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pccle-t-on comme le palladium de la (j^randeur de l'élaL La Prusse intellecluelle e»t loufe philosophique ; la dtscussioo des systèmes de philosophie tient à Berlin une place si considérable que tout autre sujets à cAtë de celui-là, n'a qu'un intérêt subordonné. La philosophie, chez lès una, accompagne et soutient la foi cliréiienne ; chez les autre», elle la conteste et mcnape ses bases ; mais tous voulent quelle puisse discuter en pleine liberté , n'estimant honorable et fructueuse que la victoire conquise après un combat loyal. C'est à l'activité, c'est à Ja liberté de cette lutte dont elle est le théâtre principal, que la Prusse doit la supériorité intellectuelle dont rAllema^^hé en^ tière la reconnaît en possession ; supériorité qui, pour elle, est presque une condition d'existence. Qu'du envisage, en effet, (es dangers et les obstacles qui se trouvent sur sa route dans le monde politique, on verra que, pour rester puissance du premier ordre, la Priisse a besoih de tenir quelquç part le prer roier rang ; qu'elle ne saurait se contenter d'une position secondaire dans te domaine de TinteMigence , pas plus que l'Angleterre d'une position secondaire sur Tempire des mers.
C'est trop, suivant moi, qu'appeler anti-chrétienne la philosophie enseignée par les successeurs dcflegel, parmi lesquels se trouve un homme d'un talent distingué i Mr. le professeur Marheinecke. Telle est la profondeur et Tétendue des éléments de vie et de lumière renfermés dans le christianisme , que rien d'élevé , rien de judicieux dans un enseignement quelconque ne saurait demeurer en dehors de l'enceinte, sinon du temple, au moins du parvis. Il y aurait un beau livre à faire sur le christianisme indirect des grands génies qui se sont occupés de philosophie depuis Socrate ou même Zoroastre , jusqu'à Kant et Mendelsohn. Mais l'enseignement de Scheiling est quelque chose de tout différent. Cet homme illustre ce facile Princeps » des écoles modernes , du moins au delà du Rhin , fait porter tout son enseignement sur Taccord de la philosophie avec le christianisme, sur la coïncidence des résultats du raisonnement
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éclaire avec la réFëlation bien interprétée : en AUema^pe (j'entends rAllemagne protestante), TonbodoKie est loin de dédaigner un semblable secours, La fareur ostensible et nobleoicfii exprimée dont le roi de Prusse entoure renaetgriement de Schellingy n*esl ( il faut le direi à l'honneur du prince comme a celui des sujets) pour rien absolument dans la supériorité in^ contestable donc cette école jouit actuellement dans le monde intellectuel ; le public a jugé par lui-même et pour tut-méroe , lait important assurément pour Tavenir religieux de TAIIema- ^ne. Si par suite de <2ette épreuve, longue , loyale , redoublée, le christianisme y aflermic sa puissance spéculative, y ébrgit soft action pratique (et j'ai Tîntime cooTiciion qu'U doit eh être ainsi) , jamais triomphe plus honorable et plus utile ne Im sera tombé en partage depuis la prédication de Paul aux héritiers de Sopbode et de Platon. Les querelles ecclésiastiques sommeillent en Prusse, tandis que les question* religieuses s'y discutent : c'est un double bien. Quant à Técole catholique de philosophie, laquelle, on le sait, est loin de demeurer inacure, ce n*est point à Berlin, ce nVst point même -à Bonn ni Ik Breslau , qu'il faut étudier se» restsources , ses oeuvres i^résentes et ses plans. La Bavière et la Franconie lui ont ouvert des chaires dans lesquelles te» trésors de Tantiquité historique , légendaire et mystiqtie sont exploités par le raffinement de l'esprit moderne , et souvent interrogés par la finesse de la critique coii*temporaine , pour en tirer des argument» h l'appui de ce qui -, par soi-même, fait pourtant, en Allemagne, la grande force de l'ancienne communion : je veux dire la possession d'état , et l'enchaînement traditionnel des doctrines.
Quant à la Russie', ce sujet, vous le savez. Monsieur, effraie les esprits les plu» calmes, par son ioMBciisité et par la difficulté <\m existe, pour les hommes de l'Burope octâdeatale , de se mettre au véritable point de vue quand il s'agit d apprécier eette énorme monarchie , qui touche aux extrémilés du Nord rt de l'Orient* Je me bornerai rigoureusement ici àee qui con^
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oerae Tanoîenne Rut ftie j et las eolonies purement russes que cette (c nourrieiôre des nations» a multipliées depuis le Volga jusqu'aux frontières de la Mantcbourie* Il s'agit d'un peuple homogène ( sauf de très^lëgères diversités de dialectes), qui compte maintenant quarante^chiq millions d'individus j si on laisse de cdté les éléments polonais, letton, allemand, suédois, finnois, tatare, ibérien» israélite, arménien, etc., delà population générale de l'empire. Eh bien, dans les contrées occupées par ce peuple, le plus oriental et le plus nombreux de la famille slave, toutes choses, prises en bloc, sont certainement en progrès : progrès rapide et ik peu près uniforme , développement robuste et, en général, normal, de la puissance intérieure qtie renferme la race^ et qui repose sur le sol. Trop souvent, jusqu'à nos jours, ces richesses natives avaient été comprimées par des systèmes fallacieux ou détournées dans des canaux stériles. On a fait trop peu de cas du pays et de la nation ; on ne leur a que trop appris la défiance d'eux-mêmes ; on n'a tenu trop souvent nul compte du caractère oriental si marqué , non-seulement dans l'organisation ecclésiastique, mais encore dans l'organisation sociale des Russes. De là bien des essais inutiles, qui ont failli devenir désastreux. Mais actuellement, la Russie est gouvernée dans un esprit russe, et Topinion, en tant qu'elle est formée, ou qu'elfe trouve le moyen de se manifester, l'opinion générale , Topinion des masses , prête un appui décidé à un gouvernement purement national. Ce gouvernement subit les défauts de la nation qu il est destiné à conduire ; mais en même temps, il profite de %e% qualités. Sous ses auspices, par ses encouragements (tout limités que sont cetix-ci), et par Texpansion toute naturelle de sentiments profondément enracinés dans les cœurs, on voit aujourd'hui la littérature russe, fétude de l'histoire et de la jurisprudence nationales, on voit la religion nationale, et ce qui reste enfin de national dans l'organisation administrative, reprendre une vie pubsante, se relever en tout sens, se consolider, et tendre à s'épurer en se dévèlop* LIV 16