‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 121 sur 134 · III · texte numérisé non relu

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séminaire (1), et s'efforça de réformer généralement sa paroisse.

Les libertins furent extrêmement fâchés de ce changement, qui tendait à troubler leur repos et leurs plaisirs. Les prêtres habitués, assez scandaleux, ne le pouvaient souffrir. Ce n'étaient que plaintes et que murmures, comme si les vérités de l'Évangile, que ces hommes apostoliques débitaient, étaient de pures nouveautés. On se plaignit à l'ancien curé de ce qu'il perdait sa paroisse par la démission qu'il en avait faite. On prétendit qu'il était lésé et trompé, et on lui promit qu'il serait appuyé, s'il demandait justice, quoiqu'on lui eût accordé aveuglément tout ce qu'il avait demandé. Enfin, M. du Ferrier, qui avait soin du temporel de M. Olier et de la Communauté, et qui était un peu trop exact à conserver ce bien dont il était chargé, ayant refusé quatre cents livres, que l'ancien curé demandait pour quelques réparations du prieuré qu'on lui avait résigné, donna lieu à une rupture entière, qui arriva en 1645.

On répandit dans la paroisse cent contes contre l'honneur et la piété de M. Olier et de ses prêtres. On y excita une sédition qui alla si loin qu'elle fut comme l'avant -courrière des barricades de Paris en 1648; car on assiégea le prèshaut (page 396), fut transcrit, à Paris, dans les registres du notaire Marreau (aujourd'hui étude Girardin), le 14 mars 1645.

Nmis voyons par un autre acte du même notaire que le 3 septembre 16 16, < .(Tvai.s Le Noir, neveu et héritier de M. de Rochefort, reçut des Messieurs du séminaire la somme de 6,000 livres, en paiement de ladite maison.

(1) Cette réunion des deux Communautés (de la paroisse et «lu séminaire) dans le bâtiment du presbytère fut de courte durée. ■ Très peu de temps après ■>, lisons-nous dans les Remarques historiques j p, 204, • if. ( nier les sépara en deux c >rps, dont lune demeura a\ ec lui dans le presb} tore, et l'autre (le séminaire) dans une maison de la rue Guisarde, appelée la Belle image, et qui communiquait avec le presbytère par le jardin : le séminaire taisail cependant les principaux exeravec La < ommunauté (de la paroisse) et mangeait au même réfectoire . \ chacune de ers deux Communautés, If. Olier crut devoir donner un directeur particulier, el désigna m. de Foix pour colle du s minaire, et m. du Ferrier p mr celle de la paroist

bylère, et si, à la prière de M. Picoté, qui alla au Louvre en diligence avertir la Reine du danger où étaient M. Olier et ses prêtres, cette princesse n'eût eu la bonté d'envoyer quelques compagnies du régiment des Gardes pour y mettre ordre, ce peuple ému et transporté de furie allait mettre le feu à la maison (1).

On en tira néanmoins M. Olier. Un des anciens habitués de la paroisse s'emporta jusqu'à un tel excès que de lui donner des coups de pied en descendant les marches de l'escalier; ce que cet homme de Dieu souffrit patiemment. Il fut mené comme un malfaiteur, à travers les huées du peuple irrité, jusqu'au palais du Luxembourg, quoique ce fût à dessein de le mettre en sûreté contre leur violence et leur fureur.

Sa Majesté s'étant informée du sujet de cette émeute et ayant appris que M. Olier balançait pour quitter sa cure (2), voulut qu'il la conservât et qu'on accommodât ce différend.

(1) L'auteur intervertit un peu l'ordre des événements. Dans les troubles qu'il rapporte, l'émeute, à deux jours d'intervalle, assiégea deux fois le presbytère, le 8 et le 10 juin. C'est dans la première de ces crises populaires que l'homme de Dieu fut arraché violemment de sa maison et traîné, sous les coups et les huées, au palais du Luxembourg. L'affaire ayant été portée devant le Parlement, celui-ci rendit, le 10 juin, un arrêt qui remettait le curé en possession de son presbytère : c'est cet arrêt qui excita de nouveau la populace et amena la seconde émeute, racontée par l'auteur en premier lieu, et dont les fureurs furent arrêtées par l'intervention du régiment des gardes.

(2) Ses amis l'y poussaient; et, parmi eux, le plus pressant était François de Corneillan, êvêçpie de Rodez, neveu et successeur de Bernardin du même nom, qui, dix ans auparavant, avait voulu se démettre en sa faveur. Ayant appris les difficultés que M. Olier rencontrait dans le gouvernement de sa paroisse, François de Corneillan lui proposa, à son tour, d'accepter son siège, dont il envoya la démission en sa faveur. Mais rien ne put détourner le saint prêtre de la voie où Dieu l'avait engagé. « Il faut suivre », disait-il, « l'exemple qui nous a été donné (par N.-S.) et chérir les souffrances et les peines qui sont attachées à l'emploi dont il plaît à la Bonté divine nous charger : quand l'on s'y consomme, c'est une glorieuse mort, puisqu'elle arrive dans l'accomplissement des volontés de Dieu sur nous ». (M. de Bretonvilliers, Vie de M. Olier, t. II, p. 140.)

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Mais il en fallut passer par tout ce qui plut à l'ancien curé. 11 ne voulut rien relâcher de ses demandes, qui allaient à dix mille livres de rentes simples (1), qu'il fallut trouver pour lui donner.

M. de Lanlage offrit obligeamment son prieuré de Saint- Saturnin (2), de sept cents livres de rente; ce qu'il fit avec le dernier détachement, car c'était l'unique bien qu'il eût.

(l)Ce n'est pas 10,000 livres de rentes qu'il fallait dire, mais 5,000 seulement, ce qui était déjà un assez joli chiffre. Cela ressort du texte même du compromis, daté du 5 juillet 1645, dont l'original se trouve aux Archives Nationales (L, 712), et dans lequel M. de Fiesque se désiste de ses prétentions, * moyennant », dit-il « que M. Olier me fournisse en bénéfices, prieurés commendataires, jusqu'à 5,000 livres de revenus francs, quittes et déchargés de toutes pensions, en lui remettant le prieuré de Clisson qu'il m'avait donné par permutation de ladite cure ». Le 4 septembre suivant, par acte passé devant le notaire Marreau, M. Olier, grâce à la générosité de ses amis, fournissait, à la place du prieuré de Clisson, qui lui était rendu, quatre bénéfices dont le revenu total montait à 5,164 livres, à savoir : le prieuré de n. 1). de Luzac, offert par M. Picoté; celui de Saint-Gondon, par M. de Barrault; celui de N. D. de Vieuvi, par M. Houmain; et celui île Heu, par M. Félix Vialart, celui-là même qui, six ans auparavant, avait été nommé à sa place à l'évèché de Chàlons. Ce dernier fut dédommagé, mais en partie seulement, par la cession que M. Olier lui Ht de son abbaye de Pébrac, en échange du prieuré de Ceroanceau, que le prélat possédait au diocèse de Sens.

Mais cette malheureuse affaire ne devait pas se terminer là. Après deux ans, nouvelles difficultés, qu'il fallut terminer par un nouveau compromis, du 17 juillet 1G47, dont on peut voir la minute dans l'étude Marreau, aujourd'hui Girardin, àParis. M. de Fiesque y rendant de nouveau à M. I Hier les prieures de N.-D. de l.u/.ae et de Saint-Gondon,

qui avaient cessé de lui plaire, il en recevait à la place trois autres celui de Saint-Aignan, à Tonnerre, cédé généreusement par Séraphin le Maistre; celui de saint-Martin de Péan, au diocèse de Chartres, cédé encore par m. de Barrault ; et enfin , celui de Saint -Symphorieo de Romilly, offert, comme notre auteur va nous le dire, par m. de Lan tac

lut enfin uni.

(2) il l'.mt lire Saint'Symphorien. Charles-Louis de Lantages avait été attiré au séminaire de Saint-Sulpice le i: janvier 1643. Voir son article, 1. 1, p. 91.

M. l'abbé Barrault (1) en fit de même d'an autre de huit cents livres environ. M. Olier accepta leurs offres. Il voulait donner à M. de Lantage le prieuré de Glisson, moyennant une pension de douze cents livres qu'il réservait pour l'ancien curé de Saint-Sulpice, ce bénéfice étant de deux mille livres de rente; mais M. de Lantage aima mieux avoir une simple pension de sept cents livres que de posséder le titre (2).

(1) Nicolas de Barrault, neveu de Jean Jaubert de Barrault, archevêque d'Arles, avait été disciple du P. de Condren, et l'un des compagnons de M. Olier dans sa première mission d'Auvergne. Nous venons de voir qu'il offrit successivement le prieuré de Saint-Gondon, en 1645, et celui de Saint-Martin de Péan en 1647. M. du Ferrier, qui aime à mettre les choses en scène, nous fait assister à la première de ces cessions, dans laquelle nous voyons intervenir Saint Vincent de Paul; ce qui, pour le dire en passant, nous montre combien ces pratiques en matière bénénciale étaient passées dans les mœurs des plus saints prêtres. « La Reine (car c'était pendant la minorité du Roi) obligea M. Vincent à travailler à les mettre d'aocord (M. de Fiesque et M. Olier), et lui voulut que je l'assistasse. Après avoir beaucoup peiné assez inutilement sans pouvoir faire contenter celui qui faisait difficulté, je m'avisai de lui dire : Voulez-vous le prieuré de Saint-Gondon, si on vous le donne ? Lui, qui connaissait ce bénéfice, situé sur la Loire, honorable et riche, l'accepta aussitôt, et l'affaire fut terminée. M. Vincent me dit, le voyant satisfait : Mais avez-vous ce prieuré, que vous promites ? — Il est, dis-je, à M. Barrault, qui ne me le refusera point. Et ensuite, j'allai le voir pour le disposer. D'abord, il me demanda des nouvelles de cette affaire. — Elle est, dis-je, comme terminée, si vous agréez ce que j'ai avancé. — Vous savez, répliqua-t-il, comment je suis vos sentiments en tout. — C'est que j'ai promis votre prieuré de Saint-Gondon, pour terminer ce grand désordre : je ne sais ce que vous en direz, lui dis-je. Il se vint jeter sur mon cou, et, me baisant : Voilà, dit-il, la plus obligeante et la plus véritable marque d'amitié que vous m'avez jamais donnée : car elle me témoigne que vous me croyez, comme je le suis parfaitement, votre ami. Et sur l'heure, il ht sa démission, qui donna autant d'admiration que de joie à tout Paris ». {Mém., p. 149.)

(2) Les actes du notaire Marreau (aujourd'hui étude Girardin) nous permettent de mieux préciser les choses. Nous venons de voir que M. de Lantages avait cédé son prieuré de Saint-Saturnin le 17 juillet 1647. Dès le 2 septembre suivant, M. Olier lui donna une compensation en lui cédant pour sa vie durant la jouissance de sa terre patrimoniale de Fontenelle, et un second acte du 16 janvier 164S confirma,

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Pour M. L'abbé Barraull, beau-frère de M. le président de Maisons, Madame d'Aiguillon lui donna, quelques années après, un prieuré de mille écus de rente. Tous ces bénéfices furent abandonnés à l'ancien curé pour lui donner toute la satisfaction qu'il demandait.

Avant cette sédition, qui arriva en 1645, et peu de temps après que M. Olier fut établi dans la cure de Saint-Sulpice, M. de Lanlage y avait été attiré par M. de Poussé, son parent. M. Daudeau y fut reçu l'année IGii (1). M. de Bretonvil- Iiers (2), dont le père était secrétaire du Conseil et le beaufrère président à mortier, y entra aussi cette même année. MM. du Bois (3) d'Orléans, Docteur de Sorbonne, Couderc de Toulouse (i), Souart (o), de Partages ((>), neveu du maréchal

quatre mois après, cette donation. Quant au prieuré de Clisson, nous trouvons un acte du 4 juin 1649, se rattachant de près, comme on le voit, à l'acte général que nous avons cité plus haut et qui est du 2 avril, par lequel M. Olier donne procuration pour résigner en son nom ce prieuré en faveur de M. de Lantages. Et ce ne fut que sur le refus de celui-ci que M. Olier le résigna, en 1650, en faveur de M. Houmain, qui, dès 1645, l'avait, lui aussi, si généreusement cédé. M. Houmain n'en profita pas longtemps. Il venait à peine d'en prendre possession, quand il y mourut le 19 mars 1651.

(1) Ou plutôt en 1643, n'étant encore que clore; Mathurin Baudeau appartenait au diocèse de Paris. Il mourut au séminaire le 3 mars 1691, âgé de 79 ans et demi.

(2) Alexandre le Ragois de Bretonvilliers entra pareillement simple clerc, le 19 juin 1643. Voir son article, 1. 1, p. 50 et suiv.

(3) Barthélémy Gaultier du Buis, clerc d'Orléans, n'entra au séminaire que le 26 août 1647. Il fut reçu docteur de sorbonne le 10 décembre 1654, et mourut au séminaire, le 15 août 1696, âgé d'environ Ti. ans. V m- son article, t. I, p. 474.

minaire 'i<' Saint-Sulpice reçut en 1645 deux frères do ce nom, originaires «le Toulouse. L'aîné, Pierre < ouderc, était déjà prêtre quand n entra, le 85 juillet : il mourut au presbytère de Saint- Sulpice le 25 mai 1674, à l'âge 'if "»t an-. Le plus jeune, Jean -Pierre, n'était que clerc quand il fut admis, le i Voir son article,

t. i, i>. 83, Sur P uderc, voir Vie de M. Olier, par m. Paillon,

t n et m, pasëlm,

■ \i. < laude Souart, attaché a la personne 'lu 'lue d'Orléans, au i uxembourg, en qualité de premier apothicaire, donna ses deux m- a

sUlp ■ B Ii> entrèrent an m i.. •iiuiie

de Toyras, Heudon (1), ancien avocat et officiai de Rodez, y furent aussi reçus. En un mot, cette Communauté était remplie d'un grand nombre d'illustres sujets, dont les uns portaient une partie des travaux de la cure dont M. Olier était chargé, et les autres étaient de jeunes plantes qui promettaient déjà par leur ferveur tous les fruits que l'on a vus naître dans la suite, de leur zèle pour la gloire de Dieu et pour la réforme de l'étal ecclésiastique dans plusieurs grands diocèses de ce royaume (2).

simples clercs, l*un, Louis, le 24 septembre 1645; et l'autre, Gabriel, le 8 novembre 1646. Les deux frères, de concert avec leurs parents, aidèrent beaucoup M. Olier dans la construction du nouveau séminaire. Louis Souart, l'aîné, mourut le 16 juin 1687, et Gabriel, le plus jeune, le 8 mars 1691. Voir Vie de M. Olier, par M. Faillon, t. NI, p. 61, 187, 188, 409.

(6) Jean de Grégoire des Gardies de Parlages s'unit à M. Olier le 25 février 1645. Voir son article, 1. 1, p. 43.

(1) Jean Heudon fut admis au séminaire le 2 avril 1648. Voir pareillement son article, 1. 1, p. 70.

(2) Notre auteur n'a cité que les principaux, choisis particulièrement parmi ceux qui s'attachèrent d'une manière permanente à M. Olier pour travailler dans son Œuvre et formèrent la Compagnie de Saint- Sulpice.

Mais, d'une façon plus générale, on peut, dès le commencement, distinguer dans les sujets qui, de tous les points de la France, affluèrent

Saint-Sulpice, les deux catégories que signale notre auteur ; à savoir, ceux qui, simples clercs, venaient se préparer aux saints Ordres, et qu'il appela les jeunes plantes; et ceux qui, étant déjà prêtres, venaient, pendant un temps plus ou moins long, soit se recueillir simplement dans la vie fervente du séminaire, soit travailler à la paroisse, qui devenait ainsi comme une sorte d'école d'application des divers ministères ecclésiastiques.

C'est dans ces deux catégories que se recrutaient les sujets d'élite qui, en s'attachant d'une façon stable, quoique sans vœux, aux Œuvres de M. Olier, formaient la Compagnie de Saint-Sulpice.

Comme l'auteur le remarquera plus loin, ils formèrent toujours le petit nombre. De 1642 à 1657, année de la mort de M. Olier, le registre d'inscriptions n'en compte que 43, tandis que le registre des Ent au séminaire compte, dans le même intervalle, le total de 468 entrées, se décomposant comme suit : en 1642, huit noms s'ajoutant, pour les quatre derniers mois, a la liste du séminaire de Vaugirard, que nous

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Comme le nombre s'augmentait tous les jours, que le presbytère et quelques maisons voisines qu'on avait Louées pour loger ces ecclésiastiques (i) ne suffisaient pas pour les contenir, et que même le dérangement pour les exercices, qui étail inévitable à cause des différentes fonctions et des besoins pressants de la paroisse qui survenaient, altérait un peu l'exactitude et la régularité où devaient être les jeunes clercs, M. Olier crut qu'il fallait rétablir le séminaire de Vaugirard et y envoyer 1rs jeunes séminaristes, pour les éloigner du tumulte et les élever dans les pratiques de la vie intérieure.

On accommoda pour cet effet la nouvelle maison que M. Olier avait acquise (2); et ce fut là qu'il se fit une espèce de probation ecclésiastique, où l'on pratiquait tous les exercices de piété, d'obéissance et de mortification qui sont en usage dans les noviciats les plus austères. M. Gouderc l'ainé en était le supérieur sous les ordres de M. olier, qui ne manquait pas de les visiter toutes les semaines, pour les former lui-même à l'esprit d'oraison et de ferveur dont son cœur était animé, et les établir dans les maximes les plus pures de la vie chrétienne et ecclésiastique.

11 fallait pourvoir à leur logement, lorsque, après leur retraite, ils seraient obligés de retourner à Paris, pour achever leurs éludes et pour se disposer aux sainte Ordres. M. <dier lit pour cet effet jeter, à ['opposite du presbytère, dans le fonds même de la cure, les fondements d'un grand bâtiment, où il prétendait placer son séminaire. Mais les marguilliers, qui tenaient pour l'ancien curé, s'y étant Opposés

avons donnée plus haut ; en 1643, 19 entrées i en 1644, 19; en 1645, 20; • ■il 1646, 13; en 1647, 20; .mi 1648, I 1; en 1649, 18; en 1650, 26; en 1651, 28; en 1652, : i; en 1653, 51 : en 1654, 55; en 1655, 37 . en 1656, 45; en 16

(1) Particulièrement la maison <!•' la rue lui ardedont nous avons parlé plus haut, p. ii.', note i.

■ elle que \i. du Ferrier nous a décrite plus haut. p. Wl, note i, et qui, dès Tannée suivante, le 18 mars lit agrandie par l'ac-

quisition d'une maison contiguë. < 'est au travail d'aménagement dont parle notre auteur que Marie Rousseau semble faire allusion quand elle dit, dans ses Vémoi rea, à la date du 23 septembre 1644 <»n\.i •h de \ .m

pour contredire les vues du nouveau, quoiqu'elles leur fussent avantageuses, M. Olier changea de dessein, sur les remontrances qu'on lui fit qu'il allait faire une grande dépense sur un fonds étranger, sans avoir, de la part des paroissiens, aucune assurance que l'édifice qu'il y élèverait servirait au séminaire.

II fit donc couvrir les fondements, et il ne songea plus qu'à trouver, proche de la paroisse, une place commode pour bâtir un édifice propre au séminaire qu'il méditait depuis si longtemps. Il s'en présenta une telle qu'il pouvait la souhaiter, soit pour la proximité de la cure, ou pour son étendue (1). Le marché en fut arrêté à 25,000 écus, qui furent comptés des deniers tant de M. Olier que de M. de Bretonvilliers et de M. de Poussé (2). Et, comme il y avait dans cette place quelques petites maisons, M. Olier, partageant les ecclésiastiques qu'il avait, tant au presbytère qu'à Vaugirard, il en retint les uns dans la cure pour travailler avec lui dans la paroisse, et les autres, il les envoya dans ces petites maisons nouvellement achetées, sous la conduite de M. l'abbé de Foix, qu'il y établit supérieur; ce qui arriva le jour de , de l'année 164 (3).

Ce partage et cette translation des sujets de M. Olier du presbytère dans ce nouvel établissement est proprement le commencement du séminaire de Saint-Sulpice (4); car c'est

(1) Cet emplacement était situé rue du Vieux-Colombier, vis-à-vis celle des Cannettes, et comprenait un grand jardin avec trois corps de maisons.

(2) Le 27 mai 1645.

(3) La date est restée en blanc dans le manuscrit. C'est le il mai 1646, lendemain de la fête de l'Ascension, que M. Olier bénit cette installation provisoire du séminaire. Mais la mémoire de l'auteur lui l'ait défaut d'une façon bien plus "rave quand il y installe M. de Foix comme supérieur. M. de Foix avait été sacré êvêque de l'ainiers le 5 mars 1645, et avait fait son entrée dans sa ville épiscopale dés le 0 avril suivant. C'est M. de Poussé qui lui avait succédé comme supérieur particulier, ou directeur du séminaire.

(4) Nous avons vu plus haut (p. K)2, note Tique ce partage avait eu lieu dés les premiers temps de l'installation de M. Olier dans le presbytère de Saint-sulpice,

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l'emplacement même où on a élevé ce grand édifice que l'on voit présentement, et que l'on appelle le Séminaire de Saint- Sulpice. Il fui distingué depuis ce temps-là de la Communauté de M. le Curé en ce que dans la Communauté, on ne reçoit que ceux qui sont en état de servir aux différentes fonctions de la paroisse de Saint-Sulpice; mais, pour le séminaire, il est destiné seulement pour les jeunes clercs que l'on dispose, par l'oraison, l'étude et les exercices de piélé qu'on y pratique, à la réception des saints Ordres et à travailler un jour, lorsqu'ils en seront jugés capables, dans la cure de Saint-Sulpice, dans les séminaires de province, ou bien dans les différents endroits de l'Église où il plaira à la Providence de les appeler.

Les maisons que l'on avait achetées, et qu'on avait ajustées le moins mal qu'on avait pu, n'étaient pas propres pour une si grande Communauté (1). On songea donc d'y construire un bâtiment. On prit le temps de la première guerre de Paris. On avait déjà, dès 1648, jeté les fondements au mois de septembre, dans l'octave de la Nativité de la Sainte-Vierge ci), pour honorer, par le commencement de cet édifice tout consacré au culte de Dieu, les prémices de la vie de la Très Sainte-Vierge. On les avait discontinués et couverts à la Conception. Le mois de février suivant, quoique ce fût le temps où la guerre de Paris était le plus allumée (3), dans l'octave de la Purification, on découvrit les fondements, et on travailla avec tant de diligence, que le grand corps de logis et les deux pavillons du côté du jardin, avec les deux ailes de la cour, furent achevés à l'Assomption, à l'exclusion du

(]) <■ Notre serviteur de Dieu •, «lit m. «le Bretonvilliers, • voyant l'incommodité du logement, qui était très petit et très malsain, ayant été obligé de (aire des séparations de Bapin dans te grenier, ou dans l'hiver on souffrait un grand froid et en é*té un chaud excessif, recom« manda la maison à la Très Sainte-Vierge l ie ma. de M. Olicr, t. il, p

m Otieren bénit lui-même la première pierre, il nous décrit la cérémonie dans ses Mémoires, t. iv, p.

î Ile ne (Ut suspendue que le mois ro vaut, par la paix de Rueil, ii ma

couvert, qui manquait encore dans plusieurs endroits. Mer de Bagni (1), Nonce de Sa Sainteté en France, et qui fut depuis cardinal, y officia le jour de l'Assomption de la Sainte- Vierge 1G50 (2). 11 bénit la maison et toutes les chambres, qui, peu de temps après, furent habitées par les séminaristes.

M. Mercier (3), architecte fameux par les bâtiments qu'il a faits, et principalement par les églises de Soi'bonne et de l'Oratoire, rue Saint-Honoré, dont il a donné le dessein, fut chargé du bâtiment du séminaire. Il en fit un plan auquel on s'arrêta. Il prétendait le couvrir d'ardoises, élever les pavillons et y mettre quelques ornements d'architecture. Mais M. Olier, qui permit qu'on le fit de pierres de taille pour le rendre plus solide, ne voulut pas condescendre aux instances que lui fit M. Mercier; mais, pour conserver la simplicité qui doit paraître dans les bâtiments des communautés, il fit couvrir celui du séminaire en tuiles. II ne souffrit pas qu'on exhaussât les pavillons, ni qu'on y mit des ornements superflus. Dans cet esprit, comme on avait fait à son insu, dans l'entablement qui couronne ce bâtiment, un denticule taillé, et qu'on voulait le continuer dans l'entablement de la rue, où l'on avait commencé de le tailler, dès que M. Olier en fut instruit, il fil discontinuer cet ouvrage, aimant mieux laisser dans l'entablement quelque chose d'irrégulier et d'imparfait que d'y souffrir le moindre ornement

(1) Nicolas Bagni, né en 1584, près de Rimini, fut nonce en France de 1644 à 1656, et créé cardinal le 9 avril 1657. Il mourut à Rome le 23 août 1663.

(2) Nouvelle confusion dans les dates. C'est le 21 novembre 1650, fête de la Présentation, que le nonce Bagni oflîcia dans la chapelle, que le prieur de Saint-Germain avait bénite l'avant- veille; et c'est le 15 août de l'année suivante 1651, en la fête de l'Assomption, que le même prélat bénit solennellement la maison.

(3) Jacques le Mercier est connu aussi par la continuation du Louvre et par la construction du Palais-Royal. Il n'était pas seulement le meilleur architecte de ce temps, mais il avait encore le mérite d'être, comme on disait, le plus solide. (Félibien, Hist. de Paris, t. II, p. 1375.)

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qui aurait tant soit peu ressenti la magnificence ou le faste. La face du devant sur la rue est à l'italienne, de dix toisos de hauteur, vingt-huit toises de largeur. On donna une toise et demie du terrain du séminaire à la rue pour l'élargir, car elle était fort étroite en cet endroit. Comme on fut un peu gêné du côté de l'église, on ne put mettre la grande porte en face de la rue des Canettes : on fut ohligé de l'en éloigner de quelques toises, et de la faire enfoncée, pour donner lieu au tour des carrosses. De chaque côté de cette porte, au lieu des colonnes que M. Mercier voulait y mettre, M. Olier n'y voulut souffrir que deux pilastres d'ordre ionique, qui soutiennent une corniche fort élevée, au-dessous de laquelle on mit cette inscription gravée en gros caractères (1) :

Dans l'enfoncement de la porte, on a laissé une niche de chaque côté pour y mettre des statues de grandeur naturelle de (2)

La baie de la grande porte est fort exhaussée et à plein cintre. La porte est d'un bois de chêne : la menuiserie en est fort belle, et, sur le haut, elle est ornée, en dedans et en dehors, d'une croix en relief.

En l'ouvrant, on entre dans un grand vestibule carré, rem-

(I) L'auteur ne donne pas le texte de l'inscription. On Sait que le choix de ce texte causa beaucoup d'hésitations à M. Olier. il avait eu un moment l'idée de placer dans les niches dont il va être parlé, et qui ne furent jamais remplies, les statues de saint Pierre et de Sainl Paul, et d'écrire entre les deux, Collegiu „> Apostolicum : •■ Entendant par là », écrivait-il à m. de Basaancourt, que la maison était SOUS la protection des saints Apôtres, et que l'on aurait dessein, dans la mais m, d'étudier les vertus et les maximes des Apôtres, dont l'on invoquerait l'esprit, tons les jours, sur la maison el sur l'Église . Mais, à la réflexion, ce titre parait, et non sans raison, quelque peu ambitieux. ■ le ne pense pas >, disait-il au même. • que. si l'on met une inscription dessus le frontispice, l'on en mette d'autre que celle de : Séminaire de Saint-Sulpice, puisque c'est le nom bous lequel il est '-ou nu . (Lettre /•'•'/. t. i, p. 191.) Enfin, on se décida pour ces mots, renfermant une expressive exhortation aux directeurs el .m v ôlèvi - i a senti ne.

■ oi i.i note précédente,

plissant l'épaisseur du corps de logis de devant. Celte épaisseur, au rez-de-chaussée, est partagée, de côté et d'autre du vestibule, en deux parties dans la longueur. La moitié qui est du côté de la rue est occupée par un escalier joignant la porte, par la porterie et par des petites salles au-dessus desquelles est un entresol pour des greniers ou garde-meubles. L'autre moitié, du côté de la cour, forme une galerie de la longueur de ce corps de logis, et séparée en deux parties par le vestibule de la grande porte. Cette galerie sert à recevoir les personnes du sexe qui viennent demander les séminaristes, ou les gens de métiers. On a encore réservé pour cet effet une des petites salles.

Au sortir du vestibule et de cette galerie, se présente la cour, où l'on entre par un portique à plein cintre. Elle a seize toises en profondeur et quatorze toises en largeur. Elle est pavée de grès, avec une pente suffisamment grande pour l'écoulement des eaux, et, joignant le bâtiment, elle est revêtue entièrement de pierres de taille de deux pieds de large, posées sur une murette de deux pieds de hauteur, pour empêcher que les eaux qui tombent du toit ne pénètrent jusque dans les fondements.

La cour est formée par quatre corps de logis de neuf toises quatre pieds de hauteur. Celui du fond et celui sur la rue en dedans ont chacun quatorze toises de long, et les deux autres en ailes, chacun seize toises. Ils ne sont point doubles, mais simples et à trois étages, outre celui du rez-de-chaussée. La séparation de ces étages est marquée par une plinthe de dix à douze pouces de haut et deux pouces de saillie, régnant tout autour de la cour; et il y a une pareille plinthe servant de pierre d'appui aux fenêtres, qui sont tout unies, san/ aucune saillie sur le mur, et au nombre de dix à chaqiô étage sur chacune des ailes, et de neuf sur chacun des de*x autres corps. Elles sont placées symétriquement et perpendiculairement l'une sur l'autre : leur hauteur devient moi*h'e à proportion que l'étage est pius élevé; mais elles sont fûtes terminées carrément, à l'exception de celles du Irq^ème étage, qui sont terminées en cintre surbaissé.

414 BIBLIOTHÈQUE SULPICIEHNS

Chaque élage supérieur est partagé, dans toute sa longueur, en deux parties, dont l'une contient les chambres, et l'autre forme au-devant un courroir (1) ou galerie. Les chambres du bâtiment du fond ont leur vue sur le jardin, et le corridor qui règne au-devant donne sur la cour, sur laquelle ont leur vue les chambres des autres trois corps de bâtiment; et les trois courroirs qui régnent tout autour vont se joindre, au droit des pavillons, au courroir du bâtiment du fond ; en sorte que, dans chaque étage, on peut faire à couvert et de plain-pied tout le tour de ce grand bâtiment.

Le bas, ou rez-de-chaussée, est une enfilade de grandes salles, qui ne sont interrompues que par les escaliers. Il y en a quatre, outre celui d'auprès de la grande porte d'entrée, qui sont placés aux quatre coins du bâtiment. Ils sont de charpente, hardis et presque en l'air, et abrèvent (2) tout le bâtiment depuis les salles jusqu'aux greniers.

La cour est percée aux quatre coins, sur les bâtiments des ailes, de quatre portes élevées de trois degrés au-dessus du pavé de la cour, et qui donnent entrée aux quatre escaliers dont on vient de parler.

En entrant dans cette cour par le vestibule de la grande porte, on aperçoit sur le bâtiment du fond un petit avantcorps de trois pouces seulement de saillie, qui s'élève jusqu'à l'entablement, et qui est surmonté d'un fronton, dans le tympan duquel on lit ces mois écrits en gros caractc Fundavii eam Altiêsimus (3).

Cet avant-corps est percé au rez-de-chaussée par une porte placée au milieu, et qui fait la principale entrée <lti bâtident. Le sol en est élevé de deux marches au-dessus du

n Des la nu «lu wr siècle, on 'Usait déjà plus communément cor* '',!<>r, de l'italien corridore.

Mot inconnu : on dirait aujourd'hui dest ■ <■[{<■ inscription était chère à M. 0 ai Répondant, un Jour,! M ■• Bretonvilliers, qui lui avait donné, dans sa lettre, le titre de fondieur du séminaire de Saint-Sulpice « <■ D'est pas moi, disait-il, le fondateur : ■ vous savez qui sa divine

■ •-t. et qui l'a établie la fondatrice de la maison ' ■ 28, t. II, ]

VIE DE M. OLIER 4lo

pavé de la cour. Ce n'est, ainsi que les autres quatre portes des coins de la cour, qu'une simple baie de fenêtre abaissée jusqu'au sol et traversée, à la hauteur de neuf pieds, par un linteau de pierres formant corniche, et laissant au-dessus une espèce de petite fenêtre moins haute que large.

Dans ce même avant-corps sont pratiquées trois niches, dont deux au premier étage et une au second. Celle-ci, qui est au milieu, à la place d'une fenêtre, est remplie par une statue de la Sainte-Vierge assise, tenant de la main gauche le Saint Enfant- Jésus debout sur ses genoux, lequel lui met une couronne sur la tête. Elle est placée là comme étant la reine et la patronne de la maison. On lit sur le mur, sous ses pieds, ces paroles : Interverti pro Clero.

Des deux autres niches du premier étage, celle qui est à gauche de la Sainte-Vierge est remplie de la statue de Saint- Joseph, et l'autre de celle de Saint Jean l'Évangéliste, aussi patrons de la maison. Saint-Joseph tient un lis à la main, comme le symbole de la pureté; et Saint Jean a un aigle à ses pieds, comme le symbole de l'élévation de sa contemplation. Au-dessus de la Sainte-Vierge, sous l'entablement, parait le cadran, qui occupe la place d'une fenêtre du troisième étage; et, au-dessus du fronton, sont les timbres de lhorloge, soutenus seulement par quatre tringles de fer qui portent une calotte de plomb surmontée au milieu par une simple croix de fer.

Cette cour, qui, quoique sans ornement et malgré son extrême simplicité, a quelque chose de grand et de noble qui frappe et qui surprend, demandait, ce semble, un tout autre clocher; mais on a été bien aise de faire paraître partout la simplicité et la modestie.

En entrant dans le bâtiment du fond par la principale porte qui est au milieu, on trouve d'abord à main droite le commencement du grand escalier; et ensuite, du même côté et sous son second palier, une porte qui conduii dans la plus belle salle de la maison, dont nous parlerons dans l'instant. Vis-à-vis le commencement de ce grand escalier, et à gauche de la porte d'entrée, est une porte qui mène dans la salle

-VIO niIlI.IOTHKQUE SULPICIBNNE

appelée des étrangers, qui a deux croisées sur le jardin et autant sur la cour, et d'où l'on entre dans un petit courroir qui conduit à la porte de la chapelle. Vis-à-vis la même principale porte d'entrée, est une des portes qui conduit dans le jardin. Car, le terrain sur lequel le séminaire est bâti étant irrégulier, on a été obligé de pousser le jardin un peu plus du côté du couchant; de donner dix fenêtres à la façade qui regarde le jardin, cl d'y pratiquer, par conséquent, deux portes, dont l'une est celle dont nous venons de parier, percée vis-à-vis la principale porte d'entrée, et l'autre est placée dans la plus grande salle de la maison, dans laquelle salle on entre, comme nous avons dit, par une porte pratiquée sous le grand escalier.

Celte grande salle a trois fenêtres sur la cour, et quatre sur le jardin, en y comprenant la seconde porte d'entrée du même jardin; laquelle, comme l'autre, et comme les cinq qui sont dans la cour, n'est qu'une simple croisée, brisée par une corniche qui laisse au-dessus de la porte une petite fenêtre plus large que haute. Le dessein de M. Olier avait été, aussi bien que celui de M. de Bretonvilliers, de placer des bustes sur les deux corniches de ces portes du jardin el des cinq portes de la cour; savoir, celui de Notre -Seigneur sur la porte d'entrée du milieu du bâtiment : ceux des quatre Évangélistes sur les portes des quatre coins de la cour; el ceux de deux des patrons du séminaire sur les portes du jardin : mais ce dessein n'a pas encore été exécuté.

De cette grande salle, on entre dans le lavoir, qui est le vestibule du Réfectoire.

Ce réfectoire est percé, au levant, de trois fenêtres; de deux au midi el de trois au nord, mais dont l'une i été prise pour tonner le passage de la cuisine. Il esi fort élevé el assez vaste pour contenir dans son pourtour près de quatre-vingts personnes. Au-dessus du réfectoire est une grande salle qui renferme dans s;i hauteur le premier el le second étage. Pour le troisième, il esl destiné a faire des chambres ou autres décharges el c'esl ce que contient le pavillon bâti du côté du couchant.

Pour le pavillon du levant, il renferme la chapelle, qui occupe le rez-de-chaussée et le premier étage : au-dessus de la chapelle est la bibliothèque, et au-dessous la chapelle basse.

Le grand escalier placé à droite de la principale porte est construit en pierres d'une très belle qualité. Il est à repos fort large, très commode pour les marches, qui ont huit pieds de long chacune, et sont au nombre de trente-cinq jusqu'au premier étage, où il se termine. Il forme quatre rampes et quatre paliers de repos, y compris le corridor du premier étage, où il aboutit. La cage carrée, que laissent vide ces rampes et paliers, est bordée par une balustrade de pierre. Il est si hardi, que, les gros murs n'étant pas jugés assez forts, on ne l'a conduit que jusqu'au premier étage, où il se termine, laissant à droite l'ancien appartement de M. Olier, et la tribune qui, dans sa paralysie, lui servait de chapelle; et, à gauche, l'appartement ancien de M. de Bretonvilliers, occupé présentement par M. Tronson (1).

Le jardin est au midi. Il consiste en un parterre, au milieu duquel est un bassin avec jet d'eau, formé d'un pouce d'eau de la décharge de la fontaine du Luxembourg, que le séminaire obtint de la libéralité de feu Son Altesse Royale Mer le duc d'Orléans (2). Ce parterre est formé par une palissade de fillaria, qui s'ouvre par quatre portes qui terminent la croix du parterre. Il est bordé de trois côtés par une allée de tilleuls, et, du quatrième, par l'allée pratiquée le long du bâtiment entre les deux pavillons. 11 est petit, mais propre,

(1) Il s'agit de Louis Tronson, entré au séminaire le 1er mars 1656, et qui, au moment où notre auteur écrivait, en était le supérieur. (Voir plus haut son article, t. I, p. 123.) Deux de ses frères étaient entrés avant lui au séminaire : Antoine, connu sous le nom d'abbé de Saint- Antoine, entré le 27 septembre 1646 et qui mourut au presbytère le 16 novembre 1702; et Alexandre, plus ordinairement désigné sous le nom de Maintenon, entré au séminaire le 5 août 1650, qui ne persévéra pas dans le dessein d'embrasser l'état ecclésiastique.

(2) L'original du brevet, conservé autrefois aux Archives du séminaire, est aujourd'hui aux Archives Nationales : il est daté du 4 mars

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