‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 41 sur 134 · M. LE G01THY · texte numérisé non relu

M. LE G01THY

savantes conférences de M. Gofvry désiraient en posséder le résultat. Des copies imparfaites, dues encore à une espèce de pieux larcin, se procuraient difficilement à très haut prix; et l'on n'avait encore rien d'authentique, rien qui fil autorité. M. l'abbé Gofvry, si distingué par toutes les vertus ecclésiastiques, par toutes les connaissances qui appartiennent à une science qui les suppose toutes et n'en exclut aucune, avait consacré sa vie à l'enseignement de ses confrères : il avait porté dans toutes les branches de l'Instruction cette profondeur de recherches, cette méthode, cette clarté qui simplifie les questions les plus difficiles et les rend aisées à saisir. En exposant le principe, il savait indiquer toutes les conséquences que l'on pouvait en tirer, et en faciliter toutes les applications : ce talent inappréciable, fruit des plus longues et des plus sérieuses études, rendait ses conférences une source riche et féconde, où ses auditeurs puisaient tout ce qui pouvait à la fois les diriger et les soutenir dans leurs travaux. Mais l'habitude de l'enseignement public, la facilité d'expression, la richesse de moyens que l'on acquiert en parlant fréquemment sur les mêmes sujets, la nécessité de se rendre intelligible à tous ceux devant qui l'on parle et pour qui les mêmes explications ne sont pas également frappantes, donnent, sans qu'on s'en aperçoive, une certaine prolixité, une certaine diffusion qui, favorable à l'auditeur, embarrasse et fatigue quelquefois celui qui lit et qui étudie. — Les Conférences de M. l'abbé Gofvry étaient le fruit des études de toute sa vie. A Valence, à Orléans, Angers, Saint- Rrieuc, la doctrine de ce Concile avait été le sujet de ses leçons ; mais elles n'étaient point écrites, ou du moins il ne les jugeait pas lui-même écrites avec assez de précision, revues avec assez de sévérité, pour accéder aux demandes de ses confrères qui le priaient de les livrer à l'impression ; et quand il sut que quelques copies de ses cahiers circulaient dans le public, il en témoigna son regret, et le vif désir que quelque ecclésiastique exercé sur ces objets voulût du moins y porter ce coup d'œil sévère, celte exactitude rigoureuse absolument indispensable dans un ouvrage doctrinal, où une

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expression même n'est souvent pas indifférente ; ce que son grand âge et ses infirmités ne lui permettaient plus d'exécuter lui-même. Lorsque la mort l'a enlevé ii l'édification et à l'instruction du clergé, soft ouvrage a été remis à un théologien instruit, vicaire général de plusieurs diocèses, dont le seul nom serait l'éloge, si sa modestie nous permettait de le nommer. Il a soigneusement revu, examiné le travail de M. Le Gofvry, suivant les intentions et dans l'esprit de ce vertueux ecclésiastique; et ensuite, on l'a soumis à l'examen de Nosseigneurs les Évèques, à celui de plusieurs docteurs et professeurs en théologie; et c'est d'après cet examen et sur ces approbations qui en constatent la pureté, la vérité, et qui en rendent la doctrine une autorité, qu'aujourd'hui nous donnons au Public les Conférences de M. Le Gofvry telles qu'il désirait qu'elles parussent ».

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