V0YA6B DU DUC DE ROHAN
âàm la Toscane^ qui est un pays fort bossu et asiex stérile, 8é> paré de la Lombardie par les monts Apennms.
< La première ville que j'ai vue de la Toscane , a été Pise ,
grande et belle remarquable pour avoir ë(é des plus puîs-
sanies républiques qui ait été en Italie, mais de si peu de durée
ique cela a semblé plutôt un songe qu'autre chose » Dans
h description de cette cité déchue , le duc n'oublie ni la citadelle construite pur le duc Cosme de Médicis ce pour plus grancle «ûreté>, ni l'institution des chevaliers de saint Etienne, ni le Campo-Santo , ni TUniversité , ni la tour penchée , ni la cathédrale^ ni le baptistère. En pariant de ce dernier, il mentionne une de'ces traditions populaires dont les peuples asservis »e plaisent à embellir leur passé, a AutreFois, ce disent-ils, il y a «u une colonne , où , quand il se faisait quelque trahison ou autre chose contre la ville, tout se voyait entièrement dedans,
et par ce moyen on découvrait toutes entreprises Voilà
ce qui me semble de plus remarquable en celte ville, où je ne demeurai qu'un jour, pour le désir que j'avais d'aller à Florence, qui a emporté le nom de Belle sur toute Tlialie. »
Le duc raconte Torigine de Florence^ comment elle dut sa naissance si la colonie romaine de Fiesole , et comment au onzième siècle elle assassina sa mère, a Les Florentins ne pouvant endurer des voisins d'égale puissance, l'an 1010 , le jour de saint Rovilus^ jour fort solennel aux Fiésolins, prirent et rasèrent Fiesole, et de ses ruines ils en augmentèrent et embellirent leur ville. Voilà quelle est la vicissitude de toutes choses , qui par la ruine des unes donne naissance aux autres. S'étahl doitc Florence ainsi accrue, et par le décroissement des empereurs ayant acheté sa liberté, comme firent beaucoup d'autres villes, après que l'Italie fut délivrée des guerres étrangères, commença la Taction Gnelfique et Gibeline à naître du temps de Tempereur Henri II, et s'alluma de telle façon qu'il n'y eût ville en Italie laquelle ne fût partialisée entre elle-même. Mais sur toutes les autres^ Florence en fut la plus affligée, et s'animèrent
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tetleiiient les habitants d'icdle les uns contre les autres, que tous les jours, dans la dite ville, ils se battaient, et que plusieurs fois, à Paide des empereurs et des papes, ils se chassaient les uns ou les autres hors de la ville : qui étaient des changements de gouTernement^ toutefois toujours populaire. Mais après tant de discordes et de mutations , du temps du pape Clément Vil et i sa requête, Fempereur Char les -Quint.... » Après un court récit du siège et de la soumission de Florence, Rohan parle des monuments qu'il y a vus, de Sancta-Maria-Reparata, de la galerie , de la tribune et des trois citadelles « qui sont fort désagréables aux Florentins, pour ce qu'ils sont encore nouveaux de cette subjection — Toutes ces beautés donc de Florence, avec la liberté qui y est pour toute «orte de gens , et les bons iexercices qui y sont , m'ont convié d'y faire plus longue demeure qu'en aucun lieu d'Italie, laquelle encore n'a été que de six mois, pendant lequel temps j'ai fait deux courses, l'une vers Sienne, Rome et Naples, Tautre vers Lucques et Livourne. »
Passons Sienne et une savante dissertation sur son origine» I<ious voici à Rome, ce qui toiijours a voulu avoir le premier rang sur toutes les autres villes du monde, anciennement en vertu, maintenant en vices et méchancetés abominables. »
Un jeune homme tel que Rohan ne pouvait parler de Rome d'une manière vulgaire; aussi son style prend-il tout à coup une élévation remarquable ; il y a déjà là quelque chose du nombre et du nerf de la phrase de Rossuet.
« Je ne m'amuserai point ^ retracer tous les heurs et mal<^ heurs qui ont accompagné Rome dès sa naissance jusqu'à notre Age, et moins à relever toutes les ruines dont les éclats nous restent, plutôt pour servir d'autant de trophées au temps que de marques à sa grandeur. Le sujet surpasse qion dessein et les limites étl*oites que je me suis proposées au simple crayon que je jette de mon voyage. Ce que j'en ai pu remarquer n'a été que coïKime en passant, plus par une louable curiosité que par une recherche exacte de .l'antiquité. Je la laisse à cetix qui en