VOYAGB DU DUC DB ROHAN^ BU HOLLANDE
ennefrtisj et la rend fort accessible pour ses amis. Car «Slant dans remboucbiire de ces irois grandes riviàres , elle en reçoil de grandes commodités et richesses ; entre autres étant Tétape des vins du Rbin , qui de là se distribuent par tout le pays des états, lesquels en retirent d'un impôt qu'ils prennent là-dessus de grands deniers... Pour la conclusion de Dordrecht, je dirai qu'elle a cet avantage, non-seulement sur celles Je son pays ^ mais presque sur toutes les célèbres villes du monde, qu'elle n'a jamais été prise de force. »
Parvenu en Zélande , le duc remarque fort judicieusement qu'il est difficile d'asseoir une opinion sur l'ancien état du pays. « Sur une chose si antique de laquelle on ne peut savoir certainement la vérité, on en voit autant dopinions que de personnes qui en écrivent. Car chacun ayant diverses imaginations, on forge diverses opinions plus vraisemblables que véritables. Ce que nous trouvons être advenu en cette province de Zélande, qui , pour être le pays fort plat et composé de plusieurs lies, faites de trois ou quatre rivières qui s'adjoignent à la mer par plusieurs bras, ils se sont imaginé, en voyant Pexemplede celte inondation de Tan 1421, et tous les jours en ce pays la mer anticiper sur la terre , que la Zélande avait été autrefois terre ferme, mais que par succession de temps elle était devenue plusieurs tles^ comme nous la voyons : ce qui n'est hors d'apparence , et aussi est assuré fermement d'anciens historiens ' . Mais soit qu'elle ait été terre ferme ou autrement anciennement, je dirai qu'elle est composée de dix-sept ou dix-huit lies qui ont chacune particulièrement un nom, mais généralement elles se nomment toutes Zélande : qui a eu ce nom par le témoignage plus commun de tous les historiens, à cause que Zeeland signifie en flamand terre maritime. A la vérité , elle l'est bien ; car ce pays-là est plus bas que la mer, et n'est em-
* Cette phrase, ainsi que beaucoup d'autres^ semble traduite liuéralement du latin ; cela monlre à quel point les ëcrirains de ce temps, même les plus jeunes, étaient rompus à Tallure de la phrase latiue.
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péché d'en être laut couvert que par le moyen des digue* et cbaussëes qu'ils font ; aussi en tout le dit pays il n'y a aucune source d'eaii douce, laquelle, sans les petites citernes qu'ils font 9 y serait plus rare que le vin. Toutefois , la Zëlande qui est fort petite, et qui par la mer reçoit tant d'incommodités, par la mer aussi reçoit beaucoup de commodités; Car quelque stérile que soit la terre (hormis en pâturages), elle est fort peuplée et riche : y ayant huit villes closes... et 102 villages, desquels aucuns sont fortifiés. . . »
Le duc ne visite en Zélande que deux villes, Middelbourg et Flessingue.
« Middelbourg s'est depuis peu extrêmement enrichie, agrandie et fortifiée; à quoi son assiette lui sert fort. Car c'est où est l'étape des vins de France et d'Espagne, qui de là fournissent tous les Pays-Bas, comme le lieu le plus commode. Outre cela , c'est l'abord de toutes les marchandises qui viennent d'Angleterre. Et encore qu'elle ne soit du tout sur la mer, par canaux les plus grands vaisseaux y viennent, ilesquels se voient ordinairement dans la ville 1200 et 1500 d'une vue...
c II y a fort peu de temps que Flessingue n'était qu'un méchant village, qui. Tan 1400, ne servait que de passage pour ceux qui allaient en Flandre. Mais quelque temps après, il fut fermé de murailles par Adolphe de Bourgogne, et depuis s'est peu à peu accru , particulièrement depuis qu'il est entre les roaîns des états , de façon que c'est aujourd'hui une des plus importantes places qu'ils aient. Car c'est une des entrées de leur pays, laquelle la reine d'Angleterre (Elisabeth) a voulu avoir pour sûreté de quelque argent qu'elle leur a prêté, avec la Brille et Vere qui en sont deux autres. Mais maintenant craignant que d'engagement elle vint à s'en rendre, propriétaire, . ils lui payent en sept ans l'argent qu'ils lui doivent, au. bout, desquels elle est obligée de leur rendre ces trois places ' .
' On a hautemeni reproché à Jaqi:es l**" (voyez Biogr. Unw,) cl*avotr