 709 pages, sans y comprendre quelques additions qui sont d'une autre écriture, et interrompent même la pagination. Ces additions, toutes très favorables au jansénisme, ont été intercalées dans cet ouvrage par un faussaire, qui voulait sans doute leur donner par là quelque crédit » (Paillon, loc. cit., p. xxxvi, xxxvn). — Le Catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Paris, 1896, t. II, p. 56, n. 1480) décrit ce manuscrit en ces termes : « Mémoires (ecclésias-
qui les avaient embrassées. Feydeau , théologal de Beauvais et zélé partisan des nouvelles erreurs, raconte dans ses Mémoires que M. de Cambiac alla le voir à Saint-Merri dans la pensée de quitter Saint- Sulpice, et de venir faire auprès de lui une très grande et très longue retraite. Il ajoute que, plus tard, cet ecclésiastique l'ayant rencontré à Toulouse, lui raconta que M. Glier se persuadait avoir des lumières extraordinaires; qu'il prononçait souverainement sur les matières de la Grâce sans avoir jamais lu ni saint Augustin ni Molina; enfin que à Saint-Sulpice, on était bien superbe et fort peu bon catholique quand on ne pensait pas comme M. Olier (V. Port-Royal, par Sainte- Beuve ; 4i; édition, Taris, 1878, t. VI, p. 295, 296). Celui-ci avait pour M. Du Ferrierdes sentiments bien opposes. Il écrivait, le 22 novembre 1649, à M. de Partages : » J'étais tous ces jours au milieu des épines de me voir éloigné du pauvre M. de Cambiac, qui se retire de la maison. J'ai porté cette croix accompagnée de beaucoup d'épines, comme vous Bavez que ces eboses tirent après elles des suites très fâcheuses ». m. de Cambiac ne resta pas longtemps à Saint-Merri. La Gai de France du 10 avril 1666 dit que le l~ mars précédent, il avait prêché l'oraison funèbre de la Reine-mère dans la cathédrale d'Alby. Apparemment que, dès i->rs, il «Hait chanoine de cette église. L'auteur des Réponses qu'on lit à la suite des Mémoires de M. Du Ferrier rapporte que m. de Cambiac, prêtre et docteur en théologie de Toulouse, permuta les deux bénéfices qu'il avait dans la cathédrale d'Albj avec un chanoine de Saint-Étienne de Toulouse, et que, à l'occasion de permutation, feu l'ôvêque d'Alby obtint en régale ces deux bénéfices : <•<• dont m. de Cambiac ut grand bruit, même à Paris, ou il se rendit pour défendre ses droits, n q'j gagna (nie d'être enfermée la Bastille, i>u il était encore en 1685, lorsque son frère mourut danses lieu de détention.
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tiques) de feu Mr (Jean) Du Ferrier. Copie. Ces mémoires vont de l'année 1630 à l'année 1683 environ, et intéressent surtout l'histoire ecclésiastique du Languedoc. Malheureusement, des lacunes s'y rencontrent. L'auteur était petitneveu du jurisconsulte Arnaud Du Ferrier. 11 mourut en 1685. A la suite des Mémoires (fol. 403) est cousu un cahier de 6 feuillets, où on lit une « Réponse aux questions touchant le saint prestre M' Du Ferrier de bienheureuse mémoire », datée du 14 mars 1687. On y trouve des détails biographiques sur ce personnage et sur sa famille. Papier. 407 feuillets ». Cette même Réponse est aussi en tête d'une autre copie des « Mémoires de feu M. Du Ferrier » (manuscrit de 520 pages) qui est à la Bibliothèque de l'Arsenal. (V. Catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque de l'Arsenal, t. III, p. 437, n. 3597).
Le Catalogue des Manuscrits des Archives Nationales, Paris, 1892, in-8% p. 286, n. 178 (M. 215, n. 11) indique aussi : « Mémoires de M. Du Ferrier, de l'Oratoire (sic) ; 498 pages ».
Enfin, la bibliothèque Inguimbertine possède : Mémoires ecclésiastiques de l'abbé Jean Du Ferrier, petit in-fol. de 722 pages chiffrées. « Ce volume, dit le Catalogue, était d'abord intitulé : Mémoires ecclésiastiques de l'illustre et saint Monsieur N . décédé depuis peu ». Ce titre a été corrigé, et l'on y a joint le nom de l'auteur. Le corps du manuscrit est de deux mains différentes. L'abbé Du Ferrier dit en commençant : « J'ai entrepris d'écrire des mémoires touchant la conduite de l'Église, par la soumission et le respect que j'ai pour un grand prélat qui l'exige de moi, afin qu'ils servent en quelque sorte d'introduction aux Grands vicaires et aux Officiants qui entrent dans cet emploi, qu'on doit regarder comme le plus difficile de tous. C'est l'art des arts, dit Saint Grégoire, ars artium regimen animarum. J'ai longtemps résisté aux instances qu'on m'en a faites, connaissant mon incapacité. Enfin, ne pouvant résister à ce qu'il veut, je vais mettre par écrit les événemens que j'ai remarqués, pendant 40 ans, dans les divers emplois ecclésiastiques où la Provi-