DE LA FRANGE ORIENTALE
t* L'extension des recherches jusqu'aux premiers éléments des nombres^ afin d'arriver au plus haut degré de certitude possible ;
2^ L'usage de tableaux dressés uniformément, remplis sur les lieux par des chiffres, et certifiés par les fonctionnaires qui les ont exécutés ;
3^ Une limitation restreinte de ta nomenclature de ces tableaox, afin que retendue du travail ne donne ni motifs ni prétextes pour trouver impossible de l'entreprendre ; ^
4® Un choix dans les chiffres demandés, qui, pour en diminuer le nombre, exclut ceux qu'on peut obtenir par une déduction rigoureuse, telle que la valeur totale des produits, qu'il est facile de connaître, quand on sait quels sont leur quantité et leur prix ;
5^ La multiplication des moyens de révision, de correction et de contrôle, appliqués aux résultats de toutes les opérations successives dont se compose Tinvestigation.
Le but et l'utilité de ces dispositions seront mieux appréciés par leur application pratique que par leur simple énonciation:
Deux méthodes fort différentes pouvaient être employées dans l'entreprise de la Statistique agricole de la France : Tune , prompte et facile, consiste dans des évaluations de toutes choses, faites en masses , par département , et plus ou moins arbitraires; l'autre, longue et compliquée, procède, au contraire, en recueillant jusque dans les moindres localités, les données qui lui sont nécessaires, et c'est en agroupant les chiffres de toutes les communes que sont formés successivement ceux des cantons, des arrondissements , des déparlements , des régions , et enfin ceux du royaume entier. Cette méthode ayant été considérée comme la seule qui soit rationnelle , il a été résolu de l'employer pour faire exécuter, dans chacune des 37,300 communes de la France, un cadastre de son domaine agricole, un inventaire de ses produits ruraux, un recensement de ses animaux domestiques, et un tableau de ses consommations.
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Pour atteindre i ce bot, des instructiont ont été adressées aux préfets^ et transmises par eux h chacun des sous-préfets et des maires^ avec les modifications qu'exigeait la diversité des lieux. À ces instructions était joint un tabieau-roodèle dont elles prescrivaient de remplir les colonnes par des chiffres , expri* mant en mesures métrique ou en monnaie décimale : retendue de chaque espèce de culture, des pâturages et des bois : — la quantité et la valeur de leurs produits annuels ; — - et la quantité de chaque sorte de consommation. Le revers de ce tableau indique le nombre des différentes espèces d'animaux domestiques ; la valeur de chacun d'eux ; — - et leur rcTenu annuel^ moyen et total. Ces données sont complétées par celles du nombre des animaux abattus, et par tout ce qui est relatif à la consommation de la viande, soit en quantité ou en valeur, soit en totalité ou par habitant.
Tous les termes numériques réclamés pour chaque commune ne s'élèvent au plus qu'à 36, et dans les lieux où les cultures sont, peu variées, ils sont réduits i 30 » c'est-à-dire au onzième du nombre des questions statistiques , auxquelles il fallait répondre par des chiffres, d'après le programme de 1810. Mais quelque limitées et simples que soient cesdonnées, le grand nombre de personnes appelées k les fournir a dû faire prévoir le cas où leur recherche ne trouverait pas une capacité ou un zèle suffisant. Les instructions ministérielles , en investissant le maire de chaque commune de la mission d'en dresser le tableau agricole, ont donc statué que, s*il avait besoin de collaborateurs ou de suppléants, le préfet désignerait, 3i cet effet, le directeur des contributions directes , le percepteur , les agents forestiers, rinsiiiuteor primaire, ou tout autre fonctionnaire public, et qu^il réclamerait iVide et le concours de tous les citoyens notables, particulièrement de ceux qui composent les comices agricoles et les sociétés d'agriculture. Cette confiance n'a point été déçue, etj dans une multitude d'occurences, des habitants notables des campagnes, des hommes éclairés , mais
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étrai^ra à ce ganre de travail^ des médecins , des juges de fMÀx, des ecclést4ftCtquos , ont prêté volontiers leur assistance , et ont donné à ces recherches des soins assidus et déTonés.
Néanmoins^ une si Taste entreprise^ exécutée pour la première fois , et lorsque les connaissances statistiques sont encore si peu répandues , devait rencontrer nécessairement de grands et nombreux obstacles. Dans plusieurs endroits les enquêtes ont été reçues avec défiance^ comme devant servir à quelque projet fiscal; mais ces Tausses idées ne se sont point accréditées. En général, les difficultés ont surgi dans les communes rurales : par la tendance à répondre plutAt par des mots que par des chiffres ; — par le défaut de notions des mesures métriques; — * par l'usage commun de caractères^ presque illisibles ; — et surfout par la nouveauté du travail j qui^ faisait exagérer la puissance du moindre empêchement. AiHeurs , les difficultés ont eu pour causes : Topinion qu^me telle entreprise devait être nécessairement exécutée^ comme le cadastre^ par des agents spéciaux et salariés ; — - la pré? ention qui faisait regarder la plupart des maires des campagnes comme incapables d'un travail de chiffres ; — » une disposition opiniâtre à modifier le plan général^ d'après une multitude de points de vue particuliers ; — le défaut d'achèvement du cadastre ; — et jusqu'à la nomenclature des différentes sorte» de surface» du territoire , qui , dans un paya aussi vaste , ne peut être exempte de variation , d'incertitude et de confusion. Il n'est pas inutile de s'^naler ces difficultés, afin de les prévoir une autre (ois et<l*en prévenir les effets*
Pour obvier à celles qui consistent dans des omissions ou des erreurs de chiffres^ les préfets ont soumis les tableaux des commune» à des commissions de révision, formées par cantons et par arrondissements, et à une commission centrale, créée au chef-lieu du département. De grandes améliorations ont été introduites daqs le travail par ces réunions d'hommes éclairés, possédant la pratique de l'agriculture et la connaissance des locaUiés.
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Obtenir de toutes les parties de la France , sans une seule exception, les 37 300 tableaux de la Sutistique agricole^ était sans doute l'opération la plus difficile de cette vaste entreprise; mais il en fallait une autre presque également longue et ardue pour utiliser ces matériaux : c'était l'opération de leur dépouit* lement et de leur transformation.
On ne pouvait, en effet, songer à publier une statistique par communes, car elle aurait formé une bibliothèque de 25U volumes in-4'' de 300 pages chacun ; et les résultats , qu'il importe tant de connaître , auraient été ensevelis sous la masse énorme des détails. Pour réduire le travail à des proportions convenables, il a fallu décomposer, chiffre par chiffre^ les tableaux des communes et en former des tableaux d'arrondisse-^ ments divisés par nature de produits. Ainsi , les chiffres des 19000 communes de la France orientale ont été réduits do manière à être représentés par ceux des 177 arrondissements ; et 830 000 termes numériques se trouvent convertis en 8 à 9000 parles additions partielles de leurs éléments. Par exemple, pour ce qui concerne uniquement le froment , 289 lignes fournies par l'arrondissement de Laon sont résumées en une seule, et tous les chiffres exprimant les détails de cette production, dans les 839 communes du département de l'Aisne, sont analysés en six lignes dans un tableau qui en expose fidèlement et avec lucidité les résultats généraux.
Au lieu donc d'arriver d'emblée, par une estimation arbitraire, à attribuer, comme autrefois, à un département, une production dont la distribution locale n'a^vait pas même été re*. cherchée, on remonte, par la méthode suivie dans ce nouveau travail, des chiffres des communes a ceux de l'arrondissement^ et de ceux de Tarrondissement aux termes généraux , qui font connaître l'agriculture du département.
Sans doute, des opérations numériques aussi étendues, exigent de grands et persévérants efforts ; mais, en outre de l'avantage de conduire au but proposé, elles ont encore celui clV