ÉVÊQUE DE SARLAT
Joseph-Marie-Luc Falcombelle de Ponte d'Albaret était issu d'une famille noble de Piémont venue en France, pour s'y établir, sous le règne de Louis XIV, et qui avait donné un Grand Maître à l'Ordre de Malle. II naquit à Perpignan le 18 octobre 1736, fit ses études classiques au Collège Louis h' Grand, à Paris, et entra ensuite au séminaire de Sainl-Sulpice, où il reçut la prêtrise des mains de l'archevêque de Paris. Le 7 avril 1764, il fut reçu docteur de Sorbonne, et durant quelque temps fit partie de la Communauté. Il en sortit, un peu par ambition, selon M. de Sauzin, el en l'année 177:5. suivn nt M. Gosselin. Il devint vicaire général de M. de Juigné, quand relui ci ('-tait évéque de Chalons-sur-Marne. l n frère de M. d'Albaret, <|ui étail intendant ;i Perpignan, !<• no aux honneurs. Nommé par !«■ nu ;■ l'évôché de Sarlal le 15 avril 1777, M. d'Albarel tut sacré le » janvier 1778, et
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installé peu de temps après. « La Noblesse l'aimait, dit un de ses biographes; la bourgeoisie le respectait; et son clergé, dont il s'était fait le père, le chérissait » (Audierne, Calendrier du département de la Dordogne , année 1847; Précis historique de la ville de Sarlat et ses Evêques , p. 258-275). « En 1782, dit un autre, une épidémie (la suette) apportée de Toulouse fit à Sarlat les plus grands ravages; on rapporte, à la louange du prélat, qu'il donna, en cette occasion, le bon exemple du pasteur qui se sacrifie pour son troupeau, allant consoler et secourir les malades jusque dans leur demeure » (Le livre d'or des diocèses de Périgueux et de Sarlat , ou le Clergé du Périgord pendant la période révolutionnaire, par l'abbé H. Brugière; Monlreuil-sur-Mer, 1893, in-8°, p. 3).
Le siège de Sarlat ayant été supprimé par l'Assemblée Nationale, M. d'Albaret n'eut à prêter aucun serment; il resta dans la ville, se laissa élire maire, et en exerça les fonctions pendant un an, jusque vers la fin de 1792. Alors, il rentra dans la vie privée. Mais, dès le 6 mai 1791, lorsque Pierre Pontard, Curé-archiprêtre de la cathédrale de Sarlat, eut été élu évêque constitutionnel de la Dordogne, M. d'Albaret lui écrivit une lettre pleine de dignité et de charité, dans laquelle il lui faisait sentir les conséquences de son intrusion et l'inanité de ses prétentions. Elle est citée in extenso dans l'ouvrage intitulé : Pierre Pontard, évêque constitutionnel de la Dordogne, par P.-J. Crédot; Paris, 1893, p. 364-367. Pontard répondit par un long factum, reproduit dans le même ouvrage, p. 367-374. Voyant l'inutilité de ses remontrances, M. d'Albaret adressa à son clergé un Plan de conduite, dans lequel il lui trace ses devoirs visà-vis de l'intrus et vis-à-vis des fidèles (V. Crédot, ouvrage cité, p. 374, 375).
Malgré la difficulté de la situation, il n'avait pas quitté la ville de Sarlat, et n'avait pas été jusque-là inquiété. Cependant, « une nuit, il entend frapper à sa porte à coups redoublés: un homme ivre de vin, et peut-être de sang — c'était le bourreau — lui intime l'ordre de partir avant le lendemain, sous peine de l'y forcer s'il n'obéit pas ». « C'est
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hion, mon ami, répondit l'évoque, je vous remercie de l'avertissement et j'en profiterai ». M. d'Albarel partit pour Paris et alla trouver Pontard, qui lui sauva la vie en lui procurant une retraite pendant les massacres «le septembre. M. d'Aïbaret revint ensuite ii Sari al et fut sans doute, peu après, conduit et renfermé en réclusion, à Périgueux. dans l'ancien monastère de Saint-Benoit. Ce prélat, dans les premiers temps de sa détention, très effrayé par les événements, affectait avec ses geôliers une certaine familiarité qui faisait peine à ses compagnons d'infortune. L'exemple de M. Duchazaud, ancien chanoine régulier de Sainte-Geneviève, I Paris, fit retrouver à l'évêque sa dignité pastorale. Ayant obtenu sa liberté, il se rendit de nouveau à Sarlat, et partit peu après pour Pignerol, où se trouvait son neveu, dans une propriété de famille (1795). II abandonna Pignerol en 1796 à L'approche des troupes françaises, et se réfugia à Turin avec sa famille, dans la paroisse Sainl-Damase. C'est là qu'il mourut, le 22 mai 1800. Il fut enseveli avec tous les honneurs dus a sa dignité dans la sépulture des chanoines de la métropole, où l'on voit encore cette modeste épitaphe : Falcombello. ab. Albaretto. Joseph. Maria. Lucas. Bpiseopuê Sarlatensis. in Gallia. Obiit Taurini die XXII maii Ml»1 I I Altatis suœ LXIV i llrugière. op. cit., p. 3).