‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 28 sur 134 · M. DR MONTMORIN · texte numérisé non relu

M. DR MONTMORIN

« En 1740, le prélat renouvelle une ancienne ordonnance pour qu'il fût réservé dans les cimetières un espace distinct et non bénit, où l'on devait enterrer les enfants morts sans avoir reçu le baptême. L'année suivante, il rend une autre ordonnance relativement à la discipline générale et particulière, à l'intégrité de la foi, à l'instruction des fidèles, etc. Il établit un bureau conciliateur pour les ecclésiastiques qui auraient entre eux quelques contestations ou procès : ce bureau tenait séance tous les mercredis » (1).

« Le collège de Langres est incendié en 1744 : le prélat fait des dons considérables aux jésuites pour le rétablissement de celte maison » (2).

« La même année 1744, le prélat établit à Arc-en-Barrois un petit séminaire composé d'un directeur et de deux professeurs, l'un pour la logique et l'autre pour la physique, en faveur des jeunes gens qui se destinaient à l'état clérical, afin de nourrir leur goût pour la piété et de les éloigner des occasions du vice : ce petit collège n'exista qu'un an » (3).

« En 1751, il ordonne que tous les vicaires subiront, chaque année, un examen sur les traités de théologie qui leur seront indiqués » (4).

Député à. l'Assemblée générale du Clergé qui se tint à Paris en 1755, M. de Montmorin fut l'un des présidents, avec les archevêques de Bourges, de Narbonne, d'Embrun et d'Auch, et les évèques de Montpellier, de Grenoble et de Baveux.

Le 13 mai 1759, il donna un mandement sur la victoire remportée à Berghen par l'armée française, que commandait le duc de Broglie (5).

En 1760, à l'occasion du jubilé, autre mandement. 11 n'avait, parait-il, que deux pages d'impression; ce qui fournit au spirituel correspondant des Nouvelles ecclésiastiques l'occasion de dire que la brièveté est un des caractères qui

(t) Mathieu, p. 232.

(2) Mathieu, p. 232.

(3) Mathieu, p. 232, 233.

(4) Mathieu, p. 233.

(5) Nouvelles ecclésiastiques j 9 octobre 1750, p. 1G5, 160.

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distinguent les mandements de M. de Monlmorin; aussi, à Langres, les nomme-t-on «• les brefs de M. L'évéque ». Tel qu'il est, cependant, ce mandement contient encore des choses de trop, au sentiment du gazetier janséniste ! car il y est dit que « le précieux dépôt de la foi, les saintes règles de la discipline, l'autorité sainte des pasteurs, paraissent au Pape être attaqués partout ». Mais « que peut-on espérer de bon d'un évoque qui fait régner dans tout son diocèse l'ultramontanisme et la misérable théologie de Poitiers..., et qui, non content de vouloir qu'on reçoive la Constitution, voudroit encore sérieusement en établir la doctrine » 1 (1).

Lorsque la Société des Jésuites eut été dissoute par les Parlements, M. de Monlmorin publia en leur faveur une Lettre pastorale de Mgr Vévêque de Langres, au Clergé séculier et régulier de son diocèse, datée de Mussy-l'Évêque, le 1er août 17G3, in-4° de 12 pages. S'il faut ajouter foi au réquisitoire de l'Avocat général Joly de Fleurv, ce mandement « ne porte point de lieu d'impression, ni de nom d'imprimeur, et se dislribuoit dans le diocèse de Langres avec les réserves qui annoncent la clandestinité ». Outre I»' tort de défendre un ordre supprimé, l'évéque de Langres, au dire de l'Avocat général, avait eu celui de vouloir « affaiblir la certitude des vérités établies dans les quatre articles de la Déclaration du Clergé; d'avoir voulu obscurcir ces vérités. et induire en quelque sorte en erreur ceux qui sonl peu versés dans cette matière ». Aussi, un arrêt du Parlement de Paris, en date du B septembre 1763, ordonna-t-il que le mandement serait brûlé, et l'arrêt publié et affiché dans la ville de Langres, et partout où besoin sérail -

A la nouvelle (pie sa Lettre avait élé brûlée par la main du bourreau, l'évoque de Langres en adressa une seconde an clergé séculier et régulier de son diocèse, l'an- celle-ci, datée du I-' septembre 1763, le prélal • remercie Dieu de la grâce » qu'il lui a faite de souffrir pour la gloire de son

\) Nouvelles ( S3 a\ ni L780, p. E

'éiiattiques, 16 Janvier 1764, p. M5.

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