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Intoine Dallet, né vers 1634 sur la paroisse de Sainl-Sulpice, ii Paris, fui admis «le bonne heure par M. Olier au nombre des ecclésiastiques de sa Communauté. Il n'était encore que diacre lorsque ^<m zèle pour la conversion «les sau- - de la Nouvelle France l<- porta a B'offrir pour aller ;i Montréal. M. Olier le choisi! en effet :m'«- deux autres pour accompagner M. <l«- Queylus, lorsque celui-ci s'embarqua, en l»'.:,7. La petite colonie arriva à Québec le -'•' juillet, el ;i i^iliemarie au mois d'août suivant, mais m. Dallet iw tii pas en ce lieu un long séjour, ayanl dû
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bientôt retourner à Québec, ^pù M. de Queylus, dont il était secrétaire, établit sa résidence durant dix mois, k cause des pouvoirs de Vicaire général que lui avait donnés l'archevêque de Rouen.
Ordonné prêtre le 15 août 1659, M. Dallet fut dès lors en état de travailler plus utilement k l'œuvre qui 1-avait attiré au Canada; mais il ne tarda pas k éprouver que le bien ne peut se faire qu'au milieu des contradictions et des souffrances. Dans le courant d'octobre de cette année, il vit arrivera Montréal un nombre considérable d'hommes armés comme pour une expédition militaire. Ils avaient k leur tête M. Dargenson, Gouverneur de la Nouvelle France, lequel, après avoir signifié k M. de Queylus la lettre de cachet qui l'obligeait k repasser en France, devait le conduire sous celte formidable escorte k Québec, ainsi que deux autres ecclésiastiques du séminaire, du nombre desquels était M. Dallet.
Cependant, lorsque M. de Queylus s'embarqua, le 22 octobre 1659, son secrétaire, tombé malade en arrivant k Québec, ne put prendre la mer avec lui; ce n'est même qu'au printemps suivant qu'il fut en état de retourner k Villemarie. Il y travailla avec zèle k la conversion des sauvages, et l'on put dire, quand il repassa en France en 1664, qu'il avait ruiné sa santé dans les missions.
M. de Queylus ayant vu tomber, en 1668, les obstacles qui s'opposaient k son retour au Canada, M. Dallet l'y suivit de nouveau, et pendant quatre ans encore partagea les travaux et les fatigues que s'imposaient les prêtres de Saint-Sulpice pour la conversion des sauvages et le bien spirituel des habitants de Montréal. Il revint en 1671 avec M. de Queylus, que des affaires de famille rappelaient en France; et celui-ci ayant été nommé supérieur des prêtres du Mont-Valérien, M. Dallet s'agrégea aussi k cette Communauté, et lui demeura incorporé jusqu'à sa mort. Il en devint même l'un des membres les plus considérables, et en 1692. au deuxième tour de scrutin pour l'élection d'un supérieur, il eut autant de voix que M. de Mosny ; mais celui-ci fut préféré par l'archevêque de Paris, auquel le choix avait été déféré. En
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mémo temps qu'il était missionnaire du Mont-Valérien , M. Dallet était confesseur des religieuses de la Croix, ;ï Uueil. C'est là qu'il écrivit les Mémoires dont nous allons parler, et qui renferment un grand nombre de faits intéressants dont il avait été témoin à Montréal ou à Québec. M. Dallet vivait encore en 1693 : du moins on le trouve protonotaire apostolique en 1692.
Ces deux Mémoires de M. Dallet ont été publiés dans le tome VII de La Morale pratique des jésuiips (p. 326-343 de la seconde édition, sans lieu d'impression, 1710), et dans le tome XXXIV (p. 725-734) des Œuvres de Messire Antoine Arnauld (Paris et Lausanne, 1780, in-i°). L'éditeur de cette dernière collection dit dans une note préliminaire : « Les deux Mémoires qui composent ce chapitre avoient été envoyés de Paris à M. Arnauld, le 28 juin 1093, par un ami qui possédoit les originaux qu'il offroit d'envoyer, et qui en garantissoit la copie comme fort exacte. Cet ami tendit ces deux Mémoires de M. Dallet... C'est à Duel qu'il avoil écrit le premier, le 7 mai 1090. Il avoit raconté tout ce qu'il contient de vive voix, en 1085 et 1089, à l'ami en question, qui l'avoit écrit sur-le-champ, et qui trouva ce qu'il avoil écrit conforme à l'original. Le second Mémoire avoit été dressé d'après les conversations de M. Dallet, et celui-ci l'avoit corrigé de sa main, et le rendit ainsi original comme le premier. .Nous tirons ces faits de la lettre originale de l'ami qui envoya ces Mémoires à M. Arnauld. laquelle est datée du 28 juin 1693 » (p. 724). Quoi qu'il eu suit, il est regrettable '| 168 écrits aient été publiés par Antoine Arnauld
et dan-, un tel ouvrage. Plusieurs, en effet, s.- croiront, à priori, le droil de suspecter ou l'honnêteté de l'éditeur, ou la véracité de l'auteur, bien que celui-ci n'avance rien qui n'ait été confirmé par les témoignages de M. Dollier de
CaSSOn, de M. \ ;id de Belmonl et antres auteurs mnteiu-
porains. \ . Vie de .1/" de Laval, j véque de Q\
rt apôtre du Canada, par l'abbé Auguste Gosselin, Curé de Saint-1 éréol Québec, 1890, In-S», i. I, p. 188 189 Dans La Morale pratiqtu téeenplu-
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sieurs histoires arrivées dans toutes les parties du inonde, dans ce recueil condamné par décrets de l'Index des 30 juillet 1671 et 27 mai 1687, il y a pourtant des écrits très authentiques qui, bien certainement, ne sont pas atteints par cette censure générale de l'Index. Les lettres de l'évêque d'Angélopolis, Jean de Palafox, au Pape Innocent X, qui sont contenues au tome IVe, ressemblent aux Mémoires de M. Dalleten plusieurs points, ceux-là précisément que quelques-uns estiment répréhensibles et calomnieux; avec cette différence, toutefois, qu'elles renferment des faits bien plus nombreux et bien plus graves, et qu'elles forment un véritable réquisitoire, dressé par un évêque et adressé par lui à l'évêque des évêques. Or, cependant, la Sacrée Congrégation des Rites, le 10 décembre 1760 et le 23 août 1766, a prononcé que « l'on pouvoit passer outre à l'examen des vertus du serviteur de Dieu, « tous les censeurs » chargés d'examiner tous les ouvrages de Palafox, y compris nommément les lettres susdites, — preuve qu'on les tient pour authentiques ! — ayant déclaré qu'ils « n'y avoient rien aperçu contre la foi ni les bonnes mœurs, et n'y avoient trouvé aucune doctrine nouvelle et étrangère, ou opposée au sentiment commun de l'Église et à sa discipline » (Ces deux décrets sont rapportés in extenso à la suite de la Vie du Vénérable Dom Jean de Palafox, évêque d'Angélopolis et ensuite d'Osma; Cologne et Paris, 1767, in-8°, p. 523-517). Bien plus, la Congrégation des Rites assemblée le 28 juillet 1777 n'ayant pas décrété la béatification du vénérable évêque, Pie IX, à la prière du P. Ilippo- Iyte de Saint-Calcédoine, postulateur à Rome des causes de ce genre pour l'ordre des Carmes Déchaussés, par un bref daté du 29 juillet 1852, a autorisé la reprise de la cause de béatification du serviteur de Dieu : Bénigne annuit (Sanctitas Sua) ut quœstio de virtutibus hujus servi iterùtn proponi valeat in nova con gregatione prœparatori à cum iisdem scripturis. Le R. P. Marcel Bouix, S. J., traducteur souvent peu fidèle des Lettres de Sainte Thérèse — on le verra bien quand paraîtra l'édition qui s'imprime actuellement — ayant osé — dans une brochure intitulée, Le XIX" siècle et Sainte
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Thérèse (Paris, 1882, in-8° de 47 pages) — appeler le vénérable Palafox un « triste personnage », n'a pas craint non plus, après informations prises, dit-il, de nier l'authenticité de ce bref. C'était implicitement insinuer qu'il était l'œuvre du R. P. Hippolyte de Saint-Calcédoine, lequel avait authentique la pièce. « Comme on le pense bien, les Carmes, humiliés par cette accusation de faux, allèrent aussi aux informations. Le bref original fut trouvé dans les archives de l'Ordre, et, dit le R. P. Albert du Saint-Sauveur, nous en possédons une copie envoyée par N. T. R. P. Général, et certifiée authentique par le secrétaire de la Congrégation des Rites, lequel y apposa le sceau de son office le 12 janvier 1883 » {Les Carmes Déchaussés et le R. P. Bouix, à l'occasion d'une récente préface; par le P. Albert du Saint-Sauveur, des Carmes Déchaussés; Paris, 1885, in-8°, p. 4).
Au reste, si la Sacrée Congrégation de l'Index a frappé La Morale pratique des jésuites, elle n'a pas non plus épargné certains ouvrages entrepris cependant pour la réfuter. C'est ainsi que, le 22 décembre 1700, elle défendit de lire, donec corrigatur, le livre suivant, publié sous le voile de l'anonyme, mais que tout le monde sait être du P. Michel Le Tellier, jésuite : Défense des nouveaux Chrestiens et des Missionnaires de la Chine, du Japon et des Indes; contre deux livres intitulez, La morale pratique des jésuites, et l'Esprit de M. Arnauld; A Paris, chez Kslienne Michallet, 1687, in-12. « Ce livre, dit Feller, fui censuré à Rome, a cause du peu de ménagement que l'auteur avait eu pour dos adversaires respectables, et des sorties trop violentes qu'il s'était crues permises contre les détracteurs des nouvelles chrétientés » (Dictionnaire biographique, art. Le Tellier). Pour confirmer l'assertion de son confrère, le P. Bliard ajoute :
C'esl pour cela sans doute que le général de son Ordre détendit ouvertemenl le P. Le Tellier devant le tribunal du Saint-Office » (Les Mémoires de Saint-Simon >■; le Père Le Tellier, Confesseur de Louis XI \\ par le l'ère p. Bliard, de mpagnie de Jésus; Paris, 189!, m-s. p. n,. ,>i il nous renvoie au? ■ Vrchivea de la Compagnie de Jésus »...
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On a reproché à M. Faillon d'avoir emprunté quelques détails aux Mémoires de M. Dallet : il s'est justifié par une note insérée au tome II (p. 290, 291) de son Histoire de la Colonie française au Canada.
Malgré le discrédit que l'on a cherché à jeter sur ces Mémoires, ils ne laissent pas que d'importuner très visiblement le P. de Rochemonleix : il y revient à plusieurs reprises. Voir Les jésuites de la Nouvelle France au XVIIe siècle, d'après beaucoup) de documents inédits; Paris, 1895, t. II, p. 215 (où l'auteur « aime mieux croire qu'on les attribue à faux au secrétaire de M. de Queylus »), et encore p. 220, et enfin, sauf omissions, p. 298.