‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 34 sur 93 · VOYAGE DU DUC DE BOHAH · texte numérisé non relu

VOYAGE DU DUC DE BOHAH

pour semblable lujet que celle de Venise, à cause de Upeur;> puis^ toujours fidèle à sa haute estime pour les poètes , il finit en tenant Mantoue c pour fort considérable, peut* atoir été mère de YirgiJ0 el du Tasse , deut des plus grands poètes qui aient jamais été, l'un latin, Tautre italien, »

De MantOue nous sommes transportés d'un bond à Pass^u, sur le Danube^ et bientôt, laissant Passau € lâqueUe ville n'est pas fort plaisante, ni norabrée entre les belles d'AHemagner et descendant le fleuve tcutonique, te duc arrive à Vienne. L'article qu*il consacre à celle capitale de T Autriche, est fort court. Une anecdote militaire le remplit presque tout entier: <cLe siège qu'y mil Soliman l'an 1529, le 13 septembre , eftt mémorable, lequel il leva le 16 de Tautre mois pour la belle résistance qu'y firent les chrétiens* Il se voit dans la ville une petite statue d'un Turc, qui, durant le siège, suivant les chrétiens qui avaient fait une sortie, entra pèle- mêle dedans la ville, ^l passa toutes les chaînes des rués qui étaient tendues, malgré toutes les arquebusades et rempéchement que surenit faire ceux qui s'y rencontrèrent, jusques a une des dernières ,: vis-à«vis de ladite statue qu'on lui à dressée, où, en la voulant sauter^ son cheval étant tombé, il fut tué. C'est une des phis belles. singularités de ladite ville, et n'est renommée pour l'excellence de sa figure, mais pour la valeur dudit Turc. La ville est petite, mais bien bâtie et fort peuplée >

< Afin de ne regretter point d'être approché ,de si près de Hongrie et n'en pouvoir parler, je me résolus d'aller voir une des plus fortes places du pays, pour le 'moins de ce qui reste aux chrétiens, qui est Javarin, ne m*étànl permis, à mon grand regret, d'aller jusqu'à Strigonia , pour le danger du Turc.» Suit l'histoire et la description de cette forteresse.

a Etant contraint de me contenter de celle forteresse pour la vue de la Hongrie , je ne m'y arrêtai que ce (|u'il fallut de temps presque pour en faire le tour. Et de là je pris mon cbe* min pour Prague, capitale de la Bohême , et demeure de cet

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eolpereyr (Rodolphe II).... Elle jest toute entré des montagnes^ de façon que le froid et le chaud y sont Tébéments , a^sec mid pldisaote et brt sa)e« nmiê bien peuplée. Ell^ est aussi fort divisée en religions^ n'y ayant seole en Allemagne de quoi il ne s'y trouve quelque semence , dont une des plus fortes et des plus permises après la catholique est h bussitè. JS

« De Prague je vins à Dresde, située au pays de Meissen^ sur la rîtière d'Elbe, en fort beau et bon pays , et demeure ordinaire des ducs de Saxe. La ville est distinguée en deux, la vieille ei la nouvelle. La vieille est maintenant peu de chose et ne sert que «somme de faubourg à Tautre, à laquelle on va par un beau pont de pierre : car elles sont séparées de la dite rivière* Celte nouvelle est petite ; mais si bien bâtie et si agréable qu'on dirait qu'elle fut faite tout en un jour. Outre les belles places et beJles rues qui y sont, les édifices publics et particuliers que les ducs y ont fait faire, sont encore fort remarquables , comme l'arsenal, qui est le plus beau d'Allemagne, où il s'y compte, outre la grande quantité de munitions, d'arquebuses et de piques, plus de 7 Ou pièces de canon, le tout au plus bel ordre qu'il est possible ; il fut commencé par Maurice, continué par son frère Auguste, et fini par Christianus, fils d'Auguste» lequel a^ fait eocore bâtir une écurie, la plus superbe qui se peut dire: où il se voit, outre ladite écurie, au-dessus d'iceUe des ca^ binets de toute sorte d'armes des anciens et modernes, des pei^les qui nous sont le plus éloignés. La galerie qu'il a fait faire pour venir là de son château est fort belle, et au-dessous la plus belle carrière du monde pour courre la bague. Je pense que si la mort n'eût prévenu ce prince au commencement de son âge , qu'il se fût rendu des plus remarquables de son temps pour le moins de l'Allemagne ; car toutes ses actions étaieut belles et généreuses, et ne se plaisait qu'aux exercices vertueux^ La fortification de la ville que fit commencer son père Auguste, et lui achever, est une des plus belles et plus accomplies d'Allemagne. Voilà ce que j'ai remarqué en cette ville, laquelle.

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