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Lyon (i)j l'aîné <le ses frères étail président (2), le second
(1) Quand m. Olier naquit, le 20 septembre L608, son père, Jacques Olier de Verneuil, seigneur deVerneuilet d'ivoy, était conseiller au Parlement de Paris. Le 20 mai ici:, il nu nommé maître des Requêtes au Conseil d'État, et ce l'ut quelques mois après que le roi, par une lettre du il novembre 1617, adressée au prévôt <u-> Marchands et aux échevins de Lyon, l'envoya en la ■ ville et province de Lyonnais, Forez el Beaujolais, pour avoir et exercer la charge de surintendant de la justice (Archives de l'Hôtel de Ville de Lyon \. On sait l'extension que Henri IV, et après lui Richelieu et Louis XIV, donnèrent ,i ces fonctions d'intendants, qui <le\ inrent entre leurs mains, nous dit M. *.'•■ Hanotaux, « le plus puissant instrument d'unification et de centralisation qu'ait connu l'ancienne France », et qui se survivent a elles-mêmes, de nos jours encore, dans l'institution des préfets (Hist. du Card. de Richelieu, t. 1, p. 339. Cfr., du même auteur, Étude sur l'institution des Intendants). En u>~'.">, M. olier fut rappelé à Paris, où il remplit les fonctions de Conseiller d'État jusqu'à sa mort, arrivée en mars 1631. De son mariage avec Marie Dolu, «lame d'Ivoj en Berry, il laissa huit entants, dont notre auteur va mentionner les plus connus, mais dont voici la liste complète, d'après les registres de la paroisse de Saint-Paul :
i Nicolas-Edouard, baptise le 7 juin 16
2 François, dont il va être parle, baptisé le 7 avril 1605, el devenu l'aîné par la mort du précédent;
3° René, baptise le 16 novembre 1606, vivait encore en 1619, quand saint François de sales, «le passage à Lyon, visita la lamille de M. olier, et, après avoir béni les trois frères, François, René et Jean, prophétisa les grands desseins de Dieu sur le dernier. A partir de ce moment, nous ne le voyons plus reparaître.
i Jean, l'abbé ;
• Marie, baptisée le 30 septembre 1609, et dont il va être parlé à propos de son mari, Simon Dreux d'Aubray ;
■ \ colas-Édouard, né le \~ février 1612, baptisé le 8 mai suivant, et dont il va pareillement être parlé ;
Mue', née le 21 a\ ni ici:; et baptisée le 28 du même m in-Jacques, baptisé le 30 mai 161 7.
!>'• ces buit enfants, quatre seulement, François, Jean. Mai N douard, étaient survivants quand m. Olier, leur père, die-
ii testament, le 20 mars 1631, peu «le temps avant sa mort.
- 1 ■ Hier, m- aîné de Jacques « Hier, fut d'abord, comme 100
père, conseiller au Parlement de Paria, où U fui reçu le 26 Juin vprôs la 1iK.1t de son père, il fut poun u, en 1633, d'un office de maître • R( '!'•• Dans les dernières années de sa vie, il réunil dans ai
ni au Grand 1 onseil et celle de Directeur
audiencier de France (1), et M. d'Aubray, lieutenant-civil de Paris, était son beau-frère (2). Ainsi, il avait dans sa maison et dans ses alliances ce qu'il y avait de plus considérable dans la robe (3).
des raines et minières de France. M. Olier écrivait à son sujet, dans ses Mémoires, au 26 juillet 1642 : « Il n'est pas si aisé à le porter à Dieu comme son cadet ( Nicolas-Edouard, dont il va être parlé), à raison, comme je pense, des grandes charges et emplois oU il s'occupe et prend plaisir, sans avoir le loisir de s'appliquer beaucoup à Dieu ». Le pieux abbé, qui avait eu beaucoup à souffrir de lui depuis sa conversion, eut le bonheur de le ramener à Dieu avant sa mort, qui arriva le 4 mars 1644.
(1) Nicolas-Edouard, seigneur de Fontenelle et de Touquin, fut pourvu, le 28 janvier 1632, de la charge de Grand -Audiencier de France, à laquelle son père avait été nommé le 14 janvier 1629, mais dont il n'avait pas pris possession, « étant mort sans payer finances » (Histoire chronologique de la Grande Chancellerie de France, par Abraham Tessereau ; Paris, 1710, Liv. m, t. I, p. 372). Nicolas- Edouard fut toujours favorable à son frère l'abbé et le soutint toujours dans les persécutions que son mépris des grandeurs du siècle lui attira longtemps de la part de sa mère et de son frère aîné. Il mourut subitement le 27 novembre 1669, dans l'hôtel qu'il habitait rue Férou, à côté du séminaire.
(2) Par son mariage, célébré le 13 février, avec Marie Olier, sœur de l'abbé, laquelle, nous dit celui-ci dans ses Mémoires, « n'approuvait pas davantage mes procédés que les autres, et, au contraire, elle les méprisait beaucoup ». Marie Olier mourut à la fleur de l'âge, le 17 juillet 1637 (elle n'avait que 28 ans), pendant que son saint frère était retenu loin de Paris par les travaux de sa seconde mission d'Auvergne. Sa mort fut doublement triste, la Providence ayant permis, fait encore remarquer M. Olier, qu'elle fut emportée par la mort « sans assistance aucune et délaissée de tous les siens ». On sait que ses restes reposent dans la crypte de la chapelle de N.-D. de Lorette, à Issy. Quant à son mari, Simon Dreux d'Aubray, il mourut plus tristement encore, en 1668, empoisonné par sa tille, la trop fameuse marquise de Brinvilliers.
(3) M. Olier, dans un passage de ses Mémoires (juin 1642), nous parle lui-même de ces alliances. « Je ne sais », dit-il à son directeur, ■ si je ne rougirai pas d'écrire ici la parenté à qui N.-s. m'a allié ; car, par rencontre, en ce temps-ci, les trois personnes qui manient la justice, M. le Chancelier (Pierre Séguier), M. le premier Président (Mathieu Mole) et M. le Procureur Général (Plaise Méliaud), nous nomment leurs cousins ». Mais un cri de foi chrétienne interrompt soudain cette
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Saint François de Sales avait résolu de prendre soin de son éducation (l); mais étant mort d'apoplexie à Lyon, il ne put faire rien autre chose en sa faveur que de lui donner la bénédiction (2).
M. Olier fît ensuite ses éludes; et, comme il était plein de feu et d'esprit, il fît en peu de temps de grands progrès dans les lettres (3). 11 apprit le latin et le grec, il réussit dans la
énumération : « Je suis mort, par la miséricorde de Dieu, à tout ce monde et à la génération d'Adam, ne vivant plus qu'à la seconde génération vraiment glorieuse pour moi, puisque, par le baptême et cette génération, j'ai Dieu pour Père, l'Église et la sainte-Vierge pour Mère, Notre-Seigneur pour frère aîné, le reste des saints pour nos frères ».
(\) Nous avons déjà rappelé plus haut comment l'évêque de Genève, dans un de ses passages à Lyon, avait porté sur la vocation du jeune Olier la décision à laquelle celui-ci fait allusion dans l'exorde de son panégyrique du saint : « Si je le nomme parfois mon père, c'est que j'ai eu le bien d'avoir reçu sa bénédiction, et d'avoir porté la sainte soutane par ses saints avis et ses conseils ».
Ce fut un peu plus tard, probablement dans le petit séjour qu'il fit à Lyon en mars 1621, que le saint évèque dut proposer aux parents de M. Olier d'emmener avec lui leur lils dans cet ermitage de Saint- Germain qu'il avait fait bâtir sur le rivage du lac d'Annecy, et où il déclarait, pendant l'été de cette même année 1621, vouloir se retirer, pour se livrer à la prière et à l'étude, en laissant l'administration de son diocèse à l'évoque de Cbalcédoine, son coadjuteuT et son frère (Cfr. Hist. du Bienheureux François de Sales par son i Charles- Auguste de Sales, 1. IX, circà flnem; et l'Esprit du Bienheureux François de sales, par M. Jean-Pierre Camus, partie l\ . ch. 7).
« Mais las: > s'écrie ce dernier, « Dieu luy prôparoit bien un autre repos, qui estoit U' fruict <!<• tous ses travaux passez ».
(,') » ce i> m prélat », écrit encore m. Olier, « un jour avant que mourir (c'est à-dire le 27 décembre 1682), me donna sa sainte bénédiction à Lyon, et témoignait à mon père (il faut évidemment entendre avait témoigné, car ce n'esl pas pendant son apoplexie que le sainl évèque avait pu e proposition) vouloir me retirer auprès de
lui pour m'ôlever à la piété : je prie N.-S. me faire participer esprit \/ < i res, t. I, ;
> Lyon qu'il fui Formé sus Lettres par les PP. Jésuites, dont ,i fréquenta, avec le secours d'un précepteur, le collège qu'ils dirini alors da ■ iii<'.
philosophie et la théologie, et, à la fin de ses trois années de théologie, il fit sa Tentative en Sorhonne et fut reçu bachelier avec applaudissement de tout le monde (1).
Gomme il était de qualité et qu'il était pourvu de l'abbaye de Pébrac, du prieuré de Bazainville, près Paris, et de celui de Clisson en Bretagne (2), qui pouvaient aller à 8 ou 10,000 Ii-
(1) Le retour de son père à Paris, en l'an 1625, lui donna la faculté
de poursuivre le cours de ses études à l'Université de cette grande
ville, où nous le trouvons inscrit sous le rectorat de Jean Tarin, qui
• dura du 24 mars 1625 au 10 octobre 1626 (Bibl. Nat., Acta vectoriel,
9958, F. lat.).
Pour la philosophie, il étudia pendant deux ans au collège d'Harcourt, et reçut, après les deux examens réglementaires, le titre de Maître es arts.
Quant à la théologie, elle devait se faire dans le collège de Navarre ou dans celui de Sorbonne, les seuls où cette science fût enseignée. C'est à la Sorbonne que le jeune Olier étudia pendant trois années, au bout desquelles il subit les épreuves réglementaires du baccalauréat, consistant en deux examens, l'un sur la philosophie, l'autre sur la théologie, et couronnées par une grande thèse appelée tentative, et qui portait toujours sur le traité des Attributs de Dieu. La tentative de M. Olier eut lieu dans les premiers mois de l'année 1630; car nous voyons le Conseil de la Faculté de Théologie, dans sa séance du 2 janvier 1630, accueillir la supplique du jeune candidat pour la désignation du président de sa thèse (Reg. Foc. theoi '., Arch. nat.).
Voici comment, après quelques années, M. Olier appréciait ce dernier acte de sa vie universitaire :
« La bonté, divine m'a donné d'aussi capables personnages qu'il y en eût en l'Université, feu mon père n'y ayant jamais rien épargné. Il y en a un maintenant qui est professeur en Sorbonne (Nicolas Le Maistre, qui fut depuis évoque de Lombez), lequel toujours me témoigne ses regrets que je n'aie poursuivi ma licence, comme quantité d'autres, qui par mon premier acte de tentative avaient conçu quelque espérance de moi, quoique je n'eusse bien fait; comme aussi à cause qu'ils m'avaient vu soutenir en philosophie des thèses en grec, lesquels actes je ne fis jamais qu'à force de prières » {Mém., mars 1642).
(2) Pour observer l'ordre chronologique, L'auteur aurait dû commencer son ênumération par le prieuré de Bazainville, dont le jeune Olier fut pourvu peu de temps après que l'ôvèque <l<i Genève eut rassuré ses parents sur si vocation. Il en était en possession dès l'année 1620, c'est-à-dire à l'âge de douze ans; car, le 21 juillet et le
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vres de rente, sans son patrimoine , il faisait une dépense 20 septembre de cette année 1620, son père écrivait de Lyon au marquis d'Estrées, ambassadeur du Roi à Rome, pour obtenir en faveur de son fils Jean-Jacques la dispense « de dire le grand Office pendant qu'il serait au collège » {Bibl. nat., mss., F. Franc., 4067, ff. 136 et 141).
M. Olier avait dix-sept ans quand il fut pourvu des deux autres bénéfices, dont il reçut les bulles coup sur coup, datées, pour le prieuré de Clisson, du 17 mai 1625; pour L'abbaye de Pébrac, du 30 juin de la même année.
On voit que la sollicitude paternelle se hâtait quelque peu d'assurer l'avenir (hélas ! il faut dire l'avenir temporel) du fils qu'il avait donné à l'Église.
Elle ne se borna pas là; car il ressort d'un acte notarié passé le 19 mars 1627 (Étude Prvdhomme, à Paris), que le jeune abbé était pourvu, à cette date, du prieuré de la Madeleine de Pouancé, en Anjou.
Enfin, il ressort de deux autres actes, des 26 juillet 1633 et 9 janvier 1634 [Étude Leroy, à Paris), que, pendant les derniers mois de 1630, alors que le jeune abbé Olier était à Rome, il aurait été nommé à la cure de Sainte-Madeleine de la Cité. Mais il n'avait pas pu en prendre possession, ayant été gagné de vitesse par un plus heureux compétiteur, qui n'était autre que le fameux docteur Alphonse le Moyne, dont notre auteur va nous parler plus loin ; celui-là même qui, comme Recteur de la Faculté de théologie pendant l'année académique 1629- 1630, avait pu présider la tentative théologique de son jeune concurrent. Onsait(Cfr. abbé Sicard, La Nomination aux Bénéfices ecclésiastiques avant 1789, ch. 8) que la multiplicité des collateurs rendait ces compétitions fréquentes dans l'ancien régime de l'Église de France.
Mais, pour être passés dans les habitudes des personnages les plus saints, tous ces procédés n'en étaient pas mieux en harmonie ave- les lois canoniques. M. Olier les déplora plus tard ave. amertume, et il ne se borna pas a des regrets platoniques.
î orsqu'il pril possession de la Cure », nous dit l'auteur des Remarques historiques sur l'Église et la paroisse de Saint-Sulpice it. i, p. 181 \ i il voulait -les lors se démettre de son abbaye de Pébrac et de son prieuré de Bazain ville; mais des personnes d'un grand mérite, qu'il regardait comme ses supérieurs, l'en empêchèrent, en s'efforçanl de lui persuader qu'il en ai ait absolument besoin pour in-
troduire la réfon lans Ba paroisse, et surtoul pour la nourriture et
l'entretien des prêtres qui lui étaient nécessaires, les prêtres habitués qui recevaient tous les honoraires ne voulant poinl le seconder, n se soumit à leurs décisions et a leurs ordres pendant quelque- années
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convenable à son bien et à sa condition; la grâce ne s'étant
Mais, ayant enfin obtenu de s'en démettre, il le fît entre les mains du Souverain Pontife, le jour du Vendredi-saint 1G40, ne se réservant rien que la Cure, car il s'était déjà défait de son patrimoine pour soulager ses paroissiens. »
On ne lira pas sans édification cet acte de renonciation, que M. Olier nous a conservé dans ses Mémoires, et que nous croyons, malgré son étendue, devoir reproduire ici tout entier.
« A la gloire de Dieu, Vendredi-Saint 1649.
» Ayant reçu de Dieu le Père le divin bénéfice de la foi, et ayant expérimenté ses effets et son étendue pendant ces temps de calamités et misères publiques, qui m'ont fourni pleinement et abondamment pour subvenir aux besoins pressants de mes peuples, montant à quinze ou seize cents familles; et, pendant ce temps même, n'ayant reçu aucun secours de mes bénéfices, que je n'avais gardés jusqu'à présent avec peine que pour le soulagement des pauvres et de' tout le saint amour que la divine Majesté m'a mis dedans les mains à ce sujet ;
» Par reconnaissance de ce saint bénéfice de la foi, que je sais et j'expérimente plus grand que tous les bénéfices du monde :
» Voyant visiblement l'inutilité et la charge superflue de ces miens bénéfices que la divine Bonté m'a laissés jusqu'à présent, en attendant celui de sa divine et ample miséricorde, qu'il me fait espérer en me donnant la sainte foi ;
» Je me démets aujourd'hui de mes bénéfices entre les mains du Pape, l'image visible de Dieu mon Père en terre, qui me met en possession de tousses biens par le trésor qu'il me met dans le cœur.
» Et, comme je dois réparer, par la piété, la charité d'autrui les grands défauts que j'ai commis, soit pour l'édification et le service du prochain, soit aussi pour le culte de Dieu en ces dits bénéfices, je présente au Saint-Siège un supplément de la connaissance qui lui est nécessaire pour le choix qu'il est besoin de (aire pour l'administration de ces bénéfices; je lui présente trois personnes que je crois être selon le cœur de Dieu, et qui paraissent avoir les talents nécessaires pour son divin service et l'édification de l'Église. La bonté du Saint-Père agréera, s'il lui plaît, ceux que j'ai présentés être choisis et appelés de Dieu le Père pour le bien de ses bénéfices.
» Pour satisfaire à ce que je dois à Jésus-Christ crucifié, qui me reproche, par sa nudité, la multiplicité des biens dont je suis revêtu, et aussi à mes frères, qui n'ont pas l'exemple en moi du dépouillement qu'ils devaient recevoir; en amende honorable de la mauvaise édification que je leur ai donnée: et, ensemble, dans le désir que j'ai de leur donner tout l'exemple que je «lois, à quoi j'ai si longtemps manqué jusqu'à présent : je prie N.-S. d'avoir ce dénuement agréable, et s'en
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pas encore entièrement rendue maîtresse de son cœur, l'esprit du monde avait dans ce temps beaucoup de part à sa conduite (1).
L'esprit de dévotion qui l'attira en Italie pour rendre ses devoirs à la Sainte-Vierge à Lorette et aux princes des Apôtres à Rome, et le désir d'apprendre la langue hébraïque, furent les motifs de son voyage; et il alla de Rome à Lorette à pied pendant les plus grandes chaleurs du pays; et la Sainte-Vierge se fit sentir à son cœur d'une manière si vive et si efficace, que, rompant tous les liens qui pouvaient encore l'engager dans le monde, il se vit dès ce moment libre, dégagé, et dans des ardeurs incroyables de se consacrer entièrement à la gloire de Dieu et au service de la Très Sainte-Vierge.
Les grâces qui l'avaient prévenu l'accompagnèrent pendant tout son voyage, et il revint en France bien différent de ce qu'il était avant son départ.
Il ne pensa plus dès lors qu'à chercher les moyens de se donner totalement à Dieu. 11 prit pour Directeur M. \ 'in-
servir à ce qu'il veut, le faisant dans la foi et la vue de la divine volonté, de la satisfaction de mon âme pécheresse, indigne de tout bien, et, ensemble, à l'édification de mes frères, que je prie Dieu de vouloir bien remplir de sa foi et de son amour, les grands bénéfices de l'âme. »
(Dans les Mémoires; cfr. dans les Lettres, 1. 1, p. 454 , le mémoire par lequel le saint prêtre expose à son directeur, dans une discussion serrée, les raisons qui lui ont inspiré l'acte qu'il soumet à 80D approbation).
(1) L'auteur des Remarques historiques vient de nous dire qu'en le riche patrimoine de m. Olier était déjl dépensé dans les œuvres charitables de la paroisse de Saint-Sulpice. Le fait est que, le 20 Juin 1652, se croyant à la veille de mourir et dictant ses dern volontés, m. Olier, après avoir laissé quelques sommes assex modiques aux sen itours qui l'avaient soigné, n'avait plus autre chose à donner que sa bibliothèque, qu'il laissa au séminaire (l*< Testament, dé] l'étude du notaire Marreau, aujourd'hui étude Paul Girardin, à r Noua en reproduisons le texte en appendice, a la Du de ce volume, que celui d'un second testament que m. < Hier crut devoir aire, ans plus tard, le 16 mai 1655, à la veille de son troisième vi a Bourbon
cent (1). Il Ht une retraite sous lui à Saint-Lazare, et ce fut pendant cette retraite (2) que, dans la ferveur de ses prières, la Mère Agnès, Supérieure des filles de Saint Dominique de Langeac, lui apparut fondant en larmes, tenant son chapelet d'une main, son crucifix de l'autre, le bas de son manteau porté par un ange, qui, un mouchoir à la main, ramassait ses larmes. Dans cet état, M. Olier la prit pour la Sainte- Vierge. Il raconta cette grâce à M. Vincent, qui la regarda comme une faveur particulière, et qui connut, par les
(1) La première pensée du nouveau converti paraît avoir été de se vouer à Dieu dans l'Ordre des Chartreux. Mais un songe mystérieux, dont Dieu le favorisa dans les premiers jours du mois de novembre 1632, lui montra que le Ciel ne le destinait ni à la vie religieuse, malgré l'attrait qui l'y portait dès sa première jeunesse, ni à l'épiscopat, dont la noblesse de sa maison paraissait lui ouvrir les voies, mais au ministère des âmes dans le clergé du second ordre. C'est à partir de ce moment qu'il se mit sous la direction de Saint Vincent de Paul, pour être formé par lui aux vertus ecclésiastiques.
(2) Notre auteur semble supposer que la retraite dont il parle fut la première que M. Olier fit sous la direction de Saint Vincent : c'est une erreur. Après avoir, pendant quelques mois, éprouvé, dans l'œuvre des Missions, les dispositions de son nouveau pénitent, ce sage directeur crut le moment venu de le présenter aux saints Ordres. Or, précisément à cette époque, la Congrégation de la Mission venait d'être officiellement chargée de l'exécution de l'Ordonnance par laquelle M. de Gondy, archevêque de Paris, prescrivait 15 jours de retraite à tous ceux qui se présentaient à l'Ordination. Ce fut donc sous la direction de Saint Vincent de Paul, et dans la maison de Saint-Lazare, que M. Olier se prépara aux trois ordres sacrés qu'il reçut coup sur coup, le 12 mars, le 26 mars et le 21 mai 1633.
Le nouveau prêtre consacra les prémices de son sacerdoce à continuer, dans les alentours de Paris, les missions qu'il y avait déjà commencées; et ce ne fut qu'un an après que, désireux d'aller évangéliser les populations dépendantes de son abbaye de Pébrac, il s'y prépara parla retraite dont parle notre auteur, et dans laquelle il fut favorisé de l'apparition de la Mère Agnès. Cette retraite eut lieu avant la fête de Pâques de l'année 1634, et ce fut environ un mois après, vers le milieu de mai, que le jeune missionnaire se mit en route avec les ouvriers que M. Vincent avait mis à sa disposition. Lui-même nous raconte dans ses Mémoires (juillet 1642) qu'il partit la veille du mariage de son frère aine François. Or, nous voyons par les registres de la paroisse que la publication des bans de ce mariage avait eu lieu le 7 mai.
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sentiments de son nouveau retraitant, que N.-S. jetait la vue
sur lui pour faire, par son ministère, «le grandes choses dans l'Église.
Quelque temps après, il demandait M. Vincent dos ouvriers Évangéliques qu'il mena à son abbaye de Pébrac, pour y faire avec eux une mission. Ce fut pour lors que, s'étanl rendu a Langeac, qui est proche de Pébrac. il y fit connaissance avec la Mère Agnès, et reconnut que c'était à ses larmes qu'il était redevable de sa conversion (1).
Mais il ne jouit pas longtemps de la douceur de ses entretiens; car, étant obligé #de s'en retourner à Paris (2), la Mère Agnès mourut peu de temps après qu'il y fut arrivé (3). M. olier porta avec la soumission qu'il devait aux ordres île
(1) Ce fut dans cette entrevue avec la More Agnès, au parloir de l.an^eac, que M. Olier paraît avoir reçu la première communication de l'œuvre particulière à laquelle Dieu le destinait. Soupçonnant que i.i Vénérable prieure, dont le renom de sainteté était grand dans ta contrée, pourrait bien être celle dont il avait eu à Saint-Lazare l'apparition miraculeuse, il la pria disirètement de relever son voile, et, l'ayant reconnue aussitôt : « Ma mère », dit-il, « je vous ai vue ailleurs ». « cela est vrai », répondit celle-ci; « vous m'avez vue a Pans, où je vous ai apparu dans votre retraite à Saint-Lazare, parce que .i'avais reçu de la Sainte-Vierge l'ordre île prier pour votre conversion, Dieu vous ayant destiné à jeter les fondements des sémi" naires du royaume de France o (Procès canonique ]><>i<r l'inttoduC' tion de lu cause de la Vénérable Mère Agnès).
(2) Deux motifs l'y rappelaient. I.e premier était un rendez- vous qui lui était donné, au l octobre 1634, pour traiter de la réforme de son
abbaye avec le cardinal de l.a Rochefoucauld, abbé de samte-i.ciicdésigné par le Saint-Siège pour réformer en France le- ebanoines de Saint-Augustin. Mais le motif le plus important était la démarche faite eu ce moment par Bernardin de Corneitlan, évêque de Rodez, pour Be démettre de son Biège en faveur de m. < Hier.
i i Mère Vgnès mourut le 19 octobre 1684, après une semaine seulement de maladie. Pendant cette dernière semaine, elle recueillit ses forces défaillantes pour écrire au Père de Condren et le prier de prendre l'abbé de Pébrac sous sa direction Cette démarche i ,■>■,,,,- s'explique par le- vues communes que Dieu avait données a i.i vénérable prieure et au supérieur de l'Oratoire sur la mission de
\i ( »her | i- la fondati m des séminaires, tandis que Saint V m. eut
pas éloigné de i<- pousser a l'épisconat
Dieu cette perte d'un si puissant secours dans ses besoins; et comme le Père de Condren, Général de l'Oratoire, était reconnu pour un homme plein de grâce et de lumière pour l'état ecclésiastique, et qu'il était plus proche de la maison de M. Olier que ne l'était Saint-Lazare (1), il s'attacha pour sa direction au Pœvérend Père de Condren.
Il fit en peu de temps sous un si grand maitre beaucoup de progrès dans la vertu. Ce n'était que pénitence, que zèle pour le salut des hommes, et qu'ardeur pour Dieu. Ce sage Directeur savait tellement ménager tous ces mouvements, qu'il le laissait mortifier son corps sans l'abattre, et élevait son esprit et son cœur à une union très étroite avec N.-S.
Quoique la Congrégation de l'Oratoire eût été principalement établie pour travailler au salut des âmes et à la réforme du clergé (2), elle s'était beaucoup appliquée à procurer le salut des âmes par les collèges dont elle s'était chargée (3),
(0 Le Père de Condren habitait rue Saint-Honoré, dans l'hôtel du Bouchage, acquis par la Congrégation au mois de janvier 1616, et qui, quoique affecté aujourd'hui au culte calviniste, porte encore le nom de l'Oratoire. Quant à M. Olier, il habitait encore avec sa mère, dans la rue qui porte aujourd'hui le nom de rue du Roi-de-Siciie. Ce ne fut que vers la lin de 1640 qu'il quitta dénnitivement, dans les circonstances que nous dirons plus tard, la maison maternelle.
Mais l'éloignement de la demeure de Saint Vincent de Paul n'était qu'un motif accessoire dans la grave détermination prise par M. Olier. Le vrai motif était la différence de vues des deux saints personnages à l'égard de sa vocation particulière; l'un le poussant à l'épiscopat, l'autre le réservant pour l'Œuvre des séminaires, ("est cette divergence qui lit trainer en longueur les pourparlers pour l'évèché de Rodez, qui ne furent dérinitivement rompus qu'en mars 1636.
(2) Le Pape Paul Y, dans sa bulle d'institution, datée du 10 mai 1613, exprimait ainsi t-ette lin de l'Oratoire : « Sacerdotum et aliorum cl sacros ordincs adspirantium instructioni, non tant circa scientiam quam circa usum scientiêB, ritus et mores propriè ecclesiasticos se addicere ».
(3) contrairement à la première pensée du Père de Bérullc, qui disait : « L'instruction, non de la jeunesse, comme aux RR. PP. Jésuites, mais des prêtres seulement, serait une des fonctions de cette Congrégation « (Projet de la Congr,, p. 22),
et par les missions fréquenles qu'elle faisait en plusieurs endroits avec édification. Mais elle avait jusqu'alors, hors de Saint-Magloire(l), très peu de séminaires sous sa conduite (2). C'était néanmoins le but des désirs du Père de Condren, de lier ensemble des personnes qui, sans changer l'extérieur des ecclésiastiques réformés, s'uniraient pour travailler à l'établissement des séminaires. Dans cette vue, il avait sous sa conduite plusieurs ecclésiastiques de qualité et de mérite, qu'il élevait pour l'exécution de ce grand dessein. C'étaient, entre autres, M. l'abbé de Foix, qui fut ensuite élevé à l'évêché de Pamiers (3) ; M. l'abbé Olier; M. de Bassancourt, qui avait dé Mailre des Comptes (4); M. Amelotte (S); M. du Fermier, chanoine d'Alby dans la suite et grand vicaire de Nar-
(1) Le séminaire de Saint-Magloire fut fondé, le 20 février 1620, par un décret du cardinal de Gondi, évêque de Paris, qui, le 7 juillet suivant, signait, avec le cardinal de Bérulle, le Concordat qui en confiait la direction à l'Oratoire. Mais et le Décret et le Concordat étaient restés lettre morte, quand, en 1642, le cardinal de Richelieu offrit au Père de Bourgoing, général de l'Oratoire, une subvention qui pût lui permettre de mettre l'Œuvre en exercice. Malheureusement, la mort du cardinal, arrivée le 4 décembre de la même année, la suspendit encore, et ce ne fut qu'en 1C6D qu'elle put être reprise.
(2) On pourrait même dire qu'elle n'en avait point du tout : car les quelques séminaires qu'elle dirigeait étaient des séminaires-collèges.
c:i François de Caulet, ainsi nommé du nom de son abbaye de Saint* V ilusien, à Foix (Voir SOU article, t. III, p. 19-61).
(4)Balthasar Brandon de Bassancourt, prêtre de Paris, avait reçu l'ordination du sacerdoce en même temps que m. olier, le 21 mai 1683. Il avait nu frère, que m. du Ferrier, dans ses Mémoires, p. lu. nomme aussi parmi les premiers disciples du p. de Condren : c'était Philibert Brandon, seigneur du Laurent, qui, engagé d'abord dans te monde par son mariage avec Marie de Ligny, oiêce du chancelier Sôguier, et par actions de Conseiller du Roi et de maître des Requêtes, était entré, après la mort de sa femme, dan- l'état ecclésiastique. Philibert Brandon devint, en 1648, évêque do Périgueux, et mourut à Paris le
Il juillet 11
imelotte, né a Saintes en 1606, ordonne prêtre à Paris le i- décembi dl du >teur de sorbonne et déjà renommé par Bon
talent nce.
bonne (1); M. Picoté (2); M. de Sainte-Marie, fils du lieutenant-criminel d'Orléans (3), et quelques autres. 11 les occupait tantôt dans des Œuvres de charité, tantôt dans des Missions, en attendant que N.-S. leur donnât des ouvertures pour commencer à travailler uniquement à la réforme du clergé dans les séminaires (4).
Pendant ce temps, le mérite de M. Olier lui attira l'estime
(1) Jean du Ferrier, prêtre de Toulouse (Voir son article, t. III, p. 61). Dans ses Mémoires, auxquels nous venons de renvoyer, il arrête là rénumération des premiers disciples du Père de Condren, et dit formellement : « Cet homme admirable nous faisait des conférences, où nous étions seulement six » : à savoir, M. de Foix, M. Olier, les deux frères Brandon, M. Amelotte et M. du Ferrier lui-même. Ceux que notre auteur va nommer encore s'adjoignirent plus tard à la pieuse Compagnie.
(2) Charles Picoté, né à Orléans le 20 août 1597, et pourvu de bonne heure du prieuré de N.-D. de Luzac, fut ordonné prêtre à Paris, le 6 juin 1626. Notre auteur nous tracera plus loin le portrait moral de ce saint prêtre. M. Grandet a eu l'art de réunir son portrait moral et son portrait physique dans cette phrase de la notice qu'il lui a consacrée : « La grâce avait fait son âme aussi belle que la nature avait rendu son corps et son visage difformes » (Les saints Prêtres français du XVIIe siècle, éd. Letourneau, 2e série, p. 362).
(3) François Houmain, ain^i nommé du nom de son prieuré de Sainte- Marie de Vieuvi.
(4) C'est dans cette période qu'il faut placer une deuxième mission que M. Olier alla faire en Auvergne, et dont il nous dit lui-même dans ses Mémoires ': « Je passai la moitié de l'année 1636 et presque toute l'année 1637 en cette occupation, par grande miséricorde de Dieu ». En juillet 1638, nous le voyons partir pour la Bretagne, pour évangôliser, cette fois, les alentours de son prieuré de Clisson. C'est pendant cette nouvelle expédition apostolique qu'il eut le bonheur de réformer si merveilleusement le couvent de la Régrippière, où l'esprit du monde avait introduit un grand relâchement, et dont les religieuses, nous dit plaisamment M. Du Ferrier dans ses Mémoires (p. 141), passaient « pour une Communauté si enjouée qu'on les nommait les éveillées de la Réfjrijipicrc ». M.- Olier fut de retour à Paris vers la fin de janvier 1639, et y reprit sa vie de prédication clans les alentours, et d'application à l'étude. « Étant donc arrivé à Paris », nous dit-il, « je continuai l'étude que j'avais commencée à mon retour d'Auvergne, savoir l'étude de la théologie et de la sainte Bible, où j'avais de la peine d'entendre quelque chose ».
382 nmuoTHKQi'F. sulpicif.nnk
de toute la Cour. M. le Cardinal de Richelieu, qui savait connaître et récompenser la vertu, crut qu'il ne pouvait trouver un sujet plus digne de gouverner un diocèse que notre abbé. La caducité de M*' de Cbâlons-sur-Marnc (1) de. mandait un coadjuteur. Son Eminence, à la prière de ce prélat, jeta les yeux sur M. l'abbé < Hier (2) pour cette charge et lui en envoya le brevet (3). On sait que c'est un évéché près de Paris, et qui donne la qualité de Comte et Pair de France, tel qu'est celui de Chftlons. On ne savait guère dans ce temps-là, non plus qu'à présent, ce que c'était que de refuser des postes si éclatants, et toute sa famille, et M. le Chancelier Séguier, qui était son parent (4), envisageaient celte grâce comme un établissement considérable pour notre abbé.
(1) C'était Henri Hausse de Marcliaumont, qui avait été nomme «lis 1616 coadjuteur de COme, son oncle du même nom, et qui lui avait succédé en 1624.
(2) Les pourparlers pour la nomination de If. Olier étaient déjà en- - dans les première mois de 1639; car nous lisons dans une lettre qu'il écrivait de Paris le 86 mars, à la Mère de Bressand, religieuse de la Visitation, à Nantes : ■ Je n'ai point oui parler de changement de condition : ce n'est pas la pensée de notre Père général, et encore moins la mienne, quoi que l'on en «lise ça el là : car il y en a qui le souhaitent assez • (Lettre i", t. i, p. 150.) <>n voit que la pensée du P. de Condren était toujours la même a l'égard de M. Olier. il lui répétait toujours, nous dit le P. Cloyseault, < que Dieu avait d'autres h- but lui, qui n'étaient pas ai éclatants ni si bonorahles, mais qui seraient plus utiles à l'Église • (Vies de quelques prêtres de i Oratoire, éd. Ingold, t. i. p. 244).
M i Hier reçut ce brevet à Montdidier, dan- le diocèse d' unions,
on le Père de Condren, vers la Un de mai 1689, l'avait envoyé an
«avec MM.de Fois et du Ferrier, el d'où il ne rentra qu'en
juillet • 'est vers la un de ce mois de juillet qu'il adressa au cardinal
de Richelieu >.t lettre de refus, qui ;i été conservée (Lettre 19, t. i.
Quelques jours après, le 6 août, il écrivait de nouveau à la
Mère de Breasand, avec un accent de satisfaction bien marqué Ht
m / : en pour < béions : je ne croii pas que l'on j lasse rien,
n'étant pai l'inclination de notre p sral, qui non- défendrait
très puissamment di ttre 11, 1. 1, p U
i \ oir pins h. oit, p 171, Dot
Mais comme M. Olicr la regardait avec les yeux épurés de la foi, qui lui découvrait la grandeur du poids que lui imposait celte dignité, il se contenta d'en témoigner sa reconnaissance à Son Éminence : il refusa cette coadjutorerie et en renvoya le brevet.
Ce coup imprévu consterna sa famille autant qu'il donna d'admiration à tout Paris. Il se rendit insensible aux plaintes et aux reproches de Madame sa mère, qui fut inconsolable de sa conduite, principalement lorsqu'elle sut que, six mois après ce refus (1), M. de Ghàlons décéda, et que par cette mort, l'évêché serait demeuré à M. l'abbé Olier.
Celte action héroïque ne fut pas longtemps sans récompense, qui fut celle dont N.-S. favorise les Saints en cette vie, c'est-à-dire la croix. Outre les rebuts et les plaintes de sa famille, notre abbé entra dans des agonies intérieures si extrêmes, dans une désolation de son âme si grande et si profonde, qu'il vécut deux ans comme s'il eût été réduit à la dernière misère, et même dans le néant (2). Le Ciel était de
(1) Il aurait fallu dire 18 mois, et non 6 mois ; car la mort de l'évêque de Châlons arriva le 13 décembre 1640, et nous avons vu que la lettre de refus de M. Olier était du mois de juillet 1039. Mais, quelque formel que fût ce refus, il ne mit pas lin aux instances du Cardinal, et ce ne fut qu'après de longs délais qu'il se décida à reporter son choix sur Félix Vialart de Hercé, cousin de M. Olier. Cette nomination précéda de très peu la mort du titulaire ; car, le 18 décembre 164U, M. Olier, qui ignorait encore cette mort, arrivée depuis cinq jours, écrivait à la Mère de Bressand : « Je vous conjure de tout mon cœur pour M. l'abbé Vialart, notre bon cousin, que Dieu a jugé digne d'être appelé à la coadjutorerie de Châlons. Je prie N.-S. lui verser la plénitude de Bon esprit pour cette sainte charge ». (Lettre 57, t. I, p. 199).
Cette dernière lettre est datée de Saint -Maur- les -Fossés, près Paris : c'est là, en effet, qu'après une longue série de missions dans le diocèse de Chartres (successivement à Maule, Houdan, Longues, Marines, Mantes), la Compagnie de Missionnaires dont M. Olier faisait partie était venue, dans les derniers mois de 1640, se fixer dans une maison appartenant à M. Brandon, c'est à partir de ce moment que M. Olier cessa, peut-être à l'occasion du mécontentement que sou refus de l'épiscopat avait causé à sa mère, d'avoir son pied-a-terre dans la maison paternelle, rue du Rui-de-Sicile.
(2) M, Olier nous a tracé Lui-même dans ses Mémoires le tableau
bronze pour lui : une nuit sombre avait pris la place des lumières continuelles dont il était pénétré, et, au lieu de ces goûts, de ces douceurs et de ces consolations dans lesquelles son cœur était ordinairement abîmé, ce n'était qu'aridité, que sécheresse et que gênes, avec des chagrins, des mélancolies et des tristesses, suivies de pensées continuelles de réprobation et de désespoir. Il était dans cet état, autant insupportable aux autres qu'à lui-même; et, pour comble d'accablement, c'est que, dans ce temps d'épreuve, N.-S. lui <Ma le Révérend Père de Condren (1).
Pendant que ces peines étaient si vives, une occasion se présenta pour M. Olier et ses amis de commencer un séminaire à Chartres. Ils l'embrassèrent avec joie. Les facilités qu'ils y rencontrèrent, par les manières obligeantes de M. de Valençay (2), pour lors Évêque de Chartres, et ensuite Arche-
de cette agonie intérieure. Ce qui nous en laisse, d'ailleurs, deviner toute l'intensité, c'est l'interruption complète de sa correspondance pendant près de neuf mois, depuis le mois d'août 1640 jusqu'à la lettre du 13 décembre que nous venons de citer : cet intervalle marque, en effet, la période la plus douloureuse de son épreuve.
(1) Le Père de Condren mourut le 7 janvier 1641, après huit jours seulement de maladie. Chose étrange : le vénérable supérieur s'en allait sans avoir déclaré à aucun de ses disciples le dessein précis de l'œuvre à laquelle il les préparait, et dont il ne leur avait jamais parlé que d'une manière couverte. Il se contentait de leur dire : >■ Il faut continuer encore les missions, et puis nous ferons quelque chose qui vaudra mieux ». C'est M. du Ferrier qui cite ce mot dans Bas Mé-
■s, et qui raconte ensuite comment, le 29 décembre, il ee hasarda à 'lire au l'ère : • Mais, mon Père, que peut-on faire de meilleur que les missions, où l'on voit tant de convei> : - Sur quoi, le Père lui donna rendez-vous pour une conversation qu'ils eurent le lendemain. 30 décembre, pendant quatre heures, et dans laquelle il lui exposa la dideur et les difficultés de cette Œui re des séminaires que Dieu leur commandait d'entreprendre, et lui donna mission de communiquer le tout à ses amis, n était temps : le lendemain, le P, de Condren, étant tombé malade, devint inabordable, et mourut sans nui'
iciplee eussent pu le revoir (Mém. de M. 'i>t Ferrier, pp. i- I
1 léonor (fÉtampes de Valençay, évéque de < bartres en i « .* î . qui, pendant le- deux annéet l comme noua l'avons dit
une d >te précédente, employé les disciples du Père de < ondren
VŒ DF. M. OLIER 385
vêque de Reims, jointes à la dévotion de la Sainte-Vierge, si célèbre et si ancienne dans cette ville, leur persuadèrent que c'était le commencement de l'exécution des désirs du Père de Condren, et qu'ils devaient tout attendre de la protection de la Sainte-Vierge.
Us commencèrent donc le séminaire. M. Amelotte en était supérieur. Les autres avaient partagé entre eux les emplois; et bien qu'il n'y eût aucun des huit ou neuf qu'ils étaient qui ne fût capable de conduire un grand séminaire, puisqu'ils étaient tous des personnes du premier mérite, néanmoins leurs exemples, leurs biens, leurs personnes, ne produisirent que très peu de fruits dans ce séminaire; et ils furent tous convaincus, ou que le temps de la bénédiction des séminaires n'était pas encore venu, ou que du moins N.-S. les voulait faire travailler ailleurs que dans Chartres.
M. Olier, qui, dans l'octave du Saint-Sacrement de l'année 1641, sentit quelque peu de relâche dans ses peines (1), résolut
à prêcher des missions dans son diocèse, les rappela dès les premiers mois de 1641 pour en continuer le cours, et leur lit couronner ces exercices de zèle par une grande mission dans la ville même de Chartres. C'est à la suite de cette mission que la pieuse Compagnie se décida à profiter des bonnes dispositions de l'évêque et du Chapitre pour entreprendre enfin l'œuvre meilleure qui leur avait été tant recommandée. Ce premier essai de séminaire se fit dans une maison qu'ils disposèrent à leurs frais pour cette nouvelle destination, dans la paroisse de Sainte-Foi, voisine de la cathédrale.
(1) Déjà, dans un pèlerinage à N-D. de Chartres, qu'il fit au mois d'avril 1641, au cours d'une mission (qu'il donnait probablement à Illiers, bourg à cinq lieues de Chartres), M. Olier avait commencé à respirer au milieu de ses peines. Mais ce soulagement n'avait été que momentané, et n'empêcha pas que son pauvre esprit, nous dit-il dans ses Mémoires, «■ ne se rebouchât encore après » 'Écrit en mars 1642). La guérison plus complète dont parle notre auteur eut lieu le 6 juin suivant, jour de l'octave de la Fête-Dieu, probablement dans cette maison de la paroisse de Sainte-Foi où la Compagnie s'était installée pour la fondation du séminaire. Tout le monde connaît le récit touchant que M. Olier nous a laissé de cette crise i et décisive. « C'était l'année passée, au jour de la petite Fête-Dieu, jour de l'octave du Très saint-Sacrement. Vous m'eveillàtes, ô mon Dieu, le matin, une heure ou deux plus tôt qu'il ne fallait se lever. C'était dans Char-
de s'en aller à son prieuré de Clisson, en Bretagne (i), pendant que les autres messieurs prenaient leurs mesures pour leur départ. M. Picoté fit un voyage à Paris. C'était un homme de grâce (2), de peu de talents pour l'extérieur, mais très humble et doué d'un grand don d'oraison; pour le fond, simple, doux, zélé, de beaucoup de grâces et d'onction pour la Direction, et donnant aveuglément dans tout ce qui contribuait à la gloire de Dieu.
M",e de Villeneuve (3), qui fut ensuite fondatrice des Filles de la Croix, était une de ses pénitentes. Elle était pour lors retirée dans une maison qu'elle avait à Vaugirard. M. Picoté
très, où, entendant ce doux bruit et ce célèbre résonnement des cloches de Notre-Dame, vous me faisiez voir en esprit la grande gloire qu'on vous rendait partout en ce jour-là, et les grandes louanges que vous rendait votre Fils, cette sainte hostie, par tout le monde... Et cela remplissait mon esprit de grande joie. Mais ce qui le combla, c'est qu'il me semblait que mon cœur avait part à tout cela, et qu'il louait Dieu partout, et qu'il était répandu partout. Et plût à Dieu que cela fût comme je le sentais, et qui me faisait répandre des larmes : et je passai cette heure avec grande vitesse. »
(1) Ce second voyage en Bretagne (nous avons noté le premier plus haut, p. 381, note A), que M. Olier accomplit en compagnie de M. de Foix et de M. du Ferrier, eut lieu pendant le mois d'octobre 1641. Le 18 novembre, MM. Olier et du Ferrier étaient de retour à Chartres, où l'abbé de l'oix les avait précédés. Le même jour, M. de Valençay, qui avait beaucoup favorisé l'CEuvre de Chartres, était transféré à l'archevêché de Reims : ce qui n'était pas fait pour relever le courage de la petite Compagnie.
(i) Voir plus haut, p. 381, note (2).
(3) Marie Luillier, dame de Villeneuve, avait eu autrefois saint François de sales pour directeur, et c'est, d'après ses conseils et avec i<- ooncoura actif de saint Vincent de Paul qu'elle établit l'Institut des Filles de la < iroix, ainsi appelé à cause des difficultés sans nombre «iui entravèrent sa fondation, i. institut fonctionnait déjà à Vaugirard, si Huns en croyons m. du Ferrier, qui nous parle de la maison ■ ou elle formait des filles régentes, afin qu'elles allassent instruira les petites filles, comme autrefo raulines et d'autres avaient commencé a
. D'ailleurs, \i. Olier nous raconte lui-même visité les écoles de m •■ de Villeneuve, et avoir l'ait, en cette «'.Tas. en. • un discours pour les maîtresses, qui sont bien spirituelles, et aussi enfants «.
s'y rendit pour la visiter. Dans l'entretien qu'ils eurent ensemble sur ce qui se passait à Chartres, cette dame, qui était pleine de zèle pour la réforme de l'état ecclésiastique, et qui depuis longtemps priait N.-S. de donner des séminaires à son Église, dit tout d'un coup que, peut-être, N.-S. demandait qu'ils s'établissent à Vaugirard.
M. Picoté fut surpris d'une telle proposition, et la rejeta d'abord. Cette dame fait instance; elle lui représente les ouvertures, les avantages de cet établissement et les moyens qu'on pourrait prendre pour y réussir. Elle lui témoigna que M. Coppin (1), docteur de Navarre, qui est mort doyen de la Faculté de Théologie de Paris, et qui pour lors était curé de Vaugirard, en serait ravi; qu'il leur donnerait son église pour y faire leurs fonctions; que, pour elle, elle s'engageait de les loger, de les nourrir même, s'il était nécessaire qu'on pourvût à leur subsistance. Elle n'oublia pas la facilité où l'on était de conserver l'esprit de retraite dans ce lieu au milieu de leurs fonctions, et de profiter des avantages qu'ils pourraient tirer du voisinage de Paris, en y consultant pour leurs desseins les personnes de piété, afin de conspirer tous ensemble à avancer l'ouvrage de Dieu. Elle exposa les prières qu'elle avait faites pour ce dessein, le temps qu'il y avait qu'elle s'en occupait devant Dieu, l'attrait qu'elle y sentait et les facilités qu'elle y trouvait pour l'exécution : et elle fit tant, que M. Picoté, après avoir recommandé cette affaire à Dieu, en écrivit à ceux de ses amis qui étaient encore demeurés à Chartres.
Ils s'imaginèrent, à l'ouverture de sa lettre, que son dessein était une pure rêverie, qui procédait de l'imagination creuse d'une dévote; et, quoique leur ardeur pour les sémi- v
(1) Pierre Coppin, théologal de Blois en 1616, avait quitté cette charge pour aller faire imprimer, à Paris, sa traduction des Annales de Sponde, et avait obtenu, à cette occasion, la cure de Saint-Lambert de Vaugirard, oU il mourut dans une extrême vieillesse, le 2 juillet 1667. Il lut un des principaux tenants du jansénisme; mais la morale outrée de la secte ne l'empêcha pas d'avoir, en pratique au moins, des principes très larges sur l'obligation de la résidence dans sa paroisse. Cfr. Vie de M. Olier, par M. Faillon, 4» édit., t. II, p. 472, 473.
naires ne fût pas refroidie par le peu de fruit qu'ils avaient fait à Chartres, ils se persuadèrent que de quitter Chartres pour se réduire dans un village tel que Vaugirard, afin d'y jeter les fondements de la réforme du clergé de France qu'ils méditaient, c'était une proposition contre toute sorte de raison et de bon sens. Ils s'en expliquèrent ainsi par lettres à M. Picoté.
Néanmoins, M. l'abbé de Foix s'étant retiré à Paris, M. Picoté lui représenta de bouche le dessein de Mme de Villeneuve d'une manière plus forte et plus étendue qu'il n'avait fait par lettre, de sorte qu'il l'obligea d'en conférer luimême avec cette dame. Il y trouva des marques si visibles que Dieu demandait l'exécution de ce dessein, qu'il y donna les mains, et manda M. du Ferrier pour le lui faire goûter. D'abord, M. du Ferrier ne fit pas moins de difficulté que M. l'abbé de Foix; mais, après avoir examiné toutes choses, il y entra lui-même, et ils furent tous trois d'avis d'en écrire en Bretagne (1), à M. l'abbé Olier.
M. Picoté, qui, depuis la mort du Père de Condren, était son confesseur et qui avait été son uniqne consolation dans ses états de peine, se chargea volontiers de cette commission. Il lui exposa fort au long leurs vues sur le nouvel établissement qu'on proposait, et il le conjurait d'y donner les mains, ou, du moins, de partir incessamment pour se rendre à Paris, afin d'en conférer ensemble.
M. olier y trouva encore plus de difiicultés que les autres. Il les exposa à M. Picot)'' dans la lettre qu'il lui écrivit. Néanmoins, pour satisfaire au désir de ses amis, il partit peu de jours après sa réponse, el se; rendit auprès de M. Picoté.
Étant arrivé a Paris, .M. olier se trouva toujours, quoi qu'on lui put dire, dans un grand éloignement de ce dessein. il le recommanda cependant a N. s. dans ses prières, <'t. enfin, comme il sentit quelques attraits de taire retraite pour y mieux connaître ce que Dieu demandait d'eux dans cette
M. Non i'a- an Bretagne, mais a Chartres, on noua avons vu que
m. oiier et m. du Ferrier étaient rentres avant le îs novembre.
occasion, il partit de Paris vers la fêle de Noël 16ïl (1), et se retira à Notre-Dame de Liesse, près Saint-Germain-en-Laye(2). M. Picoté y allait de temps en temps pour conférer avec lui des sentiments que N.-S. lui donnait, et des lumières qu'il recevait sur l'affaire proposée.
Or, ce fut dans cette retraite que N.-S. s'apparut à lui, tenant entre ses bras une compagnie de plusieurs ecclésiastiques auxquels il promettait son secours et sa protection (3). Cette vue combla notre solitaire de tant de grâces, et lui
(1) La Vie de M. Olier, par M. Leschassier, d'accord en cela avec les Mémoires de M. Olier lui-même, parle de deux retraites faites par lui dans le cours du mois de décembre 1641, à la veille de la fondation du séminaire : l'une dans les premiers jours du mois, l'autre à partir du 20 décembre. C'est dans la première que M. Olier eut la vision dont il va être parlé, et qui décida sa conviction. La décision prise, il se mit immédiatement à l'œuvre pour préparer la maison où l'on devait s'installer; et la seconde retraite n'eut pour but que d'attirer les bénédictions de Dieu sur les exercices qui allaient y commencer.
(2) Ou plutôt, paraît-il, à Notre-Dame des Vertus, dans le bourg d'Aubervilliers, près Saint-Denis.
(3) Voici les paroles mêmes de M. Olier, nous rapportant cette vision dans ses Mémoires : « Je pense devoir dire ici ce qu'il plut à la bonté de Dieu me faire voir, ce mois de décembre, dedans une retraite que je faisais sur le sujet dont je parle, savoir si c'était le bon plaisir de Dieu que nous nous assemblassions quelques ecclésiastiques, pour aider aux prêtres à se former et leur donner un lieu pour se pouvoir retirer à ce sujet : étant encore tout ignorant de ce dessein et de ce qui en devait réussir, ne sachant aussi quelles seraient les personnes ni les membres de celle qui devait commencer. Un jour, il plut à la bonté de Dieu se présenter à moi en esprit, et, m'encourageant de le servir, il me paraissait porter dedans ses bras une compagnie de personnes, et par là m'exprimait le grand soin qu'il prendrait de nous, avec une confiance étrange que cela serait de la sorte : ce qui m'encouragea beaucoup, et ne pus m'empêcher, étant sorti et arrivé auprès de nos Messieurs, qui étaient tout déconfortés du débris du séminaire qui était échoué à Chartres, de les exhorter puissamment à ce dessein, et leur dire que nous n'avions qu'à commencer et nous confier à la bonté de Dieu, qui nous portait entre ses bras comme de petits enfants... J'oubliais à dire qu'en cette, vue ces paroles de ^Écriture m'étaient mises dans la bouche, et en l'esprit leur sens, à quoi je n'avais jamais fait attention : Qui régis Israël, intende, qui deducïs velut or cm Joseph ! »
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imprima une conviction si forte que l'établissement du séminaire de Vaugirard était l'œuvre que Dieu demandait de lui, que dans ce moment, il ne balança plus, et ne songea qu'aux moyens de la mettre au plus tôt en exécution.
Gomme il proposait à N.-S. les sujets qui pourraient y servir, et qu'entre autres, il lui présentait M. Amelotte, il lui fut dit intérieurement ces paroles : « Il me servira dans un autre lieu pour ma gloire ». Ces paroles devinrent une loi a M. Olier, et il fut très fidèle à l'exécuter; car, quoique cet ecclésiastique, et pour son érudition et pour sa piété, fut d'un mérite singulier, et que le Père de Condren, qui s'était apparu (1) à M. Olier le lendemain de sa mort, élevé dans une gloire et dans une lumière immenses, et lui avait dit qu'il l'avait laissé héritier de son esprit avec deux autres qu'il lui nomma, eût désigné M. Amelotte comme l'un des deux : ce qui le devait unir avec M. Olier d'une manière très intime : néanmoins, M. Olier fut ferme à l'exclure pour toujours de sa Compagnie. M. de Bassancourt fit tous ses efforts pour l'y faire entrer, parce que M. Amelotte avait été son précepteur. 11 offrit même dans la suite mille écus de rente perpétuelle au séminaire pour l'y faire recevoir. Mra6 de Crienne (2), pénitente de M. Amelotte, sollicita pendant trois années la même chose, et y employa le crédit et L'autorité delà reine mère régente pour la faire réussir. Mais ce fut inutilement, et M. Olier aima mieux passer pour un bizarre, et pour un homme qui appréhendait que M. Amelotte, qui avait été supérieur de Chartres, ne lui disputât la supérioritédé ce nouvel établissement, que la calomnie disait qu'il
Mi s'ai'j.araîtrc, expression vieillie, employée aussi par M™ Dacier : « L'àine de Patrocle s'est apparue à moi ». [Iliade, 23.)
(2) Louise do Luxembourg, de la branche de Luxembourg-Brienne, épousa <'ii 1683 Henri-Auguste de Lomônie, à qui * ■ 1 1 « * apporta le titre de Comte de Brienne. Le Comte de Brienne, qui fut secrétaire d'État a partir de 1638, est l'auteur des Mémoires intéressants que l'on peut lire dans la collection de mm. Michaud et Poujoulat. La Comtesse de Brienne, qui était paroissienne de Saint-sulpice, se montra toujours dévouée a m < (lier et l'assista puissamment, -oit de sa grande fortune, soit de son influence a la Cour. Elle mourut le i septembre 1667.
affectait, que de découvrir la raison véritable de son refus. On ne l'a sue qu'après sa mort, par la lecture de ses écrits, où il avait marqué cette retraite qu'il fit au sujet de l'établissement du séminaire de Vaugirard (I); et les paroles* de N.-S. qui excluait M. Amelotte du séminaire en le réservant à travailler dans quelques autres lieux pour sa gloire. C'est ce qu'on a vu se vérifier dans la suite. Car, M. Amelotte étant entré dans la Congrégation de l'Oratoire, où il a été supérieur de la maison de Saint-Honoré, il a tellement travaillé et même souffert jusqu'à sa mort pour y maintenir la doctrine de l'Église contre les sentiments de Jansénius et de ses disciples, qu'on reconnaît bien la vérité des paroles qui furent dites à M. Olier dans sa retraite au sujet de ce Père; puisque N.-S. ne l'a exclu du séminaire de Saint- Sulpice qu'afin de se servir de lui pour le soutien de la vérité, qui était combattue dans l'Oratoire par quelques-uns des principaux membres de cette Congrégation. •
D'abord que M. Olier eut achevé sa retraite, il vint disposer toutes choses pour commencer l'établissement de Vaugirard. Tout se trouva prêt pour les premiers jours de janvier 1642 (2). Ils se logèrent dans une maison fort médiocre,
(1) On retrouve, en effet, presque textuellement dans les Mémoires de M. Olier le récit qu'on vient de lire.
(2) L'intervalle eût été un peu court pour cette préparation, s'il fallait ne le faire partir que de la fin de la retraite faite à Noël. Nous avons déjà dit que M. Olier se mit à l'œuvre immédiatement après sa retraite du commencement de décembre, pendant laquelle sa décision fut définitivement prise.
Nous trouvons une autre date indiquée dans le plus ancien catalogue des Entrées conservé au séminaire de Saint-Sulpice, et dont les premiers feuillets paraissent être de la main de Barthélémy Morin, entré au séminaire dans les derniers mois de 1642, et qui servit souvent de secrétaire à M. Olier. Après avoir nommé les premiers hôtes du séminaire de Vaugirard, il ajoute : « Hi supradicti societatem iniero die 29 mensis novemb. anni 1641 ad erigendum seminarium in oppido Beatae Marire Vallis Girardi ».
Cette date du 29 novembre est inconciliable avec tout ce que nous venons de lire et <lo dire. Mais, en regardant de plus près le texte, on s'aperçoit que le mot novemb. a été ajouté après coup par une autre
près de l'église, cl dont Mme la maréchale de Guébriant (1) a pris une partie pour l'emplacement de sa maison.
M. (Hier, M. l'abbé de Foix, M. du Ferrier, M. Picoté, M. de Sainte-Marie, étaient ceux qui composèrent d'abord ce séminaire (2). M" de Villeneuve, qui en était fort proche, faisait l'office de Sainte Marthe; car elle avait soin de pourvoira tout, et même de leur faire apprêter leurs besoins (3). Leurs
main. Il nous paraît évident qu'il faut lire decembris; ce qui nous donne pour l'ouverture du séminaire de Vaugirard la date précise du 29 décembre 1641, date qui s'accorde parfaitement avec tous les documents. C'était, jour pour jour, l'anniversaire de l'entretien du p. île Condren avec M. du Ferrier.
(1) La maréchale de Guébriant, veuve du maréchal de ce nom, mort de ses blessures en commandant le siège de Rotweil, le 7 novembre 1643.
(2) Le catalogue des Entrées que nous avons cité dans une note précédente ajoute à ces cinq noms celui de M. de Bassancourt. Mais rien ne peut prévaloir contre le témoignage de M. Olier, qui nous dit formellement dans ses Mémoires : « D'abord, nous ne fûmes que trois, et ces trois avaient été demandés à Dieu par un sien très «rrand serviteur a L'honneur des trois personnes divines : m'ayant demandé à l'honneur du Père, M. l'abbé de Foix à l'honneur du Fils et M. du Ferrier a l'honneur du Saint-Esprit ». [Mém., I, 94.)
on peut s'étonner que m. picoté, dont lesconseilset les exhortations avaient eu la principale part dans la fondation de l'Œuvre, n'en ait pas fait partie dès le début. Ce qui l'arrêta pendant quelques semaine-, ce fut l'obligation de continuer ses soins à l'établissement de M de Villeneuve, qui s'élevait en même temps.
Quant à mm. de Bassancourt et Houmain do sainte-Marie, M. du Ferrier nous apprend qu'ils étaient retenus, au moment de la fondation, par li es 'l'une mission qu'ils donnaient à Caen sous la direction de m. \melotte. < Mém. . p. 155.)
Notre auteur va nous raconter avec beaucoup de charme l'entrée de m. de Bassanc >urt, qui ne ae fti pas attendre.
m. Houmain ne tarda pas non plu-. Peut-être faut-il reconnaître en lui ce théologien dont m. Olier dous raconte l'heureuse accession à la Compagnie, dan- un passage de ses Mémoires cité par M. Faillon, 1. 1,
ce que nous dit aussi m. du Ferrier : Noua allâmes tous ci- valet, et nous 3 vivions forl petitement. I Villeneuve nous eni ir notre dîner, dans un petit chaudron,
du potage et dll bOUilli, et le >uir, 1 1 1 ( |>el| de m.Ult'Ml PÛtï. NOUS ctmns
occupations étaient l'oraison, la lecture de l'Écriture-Sainte, l'étude. Ils passaient leurs récréations même en présence du Saint-Sacrement. Les peines de M. Olier cessèrent entièrement dans ce temps, comme une marque qu'il était dans l'ordre de Dieu. Il se trouva si libre et si dégagé, et son esprit fut rempli de tant de lumières, et son discours de tant d'onction, que, dans quelques prônes qu'il fit sur-le-champ à son ordinaire, il surprit extrêmement tous ses amis et toucha fortement tout son auditoire.
Cette retraite de personnes de cette qualité et d'un si grand mérite, qui se confinaient dans un village comme dans un désert, pour y mener une vie cachée aux yeux des hommes, mais très connue et très agréable aux yeux de Dieu, surprit Paris et toute la Cour.
M. de Bassancourt, qui avait quitté Chartres et s'était retiré avec M. Amelotte chez sa mère (1), y accourut. Dans la première visite qu'il leur rendit, il les railla agréablement sur leur résolution; car il était d'une humeur extrêmement gaie et enjouée. Il leur demanda en riant ce qu'ils se proposaient de faire, et s'ils prétendaient dans ce lieu réformer tout le Clergé de France. Son entrevue ne produisit autre chose d'abord qu'une innocente récréation.
Mais M. de Bassancourt, qui était rempli de l'esprit de l'Évangile, et qui savait que les plus grands ouvrages de Dieu étaient ceux, ordinairement, qui avaient les plus faibles commencements, ne douta point que ce nouvel établissement ne fût de ce nombre. Son cœur se trouva insensiblement attiré à participer à la retraite de ses amis. Il prit la résolution de se joindre à eux. Il les alla voir, pour cet effet, et quittant son air d'enjouement et de raillerie, il témoigna qu'après y avoir bien pensé, il trouvait que N.-S. serait plutôt pour lui demeurant avec eux, que s'il demeurait plus longtemps chez
(l)Nous venons de dire que, au moment de la fondation du séminaire, M. de Bassancourt faisait la mission en Normandie, ("est à la suite de cette mission qu'il vint se reposer chez sa mère, eu compagnie «le M. Amelotte, son ancien précepteur, qui était demeuré l'hôte familier de sa maison.
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sa mère; que ce n'était pas chez les parents qu'il se donnait aux ecclésiastiques; qu'il avait résolu d'augmenter leur nombre; qu'il apercevait un colombier, et que c'était le lieu qu'il destinait pour en faire son appartement; qu'ils le prissent comme il leur plairait; qu'il leur déclarait qu'il ne retournait plus chez sa mère, et qu'il prétendait, ce soir même, coucher avec eux dans leur maison.
Celle déclaration si franche et si ingénue d'une personne de cette qualité et de ce mérite plut extrêmement à ces solitaires. Ils s'assemblèrent pour un moment, afin d'en conférer entre eux; et la résolution qu'ils prirent fut de lui dire qu'il était leur frère, leur bon ami, et qu'il demandait les choses de trop bonne grâce pour les lui refuser. C'est ainsi que M. de Bassancourt entra dans le séminaire de Vaugirard : ce qui fit beaucoup d'éclat (1).
M. le cardinal de Richelieu, qui était informé de tout ce qui se passait dans le royaume, apprit en peu de jours ce nouvel établissement, et les personnes qui le commençaient. 11 connaissait la naissance et le mérite de ceux qui le composaient; et comme, dans les conférences qu'il avait eues avec le Père de Condren pour remplir les diocèses de bons évoques, et pour lui demander des sujets capables d'occuper ces places si importantes à l'Église et à l'État, ce Père lui en avait marqué quelques-uns, mais qu'il avait ajouté qu'il en connaissait d'autres très capables, mais qu'il ne voulait les lui indiquer, parce que N.-S. s'en voulait servir pour un grand dessein; cette retraite extraordinaire donna à l'esprit pénétrant de ce Ministre lieu de conclure que ceux qui y étaient entrés devaient être les personnes dont le Père <!«' Condren lui avait parlé. Il résolut donc, de les avoir auprès
(\ \ \i. ( Hier nous résume ainsi ce rêcil : • il nous Bemblail impôt de i<- voir se réunir à nous, à cause <i<- ses liaisons avec un autre (nie nous ne devions pas recevoir dans notre Compagnie, et dont il sem* Maii qu'il in- put se séparer jamais (M. Vmelotte). Lors donc qu'il fut venu pour noua voir, notre Maître nous ut parler avec tant d'efficace, qu'il fut contraint d'avouer que Dieu ôtail avec noua etqu'il serô- -«.lut .!<• devenir l'un ries nôtn
de lui, pour leur donner dans la suite des évêchés, et pour s'en servir aussi à faire un séminaire d'évêques qu'il méditait.
Pour cet effet, il donna ordre à Mm° la Duchesse d'Aiguillon, sa nièce (l), d'aller trouver M. Olier et sa Compagnie à Vaugirard; de leur témoigner l'estime qu'il faisait de leurs mérites; que leur retraite l'avait extrêmement édifié ; mais que, comme il avait dessein d'en profiler et qu'il avait appris qu'ils étaient très mal logés, il leur offrait sa maison de Rueil (2), pour y faire avec liberté et en solitude tous leurs exercices, avec promesse d'appuyer leurs desseins de son crédit et de l'autorité de Sa Majesté.
Cette proposition était digne et du génie et de la religion de ce grand Ministre. Elle fut aussi reçue par M. Olier et ses amis avec tout le respect et la reconnaissance qu'ils en devaient avoir. Mais ils prièrent Mrae la Duchesse d'Aiguillon de représenter à Son Éminence que, comme ils ne cherchaient que la solitude et la vie cachée, ils auraient peine de la trouver dans la maison et dans la compagnie de Son Éminence; et qu'ils la suppliaient humblement, et avec toutes les instances dont ils étaient capables, de les laisser dans leur pauvreté et leur solitude.
Ces offres obligeantes de Son Éminence et le refus généreux qu'en firent nos solitaires leur attira l'admiration de
(1) Marie-Madeleine de Vignerod, fille de René, seigneur de Pontcourlay, et de Françoise du Plessis-Richelieu, était par sa mère nièce du Cardinal. Elle avait épousé Antoine du Roure, seigneur de Combalet, et avait été créée duchesse d'Aiguillon en 1638. C'était une fervente paroissienne de Saint-sulpice, et nous trouvons son nom continuellement uni à celui de la Comtesse de Brienne dans toutes les bonnes œuvres de M. Olier. Elle mourut le 17 avril 1675, sans avoir eu d'enfant.
(2) Ce château de Rueil, dont le Cardinal avait fait une magnifique résidence, où les merveilles de l'art relevaient les beautés naturelles du site, est fameux dans l'histoire du règne de Louis XIII et île la minorité de Louis XIV, et nombre d'événements importants s'j sonl accomplis. Après la mort du Cardinal, il appartint à la duchesse d'Aiguillon, à qui il l'avait légué par son testament du 23 mai 1642,
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toute la Cour. M. l'abbé de Gondrin (1), neveu de Monseigneur l'archevêque de Sens et son successeur dans la suite, demanda de se joindre à nos nouveaux séminaristes. 11 y fut reçu el il y vécut avec des marques de beaucoup de ferveur et (l'une grande pénitence; car ce n'étaient que chaînes, que ciliée- el que disciplines. Mais comme ces pratiques n'étaient pas réglées par l'obéissance, elles ne furent pas de longue durée en sa personne (2). Il y attira néanmoins un sujet considérable : c'était M. l'abbé de Poussé (3), qui a été directeur du séminaire de Paris sous M. Olier (4), et vingt ans curé de Suint- Sulpice (5). M. l'abbé de Gondrin le connaissait particulièrement, et il allait de temps en temps lui rendre visite, do Vaugirard à la place Royale, où il demeurait. Sa peine ne fut pas inutile; car, après l'avoir fait parlera M. Olier, celui-ci le recul dans son séminaire. M. d'Hurlevent, qui est mort supérieur du séminaire de Lyon, y entra sur le milieu de cette
(1) Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin était né au château de Gondrin, au diocèse d'Auch, en 1620. Il était neveu par sa mère de Octave de Belleprarde, archevêque de Sens.
(2) Le P. Rapin confirme cette appréciation, et nous dit qu'après avoir été un des premiers élèves du séminaire, « il en fut chassé par l'abbé Olier, alors supérieur, pour vouloir faire des mortifications à sa fantaisie, comme de coucher sur la dure, et d'autres semblabli
lui dit qu'on ne voulait rien île singulier dans la Communauté, où il fallait obéir » (Mém., 1. 1, p. -10). Malheureusement, la Reine-Mère se laissa prendre à ces dehors affectés de piété, et, en 1644, nomma le jeune abbé coadjuteur de sens, dont il devint bientôt titulaire par la mort de son oncle, arrivée le 26 juillet 1646. On sait que le nouvel archevêque fut un des protecteurs les pins marquants du jansénisme.
<:u Notre auteur intervertit un peu l'ordre des événements, i. 'en tire d'Antoine Le Raguier de P lusse, clerc du diocèse de -eus. est marquée a la date du i septembre 1642. n ne m dune pas partie du séminaire de Vaugirard, qui fut transféré à Paris 'les le i:, août. Voir plus liant son article, 1. 1, p. 59-61.
\ la pla <• .le l'abbé de Poix, quand COUli-Ci, nOUUIlé à l'évéchô de
Pamiera, quitta le séminaire.
■ • t fevriei- 1658 qur \i. de Poussé pnt possessi 'ii 'le la cure nt-Sulpice, vacante par la démission de m. de Bretons ill i - in démit lui-même au mois d'octobre 1678, et j rut pour - < laude i.e Bottu -le la Barmondii :
année, aussi bien que le frère de M. du Ferrier, nommé l'abbé de Cambiac.
C'étaient là les principaux sujets qui composaient cette Communauté naissante (1).
M. Olier, cependant, priait Dieu sans cesse, et le faisait prier de toutes parts pour attirer sa bénédiction sur cet ouvrage de sa providence. Il consultait les personnes les plus éclairées : M. Vincent (2), le Père Hayneuve (3) et le Père de Saint-Jure (4) étaient ceux qui l'animaient à persévérer, aussi bien que le Père Tarrisse (5), Général de la Congré-
(1) En voici, d'ailleurs, la liste complète, dans l'ordre où la donne le catalogue des Entrées :
Jean du Ferrier de Cambiac, du diocèse de Cominges; Pierre de la Coste, du diocèse de Toulouse ; Jean Drouve, du diocèse du Mans;
Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, du diocèse d'Auch; Yves d'Herbrée, du diocèse du Mans; Louis Rousseau, du diocèse de Paris; Damien d'Hurtevent, du diocèse de Paris;
Barthélémy Morin, du diocèse de Saint-Flour, dont nous avons parlé plu s haut.
Ces premiers séminaristes de Vaugirard étaient tous simples clercs.
(2) On voit que, pour être passé de la direction de Saint Vincent de Paul sous celle du Père de Condren, M. Olier n'avait pas interrompu avec le supérieur de la Mission ses relations d'affectueuse confiance. Il continua pendant toute sa vie de l'honorer comme un père, et ne prit jamais de résolution importante sans l'avoir préalablement consulté. « Je puis vous assurer », écrivait-il en 1650, « que, pour les (affaires) extraordinaires, nous ne manquons de voir M. Vincent. » (Lettre 1G5, 1. 1, p. 506.)
(3) Julien Hayneuve, né à Laval le 3 septembre 1588, entré au noviciat de la Compagnie de Jésus le 31 mai 1608, était alors instructeur du troisième an. Il mourut à Paris, dans la maison professe, le 31 janvier 1663.
(4) Jean-Baptiste de Saint-Jure, né à Metz en 1588, admis dans la Cjmpagnie de Jésus en 1604, était alors recteur du noviciat, rue du Pot-de-Per, aujourd'hui rue Bonaparte. Il mourut à Paris, le 30 avril
(5) Dom Grégoire Tarrisse, supérieur général des Bénédictins do Saint-Maur, avait introduit la réforme dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et passait justement comme l'un des religieux les plus
gation de Saint-Maur; de sorte qu'un jour, ce Père ayant assuré quatre ou cinq des principaux qu'ils faisaient la volonté de Dieu., ils s'en retournèrent si transportés du feu du pur amour, que, tressaillant de joie dans le chemin, ils s'entre-disaient les uns aux autres : « Nous faisons la volonté de Dieu ».