STATISTIQUE A6RIC0LB
de cette division par laquelle le territoire est partagé en quatre régions^ contenant chacune vingt et un du vingt-deux départements^ el ayant à très peu près la inéme étendue et la même population : circonstance essentielle; puisqu'elle rend possible de comparer les différentes parties du pays, soit Tune avec l'autre, soit deux à deux. Ainsi, de même que Tagriculture de chaque région peut être comparée à celle des trois autres régions séparément, on peut encore, si Ton en réunit deux ensemble, comparer une moitié de la France avec l'autre moitié, et montrer les analogies et les différences qui existent entre elles, soit qu'on oppose le territoire oriental au territoire occident al, soit qu'on rapproche les départements du Nord de ceux du Midi.
Des subdivisions, qu'on peut admettre ou rejeter à volonté, sont données par la considération du gisement. Elles rassemblent dans chaque région les départements qui bordent les frontières ou les c6tes, et ceux qui appartiennent h l'intérieur du pays. Il importait de constater si ces dissemblances dans la position géographique exercent sur l'agriculture une aussi grande influence que celle qu*elles ont sur la population^
Dans chacune des quatre grandes divisions du territoire, trois séries de tableaux statistiques reproduisent tous les faits agricoles sous des points de vue différents.
La première série concentre ces faits dans chacun des départements auxquels ils appartiennent. C'est une topographie statistique de l'agriculture.
La seconde série énumère tous les produits ruraux ; chacun d'eux y est l'objet d*un tableau spécial, et Tindication des localités ne vient qu'en seconde ligne. Néaninoins, elle reçoit ici un développement dontil n'y avait point encore d'exemple. La production de chaque sorte de culture est exprimée non-seulement par département, mais encore par arrondissement , ce qui forme une masse de détails complètement inédits.
' Statistique de la France, tome l*% p. 252.
DE LA PMASCB ORIKNTALB. 247
La troitiifne sërie récapitule à la fois les deux autres par départements et par produits ruraux. Toutefois^ elle ne se borne point à en résumer les chiffres ; die les distribue de manière h montrer quels sont les principaux éléments de Téconomie agricole d'une région.
Elle énonce^ dans une suite de tableaux^ Tétenduedcs cultures^ les semences qu'elles exigent^ la quantité de produits qu'elles fournissent, celle qui est disponible^ celle qui est consommée annuellement, et enfin la valeur de chacune de ces classes soit toiale, soit par hectare.
Ces trois séries se complètent les unes et les autres. Elles se contrôlent mutuellement; et, en effet, il ferait difficile que des chiffres considérés sous tant d'aspect ne décelassent pas les erreurs qu'ils contiendraient. S'il en est qui soient exceptionnels, Tobservation les trouve et les saisit aisément au milieu de ces évolutions multipliéesi et l'on peut reconnaître par quel phénomène est interrompue la chaîne des analogies.
Outre leur but commun et général, ces séries, qui se composent de plus de 200 tableaux statistiques, satisfont chacune séparément à un besoin particulier de la science et du pays. La première est récbroée par la géographie de la France, la seconde par l'agriculture, et la troisième par Téconomie politique, qui, depuis longtemps, appelle de tous ses vœux les importantes notions qu'elle doit y trouver.
Les. faits numériques dont est formée la Statistique de l'agri* culture sont rattachés, dans un ordre constant, à chacune et à toutes les divisions du territoire, depuis Tarrondissement qui ne contient pas 150000 hectares jusqu'à la double région qui en comprend plus de 26 millions.
Ces faits, résumés le plus succinctement possible, donnent, pour les 43 départements situés à Test du méridien de Paris, les résultats que je vais avoir l'honneur de mettre sous les yeux de Votre Majesté.
La nioitié orientale de la France comprend, sur un territoire
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de plus de 26 mUlions d'bectare«, une popukiiion de près de 16 millions d'habitants. Elle esl divisée en 177 arrondissemenU çt lUjOOO communes. Sa partie septenlriosale coniîeni presque deux fois autant de communes que celle du midi ; sa surface est moins grande^ mais sa population est plus nond^reuse et plus dense.
La région du nord compte près de 12 millions d'hectares^ et 1719000 maisons imposables, qui paient^ en principal^ 38 millions et demi de contribution foncière.
La région du midi a 12 millions et demi d'hectares^ et
1 443000 édifices soumis h TimpAt foncier^ auquel ils contrîbuent pour environ 31 millions et demi.
J)ans la première de ces régions, la cote moyenne est de 2 francs 68 centimes par hectare imposable; dans la deuxième^ de 2 francs 4 centimes. L'une paie, terme moyen, 3 francs 93 centimes par maison, et l'autre 4 francs 6 centimes.
Les deux régions réunies, >qui forment un peu moins de la moitié de la France continentale, possèdent 24 millions et demi d'hectares imposables, et 1700000 non imposables, avec 3 163000 édifices soumis h I'imp6t, et près de 46000 qui en sont exempts.
La cote moyenne générale monte, par hectare imposable, à
2 francs 35 centime», et par maison, à 3 francs 99 centimes. Ces notions préliminaires, qui font connaître le territoire,
la population et l'assiette de l'impAt foncier, permettront de mieux apprécier les données numériques que va présenter la statistique agricole de cette belle partie de la France.
1« Etendue des cultures. — Sur 26 millions d'hectares, 9 600 000 ou beaucoup plus d*un tiers sont occupés par les cultures. Cette proportion s'élève à la moitié, si l'on scoute aux terres actuellement cultivées les jachères et les plantations diverses comprises sous les noms de vergers, pépinières, oseraies, aulnaies, etc. Mais si l'on se borne à énumérer les cultures proprement dites, en rejetant même les prairies artificielles
DE Là FaAeCB OBlBVTAIiC. 249
pamii les pâturage», il y a «eulament 8 863 000 hectares cuU îMê, ou 1 sur 3. Dans la région septentrionale, on compte à peu près 10 hectares culiivés sur 25 ; dans celles du midi, 10 sur 34.
La sur&ce totale de ces cultures est distribuée en trois par* ties principales, savoir :
Céréales 6 538 198 hect., les (rois quarts.
Vignes 897 423 > un dixième.
Cultures direrses . . 1 428 081 > un sixième.
ToCa! 8 863 702
C'est plus d'un hecure en culture, pour chaque couple d'ha* bilants.
Le choix et la diversité des cultures sont déterminés, nonseulement par les exigences du climat et du sol , mais encore par les besoins et surtout les habitudes des populations.
Dans la région du nord, le froment et le méteil couvrent une surface presque double de celle qu'ont leurs cultures dans la région du midi; Torge et Tavoine y ont une étendue pour ainsi dire quadruple; mais le seigle et le mais y sont réduits à moitiés Les jardins, les champs destinés aux légumes secs y sont deux fois aussi grands, et la culture du colza et de la betterave y est d'une étendue quintuple. Celle du chanvre est d'un tiers en sus, et les lins occupent 23 fois autant d'espace.
H est vrai que Tinfluence du climat favorise dans le Midi plusieurs cultures repoussées par elle dans la région du nord. Ainsi, les mûriers couvrent 41000 hectares, les oliviers 117 000, la garance 15 000, les chardons cardières 1 100, etc; La vigne trouve également, dans les départemenU méridionaux, une protection qui lui est refusée parfois dans ceux de la région septentrionale, et les terrains qu elle y occupe sont moitié plus étendus.
2^ Quantité et valeur des semences . — On n'avait pas encore calculé avec exactitude la masse de céréales prélevée, chaque
250 STATISTIQUB AGRICOLE
année, sur la production pour l'ensemencement des terres. Elle est beaucoup plus grande qu'on ne Timagine communément. Elle est formée de 5 millions et demi d*becloliires de froment et d^épeaulre, et de plus de 3 millions et demi d'hectolitres de méleil et de seigle. Les autres sortes ajoutent à ces quantités au delà de 5 millions ; ce qui fait annuellement 1 4 i 1 5 millions d'hectolitres employés uniquement à la reproduction des céréales. C'est, dans les années abondantes, une Taleur de 162 millions de francs qui, dans les autres, monte a plus de 350. La quantité de semence pour un hectare ne Tarie pas beaucoup; elle excède 2 hectolitres pour les céréales principales, au nord ainsi qu'au midi. Elle est un peu plus grande pour l'orge, et plus encore pour l'aToine. Les pommes de terre exigent phis de 6 millions d'hectolitres, h raison de 12 et demi par hectare. C'est une dépense moyenne de 13 millions.
3^ Quantité et valeitr de la production annuelle, — Aucune question d'agronomie et d'économie politique et sociale ne peut égaler Timportance de celle qui est posée et résolue ici. Il s'agît de la subsistance de la population, du bien-être et de la richesse du pays.
Les termes que nous allons établir expriment la production d'une année commune. Ils s'élèTcnt dans les années abondantes, ils se restreignent dans les mauTaises années ; mais il est essentiel de dire qu^il s'en faut alors de beaucoup que la diminution des produits soit aussi grande qu'on le suppose ordinairement , et qu'il y ait aucune Térité dans les expressions d'une demi-récolte, d'un tiers de récolte, dont on se sert asvez communément. Ce sont des exagérations qui ont tout au plus quelque fondement à l'égard d'une localité, d'une commune, d'un canton, et qu'aucun exemple ne justifie en ce qui concerne une région, un pays étendu,
La masse entière des céréales produite, année moyenne, dans les 43 départements de la France orientale, forme 84 millions et demi d'hectolitres, que le prélèrement des semences réduit
DE LA FRA9CE OftlBUTALB. 251
à 70 milUons. lia région septentrionale fournit les deux tiers de cette YASte production, celle du midi produit l'autre tiers.
Les céréales appropriées plus particulièrement à la nourri* ture de rhomoie, satoir : le Troment, Tépeaulre, le méteil et le seigie, rapportent 52 millions d'hectolitres, et les autres, Forge, Tavoineetle mais» environ 3t millions.
Les 70 millions d'hectolitres disponibles donnent 2i chaque habitant 4 hectolitres et demi pour sa nourriture et celle de ses animaux domestiques. Les espèces destinées spécialement à sa subsistance lui fournissent beaucoup au delà de 2 hectolitres et demi, dont le froment forme les deux tiers, et le méteil et le seigle le surplus. Dans les années abondantes, celte subsistance n'excède pas une valeur de 786 millions de francs ; dans les. temps moins favorables, elle en vaut 1 200. C'est, pour la dépense de chaque individu, une différence de 50 à 75 francs.
Les céréales, qui constituaient autrefois toute la subsistance de la population, deviennent progressivement d'une nécessité moins absolue, depuis qu'elles ont pour auxiliaire la culture de la pomme de terre et des légumes secs, et les produits des jar* dins. Les soins donnés à ces productions fournissent maintenant, chaque année, une masse de subsistances vraiment prodigieuse. On récolte dans la France orientale 55 millions d'hectolitres de pommes de terre, ou 3 et demi par habitant. La culture en grand des légumes secs en fournit 2 millions d'hectolitres ; et la valeur brute des produits des jardins s'élève h près de 72 millions de francs.
Dans cette moitié du royaume, la vigne, qui occupe presque 900 000 hectares, rapporte au delà de 20 millions d'hectolitres de vin estimés à 231 millions et demi, et à plus de 263, en y comprenant les eaux-de-vie. Dans le Nord, rhectolilre de vin ▼aut 29 francs, et 18 seulement dans le Midi. Il est fabriqué annuellement 3360 000 hectolitres de bière et 461 000 de cidre de toute sorte. Leur valeur réunie n'excède pas 52 millions i
252 stATisTiQtJB Aomcou
La tetteraTe occupe moini de37 000 hectares^ qui rappor* tent enTiron 12 miUjoiis cPbeetolitret^ ettimët 20 milKons de francs.
Le colza coutre au moins 116000 hectares ^ qui donnent- 1 500000 hectolitres de graines. Le rcTCtiu brut de l'hectare monte à près de 300 francs^ et la valeur totale de la ricohe à 35 militons de francs.
Les plantes texiiles couvrent plus de 100000 hectares. Le Irn donne 12 millions de kilogrammes de filasse» et le chanvre 33 millions et demi ; ensemble^ avec leur graine^ ils donnent une récolle eslimée à 64 millions et demi.
Les mûriers^ dont la culture a reçu une extension trop ré« cente pour être correctement appréciée^ donnent un revenu brut par hectare qui dépasse 1 000 Trancs ; et le produit totat des valeurs dont ils sont la première source n'est pas au-dessous de 42 millions de francs.
Estimée d'après les bas prix d'une année moyenne d'ahon* dance, la production s'élève, d^près les évaluations les plus détaillées^ aux sommes ci-dessous énumérées.
Céréales 950 000 000
Vignes 264 000 000
Bière et cidre ... 52000000
Cultures diverses . 450 000 000
Total 1 696 000 000
Maia^ lors des hauts prix^ les céréales atteignent une valeur, plus grande de moitié en sus^ et la production totale excède de beaucoup deux milliards de francs.
4^ Consommalim, — Il est très-difficile de détermina la quantité des produits agricoles consommés, parce qu'il y a un versement perpétuel d'un arrondissement , d'un département ,. d'une région dans une autre, et que la vérité des chiffres est exposée à être altérée, d*une part, par les omissions, et, de Taulre, par les doubler emplois. On ne présente donc les inves*
f l||iitfMi sut* cet im|N)H *fM stfjeC que c^tiime de» «pproiiuMion» ; m»i8 cHi pem «ffirnier qu'il n'j en « poinc eu, juvqu'i ee Jout*^ q«i aienc dté faites d'ftprds des ttKit df itM aussi tiômbreut et aussi complets. Vue gnramic îaatfcodM de leurexaetîtude, c'est que leviip eliiSrss sent en f»ppùrî ateo eevxdelirproduelioAj quoi-' qu'ils aient, les wift et les autres, une origine àHtérenîe^ et qu'ils résultent d'immenses calculs faits séparément et sans au-» Cime prénsiéw delà concordance de leurs résultats.
Lorsqu'on a prélevé les semences, il reste, dans les 49 dé^ partemems de la Pranoe orientale, plus de 70 000 000 dltecloliires de eét^les, do toute sorte, dtspdOfMes pout la consommation et l'ietporiation. La quantité consommée annuel-^ lement s'élëTc à 68 000000 d^hecCoKtres. Ainsi la production moyenne pourvoit à rensemencement, aux besoins de la population et des animant domestiques, et donne un excédant d'nn trente-quatrième. Les départements du nord produisent plus qu'ils ne consomment. C'est le contraire dans ceux du midi.
On ne peut comparer, avec exactitude, chaque sorte de céréales disponible, avec la quantité qui est consommée, parce qu'en outre du méteil récolté sur place, il s'en fait à volonté dans nombre de départements, par un mélange de froment et de seigle dans des proportions variables. Au total, les céréales appropriées h la nourriture de l'homme laissent dans la France orientale une différence en moins de 1 300 000 hectolitres entre les quantités disponibles et celles consommées. Cette différence, qui n^égale pas un cinquante-deuxième de la consommation, est la somme dés importations nécessaires qui ont Iteo dans cette partie de la France, soit des départements de Potiest, soit de l'étranger, par les arrivages du port de MarseîHe. Il y o, par contre, un excédanrt de 3 millions et demi d'hectolitres, prodnilS, en sus del» consommation, par la culture de Forge, de l^avoine et do mais. Ce sont prhicipalement les avoines du nord qui donnent cet excédant.
Ces cbiffk*e9 montrent l'erreur profonde des assertions du LUI 17
254 STATISTIQUI àOBICOLE
Tulgairè et même de quelques écofiomi$l«â , qui tuppOtent qu'une rëcdle fournit à la consommation de deUK ou 4poi8 années ; que la production est trop grande^ qu'il falut prohiber importation des céréales étrangères» et autres opinions conçues a priorf, et totalement en opposition ayec les laits acquis.
Ils expliquent comment un faible déficit dans la récolte affecte rapidement et fortement les prix des grains, et fournit des motifs plausibles ou spécieux pour les éleTer> sans qu'il y ait^ néanmoins le moindre fondement i redouter une d'isêtie. . Ils établissent enfin la nécessité de maintenir avec Ti{;ueur la \ybre circulation des céréales à Tintérieur, et de la hciliter par des moyens de communication et de transport plus étendus;, plus rapides et à meilleur marché.
La consommation j par habitant» est à peu près ainsi qu'il suit» dans Tensemblc des départements de la France orientale :
hMt
Froment 1»70 I
Méleil 0,28 ) 2,68 hccl.
Seigle 0,70 )
Orge, avoine, maïs, sarrasin 0,32 »
Pommes de terre 2,83 »
L^égames secs 0,11 >
Viande 20,53 kil.
Vin 0,75 hect.
Bière 0,20 •
Cidre •. . . . 0,03 >
La consommation du nord diffère beaucoup, et à tous égards, de celle du midi ; elle est plus grande en froment, en méteil, en pommes de terre, en légumes secs, en viande et en bière ; elle est moindre en seigle et en vin.
5"" P'i/iir^g'es.—- La France orientale possède 10 millions et demi d'hectares en pâturages de toute espèce : un quart seu* lement est en prairies naturelles et artificielles, et les trois autres quarts en pâtures, pâlis et jachères.
Les déparlements de la région seplentrionale ont 1 600000
DB LA raAIlCB ORIMTALB. 255
hecuur«s de prairieg naturelles et arlîfioielles^ donnant un pro- -diiii de 200 nilliona. Ceux du midi n'en ônl qu'un million^ rapportant une valeur de 1 26 millions. Les jachères ont la même étendue et tm produit égal dans les deux régions. Il en est différemment des pâlis ; leur étendue est à peine de 800 000 hectares^ au nord; au sud^ elle est quatre à cinq fois aussi grande. Ici, la valeur de leur produit est moindre de moitié. Au total, tous lea pâturages donnent annuellement 412 millions de revenu brutt savoir ; au nord» 233, et au midi^ 179. L'amélioration de cette partie essentielle du domaine agricole est un objet du plus haut intérêt» et dont il importe de s'occuper ineessaroment.
6^ Bois et forêts, — Les quarante-trois départements à l'est du méridien de Paris contiennent presque 5 millions et demi d'hectares de bois, dont trois cinquièmes au nord et deux au sud. De ces deux catégories, la première fournit près de six «tères par hectare, tandis que la seconde n'en donne que deux et demi. Aussi le revenu annuel des bois s'élève- t-il, dans la région septentrionale, à 106 millions, au lieu de 31 qu'il donne dans la région du midi. Toutes les forêts de la France orientale rapportent seulement 1 37 millions par an ; ce qu'il faut attribuer aux usages qui grèvent un grand nombre d'entre elles, et à rétat de dilapidation dans lequel sont tombées depuis longtemps celles avoisinant des populations concentrées.
7"* Etendue et valeur du domaine agricole — L'administration de l'Etal et les économistes ont eu recours, depuis un siècle et demi, à toutes les méthodes possibles de déduction, pour estimer, par aperçu, la valeur du produit brut de l'agriculture de la France ; mais on ne pouvait arriver à cette connaissance essentielle qu'au moyen d*un inventaire détaillé de la production rurale. La moitié de cette tâche difficile étant rem<^ plie parle travail, que j'ai l'honneur de présenter à Votre Majesté, on peut déjà en tirer des notions précises et complètes sur l'étendue et la valeur du domaine agricole de la moitié du royaume.
256 SVATISVIQUII AGMeOLB
La France oriènule éfant dititée en dem rëgiom, on iwmvfe, en calculant l'étendue du territoire de Tune et de Tautre, <pM la premiôre^ celle du nord, a un peu moins de 13 aiUiona d'hecures, et la seconde, celle da nûdi, a une surfoce un peu plus grande.
Sur cette étendue de 26 nillioBS d'hectares, les cultures de toute sorte» jointes aux pépinières, yergers, oseraies, cbâtat* gncraies et autres plantations, occupent neuf milKons, ou beau* coup plus d*un tiers ; les pâturages doui cinquièmes, et les boit plus d'un cinquième. Un TÎngt-sixième de la surface totale, ou plus d'un mîHioB d'hectares, est consacré aux besoins sociaux, et sert d'emplacements aux irilles et TÎllages, aux églises, aux canauxj aux routes et aux cours d'eau.
Quoique Tétendiie du domaine agricole soit la même dans les deux régions» sa distribution diff&re considérableroent. Au nord, les cultures sont plus vastes de 1 200 000 beotarei ; ks irergers, pépinières et autres plantations, de phis de moitié en sus, et les bois et les forêts d'autant ; mais, par comre, les pâtis, les landes, les jachères n'ont que quatre millions d'hectares au lieu de six, comme dans les déparlements niéri<fionaux.
Le revenu de la production agricole annuelle s^élève, dans la région du nord, h 1 300 millions de firancsji et dans celle du sud, à 945. La différence et de 355 militons, on de plus d'un sixième de la valeur totale, qui monte a 2 241 000 000 de fr.
Ce terme, donné par quarante-trois départements réunis, devrait être augmenté :
1*^ Du produit des pépinières, oseraies, aninaies, et de celui des vergers qui ne fournissent pasii la fabrication du cidre ;
' 2"* De b valeur de différents produits de l'industrie agricole, mentionnés ailleurs ;
S"" De la phis value des céréales, cbns les années où les prix sont moins basque ceux existant lorsqu'on a réuni les matétiaux de ce travail.
En ne tenant point comple des deux premiers articles qui
DB LA FEAHGB OEIBHTALB. 257
exigent des recherches spëciaiesj on peut au moins estimer la plus Talue des grains à trois ou quatre cents millions ; ce qui porte le mimmura le plus bas de la yaleur brute des produits agricoles, dans la partie orientale de la France, à la somme de plus de deux milliards et demi de francs.
8^ Ifombi'e et valeur des animaux domestiçues . — Les prindpales espèces d'animaux domestiques appartenant spéciale* ment à Tagriofilture forment une immense population qui, dan# la partie orientale de la France» s'élète à près de 2& millions de têtes. Le bétail en forme moins d'un cinquième^ les troupeaux trois cinquièmes^ les porcs un dixième, les chevaux un Tingtièmcj etc.
Les départements du nord ont beaucoup plus de tètes de bétail et de porcs, et trois à quatre fois autant de chevaux que ceux du midi ; ils ont moins de moutons, de chèvres^ de mulets et d'ânes.
Ces animaux donnent à Tagriculture de cette partie de la France un capital de 877 millions de francs, savoir : 371 millions en bétail, 157 en moutons, 87 en porcs, 200 en chevaux, 47 en mulets, etc.
Le revenu moyen de chaque animal est généralement plus élevé dans le nord, où les espèces ont été améliorées. Le revenu total monte à 350 millions de francs; le bétail en produit 137, les moutons 56, les porcs 40, les chevaux 93 les mulets 15 à 16.
9^ Nombre d'animaux abattus pour la consommation. — On prend annuellement pour cet objet deux bœufs sur sept, une vache sur sept, et une quantité de veaux plus grande que celle qui est gardée pour félève. Sur 15 miUions de moutons et d'agneaux^ un cinquième est livré aux boucheries. Quant aux porcs, on en tue chaque année presque autant qu'on en nourrit. Au total, il faut sept millions d'animaux pour la subsistance de 1 6 millions d^habitants dont se forme la population de la France orientale.