VOYAGE DU DUC DE ROHAH^ £■ HOLLANDE
« H est temps de laisser l'Allemagne et la Flandre. J*eii ai dit ce que j'en ai pensé nécessaire pour le soulagement de ma mémoire. Maintenant il faut passer en Angleterre et en Ecosse^ où je m'efforcerai d'en remarquer ce que j'en penserai digne.
« Puisque Tile d'Angleterre et d'Ecosse s'est rencontrée faire la terminaison de mon voyage , que son ancien nom est conforme k celui de la Bretagne, ma patrie , et qu'outre cela elle contient aujourd'hui deux royaumes puissants et redoutables, son mérite, conjoint avec autres raisons prédites, me <:onvie a n'être non plus paresseux d'en faire la description que des autres pays que j'ai vus, mais même il me semble y être plus obligé. »
Le duc tient parole, car îl consacre dix pages à disserter sur les premiers temps dé la Grande-Bretagne, sur ses habitants et les changenients qu'elle a^ubis. « 11 est facile à considérer que l'origine des habitants d'une Ile est plus aisée à trouver que d'un pays en terre ferme, pour ne pouvoir être sitAt découverte et par conséquent pour être plus nouvelle. » Néanmoins le duc se trouve au milieu d'un chaos de fabuleuses opinions, qu'il rejette pour s'arrêter à celle de Camden ce homme très-docte, lequel , après avoir réfuté tous les autres historiens anglais qui pensent honorer leur pays d'en faire descendre les habitants des anciens Troyens, tient à heaucoup d'honneur de ce qu'ils sont descendus premièrement des Gaulois, puis des Cimbres... Il n'y a nul historien qui en écrive rien de remarquable jusqu'à Jules-César qui, après avoir subjugué les Gaules, passa en cette lie de Bretagne avec 80 navires et 18 autres vaisseaux... »
Rohan rappelle ensuite le peu de solidité de cette conquête, et les campagnes de Julius Agricola a plein de mérite et de bonheur, dit-il, qui, ayant défait en bataille le grand chef Galgacus,
rendu ces places à la Hollande. Il paraîtrait , d*aprés ce passage de Bohan, qu'Elisabeth en ayait pris rengagement, et que Jaques no fit que •*y conformer.