AU POINT DE VOE CHRÉTIEN
les Anneaux, hlif au contraire, se font ces mariages de conve* nance arranfj^ës par les notaires, sans aucun ëgard aux senliroenis mutuels. Deux êtres, qu'aucune sympathie n'attire l'un vers l'autre, qui ont une Taçon de sentir» des goûts, des opinions opposées et antipathiques, se trouvent un jour unis par la loi en vertu d'un consentement superficiel qu'à peine on leur a demandé. Bientôt chacun, de son côté, s'arrange une existence frivole d'après ses idées et son caractère; pourvu qu'on évite le scandale et les éclats, une pareille union n'est trouvée répréhiïnsible par personne, et néanmoins elle peut durer ua demi-siècle sans qu'une véritable intimité morale existe un seul instant entre de pareils époux.
Or, si l'immense majorité des mariages qui se contractent dans la société moderne peut se ranger dans l'une ou dans Tautre de ces catégories, quelle est donc, nous dit-on, l'influence de cette doctrine, en quelque sorte abstraite, qui ne se réalise jamais ?
Ce thème se prête fort bien à de nombreux développements. George Sand, Mr. de Balzac et leurs nombreux imitateurs l'ont présenté avec beaucoup de talent sous des aspects spécieux et séduisants. Ces brillants paradoxes ont eu même une espèce de vogue momentanée, et l'on ne peut nier qu'ils n'aient produit ttn mal partiel assez considérable, en confondant, pour un certain nombre de jeûnes intelligences, les notions de vertu et de devoir, en dégoûtant surtout beaucoup de jeunes femmes du bonheur prosaïque qu'un mari honnête leur offrait, et en leur persuadant qu'elles étaient au nombre des malheureuses victimes de cette institution tyrannique et arbitraire qui se nomme te mariage.
On sent que les déplorables doctrines que nous venons de rappeler ont frappé vivement l'esprit de l'auteur du Mariage au point de vue chrétien. Non pas certainement que son âme honnête ait pu éprouver la moindre sympathie pour ces principes^ Itmestes et destructeurs de la vraie moralité ; mais sa pensée a,^