CHAPITRE QUATRIÈME
Résumé chronologique de la vie de M. Olier. — son portrait au physique et au inoral. — Ses principaux écrits. — Tendresse et générosité de son cœur. — Son esprit d'oraison. — Étendue et enets de son zèle. — Son aversion pour Les nouveautés du temps. — Son désintéressement et ses pénitences. — Son humilité au milieu des grâces extraordinaires qu'il recevait. — Son Esprit par M. de Bretonvilliers.
M. Olier a été, comme on l'a dit, le fondateur et le premier supérieur du séminaire de Saint-Sulpice. Il naquit à Paris, en 1608, le 20 septembre. Il fut bachelier de théologie en 162.. (1). Il se convertit entièrement à Lorette en 1630. 11 s'appliqua aux missions et aux autres bonnes œuvres depuis 1634 (2) jusqu'en 16... (3). Il alla établir un séminaire à Chartres en 1640 (4). 11 établit celui de Saint-Sulpice à Vaugirard en 1642 (o); puis, la même année, étant curé de Saint- Sulpice, il y fit une Communauté de prêtres, établit le séminaire de Saint-Sulpice (6), d'abord dans différentes vieilles maisons, et enfin dans celle où ils demeurent à présent: et. après avoir gardé dix ans la cure de Saint-Sulpice, où il es-
(1) C'est dans les premiers mois de 1G30 qu'il faut, d'après ce que nous avons dit plus haut (p. 373, note \), placer le baccalauréat de M. Olier.
(2) Notre auteur prend pour point de départ la première mission d'Auvergne, commencée, avons-nous vu (p.377,note2) vers le milieu du mois de mai 1634. il laisse de coté les premières missions auxquelles M. Olier, îles son retour d'Italie ei avant même que d'être prêtre, s'appliqua <iaus les alentours de Paris, sous la direction de saint Vincent de Paul, et qui remplirent les années 1632 et 1G33.
(3) Il faut lire 1641. Nous avons vu, en effet (p. 384, note i), que les diverses missions données par m. Olier et ses compagnons dans le diocèse 'i'- Chartres, pendant les années 1639 <■( 1640, se terminèrent par une grande mission donnée dans la \ ille même de Chartres, pen- ■ i mi les premiers mois de 1641.
i après la note à laquelle nous venons de renvoyer, l'essai de séminaire à Chartres Buivit la mission donnée dans cette \iii<' i donc 1641 qu'il faut lire, et non 1640.
I • < m, plus exactement, d'après ce que nous a^ insdit(p 891, n le ra décembre 1641.
suya des travaux incroyables pour réformer celle paroisse et la mettre sur le pied où on l'a vue de son temps et depuis sa mort, il s'en démit (1) entre les mains de M. de Verneuil, abbé de Saint-Germain (2), qui y nomma M. de Bretonvilliers en 1652; et, après avoir fondé les séminaires du Puy (3), de Viviers (4) et de Clermont (5), il tomba en apoplexie en
(1) Le 20 juin 1652. Le même jour, en exécution de son acte du 2 avril 1649, à la réalisation duquel de graves conseils l'avaient fait surseoir sur certains points, il remit purement et simplement son prieuré de Bazainville entre les mains de l'abbé de Marmoutiers, sans prétendre à aucune réserve.
(2) On sait que la cure et le séminaire de Saint-Sulpice dépendaient, non de l'archevêché de Paris, mais de l'abbaye de Saint-Germain-des- Prôs. L'abbé dont il est parlé ici est Henri de Bourbon, duc de Verneuil, fils naturel de Henri IV et de Catherine-Louise de Balzac, duchesse de Verneuil, né en octobre 1601. Nommé dès 1612, à l'âge de onze ans, évèque de Metz, il avait été pourvu quelques années plus tard, entre autres bénéfices, de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dont il prit possession le 7 décembre 1623. Henri de Bourbon, qui n'avait jamais reçu les Ordres sacrés, se démit de son évèché en cette année de 1652 où le récit de notre auteur nous a conduit, et de tous ses autres bénéfices le 12 octobre 1669. Neuf ans plus tard, le 29 octobre 1678, il épousa Charlotte Séguier, veuve de Maximilien-François de Béthune, duc de Sully : étrange destinée d'un homme, évèque à l'âge de onze ans, et marié à l'âge de 77 ans. Il mourut à Verneuil, le 28 mars 1682.
(3) Le mandement par lequel M. de Maupas, évèque du Puy, érige son séminaire, — et en donne la direction, dit-il, « à M. l'abbé Olier, Supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice de Paris, et à ses successeurs en la dite charge, et à ceux qui nous seront envoyés de leur part, pour en être les supérieur, gouverneurs et administrateurs sous notre autorité », — est daté du 10 novembre 16."),'. M. de Lantages en fut le premier supérieur.
(4) Les lettres par lesquelles M. de Suze, évèque de Viviers, établit le sien sont du 18 juin 1653. M. de Queylus fut le premier supérieur.
(5) Le même M. de Queylus fut le premier supérieur du séminaire de Clermont, érigé par ordonnance de M. Louis d'Estaing, évèque de Clermont, du 23 février 1656. Mais M. de Queylus ne lit qu'y passer, étant destiné par M. Olier à l'œuvre de Montréal. M. «le Poussé le remplaça provisoirement pendant un an, et eut pour successeur, aux vacances de 1657, M. Pierre Couderc, sous lequel fut signé, le 13 janvier 1659, l'union du séminaire avec celui de Saint-Sulpice.