‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 29 sur 134 · M. DE MONTMORIN · texte numérisé non relu

M. DE MONTMORIN

nom », et il exhorle son clergé à demander à Dieu la force nécessaire pour ne pas « dissimuler aux peuples l'entreprise » du Parlement « contre l'autorité sainte » dont le prélat est revêtu, et la sagesse pour en parler avec ménagement et réserve (1). Dénoncée au Parlement, le 29 février 1764, par un de Mr5 des Requêtes, dont on imprima le discours, cette seconde lettre fut condamnée, comme la première, le 3 mars 1764, sur un nouveau réquisitoire de Joly de Fleury.

« A la distribution des Onctions, faite à Langres celte même année, le prélat charge les doyens-ruraux et les vicedoyens qu'il venait de créer de distribuer aux curés et vicaires de nouveaux Statuts relatifs à la discipline. On y distingue un article très sage portant défense aux maîtres d'école de chanter aucun office public, tels que matines, vêpres, etc., à moins que le curé ou vicaire n'y préside; et dans le cas où ceux-ci en seraient empêchés, il permet seulement de faire une prière en commun, où l'on pourra chanter les litanies de la Sainte-Vierge, suivies d'une lecture désignée par le curé » (2).

Voyant l'incrédulité faire chaque jour de nouveaux progrès dans son diocèse, M. de Monlmorin donna une Instruction pastorale sur la Religion, adressée à tous les fidèles de son diocèse, et datée du château de Mussy le 2 mai 1766; in-4' de 64 pages. Elle était « excellente »; et cependant, elle ne fut pas entièrement du goût des Nouvelles ecclésiastiques (3).

A une date que l'on ne peut préciser, M. de Montmorin ajouta des Instructions sur la Confirmation au grand Catéchisme de son prédécesseur : « Instructions générales par demandes et par réponses sur la Foy, l'Espérance, la Charité, les Sacrements, les Devoirs du chrétien et sur plusieurs pratiques de piété, composées par Monseigneur l'Evesque duc de Langres, Pair de France, à l'usage des fidèles de son dio-

(1) Nouvelles ecclésiastiques, 23 janvier 1764, p. 15.

(2) Mathieu, p. 234.

(3) Nouvelles ecclésiastiques, 4 septembre et 30 octobre 1706, p. 1 16- 148, et p 179-180.

cèse »; A Langres, chez Claude Personne, sans date, in-12 (I).

Enfin, « le 19 mai 1770, le grand prélat de Montmorin termine ii Paris des jours consacrés tout entiers au bien de la religion : il avait puisé le zèle qui l'animait dans la Congrégation de Saint-Sulpice, dont il avait été membre et directeur du petit séminaire; il y fut inhumé. Son cœur devait être transporté au Val-Saint-Lieu, mais par un concours de circonstances, il resta à la cathédrale de Langres. 11 est renfermé dans un cœur d'argent placé derrière un grillage, au côté droit de l'autel de la chapelle des Fonts baptismaux. — Ce sage prélat faisait faire de fréquentes missions, et s'y transportait souvent lui-même, prêchant de parole et d'exemple. 11 était vénéré à la Cour, et lorsqu'il y paraissait, Louis XV avait coutume de dire à ses familiers : Taisonsnous, ou changeons de discours, voici l'évêque de Langres. La famille royale l'honorait aussi de son estime et de son respect. L'abbé Proyart rapporte que Madame Louise, avant de se faire religieuse, avait eu plusieurs entretiens avec ce saint évêque » (2).

De son vivant, en 1755, son éloge fut fait dans un ouvrage où personne, assurément, n'aurait l'idée d'aller le chercher, dans l' Encyclopédie ! L'auteur de l'article Encyclopédie, exposant les qualités que devrait réunir un travail de celle espèce, dit qu'il faudrait y recueillir « tous les traits frappants îles vertus morales »; et après avoir cité comme exemple M. Godinot, chanoine de Reims, il continue eu ces termes : • \ssocions-lui un prélal respectable par ses qualités apostoliques, ses dignités, sa naissance, la noble simplicité de ses mœurs, et la solidité de ses vertus. Dans une grande calamité, ce prélat, après avoir soulagé par d'abondantes distributions gratuites en argent et en grains la partie de son troupeau qui laissait voir toute s. m indigence, son-,- a v,.courir celle qui cachoil sa misère, eu qui la honte étouffoil la plainte, el qui n'en étoil que plus malheureuse, contre

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