ÉVÊQUE DE VINC.EXNES (ÉTATS-UNIS
Siméon-Guillaume-Gabriel Brute de Rémur naquil à Rennes
le 12 avril 1779, et fut baptisé le lendemain dans l'église Saint-Germain, sa paroisse. A l'âge de sept ans, le -7 juin 1786, il perdit sou père, qui était avocat au Parlement el inlendant des domaines de la Couronne en Bretagne. Il fut élevé avec soin par sa mère, femme d'un mérite distingué, qui n'omit rien pour faire passer dans l'âme de ses entants la foi vive et la tendre piété dont elle était animée elle-même.
fidèle à ses leçons, le jeune Gabriel se sentit plus affermi dans l'attachement à la Religion, à mesure que la persécution révolutionnaire en rendait la pratique plus dangereuse. Lorsque les prisons de Rennes regorgeaient de victimes et que le sang ruisselait sur les échafauds, il se roua, «lu consen* tement de su mère, a un ministère de charité où il risquait sa vie, <-t dont si piété et sa prudence l'avaient fait juger d - \ peine âgé de quatorze ans, il entrait dans les prisons déguisé en garçon boulanger, el portait aux prisonniers le pam qui nourrit le corps, celui qui donne la vie aax âmes. le époque, il avait déjà fait avec >\>- brillants suc* es ses éludes classiques; il se \it bientôt obligé de les interrompre
M. BHUTB DE REMUE 2'l I
pour se livrer au modeste emploi de compositeur dans l'atelier d'imprimerie que sa mère, ruinée par la Révolution, avait été obligée d'établir pour soutenir sa famille.
Vers la fin de 1795, il commença ses études médicales sous la direction d'un éminent chirurgien de Rennes, nommé Duval. Deux ans après, il alla les achever à Paris, et en 1803, il obtint le grade de docteur. Sur 1,100 étudiants qui, cette année-là, suivaient les cours de la Faculté, 120 seulement furent admis; et, parmi eux, M. Rruté, après un examen remarquable, reçut le premier prix, appelé prix Corvisarl. Aussitôt, le Gouvernement nomma M. Rruté médecin d'un des premiers hôpitaux de Paris; mais il donna sa démission, et, cette même année 1803, il entra au séminaire de Sainl- Sulpice.
On voit par une lettre de M. Émery à sa mère, lettre datée d'Issy le 20 août 1804, en quelle estime M. Émery tenait le nouveau séminariste (Cfr. Vie de Monseigneur Brute de Rémur, par l'abbé Charles Rruté de Rémur; Rennes et Paris, 1887, in-8'\ p. 87). 11 reçut la tonsure le 22 décembre 1804, les Ordres-mineurs le 21 décembre 1805, le sous-diaconat le 31 mai 1800, le diaconat le 23 mai 1807, et la prêtrise le 10 juin 1808, des mains de M-r André, évèque de Quimper. Admis alors dans la Compagnie, il était destiné au séminaire de Nantes : mais l'évèque de Rennes refusa son consentement, parce qu'il voulait utiliser pour son propre séminaire les talents de M. Rruté. Celui-ci obéit, mais il ne cessa d'entretenir avec M. Émery de fréquentes relations. 11 contribuait même par ses recherches a la composition de ses ouvrages. Dans les lettres qu'il lui écrivait, M. Émery le remercie souvent de ses notes, et lui dit qu'il tiendra compte de ses observations. Dans une d'elles, il lui dit : « Il est bien juste, mon cher Brute, que vous ayez les prémices de la Vie de la Mère Agnès, puisque vous y avez bien voulu concourir. Je vous l'envoie par la poste. Si vous me répondez, marquez-moi dans quel coin de la bibliothèque, a peu près, se trouve l'ouvrage à la lin duquel est une lettre de Louis XIV que vous m'avez découverte » {Vie de M: Brute de Rémur, p. 102).