‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 5 sur 93 · LIVRES POUR LES ENFANTS · texte numérisé non relu

LIVRES POUR LES ENFANTS

Il est presque impossible que Pesprit du critique n'ëprouve pas une sorte d'étourdissement, lorsqull cherche à se mettre au fait des abondants matériaux que lui présente un département aussi considérable du domaine de la lecture , matériaux variés à f'infini^ élaborés dans des buts si divers^ adressés h des intelligences de tous les degrés ; mais une fois cette première confusion paèsécj l'impression la plus forte qui nous reste d'un tel examen^ c'est que la passion d'enseigner prévaut d'une manière vraiment excessive dans tout ce que Ton publie pour la jeunesse. Peu importe la diversité des modes mis en œuvre : tous ces auteurs s'accordent sur un point qui leur parait de première importance^ iavoir la nécessité de présenter Tinstruction à ces jeunes esprits sous la forme la plus intelligible^ et de leur en faire avaler bon gré mal gré la plus grande dose possible. Une semblable méthode, suivie avec modération^ appliquée avec tact, est certainement celle que doivent adopter les instituteurs CN général ; et cependant , c'est à Texcès qu'on en a (ait que les parents et les maîtres doivent attribuer les facultés iinpar^ faites et rabougries de leurs petits élèves. D'un côté ces jeunes intelligences ont été surchargées d'une nourriture scientifique beaucoup plus forte qu'elles n'étaient en état de la digérer; de l'autre^ le soin que l'on a pris d'étouffer chei elles l'imagination, en leur expliquant d'une manière méthodique tout ce qu^on leur présente, a détruit en partie l'équilibre admirable dé facultés établi par le Créateur , et les a forcées à gravir le mont de la science en se servant pour cette ascension^ non de tous leurs muscles, mais seulement de quelques-uns. Sans doute, l'instruction doit être donnée à l'esprit durant cette époque de la vie ourles facultés d'acquérir et de retenir sont le phis flexibles et le plus tenaces ; mais il ne faut pas perdre de vue que rintelligence d'un enfant est semblable à un vase, qui ne saurait contenir à la fois au delJk d'une certaine quantité de liquide. Si vous cherchez à le trop remplir, il déborde, et vous ne pouvez plus le porter commodément. Il est bon de serappe-

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