DE A -P. 1)E CANDOLLE
de cas^ et sans laquelle il serait impossible de décrire les végétaux de manière à faire comprendre leurs rapports réels.
Dès lors, que le type primitif se présente .très-rarement ou ne se présente jamais ^ peu importe, si, au moyen de l'hypothèse de ce type^ on peut grouper, par des procédés tout naturels, fondés sur des faits dus à TobserTaiion, des plantes qui ont entre elles de véritables ressemblances. N'est-ce pas ce qu'on fait en physique, quand on pose une loi pour grouper des faits particuliers qui y rentrent tous plus ou moins complètement ? La loi est, en physique, ce qu'est le type en botanique ;' elle ne se vérifie jamais d^une manière parfaitement exacte, parce que le cas normal qu'elle suppose ne se présente que bien rarement dans toute sa pureté. La repoussera-t-on par ce motif, et se privera-t-on ainsi d'un guide propre à diriger dans la bonne observation des faits, et dans la manière d'établir un lien entre eux? Non certainement, et je me bornerai à en donner pour preuve un exemple que j'emprunte à une science qui m'est plus familière que la botanique ; cette circonstance justifiera mon choix.
La loi dite de Ohm, généralement admise dans l'électricité vollalque, consiste en ce que l'intensité d^un courant électrique est proportionnelle à la force éiectromotrice, c'est-à-dire à la cause qui donne naissance à l'électricité quelle qu'elle soit, et inverse de la résistance que présente l'ensemble du circuit. Les faits particuliers ne vérifient jamais complètement cette loi, parce qu'un grand nombre de circonstances accidentelles qui se présentent toujours (des accidents constants) en troublent la manifestation ; et cependant l'appréciation et l'étude de ces circonstances accidentelles conduisent à l'admettre comme représentant le cas normal, c'est-à-dire, le fait dans sa simplicité et sa généralité. La loi de Ohm est donc un type qui permet de grouper un grand nombre de laits liés entre eux par de véritables rapports ; et lors même qu'en pratique elle ne se réaliserait jamais pu que dans un petit nombre de cas, elle n'en.
serait pas moins d'une utilité incontestable dans Tëtude de Vé" lectricité voltalque.
Une dernière rëp.onse à Taire à ceux qui conlesteraient en« core la contenance d'admetire l'existence d'un type , c'est de leur rappeler le parti qu€ De Candolle et son c^cole ont tiré de cette idée dans fétude et la classification des tëgétaux^ el de leur demander ensuite si une théorie aussi fertile en résultats vrais n*a pas elle-même en sa faTeur une grande chance de vérilé.
Le second genre d'objections qu*on a Tait contre la théorie de De Candolle, porte sur les conséquences en apparence con* traires aux notions providentielles auxquelles conduit, quant à la nature des organes et de leur usage^ le point de me de la symétrie primitive. Comment admettre, dit-on» qu'il existe des organes inutiles à Tétre qui les porte , ou que Tusage des organes puisse être changé dans des circonstances données, san» qu'il en résulte l'idée de désordre et d'imperfection dans la nature organisée, et sans fournir ainsi des armes h ceux qui pensent que le monde est l'ouvrage du hasard ?
Voici , en supprimant les développements dont il l'accora'pagne, la réponse de De Candolle k cette objection :
€ Les organes inutiles dans un système donné d'organisation, y existent cependant par une'suitc de la loi générale de l'organisation des êtres. La symétrie suppose un pian primitif. Un plan suppose une volonté et une intelligence; donc les preuves de la symétrie sont des preuves d'un ordre général et d'une cause première, et les objections se transforment en démonstrations.
<K Les considérations déduites de la symétrie, ajoute-t-il plus loin, corrigent en grande partie ce qu'il y a de défectueux dans la théorie des causes finales... »
Si De Candolle avait dit « ce qu'il y a de défectueux dans la manière dont on entend les causes finales, » je serais tout à fait de son avis. Car, et c'est la seule remarque que je me permette pour le moment sur ce point, la meilleure réponse à faire à ceux
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qui prétendent qu*en admettant Texistcnee d'organes inutiles ou un ebangement possible dans l'usage des organes > on détruit ainsi Vidée d'un plan intelligent dans la création , c'est de leur dire que le plan de la Prov^idence n*est pas toujours celui quils lui attribuent » et que la cause finale qu'ils craignent de détruire esl probablement bien mesquine à côté de celle qui concorde arec la vérité de l'observation. Non^ sans doute^ il n'y a rien d'inutile dans la nature ; et si tel organe ou tel rudiment d'organe ne paraît pas servir à l*individu à qui il appartient de la même manière qu'il sert à un autre ^ il a pro<> bablement une utilité indirecte bien plus grande encore dans l'ensemble de la création ; utilité qui nous échappe souvent à cause de notre ignorance des lois du monde physique, mais que nous ne pouvons nier par la seule raison que nous ne la con* naissons pas toujours.
Nous voici arrivés à la fin de cette seconde période de la vie de De Candolle ; il ne me reste que quelques mots à ajouter pour la terminer complètement.
Les événements politiques de 1814 et de 1815, qui chan* gèrent la face de l'Europe, eurent à Montpellier un grand retentissement. Ils trouvèrent en De CandoUe un homme étranger à tous les partis, toujours prêt a s'interposer entre les vaincus et les vainqueurs^ rendant des services a ceux qui, victimes des réactions politiques, étaient exposés, dans ces moments de trouble, à de véritables dangers. N'être d*aucun parti excepté de celui des persécutés, n*est pas le moyen d'être en faveur auprès du pouvoir, ni auprès de la multitude ; c'est ce que De Candolle éprouva bientôt. Aussi, ayant été obligé de quitter la place de Recteur qu'il avait remplie pendant les Cent jours, et affecté péniblement de quelques tracasseries qu'on lui avait suscitées et de quelques injustices dont il avait été l'objet , il écouta favorablement les propositions bien modestes qu'on lui
144 N0T1G£ SUR LA Vlfi £T LES OUVRAGES, ETC.
bisail pour l'attirer à Genève. Les mêmes considérations qui l'ëloignàient de Montpellier étaient en partie de nature à Tempécber de songer à Paris. Il avait d'ailleurs échoué une troisième fois dans une candidature a l'Institut^ par la nomination de Mr. de Mirbel à une place qui semblait lui appartenir de droit* Il est vrai que la détermination qu'il avait prise de se tirer à Montpellier et l'incertitude où l'on ^tait s'il consentirait à revenir à Paris, avaient contribué à amener ce résultat; mais il n'en avait pas moins été désappointé, et cette circonstance^ jointe aux autres motifs que nous avons indiqués^ l'avait fail pencher pour Genève.
Déjà il avait tourné ses regards du cdté de son pays natal , lorsque le 31 décembre 1813^ dans un repas fait h Montpellier avec ses compatriotes, il portait un toast à la restauration de Genève, qui, par une singulière coïncidence, s'accomplissait ce jour-là même. Déjà en 1814 et en 1815 il était venu à Genève juger par lui-même de Tétat du pays, y voir ses amis et y apporter des paroles de conciliation bien nécessaires alors pour empêcher des divisions qui semblaient commencer à naître. Il avait pu, dans ces deux voyages, apercevoir combien sa présence était désirée à Genève, et entrevoir tout le bien qu^il pourrait y faire ; il avait retrouvé ses parents, dont son retour lui permettrait de soigner les vieux jours ; sa femme le pressait de revenir dans le pays où elle avait aussi des parents et des amis. Tous ces motifs, et avec eux le sentiment d'attachement qu'il portait au fond de son cœur à sa véritable patrie, finirent par l'emporter. ^
Aussi quand, après son second voyage à Genève et une excursioh qu'il fit en 1 8 1 6 en Angleterre, il fut revenu à Montpellier pour y donner son cours, sa décision était prise ; à peine le cours terniiné il envoie sa démission, elle lui est accordée, et, à la fin d'août 1816, il part pour se fixer définitivement it Genève.
{La fin au prochain numéro.)
drirnrrd yb^^iqurs rt Haturrllrs.
DB l'unité de L'£SFÈCE HUMAINE, par Marcel db Serres.
timSiQdisr- —
Lorsqu'on suit les progrès des sciences , et qu'on les compare avec les faits consignés dans le plus ancien des livres *, présente par la religion au respect des peuples, on est frappé de leur accord constant avec tout ce que ce livre nous en* seigne. Il semble que Dieu ne permette à fhomme de faire des découvertes et de perfectionner ses connaissances que pour confirmer la vérité des Livres Saints. L'observation des phénomènes naturels ne peut, du reste ^ mener Je des conséquences contraires h la foi. La vérité, pour briller de tout son éclat, peut avoir besoin des plus vives lumières ; aussi ne saurait-elle les repousser puisqu*elle8 sont propres à la rendre plus sensible à tous les yeux.
Parmi les faits consignés dans la Bible, il en est un qui se lie à la base de nos croyances, et dont la démonstration n^avait pas encore été donnée de manière à résoudre les doutes qu'il a fait naître dans certains esprits : je veux parler de l'unité de l'espèce humaine. Cette question délicate de philosophie naturelle a occupé dans tous les temps, non-seulement les savants proprement dits, mais encore les philosophes, les historiens et tes philologues.
La solution de cette question paraissait si claire, et si contraire aux enseignements de l'Ecriture^ que Yoltaire n'a pas craint d'avancer^ qu'il (allait être aveugle pour supposer que les
' Voyes sur ce sujet, BibI, </mV.» octobre 1844 (looie Ull), p. 331. LIV 10
146 UNITE DE l'espèce huihaiiie.
blancs^ les nègreè, les Chinais, les Hotlentols, les Lapons, les Américains el enfin les albinos, sont des hommes de la même espèce et ont une origine commune.
Sans doute, les hommes de bonne Toi sarent aujourd'hui avec quelle légèreté, et Ton pourrait même ajouter avec quelle ignorance, cet esprit éminent jugeait des questions les plus graves. Cependant il n'a pas fallu moins d'un siècle pour renverser et mettre à néant tous les systèmes et toutes les assertions que Voltaire et les philosophes de son époque avalent accumulés contre la religion, et particulièrement contre les Livres Saints. La vérité, grâce à sa force toute-puissante, aidée par le progrès de nos connaissances, a fini par triompher. Des lumières nouvelles ont récemment éclairé la question de Porigine de l'espèce humaine, et ce sont ces faits nouveaux que je vais exposer à ceux qui cherchent sincèrement la vérité.
On a essayé de démontrer l'identité du genre humain par deux méthodes différentes* La première, indiquée en quelque sorte par Buffon, consiste à (aire remarquer, que les espèces très-différentes les unes des autres ne s'unissent pas, tandis que celles qui sont très- voisines, produisent par leur croisement des mulets inféconds. Les races diverses d'une même espèce font seules des métis qui peuvent se reproduire et d'une manière tout aussi indéfinie que leurs parents. En d'autres termes, les espèces éloignées ne peuvent ensemble ni se reproduire ni se perpétuer ; les espèces voisines se reproduisent et ne se perpétuent pas ; les races les plus diverses se reproduisent et se perpétuent.
Si Ton applique ces données au genre humain, on en conclura qu'il ne forme qu'une seule espèce; car les races d'hommes les plus dissemblables donnent naissance, par leur croisement, à des individus qui transmettent eux-mêmes leurs qualités à leurs descendants. Les colonies européennes offrent, dans l'Amérique, tous les exemples possibles de croisement à différents degrés, dont les effets rendent sensible cette conclusion.
UniTÉ DE l'eSPÈCB IlUfilAllfE. l47
. On arrive par la seconde méthode, ou celle do Blumenbaebj aux mêmes rësuliais. On peut, sur un ^and nombre d'animaux, soit sauva{jes soit domestiques, conslaler des variations trèsconsidërables sous l'influence des agents extérieurs. Elles sont, dans beaucoup de cas, plus grandes que celles qui distinguent les races humaines les plus disserobiab'es.
Les observations des naiuralisies modernes ont jeté le plus
1 4 8 UBIlTfi DB l'bSP£€B HUMAIH B .
même manière. S'il existe entre quelques-unes de légères diffêrenceSf elles s'expliquent facilement par Tinfluenee prolongée du climat et des habitudes.
Sans doute^ les contrastes entre les genres de vie des diffé* rents peuples paraissent bien grands au premier abord ; mais si Ton recherche les mobiles de leurs actes et de leurs roanirestations extérieures dans les races les plus disparates , on reconnaît qu'ils sont à peu près les mêmes. Le iiesoin de la conservation et le désir du bien-étre sont aussi universeb que la connaissance ou^ tout au moins, l'idée d'une puissance supérieure ou d'un Dieu. Tous les peuples, même les plus dé« gradés , ont des fêtes, des cérémonies, et un respect plus ou moins profond pour les morts. En général, les moyens d'exécution difrèrent plus que les motifs des actes. Ces considérations, ainsi qu'une foule d'autres qu'il nous serait facile d'ajouter, sont encore une nouvelle preuve de l'unité de l'espèce humaine.
On aurait pu croire à de plus nombreuses variations, en considérant que l'homme a, déplus que les animaux, une merveilleuse fecuité^ l'intelligence, dont le cerveau parait être l'organe matériel. Il n'en est cependant pas ainsi, malgré les progrès immenses que la civilisation fait chez certains peuples et le développement de l'encéphale qui en est la suite. On sait que cet organe entraîne dans ses mouvements les formes extérieures , qui en expriment les variations.
Diaprés cette nouvelle considération, les modifications de l'espèce humaine seraient sous la dépendance de l'organe matériel de rintelligence. Ainsi, plus le cerveau s'exerce, plus l'homme se rapproche de la race blanche; au contraire, lorsque rhomme est privé des bienfoits de la civilisation, alors le système nerveux est dominé par les autres appareils. Altéré profondément sous le point de vue physique, l'homme devient en quelque sorte semblable aux brutes dont il est aussi éloigné p^r ion type que par sa destinée future.
Vniji DE L^BSPiCB HUHAIHB. 149
Une grande partie de Tespëce humaine est ainsi descendue dans récbelle de la vie. Cest à cet éloignemeni du type primordial que sent dues les nombreuses races dont les plus inférieures sont méconnaissables aux yeux de ceux qui cherchent quelques traits de la beauté primitive de l'homme. Une expérience nouvelle se prépare dans le continent américain; elle permettra de reconnaître bientôt les causes de toutes ces altérations. Les nègres^ qui jusqu'à nos jours n'avaient pas su se réunir ea corps de nation , ni avoir une forme régulière de gouverne^ ment , ont fait tout à coup des progrès étonnants sous ce rapport^ et marchent à grands pas^ dans le nouveau monde, ^ers^ la possession des lumières concentrées maintenant dans le sein de TEurope.
A mesure que le Iravail intellectuel fera prédominer dans la tête l'énergie vitale, ces hommes à teint fortement coloré, à cheveux crépus ou laineux, ou à cheveux courts, tendront d'une manière manifeste vers la race blanche ; ils marcheront avec elle dans le chemin du progrès.
Cette expérience commence à peine. Déjà pourtant les effets •en sont sensibles ; et ils le deviendront bien plus dans l'avenir, si, par suite des vicissitudes qui sont le partage ordinaire de nos -destinées, les hommes de couleur n'abandonnent pas la voie nouvelle qu'ils se sont eux-mêmes ouverte. Cette voie leur deviendra plus sûre et plus facile, s'ils s'allient avec la. race blanche, leur ainée en civilisation.
Si, dans le principe, cette dernière est allée en s'âbâtardîâsani h mesure qu'elle s'est éloignée de son point de départ, les siècles futurs auront sotis leurs yeux la preuve que certaines va- IJétés humaines, après avoir subi des dégradations plus ou moin» marquées, peuvent, par de constants efforts intellectuels, remonter vers leur première origine. On né les verra pas sans étonnement atteindre la beauté de leur type primordial, après avoir reconquis, pour ainsi dire, rintelligence dont ils avaient laissé éteindre le précieux flambeau. Ce point de vue tend à établir.
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comme les précédents, funiië du genre humain, et à faire attribuer un même berceau aux races les plus élevées comme aux plus dégradées de l'espèce humaine.
Celte considération nous amène à l'examen d*un antre fait non moins important, et qui découle en quelque sorte du pre^ mier. Si Tbomme n'a jamais constitué qu'une seule espèce, M doit avoir été placé en un point unique duquel il a irradré poiir étendre ses tribus sur toute fa face de la terre, loi Thisloire est d'accord avec ce qu'annonce l'étude de Thomme con^sidérée indépendamment de sa patrie primitive. Elle -nous apprend, en eflct, qu'Adam a été créé seul, avec une compagne, qu'il a été placé dans le centre de l'Asie avec la mission dépeupler la terre, et que sa postérité s'est étendue de ce point cen«* frai, le plus favorable à sa dispersion, sur tous les points du globe où elle a trouvé les conditions nécessaires à son existence. L'étude des langues, aussi bien que celle de Thiétoire, conduit h la même conséquence; en s'appuyant mutuellement, la philologie et les documents historiques donnent à cette conséquence un caractère frappant de vérité. Elle est confirmée par des faits indépendants les uns des autres, et cet accord est la preuve la plus manifeste de sa justesse et de son exactitude.
Tels sont quelques* uns des faits qui prouvent que, sur cette question, la science marche d'accord avec la religion et les traditions historiques. En eflet, foutes Tes traditions nous représentent les nations comme tirant leur origine d'une même souche et comme sorties d'un seul homme.
Les observations n l'aide desquelles nous avons soutenu h belle thèse de Punité primitive du genre humain, ne la démontrent pas cependant d'une manière directe. Mr. Flourens vienl de combler cette lacune : à l'aide d'expériences qui ont eu pour objet l'étude comparative des diverses structures de l'orga*nisme humain , il est arrivé au même résultat que Ton avait atteint par une autre voie.
Il ^ commencé cette étude par l'examen de la peau, con-r
USlTfi DB L'iSPiCE HUHAtHE. 151
sidërëe chez les espèces où cet organe est coloré, et chez celles où il ne présente pas de coloration sensible. On phsene cbes les premières une membrane pigmentale ou ptgmentum qu'on ne voit, ch<^ les secondes, que sur certaines parties de leur corps. Celte membrane, découverte chez les nègres parRuyscb, atait été considéri^e, depuis les observations decesariant, comme caractérisant certaines races, aussi bien que son absence
1 52 UNITÉ DK l'RsPÈCB HOfllAlHE.
Mr. Moreau de Jonnès a «également observé aux AnlUtea » parmi les nègres, des individus des deux sexes dont la peau était maculée de blanc. Ces tachas, qui ressorleni beaucoup sur la éouleur noire du corps, sont plutôt grises ou d'un aspect blanc sale^ que blanc pur. Le nombre des individus chez qui on les observe est, du reste, très-resireint.
D'autres voyageurs assurent avoir vu des faits semblables dans riie de Cuba, non-seulement dans la population noire, mab encore chez les individus de sang mêlé. Celte décoloration de certaines parties de la peau dans des races où elle est ordinairement colorée , fait voir que la non sécrétion du pigmentum peut bien être Teffet d'une altération morbide , mais ne peut être considérée comme caractéristique des différentes races humaines.
Ces recherches en amèneront certainement d'autres, dont Pintérêt ne sera pas moins grande car elles se rattachent à la question que nous éludions. D'après les expériences précédentés, l'appareil pigmentai disparaît dans toutes les parties de la peau qui se décolorent ; il se maintient uniquement chez ceHes dont les nuances plus ou moins sombres ne varient pas. Dès lors les individus de la race nègre, qui, en se croisant avec les blancs, prennent des teintes de moins en moins foncées, doivent offrir un pigmentum peu développé ; cet organe doit même à peu près disparaître lorsque le n^re a pris en grande partie les caractères de la race blanche.
H sera^dond curieux de suivre les divers degrés d'altération de la membrane pigmentale, et de s'assurer si elles coïncident avec les variétés provenues des races noires ou blanches, que l'on désigne vulgairement sous les notas de qtuirterons, de demi* quarterons .
Nous voudrions être placés de manière è entreprendre ces recherches, qui, nous n'en doutons pas, coi.courront i établir l'identité de l'espèce humaine, aussi bien que les faits que nous venons de rappeler. Le vif intérêt que ce sujet présente nous
UHITB 0£ j/MSVkCE HUHAllIft. 153
fait espérer que les savant» amérioains, qui ont tous les jours de pareils faits sous les yeux, profiteront de Tavantage de leur position pour nous éclairer sur un point aussi important dans rhistoire de rburoanité.
Quand on compare bmsquement^ et sans intermédiaire, la peau de l'homme blanc et celle de Tbomme noir ou rouge> on est tenté d'assigner à chacune de ces races une origine distincte ; mais si Ton passe de Tbomme blanc h Tbomme noir ou rouge à travers toutes les variétés intermédiaires, ce n'est plus la différence, c'est l'analogie qui frappe.
Les recherches dont nous venons de donner un aperçu sont loin d'être entièrement neuves, mais elles ne perdent rien, pour cela, de leur mérite et de leur importance. En effet, Âristote^ ce grand génie des temps antiques, avait avancé, bien avant Camper , que la couleur noire de la peau des nègres et des maures était probablement produite par les rayons du soleil. Cette opinion, tout erronée qu'elle était, faisait beaucoup moins violence à la vérité que l'idée adoptée par Pline sur Tautorité d'anciens écrivains. Ce naturaliste admettait, comme un fait certain, que les eaux d'un fleuve de Tbessalie avaient la propriété de teindre en noir la peau des hommes et des animaux, et faisait crêper les cheveux. Ainsi» d'après lui, les caractères particuliers de certaines races humaines avaient leur origine dans une circonstance que rien ne pouvait autoriser à admettre.
Sans doute il y a loin de ces idées absurdes ou incomplètes à l'état actuel de la science ; mais on y peut voir le germe de ce fait essentiel que la matière colorante existe plus ou moins dans toutes les races, et que les agents extérieurs peuvent la rendre plus ou moins apparente.
L'anatomie comparée de la peau donne donc, par Tanalogie profonde et partout inscrite de la structure de cet organe, la preuve directe de Porigine commune des races humaines et de leur unité première.
Ainsi TEuropéeQ aux formes gracieuses et élégantes , le
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nègre caractérisé à la fois par la couleur de sa peau el la disposition particulière de sa téle^ 1* Indien h peau rouge» aujL rornnes berculéennes, enfin le Chinois au teint jaune ec aux yeux obliques, sont tous provenus d'une même souche unique» el forment une même chaîne dont Adam est le premier anneau.
Telle est la solution que la science donne à cette belle question de l'unité primitive de Thomme ; telle est celle que lui avait donnée un livre écrit il y a déjà plus de 3500 ans. Inclinons-nous donc devant rEcriture» où se trouvent consignées de si hautes connaissances ; n'oublions pas que si elle contient toutes les vérités morales essentielles à notre bonheur et à notre destinée» elle offre également la plupart des faits physiques» dont nous n'avons eu l'idée qu'après de longs et pénibles labeurs.
Si nos recherches intéressent les lecteurs de cette revue, nous reviendrons sur celle question ; nous ferons connaître d'une manière particulière les travaux de Mr. Flourens sur Tétude du squelette et du crâne de l'homme. Ces travaux confirmeront une conclusion qui a été adoptée par Moïse et» dans les temps nrK>demes» par le plus grand nombre des physiologistes» h la tête desquels nous citerons Blumenbacb» Camper el Cuvier.
Nous énumérerons également avec détail les recherches entreprises récemment dans le but de résoudre les doutes des physiciens sur la vérité de Tune ou de l'autre hypothèse proposée pour expliquer les phénomènes de la lumière. Disons d'avance que, comme les faits rapportés par le législateur des Hébreux semblent plus favorables à la ihéorie des ondulationa qu'à celle de l'émission^ nous ne doutons pas que les expériences tentées pour obtenir une solution entre ces deux théories opposées» ne viennent confirmer ce que cet homme pro-» digieux avait énoncé il y a déjà trente-cinq siècles.
Ainsi nous verrons cet œuvre admirable grandir d'âge en Age» en même temps que les sciences feront de nouvelles conquêtes. Mine riche et inépuisable» la Bible versera dans le