‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 33 sur 93 · VOYAOB DU DUC DB ROHAN · texte numérisé non relu

VOYAOB DU DUC DB ROHAN

Cornélius Tacitus, historien tant renommé. Les Champs Bly* sées ne sont aussi loin de là , de quoi parle Virgile , lesquels sont entourés d'agréables coteaux qui font la forme d'un amphithéâtre naturel. Près de là se voit la superbe métairie de Lucullus où Tibère* comme écrit Tacite, se fit porter un peu deyant mourir... Le temple d'Hercule, où fui tuée Agrippine, est encore à demi entier, et est fort près de là, comme aussi la superbe métairie et vivier des murènes d'Hortensiùs... Pairia, nommée anciennement Lîniunum, est éloignée de Cumes trois milles^ assise au bord de la mer; encore que maintenant ce n'est qu'un méchant village où il ne parait aucune marque d'antiquité^ ne laisse d'être remarquable pour avoir été la métairie du grand Scipion qui, ayant été contraint de ses indignes citoyens de quitter les affaires de la république , s'y retira , y finit ses jours et y fut enterré. i>

Après cette course , le duc rentre à Florence a d'où il ne voulut partir^ dit-il, sans voir Livourne et Lucques , deux des plus belles forteresses de Tltalie. »

La ville de Livourne était alors une Création toute nouvelle des grands ducs de Toscane» et Rohan admire les efforts du duc Ferdinando, qui vivait alors, pour la fortifier à la moderne et royalement.

« Lucques est assise dans une petite plaine fort fertile; et encore qu'elle ail été sujette aux mutations des gouvernements, comme toute l'Italie, néanmoins elle se maintient aujourd'htii libre au milieu de toute la Toscane. Le duc raconte ensuite brièvement, mais avec un intérêt marqué, les vicissitudes de ce petit peuple lucquois. — « Etant ainsi délivrée Lucques de cette xlernière servitude (1480), ils élablireiit entre eux une république qu'ils ont maintenue jusques à cette heure, non sans beaucoup de soupçon et de crainte des ducs de Florence, pour ce qu'ils sont au milieu de son pays. Us fortifient tous les jours leur ville et aguerrissent leurs sujets ; la tiennent extrêmement munie de toutes choses (léccssaires pour un long siège ; et ,

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pour plus de commodité et de crainte du feu^ ils ont séparé la poudre à canon en autant de lieux qu'il y a d'éperons autour de la ville qui sont douie ; y tenant en chacun la quantité qu'il est besoin pour défendre ce dit bastion. La vilie est extrêmement peuplée^ ornée de beaux bâtiments , et les habitants fort riches... M'en retournant à Flor^ce, je passai par Pistoye qui est au grand duc, Tille fort ancienne mais fort laide^ renommée pour être le lieu, où commença la bande blan« che et noire, qui a été une guerre civile qui a apporté beaucoup de maux à toute la Toscane, et parlicuUèrement i Flo« rence.

« De Florence je m'en vins à Bologne, surnommée la Grasse, pour la fertilité de son territoire ; la plus belle ville de Romagne, assise aux racines de l'Apennin, qu'elle a du côté du midi, et sur la Fia jErnilia. Elle est fort ancienne... Sur ces derniers temps elle a changé assez souvent de gouvernement» étant tantôt occupée des papes, tantôt des rois de France, tantôt des Benlivogli. Mais les Français ayant perdu leur domination, elle est demeurée sous la papale, toutefois fort libre, comme place qui s'est donnée volontairement et non lionquise. Cette ville est fort marchande^ ornée de belles places et beaux édifices... L'université qu'y institua Theodosius-le- jeune , Tan 433, ayant été la dite ville ruinée par son père et rebâtie par lui, lui acquiert le nom non-seulement de restaurateur de Bologne, mais aussi de bienfaiteur de toute l'Italie ; car elle a surpassé toutes les autres universités. . . . 3>

Après Boulogne, viennent Ferrare et Mantoue. Rohan estime la première « mieux parée du sépulcre d'Arioste, pour la mémoire de ce grand poète , que de tous les autres ornements qu'elle peut avoir. i> Quant à Mantoue, le duc se montre d'une critique facile sur l'origine de cette ville : il s'arrête à l'opinion de Virgile, «qui dit qu'elle fut commencée par OEnus, fils du TibrCy et de Manto, fille de Theresias, Tbébain ; » il en trouve l'assiette assez bizarre , et se persuade a qu'elle a été choisie

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