DE A.*P. DE CANDOLLE
mont de la plante, ne voyant, par exemple, dans foutes les parlies de la fleur, que des modifications de la feuille. Gœtbe avait appuyë ses idëes ingénieuses sur quelques observations bien faites ; mais, se bornant à l'idée de la transformation soit métamorphose des parties de la plante les unes dans les autres, il ne sVtaii ps élevé jusqu'à l'idée plus générale d'une symétrie primitive. De Candolle, au contraire, était parti de cette idée générale, et, se fondant également sur l'observation, il l'avait ap* puyée sur la théorie des avortemenis, des dégénérescences et des adhérences. St donc on peut dire que la théorie de Gœihe est une partie essentielle delà théorie de De Candolle, on peut aussi dire que' la première n'aurait jamais pris d'importance sans la seconde. Cela est si vrai » que ce n'est que trente ans après sa première publication, et lorsque les idées développées dans la Théorie élémentaire avaient déjà pris racine, qu'on découvrit un jour le petit ouvrage de Gœilie. De Candolle luimême, qui ne le * connaissait point à l'époque où pnrut la Théorie élémentaire , engagea Tun de ses élèves h le traduire en français ; heureux de trouver dans les observations d'un homme de génie la confirmation du résultat de ses propres méditations. N'opposons donc point, sous le rapport de la priorité, Gœihe à De Candolle, car il n'y a pas ici de question de priorité. Il y a un poète décoirvranl , au moyen de quelques faits bien observés et bien interprétés^ l'un des grands mystères de la nature, la transformation possible des organes les uns dans les autres; il y a un savant s'élevant, par une de ces conceptions qui ne sont non plus données quau génie, à une théorie généiale qu'il appuie sur des faits également tirés de Tobservation. Les phénomènes qui sont observés par le poète, ceux qui sont étudiés par le savant se trouvent être en accord; loin de nuire à la théorie du savant, une semblable concordance n'est-elle pas. au contraire, toute en sa faveur ?
Ainsi, pour arriver à se représenter une plante et pour trouver la place naturelle quelle doit occuper dans l'ordre des êtres.
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De Candolle admet premiàreroent qu'il existe uo typé (Primitif dont chaque Téofëialest unedétiation plus ou moins grande, et secondement que ce type est symétrique ; c'est, au fond, dans ce dernier point que gtt la différence la plus grande entre la théorie de De Candolle et la manière de voir de Gœihe, qui admettait bien jusqu'à un certain point l'existence d'un type, mais qui ne voyait pas la nécessité qu'il fût symétrique.
Après avoir cherché à bien faire voir ce qu'il y a essentiellement d'ori(>inal dans la théorie élémentaire » je ne dois pas passer sous silence les objections qu'a rencontrées Tidée qui sert de base à cet ouvrage. Ces objections sont de deux natures : les unes portent sur l'idée même, les autres sur ses conséquences philosophiques.
Comment peut-il se faire, ont dit ceux qui, attentifs surtout h l'observation des faits, se défient des théories générales, que le type primitif, ce cas normal , se présente si rarement , et que l'exception soit le cas habituel P
De Candolle répond à cette objection qu'il a prévue, en remarquant que Texisience d'une symétrie naturelle repose tout entière sur la théorie des avortements, des dégénérescences et des adhérences mutuelles ; que c'est par cette théorie qu'on ex-> plique toutes les déviations du type primitif qui se rencontrent dans la nature. Or, pour nier l'existence de la symétrie primitive, il faut renoncer i considérer comme loi générale les causes de modifications dans les organes ; et cependant ceux qui.acceptent celle conséquence de leur point de vue, admettent ces mêmes causes comme faits particuliers dans tous les cas. Mais, où donc est la limite, et quelle différence y a-t-il entre les deux manières de voir ? Et puisque tous les botanistes sont d'accord pour reconnaître l'existence des avortements, des dégénérescences et des adhérences, et pour s'en servir dans la description des organes. De Candolle ne fait en réalité, comme il le dit lui-même, qu'étendre, préciser, régulariser une théorie que l'évidence a déjà forcé à admettre dans un grand nombre^