CHAPITRE TROISIÈME
Règlement du séminaire de Saint-Sulpice : ordre de la journée : exercices particuliers à certains jours. — Règlement des domestiques. — Personnel qui gouverne le séminaire : te Supérieur, les Directeurs. — Esprit de la maison : dévotion à la Très Sainte Trinité, à J.-C. souverain Prêtre, à la Très Sainte- Vierge. — Nombre et emplois des officiers et domestiques.
Il n'y a rien d'extraordinaire dans les règlements du séminaire de Saint-Sulpice que l'exactitude avec laquelle on les observe, et qui ne peut être plus grande.
On s'y lève à quatre heures et demie en été, et à cinq en hiver. On fait ensuite une heure d'oraison en commun. On entend la sainte messe; puis ceux qui vont en Sorbonne s'y rendent afin d'y prendre les deux premières leçons qu'on y fait. Pour ceux qui prennent leurs cahiers dans la maison, ils vont à leurs chambres jusqu'à huit heures et demie, qu'on sonne la classe, qu'ordinairement un docteur de Sorbonne est chargé de faire; les autres, qui ne vont point en classe, étudient dans leurs chambres (2).
Le chant commence à dix heures et dure jusqu'à onze. On y va par bandes, selon l'ordre qui en est donné par le maitre de chant.
A onze heures, on sonne l'examen particulier, où chacun lit tout bas, à genoux et tète nue, un chapitre du Nouveau Testament. Ensuite, celui qui préside lit tout haut un des
(1) L'un était alors Supérieur du séminaire, et l'autre curé de la paroisse.
(2) Il y avait donc, dès l'origine, deux enseignements pour lesélc\ es du séminaire : l'un, en Sorbonne, pour ceux qui aspiraient aux grades académiques, et l'autre se donnan t dans la maison même.
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Examens qui ont été faits par MM. Olier, de Poussé et Tronson (1), et qui sont réduits en forme de méditation.
A onze heures un quart, on sonne le diner. Il y a un séminariste qui lit à table, et trois qui servent trois jours consécutifs. Le quatrième, le lecteur garde la porte le matin ou le soir : les serveurs aident à la cuisine pour nettoyer la vaisselle, le matin et le soir.
Après le dîner, on fait la récréation en commun. On en retranche les cabales et amitiés particulières. On ne monte point à sa chambre pendant ce temps sans permission.
A une heure, on continue le chant jusqu'à deux, et ceux qui sont obligés à l'Office divin vont en réciter Vêpres et Complies, en commun, dans la salle des Exercices. Les autres, qui ne sont obligés ni à l'Office ni au chant, se retirent dans leurs chambres.
A trois heures, on fait la conférence des Cas de conscience pour ceux qui sont obligés de s'y trouver. 11 y a d'autres conférences, trois fois la semaine, pour ceux qui vont en Sorbonne et pour ceux qui prennent des leçons dans la maison.
Celui qui fait la classe fait ordinairement la répétition à ceux qui prennent leurs leçons sous lui. Pour les autres, qui vont en Sorbonne, c'est ordinairement un licencié ou un docteur qui leur fait leurs répétitions.
Toutes les semaines, il y a une thèse, que soutiennent alternativement ceux qui vont on Sorbonne et ceux qui prennent leurs leçons à la maison.
\ cinq heures, on dit le chapelet en commun (2). Comme
(1) On voit, par cette énumération d'auteurs, que l'on suivait des ce moment, pour Les Examens particuliers, la nouvelle rédaction faite par M. Tronson, et don! il reste, à la Bibliothèque particulière île l'Institut de France, un exemplaire portant précisément la date de notre manuscrit, 1682. Ce n'est que plus tard que M. Tronson donna à cet ouvrage sa dernière forme, en y ajoutant de nombreuses citations. V >ir tome I, p. 133.
(2) \ la suite d'une insigne grâce reçue de la Très Sainte-Vierge, M. Olier avait réglé que la récitation du chapelet durerait une demiheure, comme cela Be pratique encore durant la retraite générale, au commencement de chaque année.
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ceux qui vont en Sorbonne disent leur chapelet pendant le chemin, en y allant, ils font leur lecture dans la salle des Exercices, chacun en particulier, pendant que les autres disent leur chapelet.
A cinq heures et demie, on dit Matines et Laudes en commun : il n'y a que ceux qui sont obligés au Bréviaire qui s'y trouvent.
A six heures un quart environ, on sonne le souper, qui est suivi de la récréation, et à huit heures, on fait la prière du soir.
On donne de vive voix le sujet d'oraison deux fois la semaine, le lundi et le mercredi. On fait une conférence spirituelle les samedis et veilles des bonnes fêtes, avant la prière du soir.
On fait la répétition de l'oraison le mardi et le samedi.
A neuf heures, tout le monde doit être couché.
Un séminariste éveille le matin et porte, en hiver, de la lumière dans les chambres. Un autre fait la visite le soir dans toutes les chambres, excepté celles de M. le Supérieur et de M. l'Économe, pour voir si les lumières sont éteintes et le feu couvert.
Sans permission : 1° on n'entre point dans la chambre les uns des autres ; 2° on ne s'absente point des exercices ni de la récréation; 3° on n'écrit et on ne reçoit point de lettres qu'on ne les présente; 4° on ne sort point en ville et on n'y mange point; 5° on ne va pas même à la paroisse de Saint- Sulpice qu'avec la communauté; 6? on ne sort point du chœur, à moins qu'on ne soit officier; 7° on ne va point à l'infirmerie ni à la cuisine; 8° on ne fait point venir de médecin et on ne prend point de remède, à moins d'une maladie habituelle; 9" on ne reçoit de dehors ni papiers, ni argent, ni bardes en dépôt.
Tous les jours de dimanches et de fêtes, on va à la paroisse, à la grand'Messe et à Vêpres. On s'assemble pour cela dans une salle, d'où l'on part deux à deux en disant le Miserere. On fait la génuflexion deux à deux en entrant dans le chœur, et on se salue; puis on va prendre sa place.
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On assiste aussi à Matines les fêles de Pâques, de la Pentecôte, de la Toussaint, des Morts, de Noël et du Saint-Sacrement. On assiste pareillement aux saints du Saint-Sacrement qui se font les premiers jeudis et les premiers dimanches des mois (i). Les officiers doivent se trouver à la sacristie devant que les autres séminaristes partent du séminaire.
Les Fêtes et Dimanches, vingt-cinq ou trente séminaristes sont occupés au catéchisme dans l'église, dans les charniers et dans différents quartiers de la paroisse. Les uns font le catéchisme, les autres y assistent pour tenir les enfants dans le silence et dans la modestie requise (2).
Toutes les semaines, il y a un jour entier de congé en été. On prend le jour le plus heau et l'on va le passer à Issy, où l'on prend ses repas. En hiver, on n'a congé qu'une aprèsdinée, pendant laquelle on va à Issy se promener. 11 n'y a point d'autres jeûnes d'ohligation que ceux de l'Église (3) : il y a néanmoins plusieurs séminaristes qui jeûnent par dévotion et qui volontairement, avec la permission de directeurs, font d'autres pénitences.
On fait les exercices d'une retraite spirituelle en entrant dans la maison, et on les réitère tous les ans ordinairement.
Un y reçoit des laïques et des ecclésiastiques en retrait*1. On ne leur demande rien pour leur dépense : ce qu'on a toujours ohservé depuis l'établissement du séminaire : on ne refuse pas, néanmoins, ce qu'ils offrent librement.
(\) Des l'année 164-1, par un contrat daté du iAr septembre, la duchesse d'Aiguillon avait contribué a Condor ces divers saints: ceui des premiers dimanches pour obtenir la grâce d'une bonne mort, ceux des premiers Jeudis pour implorer la misêri orde de Dieu sur la paroi
(2) hr< l'origine, plusieurs exprimèrent la crainte que la multiplicité de ces offices ou catéchismes ne nuisit au progrés des études, i propos de ces craintes une \i. Mum-.ii.i-i-. consulté par M. Olier, lui répondait, le 22 aoûl 1647, avec sa \rv\t' toujours or Mon-
sieur, Monsieur, il faut travailler dans la hiérarchie, et non pas I ■ • -t ••
Sauf celui de la veille de la Présentation, qui s'esl toujours pratiqu< de 5aint>Sulpi<
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Il y a, pour les malades, une infirmerie et deux infirmiers; et, comme la dépense y est plus grande, la pension des malades est aussi plus forte.
Les domestiques ont de même leur règlement. Chacun d'eux doit être attaché à son emploi. Ils ont tous les jours l'oraison, la sainte messe, leurs examens, leurs repas, leurs récréations, leur lecture, leur chapelet, leur service à la cuisine et leur prière du soir; et, toutes les semaines, ils ont, le samedi au soir, la conférence spirituelle comme les séminaristes.
Ils ne s'exemptent point de leurs exercices; ils ne sortent point de la maison et n'entrent point dans la chambre les uns des autres, ou même des Messieurs, sans permission. Ils gardent un silence aussi exact que les séminaristes, qui est universel, hors le temps des récréations.
Il leur est défendu de demander et même de recevoir de l'argent de qui que ce soit, leurs gages leur devant suffire.
Il y a deux portiers, l'un pour aller aux chambres, l'autre pour garder la porte, l'ouvrir et la fermer, ce qu'ils font alternativement. Celui qui a soin de la porte doit la tenir fermée, et en avoir la clef sans la laisser jamais à la porte, quoiqu'ils doivent toujours se tenir auprès, pour être prêts à l'ouvrir dès qu'on sonne, lis ne vont prendre la clef qu'après l'oraison. Un des Messieurs va fermer la porte lui-même, lorsqu'on sonne la prière du soir, et remettre ensuite la clef entre les mains de M. le Supérieur.
Il y a quelques autres règlements, tant pour les Messieurs que pour les séminaristes, les domestiques, l'infirmerie, la bibliothèque, et pour la plupart des exercices : ces règles ont été en partie introduites par l'usage, et sont d'une extrême conséquence pour le bon ordre. On n'en grossira cependant pas ce mémoire, qui est déjà assez étendu.
Le gouvernement du séminaire de Saint-Sulpice roule sur M. le Supérieur et MM. les Directeurs.
Jusqu'à présent, MM. les Supérieurs ont, avant leur mort,
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désigné leur successeur (1). M. Olier, instituteur et premier supérieur, en usa ainsi à L'égard de M. «le Bretonvilliers, qu'il marqua (lf vive voix pour son successeur. M. de Bretonvilliers désigna par écrit M. Tronson; et l'on a eu tant de respect pour leurs sentiments, que la déclarai ion qu'ils eu ont faite a été reçue de leurs enfants comme une loi qui leur a élé inviolable.
Les Directeurs du séminaire de Saint-Sulpice de Paris, aussi bien que les Supérieurs et les Directeurs des séminaires de province qui lui sont unis (2), dépendent, pour leurs emplois, de l'ordre de M. le Supérieur.
Il y a quatre Directeurs à Saint-Sulpice, qui, avec M. le Supérieur, conduisent les séminaristes, et ont soin tant du spirituel que du temporel de la maison.
Un d'entre eux est préposé à tous les exercices du règlement général (3), comme l'Oraison, l'Examen, le Chapelet, les Conférences spirituelles, etc. Il y préside et donne tontes les permissions en l'absence de M. le Supérieur, que la multitude et la diversité de ses occupations, tant pour Paris que pour les provinces, empêche de se trouver régulièrement a tous les exercices.
Les trois autres sont chargés de la direction des ecclésiastiques du séminaire et de ceux d'une petite Communauté qui en dépend (4), quoique M. le Supérieur partage quelque-
i « ette désignation n'a eu lieu que pour les deux premiers Bucces- Beurs <ie m. Olier. Mais le respect qu'elle inspirait n'empêcha point de procéder à leur élection 'l'une façon régulière. Nous en avons pour témoin le procès-verbal '!<■ l'élection de m. de Bretonvilliers, à laquelle présida saint Vincent de Paul, et donl <>n peut voir le fac-similé ri m- la Vie de M. Olier, par M. Faillon, t. m. p. 178.
Noue verrons, en effet, que du séminaire de Saint-Sulpi • elle avait été fondée, l'œuvre de \t Olier ne tarda pas, selon la prédiction <ie ta Mère kgnès, a se répandre au dehors, pour des n • nistèroa semblables, là où l'appelait laconfli réques
1 s ont les i îtions que nous avons vu remplir, d'abord par
l'abbé de i-"i\, et, après lui, par \i de Poust
i e qu'on appelait P nmunauté était un Beconri
• i.nit .m premier, et destiné .< i eux qui, manquant ri< n'en . ment Mans tous -es point* i t
fois avec eux cette direction. C'est lui qui assigne à chacun son directeur. Il prend connaissance de tout; il y veille incessamment, et tous les directeurs et les officiers lui doivent rendre un compte exact de ce qui se passe et des inobservances du règlement. Chacun veille sur son emploi particulier, et cette vigilance continuelle et universelle entretient dans la maison un ordre, un silence, une exactitude et un recueillement qui ne le cède point aux Communautés les plus réformées.
Cette vigilance assidue n'empêche pas qu'on y remarque une fort grande liberté. Car on se fait un point de conscience et d'honneur de son devoir; et, comme on en écarte l'esprit d'enfant et d'écolier; que la plupart y sont venus volontairement ; que ce n'est pas l'empressement pour les ordres qui les y porte, mais le désir de leur propre perfection; que le gros de la maison est composé de bacheliers, de licenciés et de docteurs, qui sont des esprits bien faits et qui même ont vécu plusieurs années dans le séminaire, c'est une assemblée de personnes d'élite, raisonnables, ferventes, qui ont moins besoin d'éperon pour avancer que de frein pour se modérer.
Toutes les vertus y sont, dans un continuel exercice. On y embrasse avec joie les actions les plus humiliantes, comme de balayer dans la maison, de laver et nettoyer la vaisselle. L'obéissance y est prompte, exacte et aveugle; et la plupart y vivent dans une si grande soumission, qu'ils sont disposés à partir pour les séminaires de province, pour le Canada (1)
1672 dans une maison située rue Pot-de-Fer (aujourd'hui rue Bonaparte), elle subsista jusqu'en 1G90. Plusieurs ecclésiastiques illustres, r.odet des Marais, évêque de Chartres, et Fénelon, archevêque de Cambrai, y passèrent tout le temps de leur séminaire.
(1) M. Otier avait toujours rêvé d'aller prêcher l'Évangile aux peuples sauvages du canada. En 1636, l'autorité du Père de Condren fut seule capable de l'empêcher de suivre à cet égard l'inspiration de son zèle. Il se dédommagea en unissant ses efforts à ceux de M. de la Dauversiêre pour fonder la mission de rîte de Montréal, où il cul la consolation, l'année même de sa mort, d'envoyer trois <!<• ses prêtres, dont tant d'autres devaient bientôt suivre les traces. < 'esl dans cette circonstance que, ayant proposé cette mission aux membres de sa Compagnie, tous s'offrirent de concert.
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ou pour la Chine (1), au moindre ordre qu'on voudrait leur en donner, et sans avoir d'autre dessein que d'y servir dans les moindres emplois, el d'y souffrir les croix qui en sont inséparables. On en refuse un grand nombre de ceux qui demandent d'entreprendre ces voyages et de se charger de ces emplois pénibles. On n'y porte et on n'y sollicite personne. (»n se contente de prier Dieu sur eux, de suivre leur grâce, e( d'entrer sans empressement dans les ouvertures qu'ils donnent pour leur établissement, el pour l'accomplissement de ses desseins sur son Église et sur son œuvre (2).
C'était l'esprit de M. Olier. Aussi cet abandon où il vivait lui-même avait mérité que N.-S., en moins de huit ou dix ans, lui eût donné trente ou quarante sujets de qualité, de zèle. de talent, de piété el d'abandon, qui se sont sacrifiés dans les provinces du royaume (3), dans le Canada el dans la
d i Nous verrons plus loin qu'il s'offrit lui-même au l'ère Alexandre de Rhodes, qui était venu en France chercher des missionnaires pour la rhine. celui-ci, convaincu que l'œuvre entreprise en France par M. Olier valait mieux que tout ce qu'il pourrait faire en Chine, crut devoir résister à ces instances réitérées; mais, à défaut 'lu père, il • lut accepter quelques-uns de ses enfants, qui, connue notre auteur va nous le dire, allèrent, dans ces lointains pays d'Orient, consumer leur vie au service de Jésus-Christ.
; i: B'en explique lui-même dans ses Mémoires. ■ Notre-Seigneur désire », écrit-il, • que, dans la formation de notre Société, Je suive entièrement la conduite qu'il a tenue lui-même dans l'établissement
□ Église avec les apôtres, sans user de moyeu- humains, d'inventions mondaines et séculières. Il ne veut point que la prudence humaine nous associe, mais que notre Société soit l'ouvrai -m Esprit, et que sa charité nous tienne unis et liés ensemble, n \.uit mieux recevoir un sujet de la main de Dieu, que cent mille d'ailleurs : leur demeure parmi nous Bera bien plus assurée, bien fluet piu< tructueuse. si ils entraient ici par nue autre iroie, la prudence humaine qui les y aurait conduits les embarrasserait dans - toute leur rie : et, comptant sur les moyens humains, ils n'auraient point de consistance et de stabilité, et demeureraient fnnt «tan- leur stérilité naturelle. »
: trtout de- trois pro\ incea du \ elaj . du
i Auvergne, dans la région desquelles se trouvait son abbaye de Pé-
U eurent, a i 6 titre, le- preu
Chine, pour travailler au salut des âmes et à la réforme de l'état ecclésiastique; ainsi que nous l'avons marqué dans ce mémoire et que nous le ferons voir encore dans la suite.
Ils doivent être tout dévoués au culte de la Très Sainte et Très auguste Trinité (I). Leur silence et leur retraite doivent être, dans le séminaire, pour honorer le silence et le repos des trois Personnes Divines dans le Ciel; et, comme tous les trésors de la nature et de la grâce, et tous les mystères de l'Homme-Dieu sont des suites et dépendances de ce grand mystère, toutes leurs actions et leur conduite doivent aussi tendre à l'honorer.
Jésus- Christ Souverain prêtre tient aussi un rang éminent dans leur cœur ; et, comme il n'est venu sur la terre que pour être le prêtre et la victime qui s'immole à la gloire dé la Très Sainte-Trinité, les prêtres du séminaire doivent être des prêtres et des hosties consommées dans le feu de son amour, et immolés à son service. Ils ne sont, par leur caractère, que l'extension de son sacerdoce éternel : ils doivent aussi être remplis de sa vie et de son esprit, revêtus de ses états d'abaissement et de gloire, et pénétrés de ses vertus, de ses sentiments et de ses mystères.
Leur liaison avec la Mère de Jésus doit être continuelle. Ils sont obligés de reconnaître que leur puissance n'est qu'un écoulement de sa divine maternité. Comme sa fécondité n'a rien que de saint, qu'elle est fondée sur la vertu du Père Éternel, et qu'elle ne se termine qu'à son Fils, le Saint
« Offrant à N.-S. », nous dit-il lui-même en nous racontant sa deuxième mission d'Auvergne, « ces pauvres lieux et les provinces voisines, comme le Yelay et vivarais, contiguës <le l'Auvergne, il me semble qu'il me fut dit : Je te charge de ces provinces » [Mêm.3 t. I, p. 44 ». Il se le tint pont' dit; et, après qu'il eut quitté sa cure, ee fut une de ses grandes préoccupations d'y envoyer et d'y maintenir des ouvriers vaillants qui y continuèrent l'œuvre de saint François Régis; et les séminaires du Puy, de viviers et de Clermont, qu'il eut la joie d'y établir avant sa mort, ont contribué après lui de rendre permanent dans ces provinces le bien qu'il s'était efforcé d'y produire.
M) Nous avons vu plus haut, pag. 392, note 2, que c'était la pensée qui animait les trois premiers fondateurs du séminaire.
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des Saints; aussi leur sacerdoce ne s'exerce que par la vertu du Père Éternel dans laquelle ils entrent, et il ne se termine
que sur Jésus, qu'ils produisent sur nos aulels et qu'ils sacrifient à sa gloire. La vie de Jésus en Marie, dans les ardeurs et le zèle qu'elle a pour Dieu, doit être la vie qui les anime. Leurs intérêts sont les intérêts de Jésus; leurs désirs et leur esprit sont les désirs et l'esprit de Jésus vivant dans sa sainte Mère.
Honorer Dieu, aimer Jésus et sa Mère, porter avec patience et amour la part qu'il donne à ses croix; se mettre aux pieds de tout le monde, et principalement des ecclésiastiques à la sanctification desquels ils travaillent, et ne s'attacher à eux que pour établir dans leur cœur le règne de Dieu, et conserver à leur égard l'esprit d'une amoureuse et continuelle servitude; vivre dans le monde séparé du monde, sans prétendre ni chercher de bénéfices, d'établissements et d'emplois, mais seulement la croix, la sanctification des prêtres et le salut des âmes; n'attendre rien des créatures, quelles qu'elles soient, mais tout attendre de Dieu seul; vivre sans vœux, plus souple et plus dépendant que ceux qui font des vœux ne le sont de leurs supérieurs : voilà quelque chose de ce qui est requis pour être un prêtre du séminaire de Saint- Sulpice. Ces dispositions, qui sont si rares, sont cause qu'il se trouve peu de sujets propres pour un si grand œuvre, •M que les séminaires de Sainl-Sulpice ne se multiplient pas beaucoup : ce qui esl aussi fort conforme aux vues de MM. Olier et «le Bretonvilliers (i).
outre le Supérieur et les quatre directeurs du séminaire, il v faut aussi des officiers :
(h m. < ttieren faisait la recommandation expresse aux continuateurs de son oauYre : ■ Attente autem aibi caveat domua, ne (Tequenttori tentationi impetita succumbat, quippe qu», intuitu reliquarum tatum, quai m Bcclesia Dei vigent, velit intumescere et gtoriari Irequentia et nul itudine aociorum, ad boa quoeumque voluerit deduoendi lutem domua base quod bue uaque, ad modum myrroas
taper pauciasima est, dederit idonun sunna, et ii< ut • i aroanattJMu .
1° II y a un docteur destiné pour les leçons de théologie et les répétitions qu'on en fait; 2° un autre pour les retraitants, qui ordinairement fait la conférence des Cas de conscience ; 3° un licencié, pour les répétitions de ceux qui vont en Sorbonne; 4° un autre licencié ou docteur pour être le surveillant de tous les catéchismes, et pour présider aux conférences qu'on en fait; 5° un maître de cérémonies; 0° un maître de chant; 7° un sacristain; 8° un sous-sacristain pour aider à la sacristie et accommoder la tribune ; 9° une personne préposée pour avoir soin des domestiques, leur dire la messe, être présent à leur table, leur donner leurs permissions, les confesser, leur dire la prière, faire leurs lectures et leurs conférences spirituelles, etc.; i0° un économe pour le soin de tout le temporel de la maison; il0- un bibliothécaire; 12° un visiteur des chambres le soir; 13° une personne pour réveiller les matins; 14° une autre pour sonner la cloche du règlement; 15" un pour veiller sur le réfectoire, marquer ceux qui doivent servir, ceux qui doivent lire et leur montrer ce qu'ils doivent lire et le ton qu'ils doivent prendre; 16° un pour allumer les lampes ou les chandelles dans les couloirs et dans les salles, et pour avoir soin de faire allumer le feu en hiver; 17° un pour veiller sur les besoins de L'infirmerie et des Messieurs en ce qui regarde leur entretien, et pour fermer les grandes portes tous les soirs.
Pour les domestiques, il y a : 1° un portier; 2° un second portier; 3° un cuisinier; 4° un sous-cuisinier; o° un pour le linge et les chambres; 0° un dépensier pour le réfectoire et la cave; 7° un boulanger; 8° un infirmier; 9° un sous-intirmier; 10* un marmiton; 11° un serviteur de M. le Supérieur.
11 y a encore d'autres serviteurs qui appartiennent à plusieurs particuliers, et qui sont obligés aux mêmes exercices que les domestiques de la maison. On ne peut pas se dispenser d'en avoir, mais on s'en charge le moins qu'on peut ; et pour ne les pas tant multiplier, on fait payer pour eux la même pension que pour leurs maîtres, qui est de 400 livres.