‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 35 sur 93 · T0YA6S DU DOC DB MMIAH · texte numérisé non relu

T0YA6S DU DOC DB MMIAH

encore qu'elle soit fort petite , comprend beaucoup de bdlet choses. i>

On s'attend que^ passant à Wittemberg, notre Toyagetu* s'étendra sur Luther et sur la Rëfomie ; mais le duc est de cette espèce d'hommes qui emploient d'autant moins de mots que les choses leur paraissent plus grandes : c De Torgau nous passâmes à Wittemberg^ assise sur la rivière d'BIfoe , ancienne demeure des électeurs et princes de Saxe L'an 1502 l'électeur l'orna d\me belle université. Il y avait aussi la sépulture de Martin Luther et de Philippe Melanchton , qui se sont rendus en la chrétienté assez célèbres pour leurs ceuvres. Le premier naquit l'an 1483 à Isleven (Bisleben) , rat^chant village là au« prés, et mourut en même lieu, l'an 1546; et l'autre naquit à Brelheim, ville du palaiinat. De Wittemberg, nous passâmes i

Halle La ville ^st peu de chose, mais le château est fort

beau et en si belle assiette de chasse que cela convia les princes d'Anhalt à y faire leur demeure. »

Le duc parfe plus au long de Magdebourg, « une des plus antiques villes de Saxe, bâtie du temps d'Auguste, sur l'Elbe, h l'honneur de Vénus. Charlemagne la donna à Witekind, qui s'étant fait chrétien, il changea un cheval noir qui était dans ses armes en un blanc que les ducs de Saxe ont encore.» Le duc raconte comment, durant le moyen âge, elle fut prise et brûlée plusieurs fois ; comment il se trouva toujours des princes bienfaisants pour la rebâtir, et comment, aguerrie par tant d'épreuves, elle soutint un siégé mémorable de quinze mois contre l'armée de Charies-Quint, c après que tous les princes ' et les autres villes libres d'Allemagne se furent remises h la vo*lonté de l'empereur, les unes par force, les autres de boime volonté, et beaucoup par poltronnerie. Certes, il (ce siège) est digne d'admiration ', tant pour la grandeur de l'attaquant que pour la petitesse du défendant ; et ne se trouve de notre temps

* 11 s'agît ici du premier siège de cette ville (1574), par le duc d* Anjou.

EN ITALIE^ AUAHAGra, BTC. 317

aiieiin si^ tembisble à oeloi-là que le ttége de La Roehdle. Ce que l'un et l'autre nous montrent est que la défense de Dieu est plus forte que la force de tous les humains ensemble«» Roban ne préroyait pas alors que ces deux cités héroïques succomberaient dans quelques années, l'une devant Tilli^ l'autre devant Richelieu.

Après MagdebourÇy le duc entra dam le terriloire de Brims*^ wick qu'il estime, d^acoord avec d'autres voyageurs» le meiU leitr de rAllemagne. A Grnntngen il admire une fort bdie diapelle ; € toutefois^ dil-il^ cela n*est rien au prix de l'épouvan^ lable toniieau cpli y est , qui a rendu ce lieu extrémemeat remarquable entre les Allemands, et pécherait-on autant de passer par là sans le voir, comme d'aller à Rome sans y voir les antiquités : à la vérité- il est monstrueux. > Plus loin le duo visite Wdfenbuttel , demeure ordinaire du -duo de Brunswick t depuis que l'entrée de sa capitale lui est défendtie; Brunswick fondée par le prince Bruno et appelée de son noQi Brunonis vient, « Cette ville est fort peuplée et est. tenue entre les plus bdies et plus grandes villes d'Allemagne, ayant de circuit plus d'une grande demi-Ueue du pays. Elle se ^uveme aujourd'hui en république, et n'y laissent entrer en façon du monde le duc de Brunswick le plus fort, encore qu'ih le reconnaissent pour leur souverain, pour ce. qu'ils ont acheté des privilèges de ses prédécesseurs qu'il ne leur veut pas maintenir* C'est roccaston de leur mauvais ménage, qui est hors d'apparence de 6nir promptement^ parce que un peuple qui a goûté un peu le nom de république et de liberté, il lui est aussi fitcheux de se remettre sous un prinoe qu'ils ont offensé, comme il est malaisé aux ducs de Brunswick d'oublier la perle de la mdHeure ville, sans comparaison, de leur pays. i>

De là le duc gagne Lunebourg c laquelle, si elle ressemble à Brunswick de gouvernement, pour reconnaître aussi peu leur* prince que l'autre, die ne lui ressemble pas d'assiette; car elle

un 21

3t8 V«YAG« DU MK: de MSAHy

eti en un si nauTaif «t tabionnem payt^ ooamm Tautre est

bonel grat.»

La Tue de Lubeck mfipelle h noire voyageur le soiiTenir des Vandales, 4 peuples renommés, et qui onl élé des premiers à montrer le ebemîn a la ruine de ce grand empire romain : sortant telle quantité de gens, que Tllalie n'étant pas capable de les contenir , ils se sont jetés jusqu^en France, même ont passé en Afrique. La raison pour laquelle une partie de ces peuples était contrainte d'abandonner leur pays en ce temps4è, et maintenant plus, selon mon jugement est potir le peu de 00Q« oatssanee qu'ils devaient avoir de la navigation et du trafic ; car leurs villes et leur pays est ou doit être aussi peuplé qu'il, était; et ses sables et landes continuelles ne sont point eban^ gées depuis ce temps-Jà en bonne terre et grasse ; toutefoia ils ne se nourrissent pas seulement, mais encore s'enricbisseni Gitrémement. »

Le duc raconte ensuite Torigine et les accroissements suo« cessib de Lubeck, comment « la guerre s'émut entre eux et le roi de Danemark, lequel finalement (ut défait en une bataille. Depuis ce temps-lè ils ont maintenu, accru et enrichi leur république comme nous la voyons. Maintenant ils la fortifient

avec beaucoup de dépense Son assiette est déjà bien fake,

étant entourée de grands et larges fossés pleins d*eau fort claire, qu'outre la sàreté qu'ils en tirent, leurs vues en reçoivent encore du contentement ; ils les ont tout couverts de cygnes qui y sont gardés fort curieusement.»

« De Lubeck » continusnt mon chemin par ees plaines sablonneuseï , aussi stériles que celles de Hongrie sont fertiles 9 je vins à Hambourg qui en est à dix lieues, laquelle ne lui cède ni en grandeur, ni en richesses, ni en quantité de peuple ...«• Selon l'opinion de Cranlaius, die fut appelée Hambourg, ik cause d'un vaillant homme, nommé Hama, qui tua Starcaterus . Datmemarkois, en duel particulier, mais pour vider une querelle générale qui était entre les Saxons et Danois ; ou, comme

K!9 ITAUB/ ALLSnAGSB, BTC. 910

disent phuieiirê autres^ parée que Jupiter Hamraon y était adoré. Depuia elle fut ruinée par les Poilnérafis et Danois^ et rebâtie par Charlemagne qui y drossa Tétéché. Ce qtri notia ienrira de témoignage^ arec Florence et phisieurs autres, que cet eoaperettr a relevé la plupart des belles rifles que nottt Toyoos aujourd'hui en Allemagne et en Italie. S'élant done^ Hambourg» renrise par le moyen de rhetireux Chafles»le-' Grande elle s'esi tous les jours de plus en plus aoemt, etn* bdtie et fortifiée, de façon que c^esl aujourd'hni une des plut baltes et riches républiques .et tillca d'Allemagne. Elle est aussi entourée de 1>eaux et superbes fossés et remparts, de manière que ces canaux leur sont profitables et délectables en plusieurs sortes ; car outre la commodité et ornement qu'ils remportent de ceux qui passent dans la ville, ils sont assurés par ceux qui vont autour de leurs murailles.

c De Hambourg, je vins à la ville de Bremen Sa beauté

ni $e$ singularités ne m*ont point convié d'y demeurer longtemps, principalement après être parti de Lubeck et de Hambourg : aussi ne s*y voit-il rien de digne d'être remarqué.»

Le duo s'arrête davantage sur Emden, qu'il comprend parmi* les villes d'Allemagne. « Elle est bâtie sur la rivière d'Ems, qui lui a donné le nom , à quelques Keues de la mer : bien beik ville et extrêmement marchande ; car il s'y voit toujours un

nombre infini de vaisseaux Elle a un comte de même nom,

qu'elle lient pour son seigneur ; mais non si absolu comme il désirerait, car ils ne le reconnaissent que comme un peuple qui sent sa force. Us en ont été en grandes disputes. Maintenant ils se contentent de celui qui est leur seigneur, pour être tm hpmme fort paisible.

« VoiU la dernière ville que j'ai vue en Allemagne , lequel pays, encore qu'il soit le seul qui reste sujet à l'empereur, je le trouve le plus libre de l'Europe, car, outre toutes les villes et républiques qui, en effet» ne doivent que ce qu'elles veuleiit au dit empire, les princes sont une espèce de liberté pour ce

320 VOTAfiB DU .DOC DS JHOBAM, BTC.

ftt'ib ne reodnt respect ni obémaoce qu'en ce qu'il leur plall à rempereur ; et quand ib $e Teulent rendre plu« abaolut qu'ils ne sont en leur pays^ nous Toyons comme les peuples leur ôtent ou retranchent leur autorité. Brunswick, Lunebourg, et cette Tille d'Emden en sertiront d'exemple. Ce qui me fait conclure que celui qui porte maintenant le nom d'empereur en la chrétienté, est celui qui l'est le moins en ettdé s

Ce jugement semble annoncer de loin le({raiid seigneur qui, apr^ la mort de Henri lY, entreprendra de relever b noblesse française de son abaissement, et d'arracher a la royauté ce pou- Toir absolu qu'elle allait définilivement saisir par b main de Riçbçlieu.

(La suite au prochain numéro,)

0f tfttffs ||JI)26tiïttf6 ft Uainvtiit5.

DES COPINAISSANCES CONSIGNÉES DANS LA BIBLE ^ HISBS^ EN PABAIXÉLE AVEC LES DÉCOUVEATES DES SCI£P(ÇES MOD^.ENBS^ par Marcel de Swres.

La plupart de ceux qui ont néditë les Liyret SainU^ ont piuiôî porté leur attention sur les idées religieuses contenues dans ces livres^ qu'ils ne se sont préoccupés de l'exactitude ci de Timportance des faits physiques consignés dans leurs pages« Trouvant dans ces livres, supérieurs à tout ce qui a été écrit^^ les vérités essentielles k la destinée et à b vocation des hoa^, mes, ils n'ont pas cru devoir y chercher des lumières et des connaissances siur le monde matériel, livré è nos recherches et h nos investigations. Ils y ont d'autant moins pensé, qu'aux yeux de certains d'entre eux ces données paraissaient aussi fu-. tiles que superflues.

Pour réparer un pareil oubli, nous allons concentrer notre examen sur les faits physiques consignés dans la Bible, et que les sciences n'ont cependant révélés que depuis des temps très-rap« proches de nous. Nous le devons d'autant plus, que nous n'avons étudié les Livres Saints que sous le point de vue des notions positives qu'ils nous donnent sur l'ensemble de la création. Nous ne saurions trop le répéter, dans l'examen auquel noua nous sommes livré , nous avons envisagé TEcriture en physicien, lion en théologien ; le monde matériel a seul attiré nos. cegards.

^ point le plus, important» relatif à la créatioii, et dont

322 PABAIxiLB DBS COMAISSABCBS BIBU(^UBS

oou» B*avom encore coonaistance que par la Bible, est la dîsliociion qu'elle a établie entre la création de rUnivert et ta coordination. Ainsi, au commencement (mpn'ncipîo), toute la OHitiëre qui a serri a composer les cieux et la terre arait été créée ; dans la suite^ cette matière appropriée a formé les astres stellaires et planétaires du système solaire, aussi bien que ceux ties autres systèmes.

Nous aTons déjà prouvé ailleurs combien cette interprétation était fondée; elle le parait surtout lorsqu'on dirf(je son atten* tion non-seulement sur le premier verset de la Genèse, mais sur les suivants, et particulièrement sur les versets 7, 8, 9 et 10 du premier chapitre. Il est donc inutile d'insister plus long* teaips h cet égard. Nous forons uniquement observer i^ les fints [dijsiques démontrent l'exactitude de cette interprétation. Sans d«iie, toute la matière avait été créée dans le principe des ebosea, et il ne s'en forme probablement plus de noureile. Mais elle n'a pas été coordoimée, ni organisée ik ror^;ine des temps dans son universalité ; car il se produit tous les jours , sous nos yeux> des corps eélesies qui sont le résultat de la condensation de cette même matière. Elle continuera sans cesse i se concréter ; elle constituera des astres plus ou moins eom» plets, pliM ou moins acbevéa, tant qu'il y en aura de susceptibles de prendre des formes et des dispositions nouvelles.

Si de pareilles concrétions préparent et organisent encore des oorps célestes» évidemment ces formations nous indiquent que , si la matière est sortie du néant au commeooement, die n*a été appropriée que longtempa après sa création. Ce travail s'est oonstamment poursuivi dans le cours ordinaire des cbo« ê€ê ; foin qu'il soit achevé, bien des siècles s'écouleront avant qu'il ait atteint son terme. C^est donc avec raison que l'écrivain sacré a distingué la création de la matière, de son arrangement postérieur. .

IjC chaos dans lequel la Genèse représente toute la matière i la naissance du monde (et particulièrement celle qui par la

ATBC LK8 SOBIICBS BOpSBirBS. 3^3

•uiie a compote la terre) , est une preuTC qiie rBcriture a en raison de distinguer la création de la coordination. Cette ma* lière, d'abord informe et yapOreuse, de laquelle est provenu le globe que nous habitons^ paraît analogue ik ces nébulosités <lont ta condensation produit» sous nos yeux, des corps oélestes nouveaux. A. toutes les époques , la nature y a puisé les éléments dont elle â formé les astres qui composent Tadmirable assemblage de lUnivers. C'est aussi du sein de ces amas de nébulosités, si abondamment répandus au milieu de Tespace» qu'elle tirera les astres stdlaires et planétaires.

Chose remarquable, la Genèse est la seule, parmi toutes les cosmogonies , qui ait établi cette distinction entre la création primitive de toute la matière et sa coordination. Naguère nm eonnainances n'étaient pas assez avancées pour saisir ces gran*des diflérences dans les temps et dans les choses. H n'a pas follu moins de sept mille années pour nous faire comprendre combien une pareille distinction était réelle et fondée sur la nature des choses. Nous pouvons maintenant suivre pas ik pas ces transformations de la matière nébuleuse, et la voir passer par différents états avant de produire des astres stellaires et planétaires analogues i ceux du système solaire.

Cette distinction * établie par l'Ecriture est fondée sur deux ordres de faits entièrement indépendants, et dont par cela même

* * Non-seiilemeDt la Genèse a disiinguë la créalioD de la matière de sa coordination; mais il en a éié de même dans tous les autres livres de rEcrîture. Ainsi on trouve dans le Ps. XXXII, r. 6, 7 et 9» que < les cieux ont été créés par la Parole de Dieu et toute leur armée par le souffle de .sa bouche. — 11 a rassemblé les eaux de la mer en un monceau et a renfermé les abîmes dans des réscrroirs. — 11 a parlé, et la terre a été; Il a commandé, et la chose a comparu ; > voilà pour la spontanéité de la création. Quant à la coordination postérieure des ohjets créés au commencement des temps, on Ut dans le Ps. VIH, v. 4 : • Quand je regarde les cieux, Touvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as agencés >

^ L*e«pace noos manque pour indiquer tout les renvois que Panleor da mémoire fait à rEcrihir« ; nom cliotti«tom cenx qni noas ptraitAtot le« pins inporlMiU.

( yptc de la Bédacthn )

324 PABALLÈLB DttS CONIIAISSAICBS B1BLI(^U£S

la puissance ec rautoriië sont plus ^andes. Le premier se rapporte aux transformations qui ont lieu dans Tespaee, entre les nébulosités et les nouvelles étoiles produites par leur condensation. Le second est relatif h l'espace de temps nécessaire pour que la lumière des nébuleuses les plus éloignées arrive jusqu'à nous. Cet espace est si considérable que, d'après Tobservaiion des faits • on doit rapporter le premier jet de cette lumière à environ cent mille années avant Tapparition de l'homme.

Si donc les rayons lumineux transmis par les nébuleuses exigent , pour être visibles , tin si long intervalle^ les astres qui nous les envoient ont dû être créés avant le dernier arrange* nenl de la surfooe de notre planète. Or , comme ces rayons ^gent environ cent mille années pour arriver jusqu'à nous^ eC que les dernières dispositions que la terre a reçues ne remontent.pas à plus de sept mille ou sept mille cinq cents ans avanl l'époque actuelle, les astres auxquels nous en devons le biendit ont dû ^tre créés dans le commencement , ou, pour noua servir de l'expression de la Genèse, in pnneipio. Un intervalle îramenae a donc séparé la création des corps célestes de leur coordination. Cet intervalle est pkis grand encore lorsqu'on porte son attention, non pas sur les astres du système solaire, ■Mis sur ceux qui n'en font point partie. En effet, les premiers sont complètement terminés ; mais il n'en est pas de tfkétne des seconds. Ce travail a cependant commencé à une époque séparée de la nêtrç par des périodes immenses, et la succession des siècles ne Ta point vu s'achever.

Cette coordination d'une matière préexistante dès Torigine des choses ne saurait être considérée comme une véritable création. Celle-ci ne pourrait avoir lieu que si les matériaux dont sont composés les corps célestes étaient tirés du néant par la puissance et la volonté du Créateur. Sans doute, la condensat,ion de la matière nébuleuse fait prendre à cette matière des (ormes nouvelles^ mais, en les acquérant, elle ne change pas de

ATSC LB8 SCmCBS MODBlimBS. 325

nature, el passe seulemenl par des états divers. Cette appropriation et ees dispositions différentes , que prend une substance •déjà formée, ne peuvent être assimilées à une création réelle.

Il y a bien ici changement dans l'état et la forme des matériaux originaires, mais il n'y a point production nouvelle. Cette production serait cependant nécetaaire, pour que ces passages et ces modifications pussent être considérés comme des actes immédiatement émanés de la puissance créatrice.

La matière une fois créée, les causes secondaires, sous Taction de la Sagesse divine, tendent à lui faire prendre des formes exterminées eC à lui faire acquérir un cours régulier. Ainsi, ces forces que la nature tient en quelque sorte en réserve pour les faire agir dès qu'une cause perturbatrice menace de troubler Tordre et Tharmonie des choses créées , elle les destine à des actes encore plus importants. Leur puissance, essentiellement conservatrice, amène ces corps célestes nonvellement produits h cet état ferme et stable, caractère distinctif des astres arrivés à leur perfection.

Si les preuves de tant de faits, dont nous devons la première connaissance à Mobe, sont écrite» en caractères ineffaçables dans les couches qui forment l'écorce du globe , celles de la vérité du premier verset de la Genèse sont tracées en caractères de feu sur la voûte céleste; c'est là que l'on en découvre la confirmation, et que l'on en reconnatt Texactitude.

Lorsqu'on porte ses regards sur l'immense cortège des nébuleuses et des étoiles qui brillent au firmament, dont l'écrivain sacré a si bien entrevu les lois , on est moins étonné qu'il ait démêlé avec la même sagacité celles qui règlent et déterminent leurs mouvements. Moïse nous a fait comprendre que la stabilité du cours des corps célestes dépend de leur gravita^ tiqn mutuelle et de l'étendue de la distance qui les sépare.

Sans doute , il n'a pas développé dans toute sa portée le système de l'attraction ; mais il en a posé les bases, sans l'exprimer par un langage scientifique qui n'aurait pas été compris. Il nous

326 PARALIiiLB DES COHVAISSAVCBS BIBLIQUES

a toutefois fait entendre que la loi de la grayitation r^ie les pbënomènet de Tunivers , qu'elle tullit à tbut , et y maintient Tordre et la Tariétë. Emanéede la Sagesse suprême, cette loi préside depuis Torigine des temps & rfaamioiiie des choses créées, et y rend tout désordre impossible.

La découTerte qui a amené Newton à démontrer que les corps s*aitirent en raison directe de leur masse et en raison inverse du carré de la dislance, est la plus belle conquête de l'esprit humain. Toutefois cette loi n'est que la réduction des mouvements célestes à une loi mécanique dont la cause reste inconnue. Newton ne Ta pas enyisagée autrement, puisqu'il n^a employé le mot d'attraction que conditionnellement , oomme offrant une image sensible des phénomènes observés, quasi esset allraclio^

Si Voïï parvenait ^ faire dépendre celte force universelle de quelque conception mécanique plus générale, par exemple de Texistence d'un éther élastique répandu dans tout l'univers, il resterait toujours le pourquoi de cette existence; ce second pourquoi conduirait aussitôt ^ un autre plus reculé encore; et le dernier de tous devrait rester éternellement inaccessible non«^eulement aux efforts de notre pensécj mais même ^ notre imagination.

Lorsque rCcriture porte ses regards sur la terre , die nous apprend que Dieu en a posé les fondements, et qu'elle ne sera jamais ébranlée; car il l'a affermie sur ses pèles ^ Elle nous dépeint ensuite le globe terrestre comme ayant passé, à ses pre- Quers â^, par une espèce d'état vaporeux bien plus subtil que

« Voyci le P«. CIV, v. 5, 6, 7, 8 cl 9. t Dieu, y est-il dît, a affermi la terre sur ses fondemeuts ; les siècles ne l'ébranleroDlpas. L'abime Teiiveloppait comioe un Télement ; les eaux couvraient les montagnes. A sa menace elles ont fui ; au bruit de son tonnerre elles se sont écoulées. Elles surpassaient les montagnes, elles descendent maintenant dans les vallées aux lieux qu'il leur a marqués. Il leur a fixé des bornes qu'elles PC dépasseront pas. Elles ne reviendront plus inonder la terre. »

▲TBC US SaUCBS MODBUSS. 327

la pliM ténue eC la plut fine des poussières. Si elle s'occupe de sa forniey elle lui donne sa Téritable figure spbéroldaie, et la compare è un globe ioamense ou à une yaste sphère '.. Lorsqu'elle parle de sa position dam Këten due» elle la suspend sur le néant ou sur un espace sans fond. Elle nous en dépeint avec justesse .les dimensions et la grandeur *.

Si elle porte son attention sur les cieux , elle les désigne par retendue^ rakiah. Malgré Texactitude de cette interprétalion^ qui nous dépeint l'immensité des espaces célestes, les Grecs dans la yersion des Septante, comme les latins dans la Vulgale, ont prétendu la redresser, parce qu*ils n'en ont pas saisi toute la portée, ou parce qu'ils ne pouvaient pas la comprendre.

Les cieux, dans la Bible, c'est l'espace immense, infini, où est répandue la matière nébuleuse, source universelle de l'ensem* ble des corps célestes. Les cieux, pour elle, c'enVexpansum ou Timmeosité, et non \e Jù-mamentum de saint JérAme, ni le aTepca)|xa des interprèles alexandrins, ni enfin le huitième ciel ferme, solide, cristallin et incorruptible d'Aristote et de tous les anciens.

Moïse a seul distingué la lumière primitive de celle dont nous devons le bienfait au soleil. Il nous Ta représentée comme un élément indépendant de cet astre, et comme antérieure de trois époques a celle où il reçut ses atmosphères brillantes. Ce point du récit de la création a été longtemps considéré comme inconciliable avec les faits physiques. Une pareille distinction a excité de vifs reproches contre l'auteur de la Genèse : ceux qui

• Voyea Job, ch. XXVI, r. 10. — Prorerb. VIU, t. 17. — Esâïe, XL, T. 22. Il est dit dans le premier de ces lîyres : c Quand Dieu traçait le cercle {de la terre) au-dessus des abîmes. >

' Le texte hébreu porte que « Dieu a étendu sur le ride la route des cieux (le septentrion) et a suspendu la terre sur le néant {al belimah), » Le grec porte : Kpifta^wf ySiv iiii où^cv^. (Job, XXV!, 7.)— Voyez, sur retendue de la terre, le rerset 18 du chapitre XXVIII du livre de Job.

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les lui adressaient , frappés de Téclal du grand luminaire qui préside au jour, ne pouYaient pas comprendre quMI e|ist&t pour la terre, comme pour TuniTers, d'autre source de lumière. Mais les difficultés que Ton s'était formées contre rexactitude de la narration de Moïse , n'ont pas tenu dcTanl les découf ertes de la science. En effet, dans une infinité de circonstances, il se produit ici-bas et il se développe d'immenses quantités de lumière tout à fait étrangères à celle que nous devons au soleil; Telle est celle que répandent les foyers des volcans ; telle est encore la lumière, non pas intermittente , mais continue , que diverses causes amoncèlent à la surface des nuages. Cette lumière, produite par leur phosphorescence, a été assez vive, aidée surtout par la température, par l'humidité et par T^lectricité plus considérables des premiers âges, pour faire germer les végétaux avant que les rayons solaires eussent fait sentir leur puissante influence.

Moïse ne fait pas non plus créer la lumière, comme Tont supposé sans motifs les commentateurs de la Bible ; mais il la fait jaillir à la voix de Dieu. Ainsi Tauleur de la Genèse est plutôt d'accord avec la théorie des vibrations ou des ondulations, généralement adoptée, qu'avec la théorie de l'émission, qui ne saurait expliquer l'ensemble ou l'universalité des faits connus.

Sous ce point de vue, le législateur des Hébreux pourrait paraître supérieur à Newton, si ce grand génie n'avait été luimême favorable à l'hypothèse des vibrations, quoiqu'il ait adopté , pdur %e% explications et ses calculs, la théorie de l'émission. C'est dans la lettre écrite par lui à Boyie, qu'il a essayé de démontrer que les vibrations de l'éther, déterminant les phénomènes de la lumière, pourraient fournir une explication fondée de ceux de la pesanteur ou de l'attraction.

Cette lettre, où se trouve énoncée cette grande et belle conception, a été publiée par Mr. Frédéric Maurice, dans la Biblio^ ihèqne Universelle de Genève, Ce savant y démontre coml^ien

AVBC LES aCI£]IC£8 nOOSBHBft. 329

il est simple et conrornie aux lois de la nature de faire dériver de la préexistence d'un seul fluide émineaunent élastique et subtil, les principaux et les plus importants phénomènes du monde physique. 11 nous apprend comment, au moyen dt ce lien mystérieux. Newton entendait coordonner tous les mouvements des grands corps de Tunivers, et ramener l'ensemble des faits physiques à cette unité première qui en rend la coordination si admirable et si merveilleuse.

Le même physicien fait encore remarquer que, dans cet appel fait par Moïse à la lumière, d'être et de briller de tout son éclat, avant qu'il y ait des corps lumineux destinés à la répandre d'une manière constante sur la terre, il est dilBcile de ne pas voir une preuve frappante de l'inspiration du livre qui le contient.

Tout en admettant une lumière indépendante des grands luminaires placés par la main de Dieu au milieu des espaces célestes, rScriture n'appelle pas moins l'attention sur la magni- 6cence et la sptèndeur des rayons solaires. Elle nous apprend que l'homme ne satirait en soutenir l'éclat, quand les vents ont éclairci les cieux, et quand l'aquilon a fait briller l'or du soleil * .

Lorsque ensuite Moïse porte ses regards sur les astres nombreux qui donnent aux nuits leur magnificence et leur beauté, sa science partit au-dessus de celle des astronomes de l'antiquité, qui, dans leurs observations imparfaites, n'en ont classé qu'environ un millier * . Lui, au contraire, les multiplie h Tinfini

* La leUre de Newton à la Sociëlé royale de Londres^ écrite en 1675, a été insérée dans THistoire de ceUe Société, publiée eu 1756, par Bîrch. Quant a celle de Newton à Boyle, elle o été traduite par Piolet, elle se trouve dans la BibL Unit^. de Genève pour 1822. Dans cette lettre. Newton admet la propagation de la lomiéré, moyennant les vibrations de Téther préexistant et répandu partout. Voyez enfin le verset 21 du chap. XXXVIE du Livre de Job.

' D'après Hipparque, il n'y aurait pas plus de 1022 étoiles dans le ciel; quoique le nombre en ait été un peu étendu par Ptolémée, il ne s'élevait pas cependant, aux yeux de oe dernier astronome, au delà de 1026.

3 30 PABALLiLB DBS COVM AI8SA VCBS Blttl^UBS

et les regarde comole mnombrablef» Ainsi , d'un seuf mol , il nous dépeint TimcDense quantité des étoiles qui composent la Toie lactée ou qui sont disséminées dans tes espaces célestes. PoursuiTant leur examen, il les compare, comme pourrait fo faire Herscbel , aux grains de sable des bords de la mer. On pourrait peut-être ne Toir dans ces expressions qu'une simple figure, si rBcriture n'ajoutait que « Dieu les a semées de sa main dans Tespace comme de la poussière ; » quelque grand qn'eii soit le nombre, t II les nomme toutes par lein* nom. » Lorsqu'elle ne s'occupe pas de leur nombre, mais de Tordre et de la régularité de leurs mouTcmenis , die les compare & une ar* mée qui s'avance en bataille. Elle nous représente cette armée céleste comme incomparable par l'immensité de nen soldats et la perreclion de ses manœuvres. Emerveillée elle-même de la magnificence des cieux , elle s'écrie dans son enthousiasme : « ils racontent la gloire du Très-Haut, et, quoique sans paroles et sans voixj ils n'en proclament pas moins sa puissance et sa gloire, s

Quelque brillants que soient les astres disséminés dans l'immensité de l'espace, l'Ecriture ne les suppose point animés, comme le pensaient les anciens. Elle ne leur accorde pas non plus d'influence sur les choses humaines. Elle les considère comme des corps sortis du néant à la voix de Dieu , comme des matières inertes, agencées et soumises, marchant avec l'ordre, Tcnsemble et Tunité d'une armée qui s'avance en bataille et exécute les décrets de sa haute sagesse.

C'est ainsi que la Bible nous représente Celui dont la majesté est au-dessus des cieux, et qui s'abaisse même encore quand il porte ses regards sur la voûte céleste. Entre les représentations animées qu'elle nous donne de cet être infini, que l'uni* vers ne peut contenir, et celles que nous en ont laissées les plus beaux génies de l'antiquité, la distance est si grande qu'il n'y a aucun parallèle à établir. 11 en est de même des idéea que l'Ecriture et les théogonies anciennes nous ont trans-

ATIC IiBS 8<»9G1S HOraRMlS. 331

OMset tur Dieu, ainti que sur le inonde msitériel et les causes de sa formation.

L'Bcrilure n'est pas moins exacte lorsqu'elle décrit les diffé* rentes constellations. BHe nous montre les Pléiades comme devant leur éclat i un grand nombre d'étoiles irôs-rapprocfaées. Bile nous dépeint > au. contraire, les astres d'Orioh comme écartés les uns des autres , et en quelque sorte comme disper* ses au milieu de la YoAte céleste. Portant enfin son attention sur le brOlant cortège de la Grande Ourse» elle nous le montre composé d^ane infinité d'étoiles resplendissantes.

Ce n'est pas uniquement sous le rapport de ces grandes vues que rEcriture se montre en harmonie avec les découvertes de la science; c^est surtout lorsqu'elle considère les phénomènes de détail de ce monde matériel. Ainsi, lorsqu'elle parle de l'air, elle nous le représente comme doué d'une certaine pesanteur et entourant la terre de ses couches mobiles. En eflet, dans cet admirable cantique où Salomon nous dépeint l'éternité de la Sagesse Infinie, ne nous apprend-il pas qu'elle existait lorsque Dieu affermissait Tan* au-desst» de la terre, qu'il dispensait dans leur équilibre lès. eaux des fontaines et posait les fondements de la terre ' ?

L'Ecriture nous a également appris la première « que Dieu a é^nné i l'air son poids {mischkal) et aux eaux leur juste mesure. » Cependant celte propriété du fluide aériforme qui entoure la terre est restée inconnue jusqu'à Galilée ctTorrioeHi. Tout au plus Arisfoie en avait eu quelque idée, de même que plus tardSénèque a en quelque sorte entrevu son ressort et son élasticité.

Cette pesanteur, attribuée i Tair, a paru si extraordinaire à tous les interprètes du livre de Job, où die est KnéralemenC consignée, que, ne pouvant pas la comprendre, ils l'ont tout à fait méconnue. Ils ont tous traduit l'expression rouack, qvi s%iiifie proprement l'air on la couche aériforme dont le globe

• Prov., ch. Vllf, 28, X9.

332 PARALLkiB DBS COHHAISSAHGBt BIBUQUB8

est turlrofiné, par Tent , quoiqu'ils aient cooscr? é an mot miichkai son yrai sent» c'est-à-dire celui de pesanteur on de poids.

Us ont agi ainsi, parce que» ne poutant se figurer que Tair (&t pesant, et sachant par eipërience que l'on éprouve une cerf aine résistance lorsqu'on se dirige contre ses co»ofaes en raouyementy ils lui ont attribué un poids, cause, selon eux, de sa force et de sa puissance. Au lieu de faire comme rRcriture, de donner h Tair lui-même une certaine pesanteur, ils l'ont rapportée k Tagitation et à l'impétuosité de ses coucbes mobiles.

Une fois cette interprétation admise, tous les commentateurs qui ont suivi les premiers traducteurs ont adopté la même ver« ston, sans s'occuper de savoir si elle était ou non conforme au véritable sens du texte bébreu.

Si les anciens interprètes avaient compris le véritable sens du 7* verset du Psaume 134, ils y auraient vu une nouvelle preuve de la pesanteur que rScriture attribuait à l'air. En effet, le Psalmîste y loue Dieu a de ce qu'il fait les éclairs pour la pluie, et de ce qu'il (ait monter les vapeurs de la terre, et tire le vent hors de ses trésors. » L'ascension des vapeurs aqueuses au milieu de Tair est une suite de leur légèreté plus grande que celle des coucbes de l'atmosphère où elles se répandent. Les imei et les autres sont donc pesantes , et l'excès du poids est ici en faveur de celles qui , au premier aperçu , en paraîtraient dépourvues.

Les vapeurs aqueuses sont, aux yeux de l'Ecriture, la sotirce des nuages d'où découlent les eaux qui fertilisent les champs, ou cfui les ravagent lorsqu'elles sont trop abondantes. Elles sont donc, pour elle, la source des pluies impétueuses et Ja source des orages, lorsqu'elles donnent un libre passage aux feux du tonnerre. L'Ecriture confirme par là l'existence de leur densité et de celle de la couche aériforme qui leur donne aooès au milieu de ses interstices.

AVSC LSS SCISVÇSS MODBUBS. 338

La Bible nous dëpâni ainsi les tapeurs aqueuses carnée ce»* stauNMffit suspendues dans Tair, el» selon elle, la nature , par une admirable cireulaiion, emploie ces tapeurs à la produciioii des nua^, source des pluies qui Cf condenl la terre ' . L'Bcri* ture donne ^ raliBospbère et aux eaux supérieures, e'esl-i*dire à la vapeur aqueuse disséminée dans son sein , une importance que la science des modernes a pu seule constater. Du moins, d'après les calculs des plus grands physiciens, la force employée annuellement par la nature pour la formation des nuages est ^le à un Cratail que Tespèce humaine tout entière ne pour* rait faire qu en 200 000 années ' .

Cette c séparation des eaux supérieur^ d'à? ec les eaux inférieures » a^ eu lieu au moyen de l'atmosphère, et non par une sphère solide, comme Tont supposé à. tort la plupart des inter* prèles de la Genèse. EneSet, le mot hébreu rakiah, que nous arons rendu par intervalle ou ipw firmament , est loin d'avoir le moindre rapport avec quelque chose de ferme et de dur. Il désigne phit6l une étendue vaporeuse, c*est-i*dire une cou*' che aériforme, mais nullement un ciel de métal, ainsi que Don Calmet l'avait supposé sans fondement*

La Bible nous indique ici rimporlance de l'eau dans la formalion de la terre. Elle nous apprend encore que, outre Teau disséminée dans Talmosphère, ou qui couvre la plus grande partie delà surface du globe ', il en existe dans l'intérieur de celui-ci des quantités non moins considérables. Sa croftte solide , dit-

, • Voyci Jols cbap. XXVI, 8 ; XXXVI, VI ; XXXVil, 11 cl 12 ; XXXYUI, 25 cl 27. Proverb. VIII, 28. Ps. LXXVI, 17.

' Oo peut consulter sur cette qacsiîon les calculs de MM. Leslie et Arago. Ce dernier admet que 800 millions d'hommes euviroD forment là moitié de la population du globe. Daos le calcul dout nous Tenons do donner le résultat, il n*y aurait que la moitié de ce nombre qui aurait concouru au Irarail destiné à la formation des nuages. {Anmtaire du Bureau des l6nfçiuules, 1 835, p . 1 96 .)

^ Le Psaume CIV, 25, nous fait connaître la grandeur de l'Océan, on ces termes : t Celle mer si grande cl si spacieuse. Hoc mare mafçman et

334 PARALIrèLB DKS C0V1IAIS8A1KXS NBLIQUBS

die, rccouTre un grand abtme ; de cet abîme les eaux ont fait éruption avec une extrême yiolence i Tépoque du déluge, .comme à celle du ebaot et des iges sans nombre qui Tavaient précédé*.

Ainsi l'Ecriture, devançant les découTcrtes modernes^ nous montra la croule fa plus extérieure de la terre sortant du sein des eaux, et cette même croûte renfermant dans son sein une immense quantité d'eau à Tétat liquide * . Ces faits^ ont été confirmés par l'obserration et la science. N'6st-il pas d'expértenoe ▼ulgaire que les eaux souterraines sont presque aussi abondantes que celles qui coulent à la surface de la terre ? Le globe p^ratt avoir dans son intérieur ses fleuves, ses torrents , ses lacs , et peut-être même ses mers. Lorsque la Bible parle du déluge, elle nous le représente comme produit par des pluies impétueuses et violentes , les bondes des cieux s'étant ouvertes. D'un autre côté, elle nous dépeint les eaux renfermées dans les entrailles de la terre, comme ayant jaiHi à la surface par torrents. Elles enflèrent en même temps les eaux extérieures, qui s'accrurent et débordèrent de toutes parts suivant l'énergique expression de Job. Toutes ces causes réunies produisirent cette terrible catastrophe, qui amena la destruction du genre humain,

spafEOsm^. 9''Zacharie en dépeint retendue en disant que c le Messie régnera d'une mer à l'autre» > c'est-à-dire par toute ta terre. Zacliarie, cliap. IX, 10. Voyez Ainos, VIII, 12, el Micbée, VII, 12. Ps. LXXI, 8.

' Voyez Genèse, VII, 11. Ps. LXXVII ; CIV, 40.

* D'après le Ps. CXXXVII, 6, la terre est fondée et étendue sur les eaux : Qmsfirmaviiierram super aquas .^— t Le Seigneur a fondé la terre sur les mers; il Ta établi sur les fleures. » Ps. XXIII, 2, — et (sous la terre), c les géants gémissent sous les eaux.> Job, XXVI, 5. — Jaeoù sou' haite à Joseph^ < les bénédictions deTabime qui est concbé par-dessous,» c'est-anlire^ l'abondance des eaux de source. Deutér. XXXI 11, 13.— Enfin le Terset 20 du cliapiu*e VIII des Prorerbes est encore plus formel relatiyement au jaillissement des eaux souterraines; il porte en termes exprès, que c par un effet de la science du Seigneur les eaux de l'av bime ont jailli et ont rompu leurs digues. > — Voyez également le verset 11 duchapitre VU ; Job, XXXVIII, 8, où il est dit : c Célébrez celui qui a étendu les cieux sur les eaux.»

AVRC LBS SaEnCBS fflODEBHBS. 335

et qui fut suivie de son renouvellement ' . De pareils finis sont eneore la cause^ non pas de déluges analogues à oekii dont là Bible nous a peint la violence^ mais d'inondations «|ui affligent et désolent la terre à de longs et rares intervalles. Les eaux du ciel sont impuissantes pour les produire, coimne cHes Je furent pour opérer le cataclysme^ cause de la perte et de la mine des hommes. En effet, la quantité de vapetur aqueuse disséminée dans Tatmosphère est trop faible pour produire des déiugeà analogues h celui de Noé, dont les faits physiques attestent as» sez la grandeur.

L'Bcritnre ne se borne point à c^es données, pour nous faire comprendre que, outre les grandes masses d'eau répandues k h superficie du giobe^ il en existe de non moins considérables dans rintérieur. La terre est fondée et étendue, dit-die, sur les eaux souterraines ; elles y ont été rassemblées, comme en un amas, dans les lieux les plus cachés de sa profondeur, d'où elles s'é«^ cfaappent parfois pour répandre la fertilité sur les sols les phiiingrats*.

Aussi, quand elle décrit les richesses du pays de Canaan, auquel une puissance merveilleuse de végétation est promise pour les derniers temps, elle le représente non-seulement comme abondant en sources et en fontaines, mais surtout en eaux souterraines. Elle semble par là anticiper sur les procédés de perforation, à Taidé desquels les modernes viennent d'apprendre à fertiliser les champs les plus ingrats et les contrées les plus stériles.

On trouve encore dans TEcriture des preivves de Tétendue des mers aux premiers âges ; elle contient même quelques dé« tails succincts sur les animaux qui les habitaient , et dont la plupart ont précédé les espèces des terres sèches et découvertes. De pareils faits ont exigé de longs espaces, de temps pour

• Voyez Job, XXXVllI, 8. Genèse, VII, 11. {Bupti sunlfonles abyssi el cataractes cœli aperiuntur,)

« Voyez Ps. XXIV, 2 ; XXXIII, 17 ; CXXX, 6.

336 PABAUiiLB DRS COHHAISSAHGBS BIBLIQUES

t'opërer. En effet, les nombreuses générations enserelies dans les rieilles couches du globe, et auxquelles ont succédé les races « actuelles , ont dû YÎvre pendant des périodes plus ou moins étendues, pour remplir le but de leur création. Cette circon* stance prouve, à elle seule, que le mot lom de la Genèse, traduit par joxvr , désigne plutôt des époques indéterminées , dont il nous serait impossible de fixer la durée.

Tout en nous faisant comprendre quelle est la grandeur des mers, TEcriture ne manque pas de nous déclarer que Dieu leur a marqué des limites , et leur a posé des bornes et des barrières qu'elles ne Tranchiront jamais. Dans son style poéti* que • elle s'écrie : « Mer, tu Tiendras jusque^à , mais tu n'iras pas plus loin. Ici, tu briseras Torgueil de tes flots;»

Ailleurs elle dépeint la profondeur des mers et montre la grandeur de leurs abtmes, entretenue par les pluies qui sortent du sein des nuées. Ces pluies servent aussi ik désaltérer les terres désolées, et ^ y faire germer l'herbe delà prairie. Quant aux eaux , elles se convertissent parfois en glace et se durassent comme la pierre; leur solidité affermit ainsi accidentellement la surface de la mer.

Elle nous représente la gelée se répandant sur la terre corôroe le sel, et hérissant les plantes comme les feuilles des chardons. Dès que le vent froid de Taquilon soufRe, Teau devient comme le cristal. La gelée repose sur tous les amas d*eau, et les rend comme une cuirasse impénétrable.

Lorsque la neige lombe sur la terre, elle s'y étend comme la multitude des oiseaux voyageurs qui viennent en foule s'y poser ; elle s'y répand comme ces troupes <le sauterelles qui descendent des nues. L'œil admire l'éclat de sa blancheur; mais le cœur s'effraie des inondations qu'elle amène. Enfin , après ces jours mauvais, des vents chauds et humides se font sentir, et avec eux disparaissent la neige et la gelée. Ainsi partout et à chaque pas TEcriture nous montre l'influence des eaux répandues dans Tespace et leurs effeu sur la terre.

AYEC LU SCmCBS BODBUtS. 337

L41 Bible y pour nous donner une idée de l'influence de U chaleur centrale ^ ne se borne pat à nous parler de celle qu'elle a exercée sur les eaux du déluge : elle nous en entretient encore , lorsqu'elle s'occupe de Tétat intérieur de notre planète. En eSet, d'après elle, si la surface de la terre fournit i rbomine les éléments de sa nourriture, au-dessous de sa croûte solide p c la terre est néanmoins en feu et comme boulerersée ' • » La plus grande partie de son écorce^ ainsi- enflammée dans son intérieur^ est couverte d'eau ^sa surface. Au-dessus de cette masse liquide, les continents et les montagnes, qui en sont les points les plus élevés , ont sui^ , pour servir d'asile i l'homme, ainsi qu'aux animaux et aux végétaux terrestres.

Qui donc a appris h Job que la terre était animée d'une tem* pérature ardente? Qui a pu lui enseigner l'existence du feu central , dont Buffon a également entrevu la possibilité avant que cette hypothèse fût devenue un fait démontré ? Nous n'ose» rions répondre à celte question, à raison du point de vue sous lequel nous avons considéré les Livres Saints.

On s^étonne donc i bon droit de trouver dans la Bible des vérités physiques si longtemps méconnues , ou si longtemps itérées : la pesanteur de l'air et le feu central. Malgré l'existence de cette chaleur intérieure, dont elle apprécie les effetSi l'Ecriture n'en admet pas moins Tétendue et l'épaisseur de la croûte solide du globe, qui renferme d'immenses quantités d eau cachées dans sa profondeur.

Sans doujle les Livres Saints , en nous donnant une idée de ces grands faits, ne nous les ont pas appris avec^ tto langage des physiciens. Leur langage n'a jamais été celui des Copernic, des Newton, des Kepler et des Laplace. La raison qui en a empêché les auteurs de ces livres admirables est des plus puissantes. S'ils s'étaient exprimés sur les scènes de la nature , non pas selon

* Le mot hébreu ihakhelhéjah^ employë par Job, chapitre XXVIII, 5, veut dire au-dessous d'elle. Le texte porte : c C'est de la terre que sort le pain ; et au-desso4ts d^eUe, elle est bottlcveisée et comme en feu. >

338 PABALIIlS des CONVAISBAKCBS BIMIQUEd

qu'elles se présentent h nos yein^ mais diaprés les aperçus que pourraient en avoir les savants des siècles i venir, ils n'auraient certainement pas été compris , même des inteMigences les plus hautes.

D'ailleurs le langage le plus avancé de b science, n'est après tout que le langage des apparences. Le monde visible et matériel est, beaucoup plus qu'on ne le suppose, une scène d'illusions et d erreurs.. Ce que nous nommons réalité n'est souvent qu'une figure, par rapport i une réalité plus cachée et à une analyse portée plus loin. Cette expression, dans notre bouche, n'a rien d'absolu; c'est un terme relatif que nous employons , i mesure que nous croyons avonr remonté d'un échelon nouveau la profonde échelle de notre ignorance.

Avant tout, TEcriture devait être intelligible an faoïlHiies les plus vulgaires, comme aux plus savants. Ne soyons donc pas surpris qu'elle s exprime suivant le langage habituel et familier de la science , et qu'elle dise avec elle que les étoiles se lèvent, que les équinoxes reculent, que les planètes marchent et redoublent de vitesse, s'arrêtent et rétrogradent. Nous ne devons pas non plus nous étonner qu'elle parle du lever du soleil et de son coucher, puisque ces locutions sont consacrées et adoptées par TAnnuaire du bureau des longitudes.

Ce qui a lieu de nous surprendre , c'est de trouver dans la Bible la distinction des montagnes en deux ordres , à peu près comme le fait la science qui les distingue en primitives et en secondaires. Ainsi dans le psaume CIV, d'une beauté poétique incomps^rable , le prophète nous donne une idée de la forma* lion de la terre; il nous la représente encore couverte des eaux de l'abtme, comme d'un vêlement. Les eaux surmontaient toutes les montagnes , mais plusieurs de ces éminences surgirent et s'élevèrent au-dessus de leur niveau; les eaux se retirèrent et s'enfuirent. De nouvelles montagnes parurent encore, et à leurs pieds se formèrent les vallt^es et les plaines^ les points les pli^s ab9i8sés du globe. Il y aurait donc eu aux yeui^ du pra-

ATWC LIS 8CIBSCB8 BODERHBS. 889

phète, deux principtlef époques, lors de rexhautsàneiit de« hauteurs qui hérissent de toutes parts la surface du globe : ces deux époques correspondent i la forroation des montagnes prirottÎTes et secondaires.

Aussi le prophète (Proverb. VIII, 2i), en parlant du soulèvement des montagneset des coteaux, dit que ces événements, qui ont singulièrement modifié le relief du globe ^ ont eu leur époque à part. Pkis loin, et dans le Psaume XCVU, TEcriture nous représente les montagnes coulant comme de la cire,, à peu près comtiBe pourraient le faire ceux qui auraient vu couler les rochers de l'Auvergne et du Cantal, ou qui auraient vu fondre comme de Teau les basaltes de |a Chaussée des Géants^

La Bible nous dépeint donc la masse des montagnes sortant du. sein de la terre à la voix de Dieu, et s'élevant au-dessus des plaines et des vallées. Elle nous rend compte de leur soulèvement, comme pourrait le faire un poète géologue. «Les montagnes, s'écrie-t«elle dans soa enthousiasme, surgirent au-dessus de TaUme, et les vallées s'abaissèrent au lieu que tu leui avais choisi. »

Elle s'occupe même de la force qui les a exhaussées ; elle la dit proportionnelle a l'élévation à laquelle ces éminences oni été portées : plus puissante lorsqu'il s'agit de faire élever les montagnes proprement dites , et s*aflaiblissant lorsque $e$ ef-. forts se bornent à soulever les collines au-dessus des vallées. Dans son style figuré , elle compare l'exhaussement des pre* mières aux bondissements des béliers , et celui des secondes aux sauts des agneaux ' .

Aussi nous représente- t-elle la terre molle comme de L'aigle, au moment de ces grands événements. Elle nous, la dépeint ensuite comme ayant pris une face nouvelle , et s'étacU parée d'un nouveau vêtement ', faisant en quelque sorte allusion aux

« Voyez Job, XXVIII, 4. — Ezëch. XLVIL — Zacb. XIV, 4, 8.— ?e. XC, % ; XCVIII, 5; CIV, 6, 8, 9 ; CXLIV,.5. — Prov. VIII, 25. * Voyez Job, XXXVIII, 14.

840 PABALLiU DBS COnfAISSABOBB MBUft^BS

teprafos de «édiment qui en rerélent la croftie b plot foperficielle.

Lorsqu'elle t'oceufie du 6uide électrique répeodu dam Tal* motpbëre, elle nous le représente comoie retenUssanC dans tooc Tespaoe des eieui, et faisant briller l'éelat des éclairs jusqu'aui eitrémités de la terre. Après leur lueur, la ibudre gronde, ses roulements se font entendre. Le bruit du tonnerre^ dit-elle, annonce que la colère de Dieu va tomber sur tont ce qui as-* pire i s'élerer. A peine a«>t-il retenti, que te coupa déjè Irappé. Ainsi Dieu éclate par la Toix de son toimerre; lut qui opère de si grandes et de si rares merTcilles , trace enfin sa route h la foudre, et règle le cours des tempêtes.

Telle est Tidée qu'elle nous donne de ce phénomène dont l'instantanéité est plus grande encore que celle de la luaaière. En eflfet, d'après les expériences de Mr. Becquerel sur la Titesse de réiectricité , ce âuide parcourrait quatre«Tingt-dix mille lieues par seconde. Sa rapidité est doue plus grande que celle de la lumière , qui n'est que de quatre-vingt mille lieues pour le même espace de temps.

Le fluide électrique a non^seuteoDent la plus grande ritesse, mais il entre en quantité considérable dans la composition des niolécules des corps. Cette 'quantité est aséme tellement im* mense, que Timagination en est eflrayée. Les éléments d'tuia simple molécule d'eau paraissent renfermer 800,000 chai^ges d'ime batterie électrique de buit jarres de deux décimèti«s de bauteur et de six décimètres de tour, obtenues au moyen de trente tours d'une puissante macbine électrique. Si la quantité d'électricité qui se trouve accumulée entre les éléments d'un gramme d'eau , devenait subitement libre au mi* lieu d'un édifiée quelconque , cet édifice volerait aussitôt en écbts.

Cette puissance, i côté de laquelle la vapeur n'est rien , soit qu'on la considère comme une matière très-subtile , ou bien comme le résultat d'un mouvement vibratoire imprimé à l'é-

AVBC US SdMKXS 1IO0BB>B8. 341

llier, etC employée «niqueinent, par la natore, à mamienip les eorabinaisont et la constitution moléculaire des corps. On né doil donc pat t'élonner de TimporCance que rEcritore a donnée à la fondre et air tonnerre , qui n^en eti pas TeflFet le moins eurieuK. Il eat peu de (Mnomènes naiords auxquels Télectri^ cité ne participe, et qui ne soient plus on moins sous sa dépen« dance. Comment pourrait-il en être autrement, puisque chaque moléeule matérielle parait douée non^eulement d'une certaine cpiantité de cbaleur et de lumière, mais encore d^électricité?

La Genèse n'est pas moins exacte , lorsqu'elle porte son ui*tention sur les êtres rivants qin tour è tonr.sont venus animer et embdKr la surface de la terre. Elle en^ dépeint la succession ; die nous apprend qu'ils imt apparu par générations distinctes, et en raison directe de la complicatton de leur organisation. On s'étonne de trouver une pareille loi écrite dans la Bible , loi également tracée en caractères ineffaçables dani^ les entrailles du globe. Ce fait , clairement exprimé dans un livre dont l'existence est ji ancienne, ne nous est connu cependant que depuis un demi-siècle. À cette idée d'ensemble Kée par Moïse h l'apparition des êtres vivants, ce grand législateur ajoute des détails dont l'éiactitude n'est pas moins manifeste, i notre avis, malgré lea aaaertions contraires des plus illustres naturalistes. Diaprés lui, les végétaux terrestres ont précédé les animaux qui habitent les terres sècbes et découvertes. A cet égard, la science chimique, confirme l'assertion de l'écrivain sacré; mais les observations géologiques semblent être en opposition avec ce point de fait. Aussi quelques physiciem modernes, loin de fadmettre comme réel et fondé , l'ont considéré comme une erreur manifeste. Il s'agit de savoir si ces observations sont aussi concluantes qu'on l'a supposé, et si, d'après la nature des choses, les végétaux n'ont pas dû paraître avant les animaux.

Les recherches d'après lesquelles on a cru prouver que les premiers n'ont point précédé les êtres doués de mouvement , sont loin de renfermer ce qu'on en a voulu déduire. En effet.

342 PARALLiLK DBS COHKAISSABGBS BlBUftOBS

tandis que les légélBux terrestres se montrent en gnnd nooBh bre dans les terrains de transition, il n'en est pas ainsi des animaux des mêmes stations. A peine y a^tHin dëcouTert quelques indiridus des classes inférieures du rè^e animal. Ces indifidus sont en si petit nombre, que jusqu'à présent on en compte six espèces au plus. Cependant les recherches les plus actives ont été faites dans toutes les parties du monde ^ pour en trotirer une plus grande quantité. Quand même ces êtres auraient été observés dans les mêmes couches terrestres , ce ne serait pas -pour cela une preuve qu'ils eussent vécu simuhanément. Nous ig^norons, en effets Je temps qui peut avoir été nécessaire i la précipitation de ces anciennes couches , ainsi qu*à leur solidification. Dès lorf des plantes, quoique antérieures i telle ou telle espèce animale, auraient pu être ensevelies avec die dans le même ordre de dépôt, celui-ci ayant exigé pour sa formation des intervalles de temps plus ou moins considérables.

Il y a donc tout au moins incertitude, quanta la simultanéité dans répoque d'apparition des végétaux et des animaux, si on suppose que les uns et les autres soient enterrés dans des formations du même ige. Il est loin d'être démontré que les plantes terrestres ne se trouvent pas dans des couches plus anciennes que celles où l'on découvre des espèces animales, respirant l'air en nature, quoiqu'elles fassent partie d'une même formation. I^s faits géologiques ne contrarient donc pas la marche tracée par l'auteur de la Genèse , relativement à l'apparition des différents êtres vivants. Cette assertion de Moïse est une conséquence géologique d'une haute portée, confit^ roée par l'observation des faits, ainsi que le remarque im des grands physiciens de nos jours *.

Cette conséquence est du reste rigoureuse, car elle était né-^ cessaire. Les animaux terrestres tirent leurs aliments des végé-^ taux, même ceux qui se nourrissent de proie vivante : en dévorant des espèces herbivores , ils s'alimentent en définitive de

Mr. Dumas.

▲TIC US 8GUSGB8 HOOMUOS. 343

la natiëre berhacëe que ces dernières s'élaimC assimilée , et ataieni convertie en leur propre substance. Si donc les herbivores cm dû précéder les races carnassières auxquelles elles devaient servir de piiture^ les unes et les autres ont dû être devancées par les plantes qui, en définitive^ devaient leur donner les moyens de croître et de se développer. Par une conséquence du même genre , on pourrait admettre que les animaux omnivores ont dû apparaître les derniers parmi les êtres vivants.

Cette conclusion^ à laquelle on arrive par le simple raisonnement^ est confirmée par Tobservation des couches du globe. Il est remarquable de trouver ce fait consigné dans la Genèse^ écrite depuis au moins 3500 ans. Elle admet également Tapparitton graduelle des végétaux. Elle les (ait commencer par les espèces les moins compliquées» auxquelles succèdent les herbes^ puis les arbrisseaux, enfin les arbres. L'écrivain sacré place après tous les animaux la venue de l'homme, qui couronne et termine le grand «uvre de la création.

Les naturalistes qui se sont occiipés de cette question ne Tont point examinée dans le but de justifier fauteur de la Genèse; par cela même, l'opinion de ces savants a un plus grand poids , car elle leur a été inspirée par l'expérience positive:

C'est surtout ici que s'applique cette belle pensée d*Herschel. Frappé des relations que les sciences contractent tous les jours avec la Révélation , il disait : « que toutes les découytt\t% hiraiaines semblaient n'être faites que pour mieux confirmer les vérités venues d'en haut et renfiermées dans les Livres Saints. » Cet illustre astronome a vu dans cet accord le plus beau triomphe et la plus noble conquête de Tintelligence.

Cette donnée scientifique a une portée encore plus haute. Elle annonce que la Genèse a eu raison d'etrfisager l'homme comme le dernier venu entre les êtres vivants, et de le considérer comme le terme et le complément de la création. Si les

344 PABALLàuS DBS GOmriUSSABGCS BaOïIftUBS

plantes ont précédé les animaui borbirores^ puisque ceui-ci deraieni y puiser toute la substance qui sert à les nourrir, les derniers ont dA également arriver arant les espèces camassià* res. En efki sans les races herbÎTores, les oamifores aeraieiit morts de faim. Par des raisons du même genre^ les omnivores, ou les races qui firent i la Tois de végétaux et d'animaux , ont dû arriver plus tard. Ainsi l'bomme, omnivore par excellence, a dû venir le damier entre les êtres vivants/ puisqu^il exigeait la présence de toutes les sortes de nourriture.

D'un autre cAté^ lorsque rEcriture parle de ta création des plantes, elle les fait v^éter et se développer avant Tapparition du soleil, et sous des conditions de lumière, de chaleur, d'humidité , différentes de celles sous lesquelks prospèrent aujourd'hui nos végétaux. Elle nous révèle ainsi , depuis plusieurs milliers d'années , un ordre de choses que la botanique fossile a prouvé être d'une grande exactitude» et qu'elle a cherché i expliquer par des causes différentes de celles dont l'action se fait maintenant ressentir * . L'Ecritui^ a donc admis avec raison qne la germination des végétaux a commencé avanc que le soleil eût reçu le pouvoir de répandre sa lumière sur la terre ; c'est aussi par des motifs non moins légitimes et non moins fondés, qu'elle a fait apparaître les plantes avant les races ani* maies 5 auxquelles elles doivent servir de nourriture. Mais il s'agit de savoir si elle est également restée dans le vrai en pro« clamant la nouveauté de l'espèce humaine par rapport aux au* très espèces vivantes.

Ce que nous venons de faire observer est en quelque sorte une preuve que la ventie de l'homme sur la terre doit être pos* térieure à celle de la pkipart des animaux , soit vertébrés, sok invertébrés. On ne peut guère se former de sérieuses difficultÀ sur ce point. L'observation des couches fossilifères nous apprend que les débris de notre espèce ne commencent à se montrer

* Voyez Genèse I, 11 et 12 ; cl notre Mémoire sur les Plantes fossiles des liQuilléres des régions polaires, Bibt, (Xniv,, juillet, 1834.

ATBC LB8 8GUBMBS VOOEBHBS. 345

qu'au mtUeu de» dépôts dtlutieni les plut réceftit, entre ceux <tnt appartiennent aux époques géologiques. L^boaune a donc (ak partie des plus nouTellés générations qui ont apparu i la suriace de la terre ; aussi la plupart de ceHes dont il a été eontemporain , ont encore leurs représentants parrai lès traces fiyantes.

Man rbomme peul être nouveau «t même le plus nouveau des êtres, et cependant sa venue remonter au delà des 7M)0 ans que l'Ecrilure lui attribue. Faut*il supposer, avec elle , que le dernier arrangement de la surface du globe est plus récent que la dernière et terrible catastrophe qui Ta ravagée, catastrophe suivie du renouvellement du genre humain? Serait-ce avec raison que tous les siècles , tous les peuples et surtout nos écoles modernes se seraient révoltés contre une daté qui donne un âge si jeune à notre orgueilleuse race? Non certes, les travaux géologiques , les recherches de iVtstoire et Tétude des monuments s'accordent tous pour nous démontrer non*-seule* ment la nouveauté de Tapparition de rbomme, mais surtout oeHe de son renouvelfement.

Ici donc l'Ecriture est exacte et dans les limites du vrai. Le terme qu'elle assigne au berceau de Thumanité , quoique peu éloigné de celui auquel la civilisation est parvenue à un degré de splendeur remarquable, suffit pourtant pour en expliquer et en comprendre les diverses phases. On peut faire entrer dans ces 7500 années tout ce que les traditions historiques certaines nous apprennent sur les progrès de l'homme dans le cheniin de la civilisation.

La Bible a également admis l'unité de l'espèce humaine. Cette vérité, longtemps contestée, a été de nos jours reconnue fondée par les physiologistes les plus illustres et les anatomistes les plus profonds. Les connaissances spéciales des uns et des autres sur les preuves qui la démontrent , donnent i leur opinion la plus grande autorité.

Dans tm avenir peu éloigné , cette question sera probablement h Tabri de toute contestation. En effets ces hommes noirs

346 PiiifiAw w» cmméUêAwcÊê wuêa^ves

qm, em tewJant et eo dtêcemâam diot le ebenin de k tÀiiSum^ tieiiy onC perdhi en grande partie k bcamé de kur type prioKtif» reviennent niaintcnt ans bienCuu âe HuteHigence, et se sont en6n oonstiluéi en eorpt de nation. Ils tendent i remonter ters le point d'oà ik étaient part» ; par suite des progrds de leurs connaissances et des facultés de kor esprit , îb reprendront dans peu k type qu'ik avaient perdu. Le développement de kur cerveau , suite nécessaire de la temion de leur esprit , leur fera acquérir des fermes nouvelles^ et bientôt on ne les dntinguera phis de k race blandie dont ils sont provenus. ATec k perfectionnenietit de leur intcHigepce, leur langaf^ s'épurera, leurs mosurs suivront ime pareilk amélioration , et ces bommes , naguère aussi ravalés au moral qu'au physique , deviendrmit la preuve k plus manifeste de l'unité de l'espèce bu* maine> proclamée par le premier et le plus ancien bistorien.

Cette unité primitive a dft nécessairement entraîner une imiformité dans le langage des bommes , ou dans k manière de s'entendre et de se communiquer leurs pensées. La Bible Ta admise, et Ton peut remonter avec die jusqu'à l'époque précise où la confusion des langues a eu lieu entre les nations. Une étude superficieik des idiomes des premiers peuples a paru d'abord peu fevorable i l'idée de la communauté de leur origine ; mais un eiamen plus approfondi a montré de qudk ma* nière toutes ks langues parlées s'en étaient peu è peu ékignées. (Voyez note ^ à la fin de l'article.)

Ce qui n'est pas moins digne d'attention , k Bible est k premier livre où l'on trouve des idées de classification analogues 2k celles que les naturalistes emploient dans l'étude des différents corps de la nature. C'est particulièrement dans le obapitre XI du Lévitique, que l'on trouve une ébauche d'une méthode pour distinguer les animaux purs , des impurs dont il était défendu aux Hébreux de se nourrir. Dieu permettait aux enfants d'Israël de manger ks aniaMux qui ruminent et dont k pkd était fendu en deux ; mais il leur interdisait de

ATK Lit WQÈMCÊS HODBMBS. 347

faire utdge des autres. Les pourceam ei même les hameaux étaient coiopris dans*oette interdiciion : 'les premiers parce qu'ils ne runmaienl point, et les seconds parée qu'Us'n'aTaient pas leur pied fourchu comme les bcsufs et les moutons.

Les oiseaux de proie étaient également, aux yeux de PBori-» tiire, des animaux impurs , dont les Hébreux ne damient pas se nourrir. Il leur était seulement permis d'user -des espèces à longues pattes (les écbassiers), ainsi que de celles dont les pieds étaient disposés pour la natation. Ils poutaient fiiire usage, pour noinriture, de tous les poissons de mer et des eaux douces, pourvus d'écaillés et de nageoires ; mais ils ne devaient point manger ceux qui n'ont ni nageoires ni écailles» H y a là, sans doute, un grand fond de sagesse; car les animaux dont nous nous serrons comme aliment , appartiennent aux espèces pures, tandis que , à l'exception du cochon , ceux que Moïse signale comme impurs, sont en général peu mangeables. Mais ce qu'il importe de Taire remarquer, c'est que dans cet arrangensent il y a une base de cli^sification naturelle qui est encore adoptée dans les méthodes les plus usuelles.

L'Ecriture n'est pas moins précise, lorsqu'elle porte ses re« gards sur des objets de détail, relatiTs aux êtres vivanu. C'est surtout dans la peinture des mœurs des animaux que ses récits ont une exactitude et une concision que les plus grands naturalistes n'ont point dépassées. Ses descriptions sont si fidèles et si précises, qu'elles n'ont pas pu être défigurées. Ainsi elle nous montre la lionne couchée dans son antre, épiant avec l'cBil inquiet la proie qui va passer, et qu'attendent avec anxiété ses jeunes lionceaux. Elle nous la dépeint, lorsqu'elle aperçoit sa proie, comme s'élahçant avec la rapidité de l'aigle, emportant sa victime dans la gueule pour assouvir la Taim dévorante de ses petits. Bien différents des lionceaux, les petits du corbeau errent au contraire, çà et là, pressés par la faim ; ils appellent i grands cris leur mère , qui se trouve heureuse de leur apporter leur nourriture.

348 PABALlàbB DBS COHVAISSUHCEBS BlBLIftUBS

Elle neuf indique ëgaiement le temps de la port^ ei de la déItTranoe des Uohes et des ciièf res saarages. D'après elle ees animaox se cotirl>eiit pour mettre i>as, et au monMnt de renrantement ils poussent des cris de douleur. Bile donbe à Tonale une.péttilance saos exemple: amoial indomptable, il ne répond pas aux cris.de celui qui se dit son maitire; libre, il parcourt aTcc fierté les pAturages des montagnes ; sa de« meure est la soHtude, et sa retraite le désert.

L'homme, ditf-eUe , est impuissant à dompter Toryx ; il ne peut le contraindre k passer une seule nuit dans une étable ; eneore moins peut-il le soumettre au joug, pour lui iaire ourrir les sillons ou poiir aplanir les champs des vallées fertiles. Ilal^ gré sa puissance, la force de l'homme est inutile pour fiiire partager ses labeurs à cet animal indomptable. Il ne peut pas davantage s'en servir pour enlever ses moissons , ou pour les transporter dans ses greniers * .

Les peintures des mcsurs de ces animaux sont aussi vraies qu'exprimées avec une concision remarquable. Il en esi de même de celles que nous donne la Bible des habitudes de Tautruche^ de cet oiseau, comme elle le dit elle-méade, in-

^ Voyez lob, XXXIX, 1 à 11. Nous oe ferons sur ces différetits versets qu'une seule observation ; elle se rapporte à ranimai que les Hébreux appelaient Reem, peut-être Toryx des Grecs dont parlent Martial et Oppien. Celte espèce paraît la même que Tanfilope oryx des -oatnralistes : elle est gi*ande comme un cerf, et ses cornes sont grêles et lon« gués de deux ou (rois pieds. Cette antilope ^ ou Toryx d*£lien , vit en grandes troupes dans l'intérieur de l'Afrique et dans toute l'Arabie.

Mr. Rosenmuller, ainsi que Bochart, a traduit l'expression hébraïque Reem par oryx, avec d'autant plus de raison que, sur quelques individus qui auront perdu une de leurs cornes, on s'est formé l'idée de la licorne. Cette circonstance est d'autant plus probable, que l'oryx présente cette particularité, ainsi que les antilopes algazel et leucoryx. Les uns et les autres deviennent souvent unicomes.

Quoi qu'il en soit, les détails que TEcriture nous a donnés sur l'animal qu'elle a appelé Reem, conviennent parfaitement à l'antilope oryx. Voyez nos OèseivaUons sur la licorne des anciens. ( M^m. de la Société Linn, de Bordeaux,)

AVEC IM SGIBMaa KOWRHIS. 349

teiMiUe pour «en petits, q«i sont è set yeuK oomme s'il» nMtaieiU pat les ment. OuUianl le» fruito de son enfant^nMiu , r«utniclM Abandonne ses ceub k terre» eomptam mm les Tcmh du otel pour récliaiiffer le saUe où die les ilépoae. Mère im« prudente H Mie, elle ne s^inquièle pas. de ce qu'ib deview* dront ; elle oublie qu'ils seront foulés aoir pieds ou brîti^s par la dent orueUe des tigres du désert !

Quand il en est temps , o« la voit élever ses aile» en Vmr ; comptant sur la torce de ses jambes , elle se ril ^ cbeval et de celui qui le nimite \

La peinture du eheval n'est pas ummis fidèle ; la Bible (amis le représente plein de force et de TÎgueiir, et bondissant oomoM? la sauterelle. Son cou est bérissé d'une crinière mouvame, et de son pied il creuse U terre. Il s'élance aawe oPBfueit' et court au-devant des armes. Coaanie son souffle répand la terreur, il se rit de la crainte et affronte le glaire. Lerscpie sur lui le bruk du carquois retentit, et que la flamme de la lance et du jare« lot étincelle, on le roit bomUonner, Mroir et dérmrw la terre. Art^il entendu la trompettes c'est elle, «Kt^tl, allens; de loin il respire le combat, la reix tonnante des ebeb et le fracas des

armes*.

Aux ordres de TEternel, dit-elle encore, réperrier s'élance dans les airs et étend ses ailes vers le midi. A sa roix, Taigle s'élève jusqu'aux nues et place son nid sur le sommet des montagnes. Cet oiseau habite les creux de la pierre et demeure sur les rochers escarpés les plus inaccessibles. Du haut de ces

• Vojex Job, XXXIX, 13 à 18. La peinture de r«utruche faite dans le Urre de iob en remarquable par son extrême rérilë, ainsi qu'o» p«ii|en juger en jetant les. yeux sur le passage que nous Tenons d'indiquer.' Il est remarquable de Toir signalé dans un lirre aussi ancien oette habitude des autruches d'élerer leurs ailes en Pair lorsqu'elles TeyleM cetirir dans le sens du Tant. Elles sayent, par instinct» que leurs ailes leur servent pour lors, comme de roiles ou comme de rames. ■

* Voyez Job, XXXlXi 19 à 25. Cette description du dteral est supérieure a toutes celles qui nous en ont été données.

3S0 PARALSifiB on G0raA«8A«W8 BISUI^IIBS

chue» itérée» Taigle oonlemple ta proie; tes yeux perfuntt hi dét#HTfent au Mn. Lortqii'il Pa saiiie, il la pmrit k ata pedia, ^lâ en beivcnl le aang. BiemAl^ gitidéa par leur «ère, les jeMiee aiglona t'abacieni dans teua les lieux où gll on eadatre. Immgtê de la moH, ee» oiseaux en porteni en qiiek|«e sorte ta livrée anr' laar phnnagpe ' .

L'Ecriture foil ensuite itteMion dca mi^ticOis auxquelles se liT9ent:tani d*aniaHHn^ snrteuc lea oiseaux et les poissons. Elle eeftpare souTvnt la rapidité des oiseaux TOTagenni qui trater<* sent les mers à la célérité des narires dépio^ant sur les eaux leurs bilguea voiles soariilabisi i de grandes ailes. Elle nous flMMUre l'élendue des ^ejages des l^ers habitants de Tair, leur nombre iaMaenae, leurs fatigués^ suite de leurs longues courses, et la protapêitiide avee laquelle ib s'abattent lorsqu'ils «ttetgneni le but de leur toyage. Teui , dana la peinture des aaaNirs de eas- oiseaux royageurs, est rapide et animé comme lea moUmments des êtres qui peuplent Tocéan aérien '.

Métis afOAs éuuméré quelques-uns des principaux Gûts physiques^ eenaignéé dans bi Bible ; nous arons cherché à montrer lenra rdalioës erec ceuai que la science a acquis depuis

• Vej^obXXXlX, 2» à ^.—U mot hébreu /nrsd^r(aigle)4ériTe du T.erbs Schour, qui signifie proprement contempler. Les auteurs de la Bible n'ont pas ignoré que Faigle pouyait fixer son regard sur le soleil. «^ Las prophètes avaient f^t bien remufqoé aussi que lorsque l'aigle mae il peird presque toutes ses plaiaes. (Micbé^^y \, 100 "^ L'ficri* Uu'e n'est pas moins exacte, lorsqu'elle s* occupe des mosurs des animaux. Voyez, par exemple, Proyerbe, X\X, 25 à 28; Esaîïe, XXXIV, 14 et 15. — Les Proyerbes contiennent des détails non moins curieux aor laa cerps bHUs. Oes liyres et Evéoiiiel ( 11!» 9 et X> 1) ayaient retaar- ^néqae le diamant était la plus dure des pierreSi coame le saphir l'une des plua éclatantes. Attsst Zncharie youlant dépeindre l'endurcIssaaieDt des Hébreux, dît ^'ils ont endurci leur cour oomme le diamant (VU, IX). -«» Ce prophète eonoaiasait légalement la manière d'éprovrer l'ar et de purifier l'aigeat (Xlll» S). U ciMpiIre XXVW de leb coaiient des détails intéressants sur les métaux et les pierres préoieases.

« Vojea Esaia^ XLVi, Il ; LX, 8| Ps« LXVll, 11 ; LXXXllI, 5 ; Cllf, 18. Osée, XI, 11. Joël, 11, 35.

AVIC &M SGUHKSS HODEBraS. 35 1

paa de icMipê. Il toMbia 4èt lors 4u'il ne août rdiW plus rien i y découvrir « U «•€ ccpendanl um poioc eiieniid dent mim aTona omb dé parler^ et par lequel w>m ttriQii»erofi8 ce» re* eberobes« — « Le Kri» de la Sageêae, aprè» avoir dit ^ue la eiaia toiHe-piMSfanle de Dieu a iWé la inonda du néants ajoule i)u'il a dispoié toutes cbotet avec nombre» ajvec poida qt i|vcic me* «ure* U noua donne par là & entendre , que l'on doit considérer les corps de la Mtiire sous trob aspoots , o*eM*à-dire, sous celui de leur ^lendue^ de leur pesanteur et. du noanbre des atomes ou des molécides qui tes composeni. Peui*éire a^irtl voulu spécifier ainsi les principales maniàres d'envisager les corps ou les principales branches de# sciences naUirelles. La physique y seraii représentée par la mesure , \e$ sciences ma* thématiques par le nombre» ei la chimie par le poids.

UEcrtture nous dépeint dans quelques mots les principales propriétés des corps, et eommeni on peut e» r4stuner les di^ verses apparences et les différents caradàres* Ajossi Dieu d#» masde à Job où il se trouvait lorsquMI posa Icf foodementa de la terre» et qu'il en établit les mesures ; où il était lorsqu'il raiferma la mer en ses digues, quand elle roaapii sen iiopi coimiie reniant qui sort du seio de sa mère; ou bien lorsque» Tenveloppant des nuées comme d'un vêtement » Il rentoura de ténèbres comme des langes de Tenfance? L'homme a-t*il jamais connu les sentiers de la lumière et le lieu des ténèbres ?

Les détails dans lesquels nous venons d'entrer» prouvent ce semble » avec quelque évidence» que les vérités physiques les plus csseniielles i la connaissance du monde matériel» sont i peu près toutes indiquées dans les premiers livres de la Bible. Elles n'y sont jamais développées» parce que Blolse el ses sueeesseurs n'ont pas ets la mission de faire des traités scientifi* ques. Tout en parlant de Dieu et des œuvres qui proclatnenf sa puissance» ils ont» comme malgré eux» laissé percer quelques traits de leurs hautes connaissances. Leur but» et leur but à peu près unique ^ a été de montrer letirs devoirs aux

312 PAmàUàiA ME» GOfiaAlSSAMSS BIBUQOBS

peuple qo'ik étaient appela i ^liriger^ et turtoat de les pénétrer de la crainte du Seigneur. Il leur a $fM de leur dévoiler lea prineipaux iaitt de ce monde TÎsibley pour le* convaincre de h aageiM du Trèi-Haut« aaseï dairement empreinte dans les CBuvret qu'il a produites. Ainsi exposés avec une concision ad* mirable , la plupart de ces faits ont échappé aux premiers interprètes de IlScriture, qui, faute de les comprendre, n'ont pas donné aux Livres Saints toute la portée qu'ils ont maintenant i nos yeux. Leurs erreurs, tontes inrolontaires, sont d'autant moins étonnantes, que la Bible renferme des données dont on ne saurait encore se rendre raison dans Tétat actuel de nos connaissances. Les pro(p*ès constants de la sc*ence humaine les rendroiH bientAt intelligibles et saisissables : ce n'est pas le le moindre des avantages des sciences, ni le moins bel héritage que nous puissions léguer à nos neveux. Ceux-ci n'oublieront pas plus que nous, que l'Bcrilure est un trésor ouvert h tous» et que c'est le seul livre dont les emprunts ne risquent jamais d'être accusés de pli^at. Les idées qu'ils y puiseront ont âéjk appartenu ik des millions d'intelligences ; mais s'ils les étendent, s'ils les comprennent mieux que leurs devanciers, elles seront d'auunt plus i eux , qu'Us auront été les premiers è les apercevoir.

(Note J.) Nous lisons. Genèse XI, 1 : Erni autem imra labii unius et sermonum eorumdetn, que l'on peut traduire ainsi: « Il y avait alors sur la terre un seul langage et une même manière de parler, s L'unité du langage primitif est peut-être plus dilBcile h établir que celle de l'espèce humaine. En effet, nous manquons des données les plus essentielles pour résoudre celte question. Aussi nous bornerons-nous è quelques observations.

Si toutes les variétés ou les diverses races humaines sont dérivées d'une seule souche , il s'ensuit , d'une manière en quelque sorte nécessaire, qu'il doit en être de même des langues, quelque grandes f{ue soient leurs différences. Or il est

ATIG LES SasnCES nODBBHBS. 353

presque dëmontrJ que la race blanche est la plus ancienne: Nous devons dès lors trourer, parmi les idiomes dont cette race a fait usage^ cette langue pritHitive par excelletice, la mère de toutes les aulres.

La preuve de Tunitë primiliTe du langage est non-seulement dans c^lle de l'espèce humaine^ mais encore dans le confusion des langues qui eut lieu lors dé l'érection de la tour de Babel. S'il y a eiî pour lors confusion, il ne devait pas en eiisler aupa* rarant.

L^bistoire du genre bumain nous apprend quii son origine il n'y a eu qu'un seul langage (unus iermo). Mais il est difBcite aujourd'bui de remonter jusqu'à la soucbe primitive de laquelle •ont provenus les idiomes divers dont font usage , pour s'en^ tendre, les diCFërents peuples de la terre. Tout ce que prouve l'étude de leurs caractères , de leur structure et de leur construction, c^est que les plus disparates ont entre eux un air de famille et de ressemblance qui décèle une origine commune^.

Si l'on admettait le contraire, on serait forcé d'élabKr autant de races humaines qu'il y aurait d'idiomes sans analogie e« sans liaison lesims avec les autres, c'est-à-dire des centaines. Cette conséquence serait peu philosophique ; elle obligerait , du moins, à multiplier les races presque en raison inverse du nombre des individus qui en feraient partie. En effet, les plus petites tribus et les populations sauvages tes plus subdivisées présentent souvent dans leurs langages les différences les plus notables et les plus marquées. Par suite de cet état de choses^ l'intérieur de TAfrique ou les régions inexplorées de l'Australie eonlicndraienl plus de races que l'Europe ou l'Asie entières. U en serait de même en Amérique, où cependant il parait démontré que les nombreux langages des indigènes sont dérivés d'une souche commune , ceux-ci ayant été soumis aux lois des autres familles des langues parlées.

Les recherches les plus récentes sur la construction des divers idiomes semblent avoir rendu probable qu'après la violente séparation de l'espèce humaine , ils se sont formés par groupes, ou si l'on veut par familles. Ces groupes tendent jour-

* La reconnaissance de ceCIo langue primitive n'importe pas à FEcri- Hire ; elle intéresse tout au plus les savants. Aussi la Bible ne conliepl aucun détail à cet égard.

354 parau4;ls obs cohhaissavces mttLiuQBs

nellemeal k $e rapprochel* et à mettre de plut en pht« en évidence leur pfieaié cl leurs affiiiiti^ mutuelles. Ils offrent einsi bi OMt^ leare preuve de leur premier et unique point de déport; ils divisent Tespèce humaine en certaines grandes iSMnMes caraetërislî* ques, dont les divisions subséquentes entrent dans le domaine de Fhistoîre. Ces analogies et ces rapports de?iendronC de plus en plus sensibles^ à mesure que l'étude philosophique des nations et la connaissance de leurs divers idiomes prendront une plus grande certitude et un plus grand développement.

Les langues qui forment la branche sémitique ^ dans la-* quelle on peut faire entrer Thébreu^ le chaldéen» le phénicien, le syriaque j Tabyssinien et larabe, ont été reconnues depuis longtemps avoir une même origine et composer luie grande famille.

. Il en est ainsi des langues chinoises et indo-chinoises, qu i composent un seul et même groupe, auquel viennent se joindre toutes les langues monosyllabiques de TOrient.

Quatfil aux idiomes conaus sous le nom d'indo-européens» lia composent une grande famille où Ton réunit le sanscrit ou le langage ancien et sacré de Tlnde ; le persan ancien et moderne, qui avait été considéré d'abord comme un dialecte fartare; le teutonique avec ses divers dialectes» tels que le ilavon, le grec, le latin et $e$ nombreux dérivés. Les dialectes ceUiqoes» qui d'après Priohard ont le plus grand rapport aveo les langues indo-européennes, doi vêtit être rangés parmi ee groupe.

Quoique le sanscrit paraisse, au premier aperçu, éure une langue inôre, et n'avoir que des analogies éloignées avec des langues asseï modernes, on arrive cependant h un autre ré« sultat quand on compare entre eux, a.vec quelque attention, le salkacrit et le grec par exemple. Cet examen prouve, en effet, que de nombreux rapports existent entre ces deux idiomes qui paraissaient d'abord n'avoir rien de commun. On trouve quelques détails curieux à cet égard dons l'avertissement placé en tête de la grammaire grecque de Bumouf ' .

De pareille analogies se font remarquer entre le sanscrit ,

* Voyes paçe tO de la 37»« édition ; Paris, 1842. ' Voyez VEsiai sur U langage ei !a plulosophie dei Iniiens^ par T. Schlegc!.

àVBC us 8CIBVCBS mWRViS. 355

le persan et t^ui les anoiefis et le» nouveaux dieleeteiUii Nord^ comme entre la première de ces langues et Th^breu. On trou^ rera la preuve de celte asserlion dans rexceilent ouvrage aile» mand publié par Mr. Bopp. Cet babile philologue y a ooflo^ré toutes ces langues avec le sa^crii ; or, comme le grec en pa* ratt également dérivé, i en juger par le grand nombre de mot» comouins aux deux idiomes , il s^ensaivrait que tous dérive* raient d'une même lan^g^*

Il parait en être également des langues plus aneiennes, teir les que rbébreu« le cbaldéen^ le phénicien* le syriaque^ Tabyssinien et l'arabe» parmi lesquelles on pourrait comprendre rév gyptien, dont radinilé avec la langue hébraïque n'est pas moioa manifeste. Les analogies de tous ces idiomes sont si nombreiir êe$, que» d'après Mr. Cellérier, il .existe dans le livre de Job un grand nombre de locutions et de tOMmures étrangères, prinr cipalemeni arabes. Il assure y avoir compté 85 mots qui ne se rencontrent dans aucun autre iivi^ de l'Ancien Testament. Il y a vu également 12 expressions syriaques « 18 chaldalque» e| 53 arabes. Cette observation ne s'applique pourtcuH qu'au po^me ; le prologue et Tépilogue sont écrits en hébreu mosal^ que et dans le style ordinaire de la narration, (introduction à F4ncien Teitammi, p. 494.)

Le latin qui^ comme le grec^ a 4e grandes analogies arec h sanscfitt est évidemment un idiome dérivé et secondaire» Lu plupart de ceux de TËurope, tels que l'italien, TespagnoU Vm^ glais et le français, en sont pro venus. Du moins ils ont entre eux des airs, de ressembbnce frappantSf et de si nombreux rap* ports, qu'il ^t facile d*y reconnaître les traqes de ia langue dont ils sont dérivés.

Il est donc difficile, dans l'état actuel des choses, de remonter jusqu'à la souche primitive de laquelle sont provenues toutes les langues parlées. Il est seulement possible de reconnaître entre elles des affinités plus ou moins prononcées , et d'y apercevoir comme de$ groupes distincts et des espèces de familles. Malgré les grandes différences qu'on observe entre certains idiomes, on finit, après un examen attentif, par y trouver certains caractères qui décèlent une origine commune et une souche première et unique.

Les efforts des plus illustres philologues de nos jours ont été

356 rABAUiU W» CMBAftSASCat HHlfaS. btc

rechti'thtê tw les signet, bstrocfvc et b BwcidamIcihoiMfiaifcîti leori pemée$, ont prouvé que saat dévie ib faiem dctgroopei dittkicuet piwieor» grwidct haiillct. MéattmKHm au ont irooYé dam leur emcaAIc de trop giandet aaatùpêf, et dcf ïïKnMê trep teasiblet posr se pat les dérer tous eomoie dérirés d'une soncbe piinwwc et on d'une lanjpie nère.

Ce fait pafiilt d'autant plus probable que Ton dfcouwo Teol de plus grandes simitifudes entre tfes icfiomes parlés par de» nations situées è de grandes iGstances les unes des autres p qu'entre eeus dont te terrent det peuplet fort rapproebés. Il se présente mémo parfois entre des peuples qui n*ofît ensemble aoottne conneiion historique, et qui, par eda mène, ne sauraient fournir aucune raison des affinités de leurs langues. Uaprotb, dans ses métnoires relatifs à FAsie', a cité de nofliH bret» eiemples de ces tinguKert rapproohemenu. ' Si, comme let maltret de b teience le tuppotent, Fori^ gine det languet tient i la faculté doimée ) Fhomme d'eiprimer ses pensées ï Taide de ifiois et de caractères particoKert, cette faculté doit être indéfinie. Elle le parall, en efîet; cette circon- Malice peut permettre de coneeroir les altérations et les modi* fications innubreoses que le hagt^^ a éprouvées, modificationa teHes, que souvent les mots d'un idiome appartiennent i une classe, et ta grammaire i une autre. Un nouveau langage en résulte même parfois, différent de cehit dont il ett dérivé, et t'en dblingtiant encore par l'adoption de nooveltet foraiet gramoMH licalet toutet pariiculièret * .

* Parif, 1824, tome l, p. 214.

^ Studio Etymon,

BBi^a^SSaaB^aaEfiBBailiBi^BaiBBiBâBBaEB

BXPOSÉ MS TEATAUX BT DB& IBCflEECMES «U'A RÉCBSSiTiS LA CONSTAVCnOIf D'UN TÉLBSCOFS GATOPTaïQUfi DE GEAIVDM DIMENSIonSi par tord Rom ; lo i PAstociation brîianoiqve de» Seienoet ridgeaiu a York, en septembre 1»44. (.AAénMiit, no 884.)

Ceit asfurément un intéressant spectacle que de voir un homme haut placé par le ran^, dam une société où le rang est encore quelque chose , consacrer son temps , sa fortune et un travail opiniâtre, è une entreprise purement seienitfique. Aussi, une foule considérable se pressait-elle dans rencetiite où tord Rosse afait promis d'exposer les procédés de construction de son léyiatban astronomique. Dès 1 826, il s'est occupé de cette idée, et, pensant que tout ce qui concernait notre système planétaire était suflBsamraent connu, il a cherché les moyens d'arfifer i oonnruire des instrumenta qui permissent de com* piéter Teiploration des éloites tnultiples' et des nébokuses déj) commencée par les deux Herschel. Il (allait, dans ce but, un télescope qui eût an objectif d'une ouverture assex grande pour admettre une suffisante quantité de lumière, et qui en même temps donnAt\in fort grossissement. L'auteur eut un moment l'idée de construire une grande lunette & objectif de verre ; mais la diCBeulté d'obtenir des dimensions suffisantes^ le porta k donner la préférence aux télescopes i réflexion, malgré Taugmentation des cbanoes d'erreur qui accompagne un défaut de combe dans la surface réfléchisaanle.

Les premiers essais eurent pour but de chercher le moyen de se proonrer un alliage spéculaire convenable. Le métal des miroirs ordinaires est formé de cuivre et d'élain ; mab il est trop cassant pour que l'on puisse en iabriquer des miroirs de diiqensions un peu considérables. Lord Rosse, qui dans ces

358 CONSTBUCTIOII V'vn féuSCOPE CATOPTRIftUB

rechaBolM» a été four i lotir cfaimif te, mécamcten , opticia» ût astronome^ crut d'abord pouvoir remédier i cette diiBculté en augnentaiic beaucoup la dose du cuivre ; mais alors TalKage trop tendre ne prenait pas te poli, et se dégradait rapideoient. Après de nombreux essais tnfruetueux , ik construisit trois miroirs dont la base èinli un alliage de cuivre et de sine dans la proportion de 2,74 du premier mêlai , et 1 du second, et qu'il recouvrit ensuite de plaques de métal spéculaire, dont les morceaux étaient soudés. Les deux alliages avaient l'avantage de se dilater de la même quantité par les changements de tempéiature. Ces miroirs étaient légers et solides » brillants, durables et bons réflecteurs ; mats ils avaient Tinconvénient grave de présenter, aux jointures des lames» des phénomènes de dif* fraction de la lumière.

La difficulté de couler de grands miroirs avec l'aUiage sp£-» culaire de cuivre et d^étain , tient h l'inégalité du refroidisse* ment de la matière, qui amène plus tard la rupture du miroir* Pour y remédier, lord Rosse imagina de faire un moule dont la partie inférieure était ^i fer, afin que» par une de ses sor&M)^ du moins» le refroidîsseoient du miroir pûA étr<) uniforme. Ce moyen réussit ; senfenient, vu la rapidité du refVoidissemeni^ il restait entre le moule de fer et la partie inCérieure du miroir des bulles d'air qui en altéraient la forme. Cet inconvénient cessa quand on remplaça la surface inférieure uniforme du moule par un assemblage de petits barreaux de fer mis vertioa*lement i cAté les uns des autres , et qui laissaiâDt passer l'air entre leurs interstices* L'appareil ainsi disposéj il ne resta pJui qu'à rendre le retroidissement aussi égal et auasi lent que po^ sible ; dans ce but, le moule fut placé dans un fourneau obauffé au rouge obscur, et on y laissa l'alliage métallique coulé» jusqu'à ce qu'il Cbt tout à fait refroidi, ce qui prenait. près d'un mois et quelquefois davantage. L'alliage que lord R. a employé ne contient ni fine ni arsenic, et consiste seulement en un atome d'étatn et quatre atomes de cuivre, soit, en poids» 58,9 du pre-

DB GIU90B8 DIItBll8IO>8 . 359

iDMr et 126,4 <hi teconcl. Aucun creusei de terre ne pourant être SMet grand pdur cotilentr b matae d'alKage néotsaaire, l0r4 Rosée essaya de fondre les deux naétant dails un- foumean à rérerbère ; mais Tétain s'oxidait si rapidetneni que les pro* portions de l'alliage en étaient altérées, ei il fallikc se servir de oreuaetê de ibnie coulés Touverture en baul, ce qui les rend moins portui.

Il s'agtisait maintenant de pofn* cet miik>irS| et l'on ne po»^ vàit espérer y réussir par la méthode ordinaire i là n^ain. L^auleur a imaginé une machine qu^ a construite en 1827, par le moyen de laquelle on arrire i donner arec sûreté au miroir une forme pres(|ue complètement parabolique. Au moyen d'tme machine à vapeur on imprime au miroir un mouvement rotatoire tris-leni, et le polissotr est mis en mouvement sur sa surface, de haut en bas et d'un cAté à l'autre, par le moyen de deux exoentriquesy ou leviers de fer. Le polissolr est fixé de manière h pouvoir aussi recevoir, du mouvement rotatoire du miroir, im moti» vemeni rotatoire inverse, mais beaucoup plus lent. U a un contrepoids qui permet de lui donner la résistance convenable sans qu*il presse trop sur la surface du miroir. Les mouvements de la machine sont ajustés de manière que la distance focale d« fmroir, pendant l'action du polissoir et surtout vers ta fin de l'opération, aille très^graduellentient en augmentant. Ou fait arriver ainsi la courbe du miroir, de la sphère à la parabole au moyen de certaines conditions. L*auteur, après de nombreux essais, a trouvé une formule empirique avec laquelle il a obtenu de très^bons résultats, et qui consiste à donner au jeu du premier excentri^ que une longueur égale è ceUe du tiers du diamètre du miroir, et è celui du second^ qui prodtiit le moirrément latéral du polissoir, une longuetnr égale i 0,27 du diamètre' du miroir. Il faut , en même temps, maintenir le miroir dana une tempéra* ture uniforme en le tenant plongé dans l'eau. Potur obtenir un poli parfait el éviter des sillons inégaux sur la surface poKe , il faut maintenir pendant toute l'opération le contact le pitts par*

360 CONSTBUCTIOV d'uN TBLBSGOPE CATOPTBIftDE

fait pofsiUe entre le miroir et le polissoir^ aitn que les particules de la poudre employée soient forcées de pénétrer dans la surbce tendre du polissoir, et forment ainsi sur le miroir les plus petites raies possibles. Pour arriver à ce résultat^ on a employé une couche de poix assez dure pour ne pas céder et pour enlerer les portions plus tendres du métal ayant les autres; en même temps afin de facilher une expansion latérale de la poix^ li où les portions métalliques enlevées et la poudre à polir se rassembleraient en trop grande quantité^ on a pratiqué des sillons sur le polissoir. Afin d'assurer une dureté suffisante et le degré de mollesse nécessaire pour maintenir le contact, lord Rosse a trouvé avantageux d'employer deux couches résineuses de duretés différentes. La première est formée de poix ordinaire mêlée de résine et d'essence de térâl>enthine ; Tantre consiste en résine, en farine de froment et en térébenthine , formant une piite très-dure. Chaque couche n'a qu'un quarantième de pouce d'épaisseur, et ceb suffit pourvu qu'aucune portion du polissoir n'ait plus d'un demi-pouce de surface contiiiue. On réduit en poudre la matière résineuse àure , que l'on étend sur le polissoir, et on l'inoorpore à l'autre couche en F^prochant de la flamme. Le plus grand miroir qui ait été consti^it et pofi par ces pro* cédés pèse trois tonneaux et trois quarts, et a six pieds*de «fiamètre. Il a 54 pieds de distance focale, et l'énorme tube qui le renferme pèse six tonneaux et demi. L'image est réfléchie sur le c^é du tube, où l'observateur la voit par un trou qui y est pratiqué. Cette masse est soutenue sur deux énormes murailles, et des galeries mobiles ont été construites pour élever Tobser^ vateur à toutes les hauteurs nécessaires pour les observations. La lunette est mise en mouvement au moyen de forts contrepoids, qui diminuent en s'appuyant sur le sol à mesure que le tube s'étève, de sorte qu'un seul homme suffit i faire manceu* vrer rinstrument. La lunette est montée comme un instrument de passage, et n'a de mouvement que dans le sens vertical ;

DE OIU«Dtt OIHBV8IOII6. 361

zmêi, pour oUarrer une étoile avoc cet inslnuDenif il CmiI attendre ton passage au méridien.

Le grand télescope d'Herscbel, construit il y a soixante ans, avait quarante pieds de longueur ; quoique difficile à manœuvrer, et bien inférieur en pouvoir optique au gigantesque instrument construit par lord Rosse^ il servit à découvrir le septième satellite de Saturne, la preiiiiàre fois que Ton s*en servit, et il n'a pas peu contribué i développer les idées nouvelles que Pon s'est formées sur Parrangeroent des cieux.

Dans Tessai qu'il a fait du pouvoir de son télescope avec un grossissement de trois cents fois, lord Rosse s'est surtout attaché i l'observation des nébuleuses. Il a figuré quelques-unes de celles qui avaient déjà été observées par Herscbd, et il y a vu des étoiles qui paraissaient aussi brillantes que celles de pre* mière grandeur vues A roril nu. Dans quelques-unes, où Herscbel n'avait point découvert d'étoiles , il en a vu de très-diatinetes présentant souvent des filaments étoiles divergents. Tout foit espérer que tant de travail et de persévérance, tant de frais et de fatigues recevront la seule récompense qu'ils aient eu pour but, et que le noble savant, qui n'a pas redouté de se les imposer, trouvera un complet dédommagement dans les découvertes qu'il pourra faire et dans les progrès de la belle science à laquelle il s'est voué.

NOUVELLES PREUVES DE L'EXISTENCB B'UII CD APS IMPON* DÉaABLB mSTUfCT DE LÀ LUMIÂEE, DU CALORIQUE ET DE L'iLECTRIGlTÉ^ par Mr. le profesieur Draper. {PhU0$. Maga*., août 1844.)

Depuis la découTerte des propriétés pbotograpbiquef dei rayons solaires^ la sphère d'action de ceux de ces rayons qu'on avait appelés chimiques» a été tr^yée coosidérablement accrue. L'idée est venue i plusieurs physiciens, et parti-» culièrement i Mr. Biot, que ces rayons^ regardés d'abord comme intimement unis à la lumière, en étaient pourtant tout aussi séparés que le calorique, et avaient un mode d'action spécial. Mr. Draper a été un des premiers II appuyer cette supposition, de raisonnements et d'expériences, et à donner un nom au nouvel impondérable, qu'il appelle Tithonicité, de Titbon l'époui de l'Aurore. Ce nom semble bixarre et mal choisi, et Mr. Hunty qui adopte les mêmes idées sur ki séparation de la lumière d'avec les rayons chimiques, propose d'appeler la force dont dépendent ces derniers^ finer^ia ou Helioplaston. D'autres suggèrent le nom de Metamorphia. Comme il ne semble pas qu'il y ait de grands motifs de préférence pour aucun de ces derniers noms, nous continuerons à nous servir de celui du professeur Draper, qui a du moins l'avantage de l'euphonie, de n'avoir jamais été appliqué à aucun autre objet, et d'avoir été le premier introduit dans la science ^ .

Dans son dernier mémoire, Mr. Draper cherche i apporter

de nouveaux arguments à sa thèse favorite de Texistence d'un

. nouvel impondérable. Mr. Becquerel a exprimé une opinion

* Sir J. Herschel vient de proposer à York» à l'Association briUnnique des Sciences, les mots aclinisme ou aciinochimie qui seront probablement adoptés por tous les physiciens. (iV. d. R,)

normes d'sh oobps inponùiaumA, vtc. 363

çtMraiw i eMe bypothèse^ et, muc VmmeneBim nryoïtt etlî^ oikiues^ il en attribue tout les effets i la lumière. Personne n'a jusqu'iet établi cpi'ils pussent être dus au eaieriqne on à Tëlectrioité ; c'esl donc i dé«onti*er une différenoe entre les rayons lumineux et la tithonicité que doit consister la discussion. Mr. Draper reconnaît qiie les propriété» mécaniques <ies deux a|;ents sont les^mémes^ que la réflexion^ la rérractipn, la polansation* etc., s'effectuent sous les mêmes lois et que, partant, la différence qui peut exister sous ces chefs n'est qu'une question de mesure.

Pour mesurer les rayons tithoniqnes, l'auteur a inTenié un instrument dont nous ayons donné la description sous le tiom de titbonomëtre, et qui est fondé sur la production d'acide bydroohiorique par le mélange d'hydrogène et de chlore. Cet instrument est surtout affecté par les rayons les plus réfrangibles, et le maxiosum d'effet est dans Hndigo.

On a jusqu'ici peu réussi à former un bon photomètre, surtout k raison de hi difficulté, pour fosil, de contraster entre efler des lumières de différentes couleurs. Aussi celte difficulté est* elle fort augmentée, lorsqu'il s'agit d'estimer. Timensité oom« paratite de rayons lumineux fortement colorés par leur passage dans des milieux absorbants qui les laissent passer, par exempte d'un rouge de sang comme le sulfocyanaie de fer, ou d'un bleu clair comme le sulfate de cuivre^

Comme le litbonomètre mesure surt6ut l'intensité des rayons les plus réfrangiUes, c'est un photomètre qui puisse servir h estimer l'inlensité de ces mêmes rayons qu'il s'agissait de coih struire. L'auteur y est parvenu par le procédé suivant.

Il a construit un photomètre sur le modèle de celui de Rit-chic ; mais le rayon lumineux traverse une solution absorbante contenue dans une auge en verre, et qui ne laisse passer que les rayons les plus rélVangibies. Cette solution est faite avec du sulfate de cuivre et d'ammoniaque. Le disque de papier blanc que renferme la botte du photomètre est éclairé par deux fain-

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p€$> qui sont «itM^foi de manière i donner nne kranière égéê^ et qui éclairent <4iacune la moitié du disque de papier. Bn re« gardant celui-ci au travers du tube garni de la solution de cuivre ammoniacal^ on en doil Toir les deux sections bien également éclairées d'un ^leu vif.

Lorsqu'on veut s'assurer de la quantité de lumière bleue que laisse passer une autre sofaition^ par eiemple le bichromate de potasse^ on en remplit une auge en verre qu'on place sur un pied devant une des lampes. En observant le disque sans le cuivre ammoniacal, on le voit très^brillant sur ses deux sections, dont Tune est seulement un peu jaunâtre ; mais lorsqu'on rétablit l'auge de la solution ammonisoo-cuivreuse, une moitié du cercle parait d'un bleu clair et l'autre tout à Tait noire. lei, tous les rayons bleus sont détruits; mais avec les solutions qui ne les absorbent pas complètement, Tobscurité est moindre et on me* sure l'effet en rapprochant la lampe de ce cAté^là, jusqu'à ce que les deux moitiés du disque paraissent également lumineuses «t le diamètre qui les séparait invisible. On estime alors Tintensite relative des lumières d'après la loi photométrique ordi*^ naire.

L'auteur a rendu le tithonomètre plus sensible , en le ga« rantissant du calorique par un écran de verre, et en faisant servir la même dose de gaz pour plusieurs expériences. II rend aussi la tiihonisation complète avant de commencer rexpérience> et observe les degrés de Tinslrument avec un petit télescope pour éviter la parallaxe. Ces perfectionnements et quelques au* très ont donné h l'instrument une sensibilité telle, que le mélange gazeux fait souvent eiplosion k la lumière seule des étin* celles électriques.

Au moyen de ces deux instruments, l'auteur cherche b résoudre la question de ^identité de la lumière et de la tithonicité. En effet, en faisant passer un rayon lumineux au travers d'un milieu qui absorbe une partie des rayons Meus, si les effets chi* miques, par exemple l'union de l'hydrogène et du chlore, sont

dut à la liieiière Umc, C0mme le wppoat Mr. Beo^ai^ly ifo deTTOOt être auioteoMot on iupport a? ee la dimiiMHiMi de TéolairesieDl. Aim , ai en ^oisÎMail m mUieii qui absorbAi la moitié de« rayons bleua, Tetbl ebiniqiie der rail être diminué de moitié^ et ainsi de suite. L'ayteiir a fait na grand nombre d'obtenrations el d'expérienees ponr rérifier la nature réelle de oes rapports. Il a observé^ dans toutes^ les dispositions sui- Tantes :

H ajuste tes deux lampes du ptiotomètre de manière I obte* lûr le mène édairtoMut s«r les deux demi-cercles du disque de pafHer. Il plaee ensuite Tauge eontenant le liquide, objet de Tobsenration, par exemple du naptlite coloré en jaune, au-de- Tant d'une des lampes. Le demi-cercle correspondant du disque se trouTe aToir beaucoup perdu d*éclatrement. On rapproche la lampe de ce cété, jusqu'à ce que la lumière soit rederenue égale sur tout le disque, et Ton mesure les distances des deux lampes eu centre de Tinstrument. Coom^ Hutenfité de la lunnère est proportionnelle au carré de la distance, en prend les carrés des nombres trouTés pour les lampes, et Ton e ainsi ta Taleur comparatÎTC de Téclairage des deux rayons, l'un libre, l'autre modifié par son passage dans le liquide^ Pobf le naphtCf ces Taleurs ont été treuTées tOO et 64, c'est-)k-dire quf sur tOO rayons de lumière Ueue trarersant le napbte, 64 seulement échappent i l'absorption.

On porte ensuite l'auge et le liquide vers le tithonomètre. On obserre le temps nécessaire pour faire mouToir d'une di* TÎsbn l'index mobile, au moyen de la lumière libre d'une lampe d'Argand ; puis le temps exigé pour le même elbt, produit par hi même lumière passant au traTcrs du liquide. Ces quantités ont été trouTées être, pour le lupbte, la première de 31 secondes, la dernière de 65 secondes, nombres qui sont enire eux comme 100 est i 48. De la sorte, il parait que le napbte absorbe une plus grande proportion de rayons titboniqoes

un 24

366 BXI8TSHCB D*0]| dOUPS IMPONDBRABLB

que de rayons lumiiieuxi H H fauffrait, 9^wk Paulenr, en conclure que ce ne sont pas les rayons de lumière les plus réfrangibles eux-méiiiea qui détéronment la combmahon de Thydrogène et du chlore , mais une autre sorte de rayons invisibles qui sont absorbés par le naphte d'après une loi différente.

Par des procédés semblables, Fauteur a obtenu les résultats suivants :

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