UN MANUSCRIT DU SBIZIEME SIÈCLE
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mè$ disait un oontemporain^ pour la variété ineonstanie des non-cohérents propos que les Français expriment par lepro' verbe du sault du coq à tasne, C'e«t ià ia seule oréalion de Marof , si du moins on peut dire qu'il ait rien crée ; en tout cas, c'est là le côté le plus original de son talent. Plusieurs de ces nnorceaux furent composés pendant le dernier ezrl de Harot ; on en toit même quelques-uns qui furent probablement faits h Genève. A côté des pièces de ce genre on en trouve d'autres, purement religieuses, qui nous font apercevoir une tout autre face du poète. Dans les rondeaux, nous avons reconnu le Français qui semble se jouer avec la vie, comme avec la rime ; ici, c'est Tbomme du seizit^me siècle avide de croyances; dans l'un et Tautre cas, c'est le poète* plein de grice, de verve et d'originalité.
Nous ne pouvons nous empêcher de citer quelques verr de ce dernier genre :
Je dors en paix seurement en raa couche^ Ayant par foy Jésus Crist embrasse.
Car son amour cy fort au cueur me touche Que jay pour luy tout autre délaisse Je suys à luy par luy cy annesse Que rien ne scay ayant tout entandu Fora luy pour moy en croix mort cslendu. C'est ma defTance et paroys secourable Par qui je croy et espère eu temps deu Aroir repotz en gloire perdurable.
Voîlà^ certes, le sentiment religieux dans toute sa vivacité ;. il n'a pas moins de feu dans le couplet qui suit :
Or vienne donc la mort tan bien heureuse Pur qui espérons de voir nostre bon maislre Glavc tranchant ny flamme douloreuse Ne me feront renyer a sa lectre
Celluy par qui j*espere
De voir nostre bon père
Clerement face a face.
Mon Dieu mais quant sera ce, Non pns cy tost que notre ame soiihaiUc Mais toulcflbis sa volonté soit faictc.
UM UANUSCRIT DU SBIZIÈni SliCLB. 259
Est-oe bieo là le poète dont un critique célèbre disait : chezMaroty la sensibilité n* a qu* un éclair, et à peine une larme a^t^elle brillé, que le badinage recommence. Ces quelques vers^ choisis entre mille, semblent faire eni revoir dans Tâme du s&u^ verain poète français toute une sphère d*idées, toute une profondeur intime que nous ne trouvons point dans le Marot de Mr. de Sainte-Beuve. Ne voir qu'un cAtë des hommes du seizième siècle, c'est s'exposer à les bien mal comprendre.
Une des pièces les plus curieuses du volume est une épttre adressée aux damoiselles, qui roule sur certains incidents delà vie agitée de notre poète. L authenticité de ce morceau qui manque dans toutes les éditions, est suffisamment prouvée par les citations qu'en fait Sagon, fadversaire et l'ennemi de Marot, dans une lettre adressée aux deux sœurs de Marot, pour conju" ter celle qu'il leur avait envoyée, parlait sainctement de charité et de foy. Cette épttre nous découvre dans Marot une lutte^ non pas la lutte du génie, mais le débat d'une pensée élevée, d'une âme droite et sensible, contre les préjugés qui l'entourent et qui s'efforcent de la faire plier.
Au milieu de ces poésies, nous trouvons un morceau intitulé , Espitre de Madame la Daulphine escripvant à Madame Marguerite. Ce morceau, d'après des conjectures fort vraisemblables, doit être attribué à Catherine de Médicis, femme de Henri II, alors dauphin^ et date à ce qu'il parait de l'année 1 535 ou 1542. C'était probablement Tépoque où les deux fils de François r*" furent mis à la tête de deux armées, lorsque la guerre avec Charles - Quint éclata de nouveau. Dans cette lettre, Catherine se plaint de sa solitude :
Je me pourmaine en ce ooble maDoir, Lequel plus graot qui! ne soloyt me sanhie, Ny voyant plus la compaignie ensanble, Aucuneflbis au jardin men allanl.
c Cette épitre^ajoute Mr. Chavannies, peut^elle être attribuée à quelque poète qui ait pi*êté à Catherine sa plume et son ta-
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lent ? Bien qu'elle ignorAl Toribographe et ne sût écrire qu'en prose^ je répugnerais à lui refuser ce morceau. L'accent est trop iniJitiduel pour qu'un étranger ait pu l'adopter^ les imperfections dénotent un écrivain novice^ tandis que le charme de l'en« semble fait recoimattre le goût délicat qui était Tapanage de la princesse florentine. »
Quant au reste du recueil^ c'est un mélange de pièces de ▼ers, n'ayant entre elles d'autre rapport que Tesprit du temps dont elles sont empreintes. D'abord c'est notre Gentil Bregret, maître d'école à Genève, qui prend lui-même à son tour la plume, pour remplir quelques pages de son volume, puis pour vanter /'a/*/ (tescriplure qui donne à gens de tous estais Biens mondains pratique et posture. Plus loin, nous trouvons le vers harmonieux et si bien construit de Théodore de Bèze, puis encore celui de Marot; presque (ouïes ces poésies, du reste, font allusion aux déchirements religieux qui signalèrent cette époque.
Quelle que soit la rudesse, souvent même la grossièreté de ces débris d'un siècle si rude lui-même, il est impossible de ne pas être frappé d'un fait^ c'est de l'accord, de l'harmonie parfaite qui existe, dans ces hommes si âpres, entre le côté négatif fort prononcé de leur caractère religieux et ces élans pleins d*amour qui s'échappent si souvent de leur cœur, entre cette haine amère pour toute croyance ennemie et ces mouvements d'une piété si profonde et si touchante.
Les amateurs de la philologie française et de notre vieille poésie féliciteront la Bibliothèque de Lausanne de cette heureuse trouvaille, et sauront gré à Mr. Chavannes de l'examen savant et consciencieux qu'il en a fait.
^igrifulturf*
COURS d'agriculTORE , par Mr. le Comte de Gasparin^ pair de France» membre de l'Institue^ etc. T. II. Paris^ 1844.
( Second article ' .)
Ce second volume du grand ouvrage de Mr. de Gasparin sur l'agriculture est encore, tout entier^ consacre h l'étude et à l'exposé des connaissances accessoires que l'auteur juge indispensables à l'agriculteur éclairé. Après avoir, dans la première partie de son travail , épuisé ce qui concerne spécialement fagrologie ou l'étude du sol et des modifications que l'art ^peut lui faire subir^ il traite, dans le volume que nous avons sous les yeux , de ce qui concerne le second des milieux dans lesquels vivent les plantes, l'atmosphère, dont l'influence sur la végétation est peut-être plus grande encore. En effet , comme l'a remarqué Arthur Young, la différence de climats peut faire produire à la même espèce de terres des végétaux de nature fort diverse , et partant l'étude des éléments qui constituent ces différences est d'une importance prépondérante pour l'agriculteur. L'auteur aurait pu, dit-il lui-même, étendre bien plus loin encore le champ des sujets qui s'offraient à lui avant que d'arriver à l'agriculture proprement dite, et il cite pour exemple l'art d'élever les animaux domestiques, l'économie politique, la législation agricole , etc. Mais pour se restreindre à rindispensable, tl a borné ses recherches préliminaires à ce qui concerne l'agrologie et la n>étéorologie , en les faisant suivre de quelques notions sur l'architecture rurale qui terminent le volume dont nous allons présenter l'analyse à nos lecteurs.
• Voyez le premier article, Bibl. Univ ,'^mo 1844 (vol. Ll), p. 26?,
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Gr£ce aux progrès de la cirimie et de la physique , et aux bonnes méthodes d'observation qui se sont répandues parmi les hommes qui culiivent les sciences, la météorologie a fait dans ce siècle des progrès importants. Mais c'est surtout comme partie spéciale de la physique , c'est comme science pure que l'ont considérée la plupart de ceux qui se sont attachés à en étudier les importants phénomènes. Bien peu de chose a été fait pour appliquer h l'agriculture les résultats obtenus, et pour rechercher les effets des divers météores sur fa végétation , ainsi que les circonstances qui tendent à la modifier selon les divers climats. C'est là un but de recherches aussi curieux qu'important ; et si le travail entrepris par Mr. de Gasparin, de rassembler tout ce qui est connu sur ce sujet , présente nécessairement de grandes lacunes , il aura du moins pour résultat de faire apprécier l'utilité de pareilles investigations et l'intérêt qu'elles pourraient offrir aux physiciens. Pour un trop grand nombre d'agriculteurs, l'étude de la météorologie se borne aux prédictions aventureuses de l'almanach ; et pour ceux même qui se meuvent dans une sphère plus élevée, combien peu en est-il qui sachent tirer des applications utiles des phénomènes observes ! Déjà Tauteur a montré, dans ses mémoires sur la culture de l'olivier et du m&rier, et sur les assolements du Midi, l'exemple et l'importance des bonnes observations météorologiques , et il a démontré le jour qu'elles jettent sur les résultats agricoles, il a eu essentiellement pour but de diriger dans ce sens les travaux futurs de la nouvelle génération d'agriculteurs , qui , nourris de bonnes études , mais subordonnant les théories à l'expérience , préparent pour la science une abondante moisson de faits bien observés.
Le sujctse divise naturellement en trois branches principales : la météorologie proprement dite , qui traite des phénomènes divers qui se passent dans l'atmosphère terrestre ; la climato-* logie , qui enseigne comment l'ensemble de ces phénomènes est réparti entre les diverses régions du globe ; enfin la météo-
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rognosie , qui cherche les moyens de prévoir les modifications atmosphériques. L'auteur étudie successivement ces trois divisions^ qui constituent entre elles la météorologie agricole.
Après avoir rapidement parcouru quelques généralités sur V étendue et la constitution de l'atmosphère , après avoir rappelé que , d'après Dumas ^ la quantité d'oxigèhe existant dans Pair est telle que, pendant un siècle , la respiration de tous les êtres vivants n'en pourrait consommer que 7-3^00 > d que partant les craintes que l'on peut avoir conçues de l'altération de l'air sont chimériques, l'auteur arrive à ceux de ses éléments qui peuvent varier. «—Le plus important est le gaz acide carbonique , dont Mr. le proresseur Th. de Saussure a étudié avec tant de soin les variations ' .
Il est bien probable que les différences dans la proportion de l'acide carbonique de l'air que ce savant a constatées pour l'été et l'hiver , pour le jour et la nuit , existent aussi pour des localités diverses ; et comme une plus grande quantité de ce gaz accélère la végétation , on trouvera peut-être là une des causes de la rerlilité de certaines contrées. C'est probablement , en effet , h une énorme proportion relative d'acide carbonique dans l'atmosphère, qu'il faut attribuer les grandes dimensions et l'abondance des végétaux qui couvraient la terre dans les temps géologiques, et dont les houillères nous ont conservé les nombreux débris. L'air, purifié par les plantes de son excès de carbone, est devenu propre à être respiré par les animaux d'un ordre relevé. Il serait bientdt totalement privé^ de la petite quantité d'acide carbonique qui lui reste , puisque Mr.Chevandier' a montré qu'une forêt absorbe chaque année la neuvième partie de tout celui que contient la portion d'air qui la recouvre, si la décomposition graduelle des êtres organisés, les volcans, les sources, etc., n'en venaient pas sans cesse renouveler la provision.
Indépendamment de Tacide carbonique , l'air renferme des
» Voyez Bibl. Univ., 1830, t. XLIV, p. 23; ■ et 184 1, t. Ul, p. t2t.
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parties salines solides eniralnëes par la vapeur d'eau , et que l'on retrouve dans la pluie. Brandes a estimé , en moyenne , à 26 parties sur 10000 la proportion de ces sels dans l'eau de pluie. U a trouvé d'ailleurs que leur proportion était très-variable^ selon les mois de l'année^ puisqu'elle était de 8 en mai, minimum, et de 65 en janvier, maximum. Celte matière solide de l'eau de pluie conlenait de la résine, du mucus, du chlorhydrate et du suiraie de magnésie, du suiraie de chaux , des chlorures alcalins, des sels ammoniacaux, etc. L'eau de pluie qui arrose le sol , lui rend donc annuellement à peu près 65 kilog;. par hectare de ces ^cls, la plupart vaporisés en même temps que l'eau de la mer dont ils proviennent. Mais ces résultats, obtenus en Angleterre dans des localités voisines de l'Océan , ne noua paraissent pas pouvoir être généralisés pour des contrées méditerranéennes ; ayant été nous-méme très-souvent dans le cas d'essayer la pureté de leau de pluie dans ces dernières localités, nous n'y avons en général reconnu que des sels ammoniacaux en quantité peu considérable.
Dans certaines localités spéciales, l'air est encore chargé de certains principes, plutôt supposés que reconnus par l'ana* lyse , qui constituent ce que l'on appelle les miasmes , et que Mr. Boussingault conjecture être de nature hydrogénée. Ces miasmes paraissent être principalement le produit de la décomposition des débris végétaux, et exercer surtout leur influence pernicieuse lorsque Tair est humide. L'auteur rapporte en détail les observations de Mr. Rigaud de Liste sur le malaria des Marais Pontins, et le procédé de Mr. Boussingault pour constater la présence dans l'air d'une matière organisée. Ce procédé consiste h laisser condenser la rosée sur un verre de montre rerroidi , à y ajouter une goutte d'acide sulfurique concentré, et à s'assurer par l'évaporation s'il se forme une trace de substance charbonneuse qui constate dans l'atmosphère la présence d*uu corps organisé. Mais cette présence est loin d'être toujours accompagnée de résultats fâcheux pour la santé de l'homme et
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des animaux. Les faits recueillis rëcemment sur la c6te d'Afrique, où le malaria règne d'une manière si fatale, semblent au contraire borner le rôle des matières végétales des marais ou des rivières, à la décomposition des sulfates contenus dans les eaux. Des analyses directes de l'eau du Niger et même de la mer sur les c6tes d'Afrique , des expériences faites dans le la« boratoire et des observations constatant l'assainissement d'une contrée par le seul fait d'avoir empécbé Tarrivée des eaux contenant les sulfates dans ses marais, ont concouru à faire attribuer les effets du malaria à la présence dans Tair du gàz acide sulfbydrique ou hydrogène sulfuré, résultat de cette décomposition. Au reste le malaria, quelle qu'en soit la causer n'a guère d'influence sur la végétation proprement dite, et son seul effet, relativement à l'agriculture, est d'obliger les propriétaires des localités infectées à employer le mode d'exploitation connu sous le nom de grande culture , qui permet de diminuer considérablement le nombre des ouvriers.
Après avoir énuméi*é les sources d'où proviennent le caiorique à la surface de la terre , savoir la haute température des parties centrales du globe et le soleil , et indiqué finfluencc exercée par le rayonnement vers l'espace dont la température doit être très- basse , Tauteur établit que la chaleur influe sur les plantes de trois manières : par son excès ou son défaut , par sa durée, par sa continuité. Ce qui importe donc à l'agriculteur pour établir quelles espèces de végétaux peuvent vivre dans un lieu donné , c'est l'étude 1° des maxima et des minima de température ; 2^ des. moyennes mensuelles, qui font juger de la durée de cette influence; et 3^ des oscillations, qui causent les accidents fatals à la végétation.
Une température trop élevée fait périr tous les végétaux. Aucune plante phanérogame ne résiste à SO"" C. de chaleur. Ce maximum a été quelquefois approché dans quelques circonstances extraordinaires ; sinsi Burckhardt a vu , à Bsné en Egypte, le thermomètre marquer A1^,A pendant un vent L!V 17
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cbaud du désert ; on a observé de même 45*>3 à Battora , 44%7 à Pondîchérî , 39°,7 à Palerrae, 38s4 à Paris, 44%5 à Orange, etc. ; mais ce n'était que pendant des temps trèscourts f et ces températures n'atteignaient pas les racines des végétaux. Les planles alpines ne peuvent supporter des températures élevées, tandis que d'autres, comme Toliviery par exem* pie, -ne mûrissent complètement qu'autant qu'indépendamment d'une chaleur moyenne convenable , il y a eu un nombre sufS» sant de maxima élevés. Ces rapports sont en général mal connus. L'influence du froid ou des minima thermométriques nous est, au contraire, bien plus familière. Nous voyons ses effets varier sur les végétaux selon leurs espèces et sur chaque partie d'un végéta! donné, selon qu'elle est plus ou moins imprégnée de sève, plus ou moins ligneuse , d'un volume plus ou moins 2[rand, etc. Ainsi, il faut une plus basse température et une durée plus longue de froid , pour faire périr les racines que le tronc, le tronc que la branche, celle-ci que le bourgeon. L'auteur croit aussi pouvoir établir que les gelées sont plus meurtrières pour les végétaux si elles sont suivies d'un dégel rapide, et il cite en particulier pour les oliviers de Provence plusieurs cas où, après des températures très-basses et un dégel ralenti par un vent du nord ou une pluie froide, la mortalité fut beaucoup moindre que lorsque le vent du sud et un beau soleil succédaient immédiatement au grand froid. Cette circonstance, ainsi que Taggravalion dont est suivie la gelée qui frappe des végétaux où la sève circule, explique pourquoi les gelées du printemps sont bien plus dangereuses que celles de l'hiver. Il «n résulte aussi que les arbres dont les branches et le tronc font ombre sur une partie de leur surface , sont souvent gelés dans la partie frappée par les rayons solaires. Cela produit un défaut dans le bois ; la couche annuelle manque dam cet endroit, et l'on peut, comme nous l'avons vu dans un vieux peuplier récemment abattu à Morges (Canton de Vaud) , retreuT^er dans l'intérieur de leur tronc les traces des hivers célè-
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bres par leur rigueur*. L'auieur croit pouiroir expliquer cet effet du dégel rapide^ par l'absorption considérable du calorique enlevé aux parties voisines par la fusion de la glace. Pour nous, qui ne pouvons voir dans la gelée que les effets de la diruptîqn des cellules végétales par l'expansion de la glace, nous avons peine à comprendre comment cette prétendue soustraction de calorique pourrait aggraver le mal.
L'étude des minima absolus de température a une grande im* portance en agriculture^ parce que, en raison de l'influence du rayonnement terrestre, les minima ne suivent point la latitude, mais sont essentiellement influencés par la plus ou moins grande humidité du climat. Les climats les plus humides sont, en conséquence, ceux où les maximaet les minima se rapprochant le plus, et celte distribution de la température permet par exemple, même dans des pays dont la latitude semble peu favorable, de conserver le bétail toute Tannée dans les pâturages que la gelée ne frappe presque jamais de manière à les détruire. Les minima de température indiquent aussi Tespèce de plantes utiles que chaque contrée peut espért'r de voir vivre et prospérer. Comme la durée du froid est un élément important dans ce but, on se sert, pour la mesurer, de l'épaisseur de la couche de glace formée, pendant chaque jour de 24 heures, dans un vase ouvert et abrité contre le rayonnement des cdtés. Cette quantité va en augmentant d'après la durée du froid. On a observé à Orange qu'en 54 jours de gelée, on eut, en moyenne, 67'"'" de glace par jour, à Rome, en 1 6 j . , 1 39"", à Mîddelbourg, en 52 j , 288'"". Les expériences de Flaugergues ont prouvé que, lorsque la gelée s'établit sur le terrain et continue pendant longtemps, l'épaisseur de la couche de terre qu'elle atteint diminue avec la profondeur, probablement en raison de Tobstacle apporté par la températurc intérieure de la terre. La neige qui recouvre le sol a aussi une influence marquée pour arrêter les effets du froid et pour
* Voyez sur ce sujet Tarticle de Mr. le prof. Alph. De Candolle sur les effets du froid rigoureux du mois de janvier 1838 dans les enriroDS de Génère, BibL Univ,, noveiobre 1838 (vol. XVllI), p. 1S8.
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empêcher la pénëlration de la gdëe dans le sol, comme Ta prouva par expérience Mr. Boussingault. Quant à la faculië de la glace pour supporter des Tardeaux, Tauteur en donne un tableau d'où il résulte qu'avec 0,04 mètre d'épaisseur, elle supporte un homme isolé, de 0,16 à 0,19 des charrettes à chargement or« dinaire, et de 0,27 à 0,32 les plus lourds fardeaux.
La gelée blanche est le résultat de rabaissement de la température près du sol par TeiFet du rayonnement nocturne, ce qui exige une atmosphère transparente et sans nuages. Aussi le phénomène est-il fort indépendant de la latitude, et dépend surtout de la pureté de Tair qui accroît le pouvoir rayonnant. Ainsi, à Orange, on compte en moyenne 17»7 gelées blanches par année, tandis qu'à Rome il y en a 63,8; et la terre d'O* trante, en Italie, est appelée la province des fleurs, parce que la ' fréquence des gelées blanches du printemps y empêche les fruits de se former.
En connaissant le chiffre qui indique le retour moyen de ce phénomène dans un climat, on peut estimer la probabilité du dommage qu*éprouveront certaines cultures. Ainsi, Tautcur a vu à Orange la gelée blanche arriver quatre fois en dix-sept ans après la foliation du mûrier, et la perte de la récolte des soies a été chaque fois d'un quart environ. C'est donc '/lo ^^ p^rle probable par année pour cette localité. Dans des localités plus exposées^ elle serait plus considérable encore , et on estime à Lavaur que la gelée noircit les feuilles du mûrier tous les trois ans. Il est probable qu'en avançant vers le nord , les chances doivent tendre à diminuer, les oscillations de température y devenant moins marquées à mesure que la végétation commence plus tard.
La moyenne annuelle de la température d'une localité, si importante pour le physicien, est presque sans importance en agriculture, parce qu'elle peut se composer de minima et de maxima très-divers. Ainsi , la température moyenne de Pékin, 12^,7 C, est à peu près la même que celle de La Rochelle^
couBs d'agriculturb. 269
11%6C.; mais h Pékin, le mois le plus froid a pour moyenne — 4%1, et le plus chaud +25^1 ; tandis qu'à La Rochelle le mois le plus froid a + 2«,9, et le plus chaud + 20%9. On comprend aisément les différences que cela doit apporter dans la nature de la végétation. Le blé, par exemple, yégète arec 4<> de chaleur ; dans un pays où la température de six d^rés sera formée d'un minimum de + 2^ et d'un maximum de + 10'', la végétation sera arrêtée pendant tout le temps quî sera au-dessous de 4^, tandis qu'elle potM*ra continuer toujours si le mininuim est 4^ et le maximum 8°. L'intermittence^ dans le premier cas, tend à prolonger le temps nécessaire à la maturité de la plante. Au reste , comme le froid le plus intense a lieu pendant la nuit, alors que la végétation est presque interrompue, ces différences sont moins importantes, et I» v^tation des céréales est surtout influencée par la longueur du jour pen* dant la saison chaude, comme nous le voyons pour les moissons du nord qui mûrissent en sept ou huit semaines.
La chaleur solaire exerce sur la végétation une influence notable. Pouillet et Kaemtz ont trouvé que le soleil étant au zénith, sur 100 rayons qui en émanent, il en arrive de 70 à 80 ,à la terre, l'atmosphère en absorbant à peu près un quart; cette absorption est du tiers lorsque Tinclinaison du soleil est de 30^ ou 40^. Ce calorique rayonnant pénètre les corps opaques et les échauffe de plus en plus, jusqu'au moment où ils émettent, par le rayonnement, autant de calorique qu'ils en reçoivent. C'est ce point de maximum d^échauffement qui est important à connaître. L'auteur a trouvé; au moyen du pyrhé- Komètre, que le 3t juillet 1842, les rayons directs du soleil i midi élevèrent la température en^ 55 minutes de 28^,6 audessus de celle de l'atmosphère, qui était à 21^|8. C'était aussi réchauffement qu'indiquaitim. thermomètre légèrement enterré dans le sable. D'après le tableau présenté de réchauffement ad^ ditfonnel à la température atmosphérique, que reçoivent mois par mois les végétaux de la chaleur solaire directe it deux heu-
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res après-midi , il résulte que raccroisseraent, résultant des rayons directs du soleil dans une atmosphère sans nuages, est à Paris de 5%6, à Peissenberjj en Bavière de 7<»,52, et à Orange de 1 S^'S . Cela suffit pour faire comprendre les eflets du soleil sur la Tégétation, et explique son actifité dans les climats sereins, comme celui de Nice, lorsqu'on peut suppléer à la sécheresse qui en est la conséquence par des irrigations artificielles.
La température moyenne sous les mêmes latitudes décroît , comme Ton sait, en raison de la hauteur. Ksemtz a trouvé que le décroissement était pour Tannée dé l^C. par 202 mètres d'élévation entre Genève et le Saint-Bernard, et par 172 mètres seulement en Allemagne et en Italie. Martius, au Mont Ven* toux, a trouvé le même décroissement d'un degré pour 144 mètres de hauteur. Il y a donc des différences locales qu'il faut apprécier. Mr. Valz a donné une formule tirée du décroissement observé entre Genève et le Saint-Bernard, qui permet de juger les cultures admissibles à une hauteur donnée. D'après cette formule, la température moyenne du mois le plus chaud étant à Paris 18%70C., elle sera de 16s78 à 300 mètres de hauteur, de 15%50 à 500, de 12^30 à 1000 , de 9%10 h 1500. Cela montre que, dans cette localité, le mûrier ne pourrait pousser ses bourgeons à 1 000 mètres , et qu'à 1 500, la plupart des arbres ne pourraient végéter puisqu'ils exigent 10^ pour leur développement.
On s'est assuré que chaque plante cultivée exige, pour arriver à sa maturité, un certain nombre de degrés de chaleur diurne, et que pourvu qu'elle les reçoive, il importe peu qu^ils soient espacés dans un temps plus ou moins long. Ainsi le blé mûrit lorsqu'il a éprouvé 1600^ C. environ de chaleur, et ce phénomène se produit à Lyngen, près le cap Nord, en 72 jours sans nuits, et à Orange en 1 15 jours. Mais comme des 2468^ de chaleur reçus pendant cet intervalle dans cette dernière localité, il faut en retrancher 816 pour la température nocturne, on arrive à peu près au même chiffre qu'à Lyngen. Ea conséquence, partout où, après Thiver, on n'obtiendra pas en-
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iriron 1 600^ de cbaleur diurne jusqu'aux procfaaiaes gelée», on ne peut espérer d'y cultiver du rromcul. Le maïs exige enriroa 4000^ de jour et de nuit. La pomme de terre en demande 1800 à Orange, ^2800 en Alsace, et 2900 à Santa-Fé de Bogota; mais comme l'on recherche non la graine mais les tubercules^ il est évident que ceux-ci ne suivent pas les mêmes lois. Il y a d'ailleurs bien plus de variété dans la précocilé des espèceli.
Schubler a admis, en cherchant à déterminer la marche des saisons, que par les latitudes moyennes d'Europe et d'Âméri* que, les époques d'inflorescence et de foliation pour la même planle se relardaient de quatre jours par degré de lafitude, et de deux jours en moyenne (pour les céréales) par cent pieds d'élovaiion. En rapportant ces observations*» nous fîmes remar* quer les différences qui se présentent d'année en année pour le même végétal , et nous citâmes la foliation d'un marronnier^ observée à Genève de 1 81 8 à 1 84 1 , et qui présente 35 jours de différence entre Tépoque de sa foliation la plus hâtive et celle de la plus tardive ; c'est plus que ne rapporte Schtibler pour la foliation du chêne à Naples et à Upsal. L'auteur a essayé pourtant de réduire en tableaux, applicables aux températures moyennes de l'occident de TEurope, l'époque météorologique de la foliation, de la floraison et de la maturation de quelques végétaux cultivés. Il en résulte que la foliation du chèvrefeuille des bois a lieu d^ que la température moyenne du jour est de -4- 3"C., celle du lilas à -f* 5^, tandis qu'il faut que cette température arrive à 1 0%5 pour la pousse de la vigne, et i 12^,7 pour la foliation du mûrier. Une chaleur moyenne de -f- 3"* fait fleurir le noisetier ; le pêcher fleurit k 5^,4, l'abricotier à 6^, le poirier, le cerisier, le pommier à 8S le seigle à 14%2, le froment, l'orge, à 16%3, la vigne i 18*^,41 le mais, le chanvre, Tolivier à 19".
Passant à l'action de la lumière , l'auteur rappelle que les graines germent mieux à Tabrî de son influence^ mais qu'elle devient nécessaire i la végétation de la plante, sans quoi celles
' Voyex BibL Unw,, juin 1841, page 428.
272 COURS D*AORICULTtIIIK.
s'ëtiole. Après avoir rappelé raHongemeot, la blancheur» la mol' lease qui caractérisent cet état» il rapporte une expérience qu*il a Taite lui-même sur trois mAriers de même taille et yariété, dont l'un était en plein soleil» le second ne recevait le soleil que le malin» et le troisième était toujours à l'ombre. Leurs feuilles des* séchées ont donné sur 100 parties de matières fraîches:
le premier 0»45 de matière solide, le deuxième 0^36 le troisième 0»27
La fructification exige surtout Tinfluence de la lumière pour être complète» et l'on sait que les blés du midi renferment plut de gluten et partant plus d'axote que ceux du nord. Les produits hydrogénés» huiles» essences» etc. sous des latitudes semblables» deviennent inférieurs dans une atmosphère nébuleuse* Ainsi le café» aux Antilles» n'a plus le parfum de celui du Golfe Arabique. Les expériences récentes de Mr. Gardner et autres physiologistes laissent penser que certains rayons du spectre solaire exercent une influence toute spéciale sur la végétation, et il est dès lors permis de supposer que les vapeurs ou nébulosités atmosphériques peuvent bien arrêter totalement ou en partie les rayons qui sont plus spécialement nécessaires aux plantes pour leur assurer un complet développement. Les couleurs variées des brouillards semblent appuyer cette conjecture» el l'on sait que plus Tair est pur» plus le ciel parait noir» c'est-2i«dire sans couleur. On a proposé plusieurs moyens pour estimer le degré d'absorption par l'atmosphère des diverses couleurs du spectre. De Saussure avait inventé un cyanomètre» ou cercle divisé en 53 segments de diverses nuances de bleu» auxquelles il comparait la couleur du ciel. Karotz fixe un prisme de flintglass à l'extrémité d*un tube» il fait tomber la lumière sur le prisme par une ouverture étroite» et reçoit le spectre produit sur Tobjectif d'une lunette astronomique» qui permet de mesurer» par une vis micrométriqucj la largeur du spectre et celle de chaque couleur. Hassenfratz avait trouvé qu'à midi en éléj
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le spectre avait 185 paHies de largeur et 70 seulement en faiirer au coucher du soleil ; les ^yons violets et indigo manquaient ainsi que les bleus^ et le spectre était réduit aux rayons rouges, orangés et verts.
La quantité de vapeur d'eau contenue dans Voir et VévapO'ration, qui en est une conséquence, ont une haute importance en agriculture. On comprend, en particulier, la nécessité de connaître ce dernier élément pour la construction de réservoirs d'eau, pour connattre le temps de la dessiccation des étangs et marais, etc. Cotte avait cm trouver que plus le vase était petit» plus révaporation était forte ; mais cette erreur provenait de ce qu'au soleil Teau des petits vases s'échauffait davantage, et que le vent soulevant Teau le long des bords augmentait la surface évaporante en proportion d'autatit plus grande que la superficie était plus petite. L'auteur, en répétant ces expériences avec un appareil convenable, dans lequel il tenait compte des gouttelettes entraînées par le vent, a trouvé Tévaporation proportionnelle aux surfaces évaporantes. A égalité de vent, révaporation est beaucoup plus grande lorsque le ciel est orageux et couvert de gros nuages épais^ phénomène qui parait dû à Télec*tricité, puisque Noilet et Mr. Peitier ont prouvé que Teau élec* trisée s'évapore plus vite. En 1783, année célèbre par le brouilbrd sec fortement électrique qui régna pendant quatre mois sur toute l'Europe, les salines d'Hyères cristallisèrent leur sel quinze jours plus tôt qu'à l'ordinaire.
Le terrain humecté d'eau à la surface tend à s'y dessécher par deux causes : l'évaporaiion dans l'air et l'absorption de l'eau dans les couches inférieures plus sèches du sol. L'auteur a trouvé qu'au mois d'août, par 23"^ ou 24'' de chaleur, une terre complètement humectée perd le premier jour 4,1 millimètres d'eau, le quart de ce que donnerait Tévaporation d'une turface aqueuse égale, puis 2,5°°* le second jour, 1,8 le troisième, et 1,3 chaque jour suivant. Après sept jours, la surface est sèche à plus d'up décimètre de profondeur. Mr. Maurice
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a troiiTiS i Genève que rëTaporationde la terre cnleTail iesO^GI de la pluie tombée, el 8*ëleYait atf tiers de Tévaporation de la même surface d'eau; en répétant cet expériences h Orange, fauteur a irouTé que Tévaporaiion enlevait les 0,80 de la pluie, et était un peu moins du tiers de celle de l'eau. Il reste donc dans le sol à Genève un peu plus du tiers, i Orange un sinième de l'humidité fournie par la pluie et applicable à la végétation. Ces variations, qui tiennent à la manière dont sont répartis les jours de pluie et à la température des localités , montrent la nécessité d'expériences directes pour déterminer dans chaque lieu Tévaporation de la terre.
La rosée, résultat du dépôt de Teau atmosphérique condensée par le refroidissement que cause à la surface du sol le rayonnement du calorique, fournit une fort petite proportion d*bu<^ midtté. Flaugergues Va trouvée dans le midi de la France égale en moyenne à Y,oo ^® millimètre d'eau, et la plus forte n'arrivait pas à 7,00 ^® vniUiniètre. La quantité totale fut 6""°,430. A Florence^ Raddi et Nacca ont trouvé six millimètres d'eau pour la rosée de l'année. Elle paratt être un peu plus forte en Algérie, où Ton rapporte que l'on ne peut mettre le feu aux récoltes avant huit heures du matin, tant les blés y sont mouillés de rosée. On voit que, quoique la rosée soit utile sans doute aux végétaux dans les pays chauds, elle fournit trop peu d'eau pour suppléer à la pluie, comme quelques personnes serimagînent. Le vent exerce une grande influence sur la production de la rosée ou de la gelée blanche, qui n'est que la rosée déposée par une température au-dessous de 0^. Ainsi, à Orange, où règne le vent du nord, il n'y a par année que 17 jours de gelée blanche; dans la campagne de Rome il y en a 64 , et la gelée blanche s'y montre jusqu'en juin et août. Cela peut servir à montrer les inconvénients agricoles d'un ciel serein et calme et de l'absence de nuages.
L'auteur examine ensuite ce qui concerne les nuages et les brouillards, dont la formation est attribuée par Mr. Peltier a l'action sur la vapeur d'eau atmosphérique de deux plans élec-
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Irisés différemment^ l'un sur la terre, l'autre dan» un courant d'air supérieur allant.de Téquateur au p6ie. Indépendamment de leur effet direct comme agents d'humidité^ ces météores en -Ont une indirecte sur la végétation, en empêchant le rayonnement de la terre et en abriiant celle-ci des rayons directs du soleil. Cela tend à donner aux pays nébuleux une température uniforme variant peu du jour à la nuit. Il y aurait donc de l'intérêt à observer directement la nébulosité des climats en estimant réienduc et l'épaisseur moyenne des nuages, la perle de clarté qui en résulte et la diminution de chaleur qu'en éprouvent les rayons solaires directs. L'auteur présente un tableau de ce genre d'observations faites à Orange pendant quatre ans, et il l'accompagne d'un second tableau où sont comparés les jours parfaitement clairs et les jours entièrement couverts. Dans 1^ premiers, la chaleur solaire, soit la différence du thermomètre au soleil et à l'ombre, est en moyenne , à deux heures aprèsmidi, 18^,3, c'est-à-dire exactement la température moyenne d'Orange à cette heure-là, et pour les jours sombres, la cba- Jeur solaire est réduite en moyenne à 2**,43.
La chaleur solaire varie cependant selon les saisons, et die est la plu« forte au printemps et au commencement de Tautomne. Quant aux brouillards, ceux qui sont humides sont favorables à l'agriculture, ceux qui sont secs paraissent accélérer l'évaporalion, probablement en raison de leur électricité, et favoriser la végétation du champignon parasite qui forme la rouille sur les blés.
La pluie est le grand moyen de la nature pour procurer aux végétaux Thumidité nécessaire à leur existence. Elle est le résultat de la condensation de la vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère, soit par un refroidissement ^ soit par une pression extérieure. Le refroidissement a lieu tantôt par le mélange d'un air plus froid, tantôt par le rayonnement du calorique des nuages, qui est d'autant plus grand que la surface du sol est moins réfléchissante. C'est pourquoi les nuages venant de la mer dans
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rinlërieur des continents se rerroidisseni de plus en plus , et finissent par se résoudre en pluie. C'est ce que Tauteur appelle réfrigération progressive. La pression a lieu tantôt par l'accumulation des nuages contre des montagnes qu^ik ne peu- Tent franchir, tantôt par la rencontre de nuages venant de côtés opposés ; et dans ce cas^ il y a presque toujours décharge d'électricité. Les pluies les plus abondantes sont généralement dues à Taccuroulation de vapeurs condensées par ces deux espèces de pression.
Les vents humides sont ceux qui ont traversé des espaces contenant de grandes surfaces d'eau, comme des mers, des lacs ou de grands marais. Ils le sont d*autant plus que les espaces traversés étaient plus chauds. Ils deviennent pluvieux lorsqu'ils sont soumis à quelque cause de refroidissement , et de ces deux données, réservoirs d'humidité et cause de réfrigération, amenées par la position spéciale d'un pays, on peut déduire quels seront les vents habituellement pluvieux. L'auteur, parmi les causes de refroidissement, distingue : Vinter^ posée, telle qu'une chaîne de montagnes à traverser ; la pro^ gressiçe, qui ne consiste qu'en un vaste espace à parcourir ; la latérale, qui résulte d*une chaîne de montagnes dont le vent humide parcourt les flancs, et V opposée, produite par ira vent froid venant se mêler à l'air humide.
Berghaus a remarqué que le volume des eaux de TOder et de l'Elbe ne cesse de diminuer; et depuis 1778, le même effet a été observé sur le Volga et sur le Rhin supérieur. Néanmoins la quantité annuelle de pluie n'a point diminué dans le bassin de Paris depuis 1689; et depuis 1815, elle a même dépassé la moyenne (484 millimètres) de 60^" pour les premiers dix ans, et de 83"" pour les dix derniers. Césaris a reconnu le même accroissement de 1763 jusqu'à nos jours pour la ville de Milan, Fleuriau de Bellevue pour La Rochelle , Flaugergues dans le bassin du Rhône. Le nombre des jours de pluie n'a pas non plus changé à Paris, et a un peu augmenté & Viviers où de 83^ de
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1778 à 1787, il est monté à 108 de 1808 à 1817. L'auteur pense que Ton peut expliquer Tappauvrisseinent des cours d'eau par raccroissemeni des pluies d'été qu^il a constaté à Milan depuis Tépoque allant de 1 783 à 1794 jusqu'à nos jours, et par le déboisement des montagnes qui rendent les crues plus fortes et plus fréquentes, mais aussi laissent descendre plus bas les eaux des fleuves dans les intervalles. La culture et llrrigation peuvent aussi avoir contribué à cet effet.
La pluie étant le principal moyen de fournir aux plantes l'eau nécessaire , son abondance et sa répartition exercent sur Tagriculture une influence considérable. Pour que la terre eût un état d'humidité convenable, l'auteur établit qu'il faudrait qu'elle n'eAt jamais moins de 0,10 d'eau, à 30 centimètres de pro-i fondeur en été, ni plus de 0,23 en hiver. Pour cela, il faut que la pluie soit répartie sur un grand nombre de jours. L'au* teur a trouvé que sur un sol argilo-calcaire en jachère, la pluie pénètre en un jour à une profondeur égale à deux fois la hauteur de la couche d'eau tombée. Si une seconde pluie survient avant la dessiccation de la surface, l'humidité pénètre plus avant et s'emmagasine dans le sol. La pluie est d'autant moins bien répartie que les mois secs sont ceux qui précèdent l'époque des semences et accompagnent la fructification. Là oà févaporation n'est pas égale à la quantité de pluie tombée, tout terrain qui retient plus de 0,40 d'eau est humide; il devieiU sec si Tévaporation dépasse deux fois la proportion de pluie. La nature du sol et la proportion de sable qu'il contient, modifîent aussi beaucoup la quantité de pluie nécessaire pour l'entretenir à Tétat frais. La meilleure distribution sera celle qui, à un pied de profondeur, maintiendra le sol le plus près possible de 0,23 d'humidité pen« dant les travaux et la végétation herbacée, et à 0,10 pendant la maturité des fruits et des semences.
L'auteur se demande ensuite quel sera le procédé le plus sûr pour apprécier exactement le degré d'humidité d'un climat. On peut en juger aisément aux sensations, à la végétation, etc..
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mais comment traduire ces impressions en chiffres ? Ce tie sera pas par la proportion de pluie ^ car il en tombe plus dans le midi que dans le nord. Ce n'est pas non plus rhy{;romètre dont les indications donnent, par exemple, 82^,9 d*buroidité moyenne h Genève, et 72*" seulement à Hambourj;, et que Tau*^ teur a tu varier de 75'' à 60*^ le 17 juillet à Orange^ selon qu'il l'observait au nord ou au midi de sa maison* A égalité d'indications hygrométriques, la nature et la prédominance des vents peuvent d'ailleurs beaucoup modifier le degré d*humidilé du sol Selon Tauteur, l'évaporation est la seule mesure certaine de Thumidité d'un climat, et il conseille ce moyen d'observation comme le meilleur pour donner des résultats comparables. Deux climats seront entre eux^ pour la sécheresse^ comme les quantités respectives d*eau évaporée^ et le plus humide sera celui où il s'en évaporera le plus. La nature plus ou moins argileuse du sol, qui retient plus ou moins Teau des pluies, modifiera sans doute les conséquences agricoles a tirer des résultats donnés par l'évaporation ; mais de la combinaison de ces éléments, on pourra tirer des inductions certaines.
L'auteur rappelle ensuite les phénomènes électriques dont l'atmosphère est le théâtre, et Texplicaiion qu'en donne Mr. PeU tier *^ qui admet que le globe est pourvu d'électricité néga* tive, et fespace ainsi que les parties supérieures de Tair , d*électrioité positive. Souvent les nuages présentent , soit dans leur ensemble, soit dans leurs parités supérieure et inférieure^ des électricités diSérentes , et Mr. Pellier a aussi donné un moyen de les reconnaître. Il a trouvé que les nuages électrisés négativement par rapport à la terre, sont toujours de couleur bleu plombé sombre^ même au soleil, tandis que ceux qui sont électrisés positivement sont blancs , argentés , dorés ou rougeâtres. La présence de nuages électrisés positivement tHi^^mente beaucoup l'évaporation, et Ingenhousz a avancé que les plantes émettaient plus d'oxigène lorsque le soleil était voilé
* Voyei BibL Univ., juin 1844 (vol. Ll), p. 371.
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par de légers nuages, que lorsqu'il brillait de loul son éclat. On en pourrait conclure que la végétation en était plus active^ et Ton sait que les récoltes furent excellentes lors du Tsmieux brouillard électrique de 1783, pendant lequel TEurope resta près de quatre mois sans Toir le soleil autrement que t oilé. On a souvent prouvé Tinfluence de I électricité pour activer la germination des graines, et quelques expériences en petit ont été faites pour montrer que celte influence pouv^iit être effi* cace sur des végétaux développés. Au moment où nous écrivons ceci, nous trouvons, dans tin compte rendu d'une séance d'une réunion agricole en Angleterre, les résultats d'essais faits en grand, pour appliquer rélectricité de Taira Tamé- Koration des récolles. Au moyen de perches élevées, et réunies par des fils métalliques qui venaient ensuite aboutir au sof » l'auteur prétend avoir obtenu des résultats très-avantageux sur des champs d'orge et de pommes de terre. Nous ne pensons pas que rien de semblable ait été observé sur l'effet des para* grêles , qui ont pendant quelque temps couvert les vignobles du Canton de Vaud, et qui devaient^ par leur construction, sou* tirer et conduire dans le sol l'électricité atmosphérique.
En parlant de la pesanteur de l'air, l'auteur remarque qu'elle ne parait avoir que bien peu d'influence sur la végétation, et les hauteurs n'exercent guère d'effet qu'en raison des changements de température qu'elles déterminent. Le baromètre ne peut donc servir à l'agriculteur que comme moyen de prévoir les modifications météorologiques, et pour déterminer l'éléva* tion des localités.
L'étude de Tair en mouvement ou des venls a plus d'importance. Leur effet pour modifier le climat théorique dune localité, est proportionnel à leur fréquence, à leur humidité, à leur température propre, etc. Ainsi à Paris, les vents élèvent la température de l'hiver et de l'automne , abaissent celle dn printemps et de l'été > et dans l'ensemble augmentent un peu la chaleur moyenne de fannée, parce que les vents chaudi