‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 24 sur 93 · DE LA FRANCE ORIENTALE · texte numérisé non relu

DE LA FRANCE ORIENTALE

gir^ comme la pierre de touche^ sur les chiffres soumis h leurs épreuves multipliées. Quelques détails succincts montreront quelles sont ces épreuves.

Dans les tableaux des communes, on trouve enregistrée inévitablement dans la même colonne la production de chacune des diverses cultures. Les chiffres qui Texpriment^ n'ayant aucun rapport entre eux> n'offrent aucun moyen de comparaison. Mais les tableaux de dépouillement sont pour cet objet d'une tout autre valeur ; ils sont divisés par nature de produits, et ckposent, dans le même cadre, en séries continues, les quantités de froment, de méteil, de seigle, d'orge, etc., données pour chaque commune, par telle étendue de culture* Cette étendue, les quantités de semences et de produits, leur prix et leur consommation sont rapprochés de façon h faire ressortir toute omission, et à rendre apparente toute exagération en plus ou en moins. Ce sont ces témoignages qui servent h la correspon* dance journalière du bureau de la Statistique générale, pour demander, dans les départements, des vérifications ou des rectifications qui ont lieu dans les localités mêmes où les erreurs ont éré commises.

Les tableaux d'analyse, les seuls qui sont livrés à Timpression* fournissent des moyens de révision encore plus nombreux et plus puissants. Us sont formés de toutes les additions des tableaux de dépouillement , et mettent en regard tout ce qui est relatif h chaque sorte de culture. On y trouve cinquante espèces de données statistiques , qui sont répétées pour chaque arrondissement, et qui exercent les unes suf les autres un centrale mutuel. Par exemple, en rapprochant du chiffre de la production totale celui de l'étendue de ia culture , et en divisant le premier par le second , on obtient la quantité de produit par hectare. Cette quantité, donnée en hectolitres et en parties dliectolitre, est indiquée dans une même colonne pour tous les arrondissements ; et dès lors il s'établit entre eux une compa raison qui ne permet à aucun chi0re trop faible oïl trop fort d'échapper à un examen attentif.

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La conversion des quantités en valeurs^ par Tapplication des prix moyens^ corrobore cette épreuve ; car, en faisant connaître quelle somme on obtient de la culture d'un hectare dans un arrondissement, elle fournit une donnée qui doit être analogue i celle qu'on tire d'une pareille opération pour les arrondissements voisins.

Il faut remarquer que le fil de celte analogie est quelquefois rompu brtiaquement dans des Ueux dont la production s*élève ou s'abaisse extraordinairement. Mais ce sont des excepiiofis dont la cause est facilement trouvée dans une fertilité supérieure bien connue, telle que celle de l'arrondissement de Meaux, ou dans le voisinage des grandes villes qui fournissent à la culture d'a« bondaots engrais.

Ce n'est pas à dire que ces épreuves puissent révéler une fai<* ble atténuation de la production, comme le déficit d'un hectolitre par hectare. Mais elles garantissent qu'aucune erreur considérable ne peut s'introduire dans cet inventaire de notre richesse agricole; et lorsque, dans une pareille matière, on peut se flatter d'arriver si près de la vérité > qu'il n*y a plus de chance d'en être séparé que par un quinzième de la distance parcourue, on peut croire avoir atteint un d^ré d'exactitude qui n'est pas moindre que celui des documents statistiques qui ont obtenu Tapprobation de la science et l'estime du public.

J'ose espérer. Sire, que vous me pardonnerex ces détails techniques, en reconnaissant que c'est par eux qu'on mesurera le degré de certitude de tant de faits essentiels à la prospérité de la France, cet objet de la consunte sollicitude de Votre Majesté.

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